OBSERVATION VI
Joseph X..., dix-neuf ans, entre à la Croix-Rousse, 1: 20 novembre 1890.
Père et mère bien portants. Antécédents personnels nuls, mais le malade a un aspect assez chétif, cependant il ne tousse pas n’a jamais eu d’émoptysies, l'appétit est assez bien conservé ; il entre à l'hôpital pour un ganglion épitrochléen suppuré ; mais bientôt il commence à ressentir de vagues douleurs à la nuque, et la tête se fléchit peu à peu. On traite son ganglion, et la guérison survient rapidement ; mais la flexion de la tête s’accentue, les douleurs deviennent intolérables, le malade a des tendances à la syncope, le moindre mouvement l’exaspère, le sommeil est impossible, l’état général devient mauvais. l'appétit -est complètement perdu.
À la pression on réveille une douleur intolérable au niveau des 2°, 8°, 4, 5 vertèbres cervicales, irradiation douloureuse dans les bras.
Le malade que l’on veut transporter à la salle des pansements pour lui appliquer une minerve refuse et préfère s’y rendre à pied il tient sa tête avec ses deux mains, et marche avec une lenteur excessive, il met plusieurs minutes pour y arriver et encore s’arrête t-il à chaque instant, prêt à défaillir. Après l'application il se rend facilement à son lit.
Au bout de quelques jours, la douleur a beaucoup diminué et le malade peut prendre un peu de repos, les douleurs persistent pen dant longtemps, mais moins fortes, peu à peu les phénomènes s’amendent et l'état général devient meilleur. Pendant l’espace de cinq mois, on applique trois minerves successives qui sont très bien supportées.
nl
La malade sort de l'hôpital au commencement d'avril et disparaît jusqu’au mois d'août où il revient à la Croix-Rousse pour un motif étranger à sa maladie, il avait augmenté de 12kilogs, à cette époque tous les mouvements sont possibles, toute douleur spontanée à la pression a disparu, l’état général est excellent. Enfin le 2 janvier 4892, M. Gangolphe a revu le malade dont la guérison s'est maintenue.
OBsERvATION VII
Pauline S..., âgée de vingt-cinq ans, plieuse d’étoffes, entre à l'hôpital le 16 mai 1890.
Père bien portant, mère morte d'un cancer du sein.
Pas de maladie dans l'enfance. Réglée à treize ans, menstruation toujours très irrégulière ; pas de grossesse.
L’affection adébuté il y aquatreans|par des'douleurs dans la région postérieure et supérieure du cou; les mouvements étaient douloureux, la nuque était tuméfiée, la malade entra àl’hôpital de Genève, où elle fut traitée par la révulsion, sans immobilisation. la suite de ce traitement, la douleur disparut pendant quelque temps, et les mouvements devinrent plus faciles, mais l’améliora tion fut de courte durée.
Le 20 mai, à l'examen, on constate la possibilité des mouvements des articulations supérieures de la colonne cervicale, mais le cou est raide et les vertèbres cervicales inférieures semblent immobiles. Les douleurs sont peu accentuées, elles siègent aux parties moyennes et inférieures du cou, avec irradiation entre les deux épaules et dans les membres supérieurs ; les mains sont un peu engourdies, la sensibilité y est un peu obtuse : miction et déféca tion normales.
L'état général est défectueux, l’amaigrissement assez prononcé ; la toux est fréquente, la malade a des crachats sanguinolents, des sueurs nocturnes.
A l’auscultation la respiration est un peu soufflante, et l’expiration prolongée aux deux sommets et particulièrement à droite.
Le 29 mai, on fait une minerve plâtrée que la malade conserve
pendant quatre mois, et qu’on enlève le 20 septembre. La douleur à cette date a complètement disparu : les mouvements de la partie supérieure de la colonne vertébrale sont à peu près complets, mais la partie inférieure semble complètement soudée, L'état général s’est amélioré sans être cependant tout à fait satisfaisant.