‹ Contribution expérimentale à l'étude de la respiration en surpression: Les accidents de surpression pulmonaire en plongée sous-marineChapitre 18 sur 20 · II. -— Traitement symptomatique · texte numérisé non relu

II. -— Traitement symptomatique

A) Moyens secondaires ou « adjuvants ».

— Chaleur, massages.

O, par intermittence ou 0, avec 5 % de CO, (carbogène). Actuellement on préfère donner de l’oxygène pur; le carbogène serait de moins en moins utilisé (Thèse MAUTALEN).

— Analeptiques vasculaires et respiratoires.

— Pocar et Apams ont préconisé l’empioi d’adrénaline en perfusion I.V. : 1/2 cc. d’une solution à r %o dans 30 cc. de sérum physiologique.

La respiration artificielle est utile lorsque la respiration devient très superficielle mais son application exige certaines précautions :

Nous avons vu, en effet (Horkixs et CHILLINGWORTH) que lorsque la pression intra-pulmonaire augmente, la pression sanguine diminue; la pression diastolique du ventricule droit augmentant avec la pression pulmonaire peut, par suite, devenir égale ou supérieure à la pression sanguine aortique. Nous avons vu les conséquences désastreuses. qui en découleraient. Hopkins et CaiLineworrn, Browx, insistent done sur la nécessité d’une « balance » favorable à la pression du système diastolique par rapport à la pression diastolique dans le ventricule droit. La perte de cette balance par hyperdistension pulmonaire peut détruire le but de la respiration artificielle en causant l’asphyxie du muscle cardiaque alors même que les poumons sont surventilés. Aussi en pratique, la période

Lacs

« d'inflation » doit-elle être limitée afin de permettre à la pression sanguine de revenir à la normale.

B) La recompression,

Son emploi a été l’objet de controverses.

a) Certains l’estimaient inutile et même dangereuse : tel est l’avis de Mac CLarcnie et de Browx : selon ces auteurs, l'emploi de la haute pression n’est indiqué que lorsque les symptômes sont directement attribuables à la maladie de l'air comprimé. Quand ces auteurs soumirent les accidentés à la recompression, ils ne dépassèrent jamais les pressions auxquelles ils avaient été soumis durant l'exercice. ;

b) D’autres la considèrent comme la thérapeutique d’ur-

gence, la seule efficace : c’est l’avis de Porax et Anams.

Ces auteurs expérimentèrent sur des chiens chez lesquels ils déterminèrent des lésions importantes par augmentation de la pression intra-pulmonaire. Lorsque l’animal semblait « récupérer » difficilement, ils le soumettaient à la recompression. La pression était rapidement élevée jusqu’à 20 kgs. Ces. expériences prouvèrent selon leurs auteurs que la recompression est nettement indiquée dans les aéro-embolismes traumatiques. On doit y avoir recours immédiatement et la pression

- doit être élevée aussi rapidement que possible à un degré suf-

fisant, le malade étant placé en position déclive tête basse. Après un certain temps, la décompression est effectuée selon les tables classiques. Si, en cours de décompression, les symptômes réapparaissent, la recompression doit être immédiatement rétablie. Son action est purement mécanique : elle réduit ies dimensions des bulles (volume, diamètre) atténuant ainsi l’obstruction au flux sanguin dans les aires vitales, et par suite diminuant l’anoxémie. Elle favorise également l’élimination de l’air par absorption dans le sang et « excrétion » à travers le poumon, Dans leurs expériences, la pression fut limitée à 20 kgs; cette pression selon les auteurs était insuffisante pour donner les meilleurs résultats.

ny jure

Pour PoLar et Anams un tank destiné au traitement de la maladie du caisson qui ne permettrait pas une recompression rapide à des pressions élevées, est un appareil sur lequel on ne peut vraiment compter. Une pression suffisante représente le seul moyen de contrôler le volume des bulles gazeuses. Les auteurs insistent sur un fait « des plus importants » dont doit se souvenir tout médecin lors du traitement d’une authentique « maladie des caissons » : c’est que tous les symptômes du malade recomprimé peuvent être aggravés durant la première période de la recompression. C’est pour cette raison que les médecins hésitent à placer le sujet sous des pressions plus hautes.

Cette accentuation des symptômes serait due au mouvement des bulles dont les dimensions diminuent sous l'effet de la pression, et à leur déplacement dans de nouvelles régions du système circulatoire. À ce moment, le médecin ne doit pas cesser la recompression, mais il doit l’élever rapidement jusqu'à ce que les symptômes s’atténuent.

Il est permis de penser que les accidentés soumis par Mac Crarcme à de faibles pressions, ne retirèrent qu’une amélioration négligeable de ce traitement à cause justement de pressions insuffisantes. Des pressions élevées auraient sans doute donné de meilleurs résultats.

Actuellement la question ne fait aucun doute : tous les accidents de surpression pulmonaire sont soumis à la recompression.

Page 1