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La tumeur s'était développée rapidement et déterminait des douleurs sourdes et lancinantes. Elle faisait corps avec la peau, glissait sur les tissus sous-jacents, avait une consistance molle et était peu douloureuse à la pression. Les ganglions de l’aine n'étaient pas engorgés. L'état général était bon, M. le Professeur Girard posa le diagnostic de molluscum ayant subi une évolution maligne et conseilla l’ablation
L'opération fut pratiquée le 9 décembre 1895.
On ne fit. pas à cette époque d’examen histologique de la tumeur.
Six mois après, la malade revint à l’hôpital, atteinte d’une récidive sur place. La tumeur était ‘moins volumineuse, mais elle faisait manifestement corps avec le droit antérieur.
L'état général était resté bon ; les ganglions de laine étaient sains. Une deuxième opération fut pratiquée le 22 mai 1896 et une large tranche du droit antérieur fut réséquée. Comme la première fois on ne fit pas d'examen histologique.
Mais une deuxième récidive sur place eut lieu sans que l’état général fut altéré et sans atteinte des ganglions de l’aine.
Une troisième opération a été pratiquée le 16 octobre 1897. Cette fois la tumeur avait envahi le vaste interne dont on enleva une partie.
La tumeur fut examinée au point de vue histologique et les conclusions de M. le Professeur Bard et de M. le Professeur Douillet, de Grenoble, furent que l’on se trouvait en présence d'une tumeur de nature léiomyomateuse.
Les trois opérations ont eu des suites simples et la malade se trouvait dans un état général aussi bon que la première fois.
Environ trois mois après cette seconde intervention, la malade se plaignit de violentes douleurs à l’endroit où les deux tumeurs avaient été énucléées. On s’aperçut bientôt qu’une quatrième récidive avait lieu sur place. À ce moment, la peau était complètement adhérente à l’os.
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On proposa à nouveau une nouvelle intervention à la malade qui l’avait acceptée, quand subitement sans douleur, sans les prodromes habituels de la pleurésie, on se trouva en présence d’un abondant épanchement qui s'était fait dans la plèvre droite.
Cette pleurésie fut ponctionnée et la ponction donna issue à une grande quantité de liquide citrin. La respiration fut améliorée par cette thoracenthèse, mais le lendemain, on constata à nouveau que la plèvre contenait environ { litre 1/2 de liquide. Nouvelle ponction qui, contrairement au liquide citrin de la première fois, donna issue à un liquide légèrement rougi. Environ 48 heures après, le liquide s’était à nouveau reformé. On fit une troisième thoracenthèse dont le résultat fut l’évacuation d’un liquide franchement hémorrhagique. On fit ainsi quatre autres ponctions successives qui comme la précédente donnèrent un liquide très hémorrhagique et très abondant.
Enfin la maiade mourut quelques jours après.
Cette observation très intéressante du fait de ces trois réci--
dives sur place d’une tumeur développée sur un molluseum nous prouve bien que nous étions en présence d’une évolution maligne, que de plus il y avait une généralisation extrêmement rapide, qu'enfin cette pleurésie survenue sans prodromes, à liquide franchement hémorrhagique, n’était qu’une
manifestation de cette généralisation.
OBSERVATION IT (Personnelle)
Recueillie dans le service de M. le Professeur Girard
Epithélioma développé sur un molluscum. — Ablation
Mme X.:., 60 ans, cultivatrice, entre à l’Hôtel-Dieu de Grenoble, salle Billerey, le 23 décembre 1897.
L'histoire de cette malade est la suivante:
Au point de vue antécédents héréditaires, nous ne trouvons