‹ Contribution Clinique À L'Étude De La Fonction Graisseuse Du FoieChapitre 47 sur 53 · RON US · texte numérisé non relu

RON US

cholestérol estérifié le rapport d’estérification —— subit | cholestérol total

de grande modifications chez les hépatiques: plus la glande hépatique est atteinte, plus le rapport s’abaisse; THANNHAUSER et SCHABER notent les taux extrêmes de 0 %,5,%, 12 % et 37 %; le rapport n’est pas modifié, par contre, dans les affections qui ne portent pas atteinte du parenchyme du foie, telles les néphrites, l’urémie, l'hypertension artérielle, affections dans lesquellés les auteurs signalent comme abaissements extrêmes les taux de 30 %, 50 % et 60 2.

De tels faits ne pouvaient qu ‘orienter les cliniciens vers une nouvelle épreuve d’exploration hépatique : les travaux se sont alors multipliés. ADLER et LEMMEX, l’année suivante, ont confirmé les premiers résultats : les esters du cholestérol s’abaissent dans l’atrophie jaune aiguë et subaiguë ; ils restent sensiblement normaux dans la cirrhose; ils s’abaissent dans les ictères communs et dans certains ictères mécaniques par suite de l’existence d’une hépatite cholostatique : à la suite de ces faits, nombre d’auteurs retinrent la valeur diagnostique et pronostique du rapport d’estérification du cholestérol.

Cependant PETRINOWSKI fait valoir la diminution du cholestérol estérifié dans les ictères catarrhaux, fait confirmé, peu après, par GEBHARDT.

Des observations fort intéressantes ont été rapportées par EPsTEIN en 1931, concernant des affections aiguës allant de la forme bilieuse de la pneumonie jusqu’à l’atrophie jaune aiguë: nous y trouvons signalée, une fois de plus, la diminution des esters, parallèle à l’atteinte de la glande hépatique; l’auteur insiste sur la nécessité de dosages répétés, précaution que REUBEN (1935) a soulignée avec vigueur. Plus récemment Boyp et CONNEL constatent, en même temps

PONS. "End

qu’une lipopénie, une diminution des esters du cholestérol dans diverses affections hépatiques : ietère par hépatite, cirrhose, ictère catarrhal, ictère toxique.

En France, Guy LAROCHE, GRIGAUT et CoSTEs (1934) ont étudié l’estérification dans treize cas de cirrhoses: dix fois le rapport fut normal ou très légèrement abaïssé; il s’abaissa dans les ictères et tout particulièrement dans les ictères graves, sans qu'il y eût de proportionnalité entre la diminution des esters cholestéroliques et l’intensité de la jaunisse; le quotient peut se modifier chez les sujets dont le foie a subi l’action de la radiothérapie et c’est pour les auteurs un puissant argument ‘en faveur du siège hépatique de l’estérification. FIESSINGER et MARIAN GORSKkI ont rapporté en 1939 Ia statistique suivante: dans six cas de cirrhoses communes, comprenant des cirrhoses annulaires et des cirrhoses graisseuses, le rapport d’estérifieation a oscillé entre 0,52 et 0,60 avec un taux de cholestérol estérifié compris entre 0,72 et 1,25; c’est seulement dans les cas de décompensation massive qu’une rupture de l’équilibre peut être notée: tel fut le cas d’un ictère grave survenu au cours d’une cirrhose, où le rapport ne dépassa pas le taux de 0,24. À la période terminale des cancers hépatiques, l’insuffisance de l’estérification est non moins appréciable; enfin dans les hépatites phosphorées subaiguës, Fres- SINGER et GORSKI ont pu noter un abaissement important du cholestérol estérifié et du rapport d’estérification. |

Tels sont les résultats cliniques: que peut-on conclure de ce coefficient d’estérification ?

S'agit-il d’un test précis, peut-on lui accorder une valeur diagnostique, pronostique ? C’est ce que pensent ADLER et LEMMEL et bien d’autres auteurs, alors que LAROCHE, GRIGAUT, COSTES et certains observateurs étrangers discutent son crédit.

L'interprétation du phénomène est non moins délicate. Le cholestérol estérifié faisant défaut dans la bile, THANNHAUSER a mis en cause une estérase qui diminuerait en cas d’atteinte parenchymateuse: estérase hépatique pour les uns (Scauzz, KonDo), estérase biliaire pour les autres. A la vérité, si la déficience des ferments de synthèse peut expliquer la baisse des esters cholestéroliques, il faut également faire entrer en ligne de compte la déficience en matériaux d’apport, notamment la carence des acides gras non saturés voisins de l’acide oléique.

