‹ Contribution clinique et expérimentale à l'étude des interactions thymotesticulaires: L'Opothérapie thymique dans l'ectopie testiculaireChapitre 8 sur 15 · INGESTION DE THYMUS ET TESTICULES · texte numérisé non relu

INGESTION DE THYMUS ET TESTICULES

Par opposition avec l'influence de la thymectomie, il nous faut maintenant signaler l'influence de l’administration de thymus sur le développement des organes génitaux qui a été particulièrement étudié par CAMUS et J.-J. GOURNAY.

C’est tout à fait fortuitement d’ailleurs, que ces deux auteurs ont découvert l'influence de l’ingestion de grandes quantités de ris de veau sur le développement des organes génitaux : leur idée première était, en effet, de préciser les troubles du métabolisme des nucléoprotéides dans le diabète insipide.

Ils avaient pris dans ce but un chien atteint depuis quatre ans de diabète insipide et de syndrome adiposo-génital à la suite d’une lésion provoquée à la base du cerveau et dont l’état durant tout ce temps était resté sans changement.

Ils donnèrent à ce chien pendant quelques semaines une dose quotidienne de plusieurs centaines de grammes de ris de veau cru et de rate. Ils eurent la surprise de voir apparaître chez lui au bout de ce temps les premières manifestations d’une activité génitale insolite.

Trois mois après, alors que l'obésité et la polvurie ne s'étaient pas modifiées, ils constatèrent que la verge avait doublé, que les testicules avaient augmenté nettement de volume et que les. bourses s'étaient développées. Une nouvelle administration de ris de veau amena une nouvelle augmentation de volume des testicules appréciable à ia mensuration.

Cette première expérience ne permettant pas de conclusion définitive, MM. CaAmUS et GOURNAY traitèrent de même façon trois autres chiens également rendus adiposo-génitaux par lésion parahypophysaire et, dans les trois cas, ils observèrent sous l'influence de l’ingestion de thymus, soit un réveil de l’activité génitale, soit une augmentation régulière de volume des testicules qui reprenaient en même temps une consistance normale.

L'ensemble de leurs expériences est relaté dans la thèse de

MANDELSTAMM.

LRU

Injections de thymus et testicules.

ODINET, au cours d'essais d’hyperthymisation chez le cobaye, a été souvent frappé par le fait que les testicules paraissent plus développés chez les animaux traités que chez d’autres cobayes du même âge. Mais il remarque lui-même dans sa thèse que ses documents sont trop peu nombréux et trop imprécis pour que l’on puisse en faire état : en effet, dans aucune de ces expériences les sujets et les témoins n'étaient du même sexe et les comparaisons portaient sur des animaux de souche différente. Ce fait seul empêche de tirer une conclusion valable.

HEWER a noté l’inhibition exercée par les extraits de thymus sur la maturité sexuelle du rat, maturité simplement retardée ou au:contraire enrayée selon la dose. I/examen histologique permet, en effet, de constater que les cellules de la lignée séminale se détachent sans arriver à maturation complète.

Recherches personnelles expérimentales.

I1 nous a paru intéressant et utile de nous adresser à l’expérimentation chez l’animal de laboratoire pour chercher à préciser les relations du thymus et de l'appareil génital mâle et tâcher de connaître le retentissement que peut avoir sur le développement et la structure du testicule l'introduction dans un organisme d’un extrait thymique.

Nos recherches ont été poursuivies au laboratoire d’Histologie de la Faculté de Médecine sous la direction de M. le professeur GRANEL. j

Nous avons utilisé pour nos expériences un extrait de thymus du commerce, l’Endothymusine préparé par la Maison Deslandre, à qui nous nous faisons un devoir d'adresser nos bien vifs remerciements pour les envois généreux qu'elle nous a faits de son produit. I/Endothymusine est un extrait total de thymus de Veau, en solution aqueuse ; c’est un extrait désalbuminé et délipoïdé. Il est livré en ampoules de r cm dont la teneur en thymus frais varie de un à dix grammes. Notre expérimentation a été pratiquée par injections de ce produit dans

le tissu conjonctif sous-cutané de la paroi abdominale. Nous avons adopté cette voie d'introduction en raison de la plus grandé rapidité d'absorption du produit, à un état d’intégrité plus parfait que par la voie digestive, bien que la méthode par ingestion ait donné précédemment des résultats intéressants dans les cas rapportés par différents auteurs, notamment par CAMUS et GoURNAY dans leur expérience fondamentale chez le Chien et par BALLAWENEZZ chez le Rat blanc.

Nous avons choisi comme animal d'expériences le Lapin en raison de la commodité des manipulations de cet animal et surtout à cause de la longue période de préspermatogénèse qui existe chez lui. Les Lapins mâles que nous avons utilisés, soit comme témoins, soit pour l'épreuve expérimentale étaient, bien entendu, tous de la même portée et placés dans les mêmes conditions alimentaires.

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