PERMÉABILITÉ À L'EAU ET AUX PROTÉINES ET DOSE LÉTHALE DE RAYONS X
Avant d'aborder l’étude du passage des sels, nous rapporterons les résultats relatifs aux animaux ayant reçu des doses léthales de rayons X variant de 750 à 2.000 r.
Dans tous les cas on note, comme l’avait trouvé KROETZ, une augmentation du taux des protéines totales du liquide péritonéal, sans augmentation marquée de la vitesse de résorption de l’eau.
Tous les animaux sont étudiés 40 minutes après l’injection de la solution isotonique dans la cavité abdominale; ils, sont sacrifiés le jour même ou le lendemain de l’irradiation.
Les résultats sont résumés dans le tableau suivant :
Doses (en r.)....| 750 | 750 | 1.000 1.000 | 2.000 | 2.000, Moyennes
Protéines du sang É 3 à se (el) en. 49,90083,20/°544 5151.59,8.//54,9 | 52,2: + 1,9
Quantité totale
des protéines) 993 | 26,28| 39,6 32,7 36,7 | 39,9 | 34,66 + 1,32 du liquide péritonéal (en mg.).
Volume du liqui- 5 de ten 3,9 | 3,2 3,3 | 2,91] 3,2] 2,8 }.3,3 + 0,15
CO) RCE |
Il est possible que cette augmentation soit due à la Iyse d'éléments cellulaires, d’une part, et à l’hyperémie, d’autre
part.
USE Per
Enfin, chez deux animaux ayant reçu une dose de 750 r. et sacrifiés au septième jour, on note une très forte augmentation du poids des protéines du sang et une accélération de la vitesse de résorption de l’eau.
Il semble donc que la perméabilité joue un rôle primordial aux doses égales ou supérieures à 1.000 r., mais son importance est sûrement moins grande pour les doses inférieures.
Les travaux très récents de BoNET-MAURY [27], sur l’action des radiations sur les Souris, renforce notre hypothèse et montre qu’à partir de 1.000 r. l’action des radiations sur les êtres organisés est nettement plus toxique qu’aux doses inférieures.
ÉTUDE DE LA PERMÉABILITÉ AU CHLORURE DE SODIUM A L'AIDE DU RADIO-SODIUM (Na*24)
Nous avons étudié la vitesse de passage du chlorure de sodium à travers la membrane péritonéale du Lapin, à l’aide du radio-sodium (Na*24).
Nous avons injecté 10 em° d’une solution isotonique dans la cavité péritonéale, et nous avons prélevé des échantillons de sang à des moments divers; l’activité de ces échantillons a été mesurée à l’aide du compteur de GEIGER-MULLER.
Cette méthode radiochimique présente sur les méthodes chimiques plusieurs avantages : la rapidité, d’une part, et la possibilité de suivre la vitesse de diffusion du sodium.
Nous savons, en effet, qu’à côté des modifications chimiques du sang et des modifications de la pression oncotique, la diffusion joue un rôle important dans la perméabilité.
Plusieurs raisons importantes ont déterminé le choix de ce sel : ee Lane CE
1° Le sodium radio-actif, facile à manier à cause de sa faible toxicité, est un ion extracellulaire, comme l'ont montré les travaux classiques.
2° Sa période, qui est de 148 heures, est une période idéale : la décroissance est faible pendant la durée de l'expérience, mais suffisamment rapide pour qu’au bout de 100 heures la radio-activité résiduelle, chez l’animal, soit négligeable.
Ce qui permet d'utiliser des doses assez importantes sans
noce
provoquer des lésions graves chez l’animal en expérience.
Nos animaux reçoivent dans le péritoine 10 em* de chlorure de sodium, dont l’activité calculée varie de 0,07 mC. à 0,17 mC., la dose toxique pour le Lapin étant, d’après HaMiL- TON [26], de 53 millicuries. La dose ainsi reçue par l'animal peut donc être considérée comme négligeable.
3° Le sodium 24* émet un rayonnement 8 de 1,4 millions électrons-volts, et des y de 1,4 - 2,8 - 2,69 - 3,22 et 3,61 MeV, donc facilement détectables à l’aide du compteur de GEIGÉR- MULLER de type ordinaire.
Le chlorure de sodium provenant du service des radioisotopes du C.E. A. a une activité moyenne variant de
0,7:mC à 1, 2mC.-par.g.
= La quantité de 1 g. de chlorure de sodium livrée est mise en solution dans 100 em* d’eau, afin d’obtenir une solution isotonique.
10 cm* de la solution sont injectés dans la cavité péritonéale d’un Lapin à jeun depuis vingt-quatre heures. Après injection, le sang est prélevé dans une micropipette à rinçage, à des intervalles de temps réguliers, en ponctionnant une veine de l'oreille. Le sang prélevé est vidé dans une petite cuve d'aluminium contenant 2/10% de em° d’une solution de citrate.
Cette manière de prélever les échantillons demande un soin particulier, mais elle est beaucoup plus rapide que la technique courante qui consiste à peser les échantillons après les avoir desséchés.
Les échantillons prélevés sont déposés sur une platine chauffante. Lorsque l'échantillon est sec, la cupule est placée sur un rectangle de carton; les bords de la cuve sont rabat- {us, puis on recouvre au moyen de cellophane, pour éviter les pertes et les contaminations extérieures.
On a naturellement pris soin de numéroter les échantillons et de noter l’heure du prélèvement correspondant.
L’échantillon ainsi obtenu est une couche mince dont la « self-absorption » est négligeable. Ses dimensions permet-