CHAPITRE II
ÉTIOLOGIE
L’étiologie de l'affection qui nous occupe est des plus obscures. Le plus souvent ces tumeurs surviennent sans cause apparente. Certains faits, qui en faciliteraient le développement, ont été tour à tour incriminés. Les uns sont en rapport avec la constitution de l'individu ; les autres seraient dus à une irritation locale de la peau. Les tempéraments scrofuleux et lymphatiques seraient, paraît-il, particulièrement sujets à ces productions. Cette assertion est sujette à discussion, car plus d’une fois nous avons vu se développer des molluscums sur des personnes qui ne présentaient aucun des signes de la scrofule ou du lymphatisme.
Ce qui est plus probable, c’est l’hérédité. L’hérédité joue en effet un rôle très important ; c’est ainsi qu'on a signalé dans de nombreuses observations l'existence de l’affection sur plusieurs membres de la même famille. D'autre part, nous verrons que ces molluscums,
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qui peuvent être acquis à un moment donné, sont pour Ja plupart d’origine congénitale.
D’après Hébra, il y aurait un certain rapport entre le développement du molluscum et l’état mental de l'individu {malades de Hasselbach, Virechow, Hecker). Cependant cet état mental ne paraît pas devoir être accepté comme un rapport fréquent ; nous ne verrons là au contraire qu’une simple coïncidence.
Il n’en est pas de même des rapports de ces tumeurs cutanées avec les tumeurs des nerfs et la pigmentation de la peau. C’est cette triade symptomatique qui a reçu le nom de maladie de Recklinghausen ou neurofibromatose. Landowski est le premier en France qui les ait signalés. Récemment M. le Docteur Feindel et M. Oppenheim, interne des hôpitaux de Paris, ont publié dans les archives générales de médecine (juillet 1898) de nouveaux cas établissant bien les rapports qui existent entre les productions cutanées et les tumeurs des nerfs.
Certaines races seraient plus fréquemment atteintes que d’autres par cette maladie; citons entre autres, la race chinoise (Farquhar et Telbury Fox). Le sexe ne paraît avoir aucune influence, du moins pour le molluscum généralisé ; quant au pendulum, c’est chez la femme qu'on le trouverait le plus souvent. Le molluscum, généralisé serait congénital, tandis que le peudulum surviendrait de préférence chez l'adulte.
Enfin, nous devons noter la coexistence très fréquente des molluscums, avec les nœvi pigmentaires ou vasculaires. |
Parmi les causes déterminantes, on a invoqué le
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traumatisme, coups, blessures, irritations diverses de la peau. Le traumatisme est le grand coupable, a-t-on dit. Mais comment agit-il? Doit-on admettre, ainsi que le veut Virchow, la cellule indifférente du tissu conjonctif, ou avec Cornil et Ranvier une modification particulière des cellules, modification par laquelle la cellule effectuerait un retour à l’état embryonnaire ? De son côté, Conheim pense que les molluscums n'auraient d’autres causes qu’une anomalie du développement fœtal ou embryonnaire. Pour notre part, nous pensons bien plutôt avec notre vénéré maître, M. le Professeur Bard, que ces productions dermiques ont pour cause une spécificité particulière de la cellule qui se manifesterait sous l’influence d’un trauma. Ce qu'il y a de bien certain, c’est que l’action traumatique n'est pas douteuse; ainsi Taylor nous rapporte dans une observation, qu'après un traumatisme, il s'était formé-unc tumeur dans le tissu cellulaire sous-cutané, avec envahissement consécutif dans toute l'épaisseur du derme et saillie au-dehors. Tochude, Langrand, Chérot, Fremmert d’après Tschudi et Langaard, disent qu'une plaie insignifiante, chez les nègres, suffit à engendrer un fibroma moiluscum.
Enfin, comme cause occasionnelle, on a cité la fièvre typhoïde, la misère physiologique, l’intoxication arsénicale. L'apparition fréquente du molluscum a été signalée en des points où existaient chez l’embryon des fentes branchiales ou des involutions épidermiques.