‹ Contribution clinique à l'étude de l'évolution maligne de certains molluscumsChapitre 14 sur 32 · COMPLICATIONS. — ÉVOLUTION MALIGNE · texte numérisé non relu

COMPLICATIONS. — ÉVOLUTION MALIGNE

QUE PEUVENT SUBIiR LES MOLLUSCUMS

On observe souvent des complications dans le molluscum et particulièrement dans le pendulum: cette dernière variété comprenant en effet des tumeurs volumineuses, mobiles, sujettes à des irritations et à des traumatismes.

Il existe, en outre, une cause prédisposante à l’inflammation de ces petites tumeurs souvent très vasculaires ; cette cause est en rapport avec la circulation qui se fait difficilement dans leur intérieur, en raison de la position pendante et de la torsion fréquente du pédicule.

Non seulement Je molluscum s’enflamme, mais il existe de véritables inflammations à répétition. Ce sont ces inflammations répétées qui avaient fait donner à tort à ces tumeurs le nom de molluseum éléphantiasique.

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Dans un premier degré de l’inflammation, on voit une simple congestion de la tumeur qui augmente de, volume et qui devient le siège d’une sensibihté très marquée. Généralement .au bout de quelques Jours, tout rentre dans l’ordre.

Dans.un stade plus avancé, l'augmentation de volume de la tumeur s'accompagne, outre des symptômes qui marquent le premier degré, de frissons, de fièvre, de malaise général. Cet état peut se manifester pendant quelques jours, puis on voit se former plusieurs petits abcès qui s'ouvrent et laissent une surface uleérée et saignante.

Dans d’autres cas, la tumeur apparait recouvértse d’une peau, inégale, rugueuse, creusée de sillons et de fissures par lesquelles suinte un liquide à odeur plus où moins fétide.

Telles sont les complications qui peuvent se reneontrer du côté de ces Lumeurs, mais nous allons voir maintenant des symptômes qui peuvent assombrir le pronostic d’une façon très grave, si l’on n'intervient pas à temps.

Dans nos observations, nous verrons que les malades porteurs de molluseum, ont tous subi un traumatisme à un moment donné. Sous l'influence de cetle cause déterminante, le molluscum, sur lequel a porté l’irritation, se congestionne et prend un développement plus prononcé que les voisins. Bientôt des douleurs apparaissent, auxquelles font suite des ulcérations dont la conséquence êst parfois des hémorrhagies abendantes et répétées.

M. Chambard, sur une pièce de Trélat, en 1885, a

ne

publié deux observations d'évolution maligne de molluscum, Je ne saurais mieux faire que de résumer ici les principaux points de l'excellent travail de M. Chambard.

La première question qu'il se pose est de savoir si les tumeurs bénignes de Ja peau ne constitueraient pas pour le cancer, pris dans son acception clinique, une sorte de locns minoris resislentiw, et n'auraient pas une plus grande tendance à évoluer en tumeur maligne que {out point quelconque des téguments. Nous savons en effet, grâce aux nombreux travaux de notre excellent et honoré président de thèse, M. le Professeur Bard, que le cancer est dû à une aclivité anormale de certains éléments, que de plus, il a pour origine « une monstruosité du développement cellulaire », 5

Enfin certains auteurs considèrent le cancer comme une affection zolius substantiæ dont la localisation serait déterminée par une pars minoris resistentie ; à l'appui de cette théorie on cite divers exemples : c’est ainsi que nous verrons un cancer utérin se développer bien plutôt chez une femme qui a eu beaucoup d’enfants, que chez une nullipare ; de même un alcoolique aura de préférence un cancer de l’estomac.

Quoi qu’il en soit, sous une cause déterminante, nous voyons ces tumeurs qui jusqu'alors pouvaient étre considérées comme bénignes, puisqu'elles ne génaient ‘en rien le malade, si ce n’est par leur situation ou par les troubles mécaniques qu’elles apportent à la cireu-

- lation des organes; nous voyons ces tumeurs, disons-

nous, progresser, s’ulcérer, donner lieu à des hémor-

rhagies, à des engorgements ganglionnaires, récidiver et se généraliser. Dans ce cas la clinique ne nous autorise-t-elle pas à prononcer le mot de tumeurs malignes et d'y rapporter toutes les conséquences qu'en traînent généralement ces tumeurs ?

M. Chambard fait remarquer la lenteur du processus néoplasique. Dans l'observation IT, nous verrons un exemple de ces évolutions malignes, où le processus néoplasique à eu une marche extrêmement rapide; la tumeur n'ayant mis que trois mois pour se développer, récidivant six mois après la première intervention. Nous verrons encore dans ce cas particulier deux nouvelles récidives extrêmement rapides, Nous pensons donc que dans certains cas, la marche de la tumeur maligne peut ètre très rapide. Nous devons donc retirer de ces faits un enseignement précieux : plus l'opération sera vite effectuée, moins il y aura de chances possibles à une généralisation ganglionnaire.

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