TECHNIQUES GÉNÉRALES
Il n’existe, à notre connaissance, qu’une seule publication sur les modifications de la perméabilité de la membrane péritonéale à l’eau, aux sels et aux protéines, chez les animaux irradiés : celle de KRoErZz [7], que nous avons mentionnée dans le paragraphe précédent.
L'auteur étudie le passage des protéines et des sels, du sang vers la cavité péritonéale, chez des Lapins ayant reçu une irradiation massive et générale de rayons X.
La mort de ces animaux se produisant dans les trois à six jours consécutifs, son étude se limite au jour même et au lendemain de l’irradiation.
Pour éviter cette mort rapide, nous avons exposé nos Cobayes à une dose de rayons X légèrement inférieure à la dose léthale seuil.
Nous avons utilisé des animaux mâles, de pelage identique, provenant du même élevage et ayant des poids sensiblement comparables.
Nos expériences d'orientation ont porté sur des Cobayes normaux et sur des Cobayes irradiés depuis plus de six semaines. Nous n’avons d’ailleurs constaté aucune différence entre ces derniers et les animaux témoins.
La nourriture, identique pour tous, est constituée par de l’avoine, du son et du choux. Nous évitons ainsi les variations du seuil de léthalité dont l’importance a été mise en évidence par M" LouraAU et LARTIGUE [23].
Les caractéristiques du tube à rayons X sont les suivantes : voltage, 180 kw.; intensité, 10,5 mA.; débit, 64 r./m.; distance
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anticathode animal, 65 cm. Le rayonnement n’est pas filtré.
Les animaux, placés par deux dans des boîtes en bois de 18 cm. X 17 em. reçoivent une irradiation unique de tout le corps.
La dose est mesurée à l’aide d’une chambre d’ionisation placée au contact de la boîte. La dose reçue par l’animal est ainsi légèrement inférieure à la dose mesurée dans l'air, bien que le rayonnement diffusé de retour ne soit pas négligeable. |
Toutes nos mesures sont réalisées dans les mêmes conditions, avec le même appareil, donc rigoureusement comparables entre elles. Afin de pouvoir suivre nos animaux plusieurs jours après l’irradiation, nous avons choisi comme dose la dose léthale seuil.
Nous entendons par dose léthale seuil la dose de rayons X compatible avec la survie de l’animal, mais toujours suffisante pour produire des lésions typiques et contrôlables, telles que l’anémie et des pétéchies.
Notre étude portant sur une durée de plusieurs mois, nous avons utilisé, pour déterminer cette dose, les courbes expérimentales de M" Lourau, les chiffres donnés par les ouvrages classiques ne tenant compte ni des variations dues à la nourriture, ni des variations saisonnières, dont les travaux récemment publiés, ou actuellement en cours, soulignent l’importance.
Les animaux reçoivent une dose variant de 400 à 600 r., alors que la dose léthale moyenne a varié de 850 à 1.100 r. à l’époque de notre expérimentation.
Parmi les différents moyens d’investigation de la perméabilité qui s’offraient à nous, nous avons retenu une méthode quantitative pour ia résorption de l’eau, et pondérale pour le passage des protéines.
Les méthodes basées sur la diffusion des colorants ont l'avantage d’être plus rapides, mais elles donnent des résultats moins facilement analysables sur les animaux irradiés,
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à cause de la pénétration des colorants dans les cellules, et de leur légère toxicité.
Nous entendons par perméabilité la plus ou moins grande facilité de passage de diverses molécules d’une solution dans une autre, à travers une membrane qui les sépare. La membrane péritonéale nous a paru se rapprocher des conditions idéales.
En effet, à condition d’opérer pendant des temps relativement courts, lorsqu'on injecte une solution de chlorure de sodium isotonique dans la cavité péritonéale, on peut admettre en première approximation que le nombre des compartiments en équilibre est de deux : d’une part, le plasma, d'autre part, le liquide injecté.
Nous savons que la résorption d’un liquide injecté dans la cavité péritonéale ne commence qu’après établissement de lPisotonie. Or, le temps nécessaire à cet établissement sera d'autant plus court que la quantité de liquide sera plus petite, et que sa composition chimique sera plus voisine de celle du sang.
Nous avons donc injecté 5 cm° de solution de chlorure de sodium isotonique. Cette quantité peut paraître faible, mais elle a le gros avantage de ne pas produire une trop forte surpression susceptible de modifier la cinétique de résorption. De plus, la vitesse de résorption augmentant avec la quantité injectée, l’erreur relative que l’on commet sur la mesure des quantités de liquide résiduel est inférieure à celle que l’on commettrait en injectant de fortes quantités de liquide. ;
La perméabilité de la membrane, dépendant de la composition chimique des milieux en équilibre, et des propriétés physiologiques de la membrane, notre étude portera non seulement sur la vitesse de passage des molécules et leur nature, mais également sur les variations de la composition chimique du sang sous l’action des radiations.
Nous limiterons notre étude au passage de l’eau, des protéines et du chlorure de sodium. |