Tout en attribuant ainsi au parenchyme hépatique la ‘place prépondérante dans le métabolisme de l’estérification du cholestérol, il convient de ne pas négliger d’autres interventions possibles: la formation d’esters dans la paroi intestinale a été défendu par FRoH- LICH et SULLIMANN ; le rôle des glandes endocrines a été invoqué par THADDEA et FASsHAUER, DiprY et STARKENSTEIN.

B. LES ENSEIGNEMENTS DE LA REACTION SULFO-V ANILLIQUE DANS LE PROBLEME DE L’ESTERIFICATION.

Ce ne sont pas les travaux qui ont trait au métabolisme de l’acide cholalique et à son excrétion par la bile qui peuvent éclairer le problème de l'estérification du cholestérol. La thèse de CACHIN a montré qu'il y avait parallélisme et non balancement entre l’excrétion biliaire de ces deux corps. Nous croyons, par contre, que l’on peut rapprocher le cholestérol et les acides gras dosés par la réaction sulfo-phospho-vanillique pour envisager à leur lumière le mécanisme de l’estéri-

fication.

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Nous avons pu constater, après WACKER et THAN- NHAUSER, que le cholestérol existait uniquement sous la forme libre en territoire biliaire. Il faut donc admettre que l’estérification s'effectue en amont de la glande hépatique. BURGER a tiré argument du défaut d’estérification qui accompagne les lésions hépatiques profondes pour incriminer une absorption difficile et insuffisante des matières grasses, un manque de bile dans l'intestin et peut-être aussi, chez certains sujets un facteur pancréatique.

= Nous croyons que l’on doit avant tout considérer la déficience du matériel d'estérification. Or, quel est le matériel nécessaire à l’estérification du cholestérol ? N'est-ce pas précisément l’acide oléique et l’ensemble des acides gras non saturés que révèle la réaction de CHABROL et CHARONNAT ? Dans cette hypothèse il est intéressant de rechercher, pour chaque catégorie d’af-. fections hépatiques, le rapport qui peut exister entre l’estérification du cholestérol et la teneur en acides gras non saturés des milieux sanguins et biliaires.

S'il est deux syndromes où tous les auteurs sont d’accord pour reconnaître l’insuffisance d’estérification, ce sont bien la cirrhose avec hépatite dégénérative et l’ictère des cirrhotiques. Le taux du cholestérol estérifié est sensiblement normal dans une cirrhose dont les lésions sont stabilisées; il s’abaisse dans des proportions considérables lorsque cette cirrhose subit une poussée dégénérative; or, c’est précisément dans les cirrhoses aggravées et tout particulièrement dans la cirrhose aggravée avec ictère, que nous avons noté l’abaissement extrême des acides gras non saturés en territoire sanguin, voire leur disparition dans la bile.

"| JP

Observation n° 890

Ictère chez un cirrhotique:

Acides gras en Cholestérol Cholestérol Cholestérol

unités U.P.V. total estherifié libre Sang : 3,19 1:35 0,45 0,90 Bile A : 0 0,144 non dosable 0,14

Ictère chez un cirrhotique:

Acides gras Cholestérol

Sang : 4,07 2,03 0,64 rapport d’esthérification

) 1:30 29 Bile : 0 0,25

Ne faut-il pas dhercher dans cet abaissement des acides pras non saturés l’une des raisons de l’estérification insuffisante ? Mais il ne suffit pas de transporter le problème sur un autre plan; il faut encore expliquer pourquoi le taux des acides gras est si minime et c’est ici qu’il convient peut-être de faire intervenir, à côté de la carence d’ingestion, les carences par insuffisance de digestion et d’absorption cellulaires, sur lesquelles a justement insisté notre maître CH. RICHET fils.

Nous avons pu faire des constatations analogues en étudiant les ictères graves: ici encore l’abaïssement de l’estérification marche de pair avec l’abaissement des acides gras biliaires et sanguins.

La contre-partie de notre hypothèse est vérifiée lorsqu'on étudie l’ictère par rétention. Dans ce syndrome on n’observe pas de modification du rapport d’estérification; le taux d’acides gras est très suffisant ainsi qu’en témoignent nos examens de sang et de bile. Si le taux du cholestérol sanguin est accru, le taux des acides gras est élevé lui aussi en amont du foie et le rapport d’estérification n’est pas modifié, le cholestérol en excès trouvant toujours une assez grande quantité d’acides gras pour l’estérifier.

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