‹ Contribution Expérimentale à l'Étude de la Perméabilité Chez les Animaux IrradiésChapitre 6 sur 26 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

L'action primaire des radiations ionisantes sur la cellule vivante dépend des probabilités d'atteinte de zones sensibles, comme l'ont mis en évidence HoLWEck et LACASSA- GNE |1, 2].

Cependant, certaines modifications, qui apparaissent après un. temps de latence, ne peuvent s'expliquer que par la pénétration intra-cellulaire ou intra-nucléaire de substances toxiques formées par irradiation du milieu, vraisemblablement de leau oxygénée dont le rôle important dans la genèse des lésions a été souligné par PIFFAULT [3].

Dans le même ordre d’idée, on a pu, par irradiation préalable du milieu de culture, obtenir des mutations géniques sur certaines bactéries.

La radio-sensibilité cellulaire étant sous la dncndanee de facteurs internes et de facteurs liés à l’état chimique du milieu, on comprend l'importance de l'étude du phénomène de la perméabilité cellulaire. |

Les premiers travaux relatifs aux modifications de la perméabilité sous l’action des rayons X ont été réalisés par PackaRD [4], sur les unicellulaires; chez des paramécies préalablement colorées, par le rouge neutre, çet auteur constate une augmentation de la vitesse de décoloration par des solutions d’ammoniaque diluées, après irradiation.

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De même, LEHMANN et WELS [5] signalent une augmentation de la perméabilité des globules rouges de bœuf pour le chlore.

A l’échelle animale, KRoETZ [6] met en évidence une augmentation de la perméabilité de la peau de grenouille pour le chlore et le glucose sous l’action des rayons X.

Le même auteur [7], injectant une solution de RINGER dans le péritoine du lapin, signale une augmentation de la perméabilité aux protéines et au potassium, immédiatement après exposition à une dose massive de rayons X.

L'importance du syndrome hémorragique mis en évidence pour la première fois par LACASSAGNE, LATES et LAVEDAN [8] chez les animaux irradiés, a été soulignée par tous les auteurs récents qui ont remis en honneur ces problèmes de la perméabilité.

Les faits observés chez l’animal sont moins homogènes que chez les unicellulaires : la discordance s'explique par la diversité des méthodes et du matériel utilisés.

Mais, dans tous les cas étudiés, il s’agit d’une modification de la perméabilité suivant immédiatement l’exposition à une dose locale massive de rayons X, ou à une dose générale, incompatible avec une survie prolongée. Or, les thérapeutiques modernes, telles que la rutine, les antihistaminiques de synthèse et même l’acétate de désoxycorticostérone ne présentent d'intérêt que chez les sujets ayant été exposés à une irradiation générale compatible avec une survie.

En conséquence, nous limiterons le cadre de notre travail à l’étude des modifications de la perméabilité sur des animaux ayant reçu une dose de rayons X en irradiation générale légèrement inférieure à la dose léthale seuil.

Ceci nous a permis d'introduire dans cette étude un nouveau facteur : le temps.

Avant d'exposer nos recherches, nous rappellerons brièvement les expériences grâce auxquelles la perméabilité de la . paroi péritonéale a été mise en évidence.

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Le fait important, dont la dialyse péritonéale est Papplication, est que le péritoine est perméable à l’eau, aux sels et aux petites molécules telles que le glucose et l’urée.

Ce fait a été établi par de nombreux travaux; ils sont exposés dans l’ouvrage de RÉGNIER [9]; nous en rappellerons les principaux.

Dès 1895, ORLow [10], développant les travaux de HEIN- DENHAIN, constate qu’un liquide hypotonique introduit dans le péritoine ne se résorbe pas avant d’être devenu isotonique : les sels diffusent du sang dans la cavité abdominale. Inversement, COHNHEIM |11, 12, 13 et 14] montre que si la solution injectée est hypertonique, l’eau filtre et rétablit l’isotonie. Lorsque le liquide introduit est isotonique, les échanges ne cessent pas pour autant : les sels, le glucose, l’urée passent dans les deux sens, de sorte qu’à l'équilibre le liquide péritonéal contient, en même proportion, tous ces éléments du sang. PozLaKk [15], PUTNAM [16], COHNHEIM [11, 12, 13 et 14], ASHER [17] et WERTHEIMER [18] ont précisé les conditions dans lesquelles se fait l'équilibre du sang et du liquide péritonéal. Ces auteurs ont apporté à la composition du sang des modifications variées : ils ont abaïissé la glycémie par des injections d’insuline ou l'ont élevée en perfusant l'animal avec une solution hypertonique de glucose, ou encore ils ont introduit dans le liquide de perfusion de grandes quantités de NaCI ou d’urée. Ils ont constaté que la vitesse de passage du glucose, de Purée ou des sels, ainsi que la concentration de tous ces éléments dans le liquide péritonéal, suivent toujours les modifications imposées à la composition du sang. D’autre part, CLARK [19] a montré que la résorption des diverses substances introduites dans le péritoine est d'autant plus lente que leur poids moléculaire est plus grand, qu’elle diminue avec le temps et avec la quantité de liquide injectée.

Ces expériences tendent donc à montrer que les échanges entre le sang et le liquide péritonéal sont régis par les lois

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purement physiques de l’osmose et de la diffusion. Or, il. n’en est rien.

ASHER [17], dont la contribution à ce problème est fort importante, a montré que la paroi péritonéale est perméable à de grosses molécules non dialysables. Des protéines injectées se résorbent, et leur vitesse de résorption est réglée par la concentration des protéines du sang. En particulier, elle est abaissée par une saignée.

On est donc amené à attribuer à la paroi même du péritoine un rôle actif dans ces échanges. Ce rôle avait été pressenti par ORLOW [10]. Cet auteur explique en effet, par une lésion de l’endothélium, l’inhibition de la résorption des cristalloïdes qu’il observe lorsqu'il ajoute du fluorure de sodium au liquide introduit dans le péritoine.

D’autres observations confirment le rôle actif des cellules endothéliales. ENGEL et KEREKES [20], par exemple, ont montré que si l’on classe les colorants d’après leur vitesse de passage à travers la paroi péritonéale, ils se partagent en deux groupes, non point d’après la grosseur de la molécule, mais d’après leurs affinités chimiques : les colorants acides passent facilement, les colorants basiques pénètrent à l’intérieur des cellules et filtrent très peu.

Nous mentionnerons, enfin, quelques travaux qui mettent en évidence une influence du système nerveux sur la résorption des liquides intrapéritonéaux.

La vitesse de résorption serait diminuée par la section du sympathique (STARaNKE [21]) et des nerfs splanchniques, ou par l’anesthésie à la cocaïne (Hara [22]); elle serait accélérée par la section du vague (STAHNKE [21]). Mais peutêtre ne s’agit-il là que de modifications circulatoires et non de modifications de la perméabilité cellulaire comme l’a fait remarquer RÉGNIER [9].

De ces expériences, nous retiendrons les points suivants : la paroi péritonéale est perméable dans les deux sens à l’eau, aux cristalloïdes et aux protéines; une solution introduite dans le péritoine ne se résorbe qu'après un temps de

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latence pendant lequel elle devient isotonique; enfin, la résorption des solutions injectées, des sels. des protéines des colorants dépend des lois physiques d’osmose et de

diffusion, mais aussi de facteurs physiologiques, en particulier de l'intégrité des capillaires et de l’endothélium péritonéal.

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