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CHAPITRE DEUXIEME

LA REACTION SULFO-PHOSPHO-VANILLIQUE CHEZ LES CIRRHOTIQUES.

S’il est intéressant de suivre les variations sanguines du taux des acides gras dosés par la réaction sulfophosphovanillique au cours des ictères, il est non moins instructif de tirer les enseignements d’un travail portant sur un grand nombre de cirrhoses, sans jaunisse accidentelle.

Nous, faisons état ici d’un riche matériel d’étude,

puisque notre statistique comporte l’observation de 87 cirrhoses.

Nous les avons réparties en trois catégories. Cirrhoses atrophiques.

Cirrhoses hypertrophiques.

Cirrhoses biliaires et maladie de Hanot.

DE: à rad

A. LES LIPIDES SANGUINS CHEZ LES CIRRHOTIQUES.

L — LES CIRRHOSES ATROPHIQUES

11 cas observés nous ont amené à pratiquer 15 examens. Le tableau suivant se dégage de leur étude d’en-

semble.

Moins de 5 unités S. P. V. : 7.

De 5 à 7 unités $S. P. V.: 5.

De 7 à 10 unités 5. P. V.: 3.

Au-dessus de 10 unités S. P. V.: 0.

Au total, on trouve 12 fois sur 15 des chiffres inférieurs au taux normal. La plupart de ces examens ont porté sur des sujets dont l’état général était très médiocre et dont les poussées ascitiques nécessitaient des ponctions fréquentes: remarquons, à ce propos, qu'avant et après la ponction de l’ascite (1 heure avant et 24 heures après) le taux des lipides était sensiblement le même dans le sang. L'évolution se fit vers la mort dans laj majorité des cas, ce qui nous permit de vérifier un diagnostic déjà précisé par la clinique.

Les chiffres allaient de pair avec un cholestérol bas: moins de 1 gr. 20 dans 10 cas sur 15 sans qu'il y eut une corrélation étroite entre les deux formes de lipides. Le taux de la bilirubine oscillait entre 0,016 limite physiologique et 0,12 chez un sujet déjà subictérique avec une cholalémie voisine de 0.

Il n’est pas sans intérêt de faire des examens répétés au cours de ces cirrhoses. C’est ainsi que l’observation n° 122 nous fournit l’exemple d’une cirrhose sensiblement stabilisée aux deux phases de l’examen. Elle

M der

concerne un sujet dont l’état général est relativement satisfaisant; nous notons chez lui les chiffres respectifs de 4,37 et 5,5 à trois mois d'intervalle; l’observation n° 613 concerne, au contraire, un sujet qui s’achemina vers une déchéance progressive. Successivement on note: TN

Le 26-1-40: 8,75

Le 16-4-40: 3,75

Le 30-4-40: 3,5 quelques jours avant la mort.

L'observation n° 683 concerne un sujet dont la cirrhose atrophique était évidente et chez lequel on notait un taux de lipides à 5,50; un mois plus tard, alors que son état s’aggravait, ce chiffre s’abaissait à 3,5 laissant prévoir la mort prochaine.

S'il paraît intéressant de faire. état de ces faits: baisse des lipides S. P. V., signe fächeux; élévation, signe favorable, soulignons que l’on doit surtout tenir compte des examens biologiques répétés. C’est la courbe descendante ou ascendante des lipides qui doit contribuer à établir le proonstic.

IT. — LES CIRRHOSES HYPERTROPHIQUES

__ Soixante-treize examens pratiqués au cours de cirrhoses hypertrophiques ascitiques fournissent les résultats qui suivent:

Moins de 5 unités S. P. V.: 20.

De 5 à 7 unités S. P. V.: 16.

De 7 à 10 unités S. P. V.: 24.

De 10 à 12,5 unités S. P. V. : 12.

De 12,5 à 20 unités S. P. V.: 1.

Que peut-on conclure de cette graduation à la première lecture ? Tout d’abord que, dans l’ensemble, les

Der ra # chiffres sont plus élevés que dans le groupe précédent: ils avoisinent la normale; il n’est pas dans nos desseins de détailler chacune de ces observations cliniques, mais nous croyons du moins pouvoir les ranger en deux catégories.

