THYMUS ET APPAREIL GÉNITAL MALE
En somme, bien que l'accord ne soit pas unanime sur la
nature et le mécanisme de ces interactions, il résulte de l’en-
. semble des travaux déjà effectués que le thymus, outre son action dans le développement général de l'organisme, joue aussi
un rôle dans la maturation sexuelle.
Castration et thymus.
CALzOLARI le premier a constaté la persistance anormale du thymus chez les animaux castrés. De nombreuses observations de HENDERSON, PARHON et GOLDSTEIN, HAMMAR, TANDLER, HucGo Sorr, J. JOLLY chez les animaux les plus variés : lapins,
cobayes, bœufs, chiens, chats, coqs, en ont depuis apporté la
confirmation.
Pour certains de ces auteurs, la castration entraînerait non seulement la persistance, mais également l'hypertrophie du thymus. Ce dernier point a été particulièrement signalé par Huco Sorr. Cet auteur a, en effet, montré que chez le lapin comme chez le poulet, le thymus pouvait après castration atteindre jusqu’à quatre fois le volume de celui des témoins.
Masur KrYosCH1I a fait des séries d'expériences sur la souris
SEATOVE
et en a déduit les conclusions suivantes : pour le thymus, la castration produit une augmentation sensible du poids de l'organe chez le mâle. Pour la femelle la castration n'a que peu . d'effet sur le thymus.
JoLLv et LIKURRE ont constaté que chez le cobaye et le lapin mâle la castration faite avant la maturité sexuelle et surtout pendant la période d’indifférence de l’épithélium séminal, ralentit nettement l'évolution physiologique du thymus. Il ne s’agit pas d’une hypertrophie car le thymus du castré involue à son tour et finit par se rapprocher de celui du témoin.
M. Lévi G. a expérimenté sur des oiseaux, en particulier le coq, et il a obtenu les résultats suivants par castration : le thymus du chapon, outre une hypertrophie de l'organe, présente une vascularisation plus riche, des manifestations glandulaires plus vives que la normale, de l’hyperplasie et de l’hypertrophie des éléments myéloïdes. Chez les coqs non châtrés de plus de 2 ans, à toute saison de l’année on note une légère réduction pondérale et une forte augmentation numérique des éléments myoïîdes avec un certain degré d’hypertrophie. Il existe donc, conclut l’auteur, une corrélation histophysiologique entre Îes glandes génitales et le thymus. D'autre part il faut, en raison des modifications résultant de la castration et de la vieillesse, . attribuer une dignité biologique notable aux éléments myoïdes du thymus. |
Il convient à ce propos de remarquer encore que ces constatations physiologiques sont en parfaite concordance avec quelques observations cliniques montrant la persistance du thymus chez des adultes privés avant la puberté de leurs organes géni- : taux.
Cet ensemble de constatations devait naturellement conduire à étudier l'influence du thymus sur les organes génitaux.
Thymectomie et testicules.
Aïnsi on à observé les faits suivants : sur le lapin, après une longue série de recherches, HUGO SorxI a conclu que la thymec-
tomie provoque un ralentissement temporaire du développement testiculaire, mais que la glande reprenait ensuite son dévelop-
pement normal et récupérait son volume habituel au moment
de la maturation sexuelle, le dépassant même en certains cas. Il notait d'autre part, que la même opération n'entraîtait chez le poulet aucune des conséquences que nous venons d'énumérer ; mais il n'y a rien là qui doive nous étonner, puisque la bourse de Fabricius joue, ou du moins semble jouer, chez les oiseaux, une partie du rôle dévolu au thymus chez les mammifères. LUCIEN et PARISOT ont confirmé l’ensemble des faits rapportés par HUGO SoLt, et ont ajouté que l'examen histologique ne permettait pas d'établir de distinction entre le testicule d’un lapin thymectomisé et celui de son témoin, Ces constatations histologiques cadrent bien d’ailleurs avec le fait que les animaux éthymés conservent leur activité sexuelle. | RANZI TANDLER et WILLIAMS aussi concluent en ce sens. PATON, en collaboration avec GOODAI, puis avec NOEL, de même que BASH, KLOSE et VOGT, HAMMAR enfin, sont arrivés à des conclusions diamétralement opposées, et, pour eux, la thymectomie serait suivie d'une augmentation de volume du testicule. Mais PATON a pris comme animal d'expérience le cobaye, et on sait que la thymectomie totale est impossible dans cette espèce, en raison de certaines dispositions anatomiques. Enfin GRIMANI, et plus récemment ANDERSEN, n’ont observé aucune influence de la thymectomie sur le développement des testicules et le moment d'apparition de la puberté. Les expériences de thymectomie d'ANDERSEN faites sur le rat, parfois le jour même de la naissante, sembleraient assez canvaincantes si on avait la preuve que la thymectomie a été bien complète et qu'il ne restait pas de glandules thymiques accessoires. — AHEARN ét JoB relatent que la thymectomie pratiquée 18 à 20 jours après la naissance sur la rate, rend la maturité sexuelle plus précoce : elle se produit vers le 57° jour au lieu du 768.
Chez le mâle aucune modification.
Mais on peut se demander ici aussi si la thymectomie était totale.
ner