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Nous avons vu en étudiant l’immobilisation que beaucoupd'appareils ne répondaient pas aux exigences diverses du traitement du mal de Pott cervical. On peut d’une façon générale leur adresser un ensemble de reproches dont les principaux sont :
1° L’immobilisation insuffisante.
2° L’obstacle qu’ils opposent au traitement général.
3° Leur application difficile.
4 Leur prix élevé qui ne les met pas à la portée du plus grand nombre des malades.
9° Ils sont mal tolérés par les malades,
La minerve imaginée par M. le professeur agrégé Gangolphe réunit un ensemble d'avantages qui méritent d'être pris en considération. Néanmoins, nous n'avons pas eu l'intention en la présentant de dire qu’elle est parfaite. Peut-être d’autres appareils analogues et que nous ne connaissons pas ont-ils été employés avec succès. Nous n’avons pas non plus la prétention de croire que dans tous les cas de mal de Pott cervical elle est suffisante pour amener la guérison. Nous avons déjà indiqué le rôle de l’immobilisation dans la thérapeutique du mal
de Pott cervical et nous dirons, dans le cours de ce chapitre, quelles sont les indications de l'appareil et dans quelles circonstances on est en droit d’en attendre des résultats satisfaisants. Ce que nous avons surtout voulu c’est en vulgariser l'emploi, persuadé que les malades peuvent en retirer de grands bénéfices.
Nous nous proposons de décrire cette minerve avec tous les détails nécessaires et de donner toutes les indications indispensables à sa confection et à son application.
Descriphion.— L'appareil se compose essentiellement atelles de deux plâtrées réunies entre elles de façon à présenter la forme schématique d’un T. Ces deux attelles sont formées au moyen de feuilles de tarlatane non apprêtée, et à larges mailles, repliées un certain nombre de fois surelles mêmes. Lalargeurdesmailles est indispensable pour permettre au plâtre de pénétrer plus facilement dans toute l'épaisseur de l’attelle dont la solidité est ainsi assurée. Un fil résistant parcourt toutela longueur des bandes de manière à maintenir adhérentes entre elles les épaisseurs de tarlalane. L’extrémité supérieure de la bande verticale divise la bande horizontale en deux parties égales ; il est nécessaire qu’elle arrive jusqu'au bord antérieur de la branche horizontale et y soit solidement fixée dans toute sa largeur, si on la fixait simplement par un point médian, la traction exercée au moment de l’application en compromettrait la solidité.
L’atelle horizontale présenteun bord antérieur rectiligne et un bord postérieur légèrement curviligne, à concavité postérieure, du moins dans sa partie médiane ; aux deux extrémités ce bord est parallèle à l’antérieur, cette dispo-
cos sition permet une adaptation plus exacte de l’attelle au niveau des parties latérales de la nuque et du cou. Sur le bord antérieur, de chaque côté, et à égale distance de la ligne médiane, se trouve une encoche destinée à recevoir l'oreille; cette disposition permet en outre de saisir la tête par une circonférence située au-dessous des bosses frontales et pariétales, de sorte que fortement soutenue et pour ainsi dire supendue, elle n’a aucune tendance à se dérober ctà provoquer par son poids le tassement des ver-. tèbres. De l’extrémité antérieure de l’encoche part un petit prolongement qui vient s'appliquer sur l’arcade zygomatique ; de son extrémité postérieure émane un prolongement analogue qui s’adapte à l’apophyse mastoïde, ces deux pattes zygomatique et mastoïdienne ont pour but d'augmenter l’adaptation de l’appareil ct d’empêcher les mouvements de rotation et de latéralité. L’attelle verticale présente une forme légèrement triangulaire à som met dirigé en haut et à base inférieure.
La longueur varie suivant la taille du malade, mais elle est toujours facile à déterminer d’après le trajet que doivent suivre les attelles. La bande horizontale est destinée à embrasser la circonférence de la tête au niveau du soureil par sa partie médiane; ses deux chefs, après s'être entrecroisés au niveau de la nuque sont ramenés à la partie antérieure de la poitrine où ils s’entre-croisent de nouveau, et leur extrémité doit arriver jusqu’au rebord des fausses côtes. La bande verticale se porte directement du front en arriere et s’adapte successivement à la convexité de la tète,à la concavité sous-cccipitale,passe dans l’espace interscapulaire et vient se terminer au niveau de l’épine iliaque, postéro-supérieure. Au niveau de la nuque elle doit
passer entre les deux chefs entrecroisés de l’attelle horizontale. Pour un adulte de taille moyenne, 1"80 pour l’attelle horizontale, 1 mètre pour l’atelle verticale sont des longueurs convenables. Du reste, il est préférahle d’exa gérer la longueur qui diminuera par suite de l’imbibition et de la rétraction que subit le plâtre en se désséchant ; de plus il sera toujours temps de sectionner les bandes après l'application.
