OBSERVATION V
D..., Célestine, quarante-quatre ans, entre le 3 juillet 1890 à l'hôpital.
Père atteint d'hémiplégie gauche à soixante-dix neuf ans, mère bien portante. Deux sœurs en bonne santé, un frère rhumatisant.
Jusqu'à trente-quatre ans, la malade sans être robuste, s’est toujours bien portée, n’a jamais toussé ni craché de sang ; n’a pas eu d’adénite cervicale. A trente-sept et à quarante ans, deux accouchements normaux.
Il y a sept ans, la malade ressentit des douleurs dans la hanche droite, qui l'obligèrent à garder le lit pendant trois mois ; il n’y eut pas d'abcès, pas de flexion de la cuisse; la guérison survint sans médication.
Il y a deux ans, douleurs au cou, particulièrement au niveau de la nuque. En même temps la tête se mettait en extension forcée, mais cette attitude dura quelques jours seulement, puis la tête se fléchit alors progressivement et le menton arriva au contact du sternum. Cette flexion forcée dura environ six mois.
A l'examen, le 3 juillet 1890, la tête était encore fortement fléchie et inclinée à droite. Les mouvements de flexion, d’extension et de rotation sont tout à fait impossibles. La pression sur la tête est très douloureuse.
Pas d’irradiations dans les bras ni dans les jambes, pas de fourmillements, pas de crampes.
Etat général assez bon, amaigrissement très peu prononcé, appétit assez bien conservé.
Pas de toux ; à l’auscultation, respiration normale.
On applique immédiatement une minerve plâtrée qui fait disparaître les douleurs.
Le 20 septembre, l'appareil est enlevé, les douleurs ont disparu complètement, la tête est un peu fléchie, les mouvements sont très limités, la colonne cervicale parait ankylosée en partie. L'état général est satisfaisant, la malade sort de l'hôpital.