CHAPITRE IV
SYMPTOMATOLOGIE
1° Molluscum généralisé. — Cette affection peut se rencontrer sur toute la surface de la peau. Elle se présente sous l’aspect de tumeurs cutanées plus ou moins nombreuses, plus ou moins saillantes, arrondies, molles, indolentes, généralement de petit volume.
Le sexe féminin paraît avoir une certaine influence sur le développement de ces tumeurs.
On a signalé comme lieu d'élection de ces néoformations, les muqueuses, mais le siège le plus fréquent est la face, le cou, les épaules, le dos et le tronc. M. Tillaux a cependant signalé un cas où un molluscum s'était développé sous la plante d’un pied.
Généralement ces tumeurs sont congénitales, ou se développent dans la première enfance ou à l’âge adulte, Au début, ce n’est que par le toucher qu'elles se font reconnaître puisqu'elles ne font aucune saillie à la surface de la peau. Elles donnent la sensation de petits corps durs, comparables à des grains de plomb,
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incrustés dans le derme; celles qui atteignent un plus grand développement s'élèvent au-dessus de la peau ; elles sont sessiles et leur base est égale à leur sommet, on dirait de petites verrues. Leur consistance est ordinairement mollasse et donne lasensation d’une poche vide comparée à un grain de raisin vidé de ses pépins (Bazin).
Ces tumeurs sont adhérentes à la peau, ou se déplacent avec elle. La peau, à ce niveau, peut ne présenter. aucune modification ou bien être épaissie et ridée. Souvent en un point de la tumeur, on voit une dépression au fond de laquelle se trouve un point noir, représentant l'orifice d’une glande sébacée obstruée par du sébum concrété. Par la pression, on fait sourdre cette matière sous forme de corps vermiculaire. Il importe de remarquer qu'il s'agit là d’une simple coïncidence ; cette glande sébacée, qui n’est qu’une dépendance de la peau, a été repoussée par la tumeur.
Un fait qui se retrouve presque toujours, pour ne pas dire constamment, c’est la présence simultanée du molluscum et de nœvi pigmentaires pileux, vasculaires OU verruqueux.
Ces tumeurs, en général, ne donnent pas lieu à des symptômes généraux ;.,elles ne gènent en rien le malade et ce n’est quelquefois qu'à l'occasion d'une maladie intercurrente qu’elles tombent sous l'observation du médecin.
La marche est excessivement lente, mais quelque-. fois une ou plusieurs de ces tumeurs peuvent doubler de volume et se pédiculiser. Nous allons les étudier dans le paragraphe suivant.
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2 Molluscum localisé. — Le molluscum localisé se présente sous la forme d’une tumeur pédiculée. Nous avons vu en parlant du molluscum généralisé, que le nombre des tumeurs pouvait être considérable. Dans le cas de molluscum localisé, au contraire, le nombre en peut être très réduit, deux ou trois, parfois rnème une seule. Mais nous devons dire que nous avons vu très souvent l’association, sur le même individu, d’un molluscum pendulum et d’une grande quantité de molluscums sessiles.
Leur volume est aussi plus considérable, témoin l'observation d'Eleonor Fitzgerald rapportée par John Bell : « une femme présentait un énorme repli de la peau, long d’un mètre et demi, naissant de l’oreille qui était extrèmement allongée et du derrière de la tête, couvrant le cou, la poitrine et l'abdomen et tombant en bourrelets volumineux semblables à un paquet d’intestin. » Témoin encore le fait rapporté par Nélaton où la tumeur « ayant débuté sur les côtés du cou, s’étendait en avant jusqu’à l’épigastre et en arrière jusqu’à la région sacrée sous forme d'un manteau vénitien. » Leur grosseur la plus habituelle est celle d'une noisette. Ces productions ont une forme tantôt ovoïde, tantôt piriforme; la forme variant d’ailleurs suivant la longueur et l’épaisseur du pédicule. Celui-ci, généralement extensible, possède une longueur variant de un à cinq ou six centimètres.
Pour ce qui est de leur consistance, la comparaison que nous donnent la plupart des auteurs est la suivante : ils l’assimilent à celle d’une mamelle de femme flétrie et pendante.
La pression de ces tumeurs ne fait rien sortir; elles ne sont le siège d’aucune sécrétion anormale; mais il n’est pas rare de trouver à la base d’un molluscum un point ulcéré par où s'écoule un liquide blanc jaunàtre, souvent mélangé à du sang. Des poils peuvent être disséminés sur la tumeur; ces poils naissent de follicules pileux hypertrophiés et cet état de [a peau provient de poussées inflammatoires dont elle est fréquemment le siège,
Le moiluscum pendulum est généralement indolent, mais il constitue une gêne plus ou moins grande pour les malades. Ces molluscums, peuvent devenir excessivement douloureux, lorsqu'il existe des poussées inflammatoires ou encore à partir du moment où il s'ulcère ; quant à l’état général il n’est en rien modifié
. par la présence du molluscum péndulum, mais nous
verrons qu’il n'en est pas toujours ainsi lorsque ces molluscums subissent une évolution maligne.