La largeur est également différente pour les deux bandes, 8 centimètres à la partie médiane, 12 aux extrémités pour la bande horizontale suffisent. En effet, cette attelle n’a pas besoin d’être aussi large que l’attelle antéropostérieure ; cette dernière doit emboîter toute la largeur de la nuque, elle aura au moins 10 centimètres à ce niveau et 15 à sa partie inférieure. Laÿlargeur moins considérable de sa portion céphalique ménage de chaque côté des bords un espace libre; cette disposition a l’avantage de permettre l'accès de l'air, l’évaporation de la sueur et des produits sébacés, et d'éviter ainsi la macération épidermique.
L’épaisseur des différentes parties de la minerve esten rapport avec leur rôle respectif. Tandis que l’attelle horizontale destinée à empêcher surtout les mouvements de rotation et de latéralité, dont l’amplitude est peu considé-rable et qui s’exécutent sans force, sera suffisamment résistant avec 18 épaisseurs ; l’attelle verticale dont le rôle capital est de lutter contre le poids de la tête, et doit s’opposèr aux mouvements de flexion et d'extension, et parfois même vaincre la contracture musculaire aura 24 épaisseurs, et encore serait-ce à peine suffisant, si la su perposition des trois chefs de la minerve ne venait en renforcer la solidité.
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Nous avons déjà dit quelques mots du trajet respectif de chacune des bandes, nous croyons nécessaire d’entrer dans plus de détails, l'efficacité de l’appareil dépendant en partie de son application.
Partis de l’espace intersourcilier, les deux chefs de la branche horizontale du T. se dirigent en arrière en suivant un trajet légèrement oblique de haut en bas, pas” sent sur l'oreille qui est reçue dans lencoche et contournant l’occipital du même côté, s’entre croisent au niveau de la ligne médiane puis continuant leur trajet oblique, contournent le sous- occiput et la partie postéro-latérale du cou du côté opposé; ils descendent ensuite directement en bas, passent sur la partie interne de la clavicule et sont enfin ramenés sur la partie antérieure de la poitrine oùils s’entre- croisent de nouveau. Chacun de ces chefs aurait donc pour résultat d'imprimer à la tête un mouvement de rotation, si son effet n’était compensé par la traction équivalente et en sens contraire du chef opposé; ainsi sollicitée d’une façon égale de part et d’autre la tête est maintenue dans la rectitude. Mais là ne se borne pas le rôle de cette portion de l'appareil; en passant de la région mastoïdienne d’un côté à celle du côté opposé, les deux chefs entre-crois-sés soutiennent l’occiput. De plus, grâce à leur réflexion sur la partie postérieure du cou, ils favorisent le redressement de la tête. La branche verticale du T. partie de la racine du nez embrasse la covexité du crâne, se porte en bas, se moule sur la concavité du sous-occipût, passe entre les deux chefs entre-croisés de lattelle horizontale et se dirige directement en bas pour atteindre le point que nous avons précédemment indiqué. Son rôle principal est d'empêcher les mouvements de flexion et d'extension, mais
ul elle soutient efficacement l’occiput qu’elle reçoit dans la concavité qui existe à ce niveau; elle répond donc à la fois à la double indication d'empêcher la flexion de la tête et d'éviter le tassement des vertèbres.
Nous avons pensé que la vue rendrait de l'appareil un compte plus exact que toute description et qu’elle permettrait mieux d’en comprendre les effets, aussi y avons-nous annexé une planche avec quelques dessins.
La figure A représente l'appareil mis en place et vu de face.
La figure B montre la disposition de l'appareil et l’entrecroisement des bandes à la partie psstérieure du cou. — 1 représente la minerve non appliquée.
— À? et 3 montrent la manière de pratiquer la section des bandes pour confectionner l’encoche auriculaire et les pattes zygomatique et mastoïdienne.
