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Il va sans dire que cela ne peut être accompli sans l’aide efficace du Service Social.
2°) Prophylaxie de la délinquance juvénile :
Les grandes lignes de la délinquance juvénile sont définis par l’Ordonnance du 2 février 1945 qui établit notamment le « Régime de la Liberté Surveillée.». Audessous de 18 ans, irresponsabilité, ‘mais le juge peut en face de certains cas (cas graves ou apparence de « perversité »), prononcer une peine. La distinction sur lé plan de la criminalité entre adultes et mineurs n’est peut-être pas aussi complète que dans d’autres pays. Par contre, certains aspects de la délinquance juvénile, tels le vagabondage où la prostitution, ne sont pas résolus par la loi dans le sens où nous l’entendons, alors qu'ils constituent pourtant un élément criminologique certain. En Suisse, Pierre de MESTRAL-COMBRE- = MONT a réuni en un seul projet de loi indépendant de tout Code Périal et adopté en partie le 15 mai 1935, les dispositions éparses existantes et les a complétées par des innovations heureuses, dont la « Prévention du péril moral ». C’est un € Office de jeunesse » non étatiste, qui favorise l’initiative privée dans la création, ladministration d’associations et d’institutions. Il est l’autorité de surveillance et l’animateur des œuvres, institutions, associations pour la jeunesse. Il organise un service social dans les usines et des services d’hygiène dans les organisations scolairés, médicales et pénitentiaires; il esi un centre de réadaptation sociale pour les mineurs et jeunes adultes libérés de prison. Il servira à l’éducation des éducateurs comme centre de diffusion des principes des sciences de l’éducation: il donne cours et conférences aux pédagogues, médecins, juristes, ecclésiastiques se dévouant à l’enfance. En effet, les conflits familiaux alimentent le comportement de l'enfant, de l’adolescent et de l’adulte en vertu du principe de l’automatisme de répétition mis en évidence par
la psychanalyse. D’où la nécessité de rechercher les mobiles des actes antisociaux par l’étude psychologique de la constellation familiale (unité et stabilité familiale, valeur éducative de la famille, rôle de chaque parent, etc.….), des situations complexuelles (complexe d’'Œdipe et conséquences, délinquance névrotique, délinquance d’auto-punition, premières expériences infantiles, caractère Q indifférent » créé par la frustration, l’abandon, rôle des identifications qui sont déterminantes dans la psychologie de l’enfant et qui, sur le plan individuel, s'expriment consciemment par les réactions d’imitation et d’opposition, etc...). Car plus l’enfant est jeune, plus les méthodes psychanalytiques et psychothérapiques | risqueront de modifier son comportement, avant que les sanctions sociales ne pèsent définitivement sur lui. Et le problème pour les parents et les éducateurs est d’utiliser le conflit révélé par l’acte délictueux et de le traosfcrmer en une leçon constructive; ils doivent aussi éviter de se laisser dominer par la peur et de « projeter » celle-ci sur l’enfant à rééduquer.
3°) Dépistage scolaire :
Le dépistage scolaire doit être obligatoire pour les « queues de classe », où se trouvent réunis tous les déficients de l’intelligence et les déséquilibrés du caracière qui suivent tant bien que mal l’enseignement, de plus en plus distancés par les autres éléments. En relèvent aussi non seulement les enfants déjà atteints: arriération, « pervers », etc..., mais tous ceux qui présentent encore des troubles plus légers: instables, diffciles, lents, timides, ces enfants pouvant être parfois de bons élèves. L’importance de cette consultation doit d’autant plus frapper le personnel qu’elle vise un but psychologique et pédagogique aussi bien que médical et que l’insuffisance à l’école peut être d’ordre intellectuel, émotionnel, caractérologique. L'école, filière oblisatoire par laquelle passe l’enfant, met rapidement en
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° relief les tares mentales et le défaut d’adaptation à la vie sociale. Généralement, les jeunes délinquants ont été des élèves médiocres, leur niveau se trouve le plus souvent au-dessous de celui du C.E.P., enfin ils ont attiré l’attention au point de vue disciplinaire et ont laissé un souvenir détestable dans leur école.
4°) Instituts pédotechniques :
Ils existent déjà, Toulouse en possède un. Nous ne le citons que pour souligner leur nécessité et qu'ils prennent plus d’étendue pour recevoir un plus grand nombre d’enfants.
€L’enfant est un homme. Il porte en lui les possibilités splendides de l’espèce », (Ed. PicHoN).
« L’avenir d’un pays dépend du soin qu’il apporte à élever convenablement ses enfants » (H. RoLLET).
Incidence financière
La mise en application de ces projets de Défense Sociale implique des frais relativement élevés, au moins ‘au début. Mais actuellement, l'Etat paie, pour chaque anormal psychique délinquant, soit le prix de journée dans un hôpital psychiatrique, soit celui d’une prison. De plus, l’on peut escompter qu'après un certain temps une grande partie de ces frais serait récupérée, d’une part par la diminution de la récidive, d’auire part par le produit du travail des établissements en question, dont certains pourront devenir presque autonomes et vivre en partie de leurs propres revenus.
Quoiqu'il en soit d’ailleurs, cette objection d’ordre économique ne doit pas entrer en ligne de compte dans uue société bien organisée, dont les dirigeants ont conscience du tribut énorme que le crime et la délinquance imposent à la nation.
Pour débuter à moindre frais, il suffit de spécialiser quelques hôpitaux psychiatriques et surtout de convertir des prisons en Centres de Réadaptation. Le personnel de ces prisons peut être spécialisé dans sa nouvelle tâche.
De toute façon, un système de prévision peut être établi en se basant sur la Belgique qui, pour 7.500.009 habitants, possède 5 établissements de Défense Sociale: — 2 «& asiles » spécialisés: Mons et Tournai,
—— 3 prisons € converties »: Gand, Forest et Merxplas:
Enfin, presque tous les pays étrangers sont par-
venus à accomplir cette évolution. Presque seule, la France est en retard, et elle l’est de trente-huit ans sur l’Angleterre et de vingt ans sur la Belgique!
C’est une question d’ «Economie Nationale »:
un anormal psychique rééduqué et pourvu d’un métier n’est plus une charge à la Société, ni un danger pour elle.
: Conclusion
Cetie conception de la Défense Sociale résulte d’une connaissance plus approfondie des anormaux et de l’expérience de certains pays. Pour combattre le mal, il faut d’abord le connaître, toute la question est là!
En terminant son ouvrage sur « La défense sociale et les transformations du Droit Pénal » Ad. PRiNs écrivait: | |
Des mystères qui nous entourent, la présence du . mal sur la terre est l’un des plus inexplicables, toutes les philosophies se sont ingéniées à le pénétrer et toutes les théodicées ont essayé de concilier les perfections divines avec l’existence du mal. Quoiau’il en soit, le mal existe parmi nous, et c’est parce qu’il existe que nous avons le désir du mieux et que le progrès est une nécessité.
Et c’est parce que Le progrès est une nécessité que nous avons des devoirs à remplir et un but à atteindre, c’est-à-dire utiliser les moyens que l’on nous propose pour remédier aux imperfections des hommes.
L'une de ces imperfections est l’infortune de l'être humain naissant avec le legs maudit de l'insuffisance et de l’infériorité mentales et morales. Voilà assurément l’une des formes les plus aiguës de l’universelle souffrance.
Cette souffrance est à la base de la criminalité et si on l’ignore on ne comprend rien à la criminalité et l’on ne peut rien contre elle.