Certaines concernent des malades dont l’état général est grave ou subit momentanément une aggravation; plusieurs d’entre eux sont même arrivés à Ja phase ultime de l’évolution. Les autres concernent des sujets dont l’état général est satisfaisant.

— 23 sujets anpartiennent à la première catégorie: le pronostic clinique est sévère. Ils nous ont donné les chiffres suivants:

Au-dessous de 5 unités: 17 cas.

De 5 à 7 unités: 1 cas.

De 7 à 10 unités: 4 cas.

De 10 à 12,5 unités: 1 cas soit une très grande majorité de taux très faibles : 18

fois sur 23 les chiffres sont inférieurs aux chiffres normaux.

— 48 se classent dans la deuxième catégorie: le pronostic est favorable.

Moins de 5 unités: 2 cas.

De 5 à 7 unités : 16 cas.

De 7 à 10 unités: 19 cas.

De 10 à 12,5 unités: 11 cas.

Au-dessus de 12,5 unités: 1 cas.

soit 37 fois sur 48 des chiffres voisinant le taux physiologique.

Il n’est pas moins intéressant de suivre le passage d’une catégorie à l’autre chez un même malade.

L'observation 91 est celle d’une cirrhose ascitique hypertrophique dont l’aggravation biologique va de

ND

pair avec l’apparition de la somno'ence et des signes avant-coureurs du coma: en quelques jours le taux des lipides s’abaisse de 5,5 à 3,12.

Inversement, dans l’observation n° 129, leur élévation de 4,37 à 8,75 coïncide avec une amélioration très sensible de l’état général. La réaction sulfo-phospho-vanillique, beaucoup n'us simple dans sa techniaue aue la réaction de Libermann-Grisaut, supplée fort heureusement aux enseionements de la cholestéro'émie et confirme les rèvles de nronostic aue CHA- RROL et Jean SALLET ont bien mises en lumière.

ITT. — CIRRHOSES BILIAIRES ET MALADIE DE HANOT

Trois cirrhoses hynertronhiques ictérisènes d’allure chronique et d’orivine indéterminée nous ont donné les chiffres de 11, 17,5, 11 et 17,5 unités S. P. V., nettement supérieurs à ceux que l’on observe durant l’évolution des autres scléroses de la glande hénatiaue. La bilirubine oscillait entre 0.10 et 066: la cholalé. mie était comprise entre 32 et 88 milliorammes Île chiffre de cholestérol s’avérait inférieur à 1,85 dans 3 cas sur 4.

Ce sont des résultats plus curieux que nous a donnés un syndrome assez voisin de la maladie de Hanot, affection sur la nature de laquelle on discute encore et que l’on rencontre de loin en loin dans nos services hospitaliers. Il s’acissait d’un homme de 32 ans, présentant depuis deux années un ictère cholurique intermittent sans décoloration des matières; dès le premier examen nous notâmes une hypertrophie hépatique im- . portante, puisque le foie atteignait une hauteur de 22 cm. : sa consistance était manifestement accrue ; la rate était percutable sur 12 centimètres mais non palpable; nous pûmes observer ce malade au cours d’une poussée de jaunisse pendant plusieurs semaines.

Gain

<bro:

Son sérum était lacecsent ei il donnait le cholémogramme suivant:

Taux de 1Ÿ k lipides Cholestérol lipides Acide S.P.V. Laudat. cholélique TIiSmars Se 80 7,50 68,25 114 mgr.

15 avril. … 65 5 65 90 megr.

Ce sont là les chiffres de lipides S. P. V. les plus élevés que nous ayons jamais rencontrés; nous avons fait doser le cholestérol sous ses deux formes libre et esthérifié: le cholestérol esthérifié se chiffrait par 5,76, le cholestérol libre par 1,81, soit un rapport de 76 % pour qui compare le cholestérol estérifié au cholestérol total.

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