Applicalion. — La mise en place de lappareil exige un certain nombre de précautions préalables qui sont indispensables pour obtenir des résultats satisfaisants. La tète du sujet doit être lavée et rasée soigneusement; c’est seulement lorsque les soins de la propreté la plus absolue auront été observés qu’on appliquera la minerve, en effet, la présence des poussières, des pediculi capitis, Paceumulation des produits sébacés pourraient produire de l’impetigo, qui, en nécessitant l’enlèvement de l’appareil apporterait un retard à la guérison. Si la malade est une femme on peut se contenter de bien laver la tête; les cheveux seront réunis en deux tresses que l’on raménera sur le sommet de la tête de chaque côté de l’attelle antéropostérieure, dans l’espace libre qui existe à ce niveau.
On fera ensuite avec de la gaze lâche une capeline peu épaisse, afin d'empêcher le contact immédiat du plâtre avec le cuir chevelu. Dans le même but, sur la peau qui doit être en rapport avec la minerve, et particulièrement au niveau de la nuque, du cou et de l’oreille on enduira les parties avec de la vaseline.
La toilette du sujet achevée, on procède à l’application. Le malade sera assis sur une chaise sans dossier, afin que l’on puisse tourner facilement autour et qu’on ne soit gêné en aucune façon. On commencera par mettre la minerve en place, avant quelle ne soit plâtrée, afin de pren dre en quelque sorte mesure sur le sujet; on marquera la place des encoches auriculaires et des pattes zygomatiques et mastoïdiennes, enfin on s’assurera que la longueur des attelles est suffisante.
Pour la confection de l’appareil, on emploie générale ment le plâtre de Paris, il ne doit être ni trop clair ni trop épais, dans le premier cas, la résistance des attelles serait insuffisante et la solidification trop longue, dans le second cas, le plâtre pénétrerait difficilement jusqu’à la partie centrale des bandes et sa solidification rapide ne donnerait pas le temps d'appliquer méthodiquement l'appareil. Cinq parties d’eau tiède pour six parties de plâtre donnent un mélange remplissant les conditions nécessaires; on ajoute généralement 5 à 10 grammes de Nacl pour hâter la solidification de la minerve. Quand le mélange est parfaite ment intime, qu'il n'existe plus de grumeaux on yintroduit les bandes qu’on malaxe pendant quelques minutes, puis on les enroule afin de bien faire pénétrer le plâtre, et d’assurer l’homogénéité de l’appareil. Lorsqu'on juge que les attelles sont suffisamment imbibées, ce qui arrive après une ou
deux minutes on les retire et afin d'en exprimer Le surplus, il suffit de saisir entre deux doigts réunis, chacune des bandes alternativement et de les comprimer en parcourant toute leur longueur d’une extrémité à l’autre, puis sans perdre de temps, car plus le plâtre est frais, plus il est souple, on place l’appareil pendant qu’un aide soutient le menton et redresse la tête. On aura soin que la face qui reçoit l’attelle antéro-postérieure soit externe et non en rapport avec le front, on évitera aussi de blesser le malade. Le bord inférieur de la bande longitudinale doit arriver au niveau du sourcil; on conduira les deux chefs comme il a été dit précédemment, c’est-à dire obliquement en bas et en arrière; la bande médiane directement en arrière. Au niveau de la nuque, on ne craindra pas d’étaler autant que possible le gâteau de plàtre formé par la superposition des attelles, la malléabilité et la distension facile de l'appareil à l’état frais, permet de gagner à ce niveau quelques centimètres en largeur de façon à emboîter plus exactement les parties ; la nuque se trouve alors contenue dans une sorte de gouttière longitudinale épaisse qui constitue la pièce de résistance de l'appareil. C’est en effet la portion qui supporte tout le poids de la tête, et c’est toujours à ce niveau que la minerve se brise, si l’on n’a pas eu soin de lui donner une épaisseur suffisante. Dans l’espace interscapulaire, il est préférable, au contraire, de ne pas étaler lattelle afin de laisser libre le jeu des omoplates. Les ‘trois chefs de l'appareil seront étalés et distendus le plus possible ; ils seront d'autant mieux appliqués contre le tronc qu'ils
seront plus larges. | Une fois l'appareil terminé, il est encore certains petits