STRANGULATION
A l’article Strangulation du Dictionnaire des Sc. médicales de Jaccoud, nous trouvons au sujet de l’état du cœur dans ce genre de mort:
« Le cœur ne présente pas de signe anatomique constant. Tantôt il est complètement vide, tantôt il contient une certaine quantité de sang noir fluide.» (M. Laugier.)
Nous pourrions en rester là dans l'exposé de nos recherches et dire immédiatement que les quelques lignes que nous venons de citer résument, en leur simple formule, les conclusions auxquelles sont arrivés tous les auteurs jusqu’à ce jour. Casper, Liman, en Allemagne, Taylor en Angleterre, Tamassia en Italie, Legrand du Saulle,Chaudé, Vibert et Brouardel, en France, pour ne citer que les plus considérables et les plus modernes, ont tous signalé la constance de ces caractères.
Lutaud écrit: « Le cœur n'offre rien de particulier ; il est quelquefois vide, mais il contient ordinairement un peu de sang noir el fluide. »
Dans le Traité de médecine légale de Tourdes, on lit
également: « Le cœur renferme un sang noir, liquide, sans caillots ; cette liquidité du sang constamment notée coïncide souvent avec la presque vacuité du cœur gauche. »
Dans une thèse lyonnaise de 1895, de M. Salim-Fahri, où la question de la strangulation a été sérieusement étudiée, nous avons cherché à trouver quelques renseignements pouvant coïncider avec nos résultats. Dans toutes les observations présentées dans ce travail nous n'avons relevé qu'une fois le signalement des caillots (obs. XVT), el encore avons-nous affaire, dans ce cas particulier, à un individu en état d'ivresse, S'étranglant involontairement au milieu de sa folie ébrieuse, et présentant à l’autopsie des caillots fibrineux, à quantité égale, dans ses deux ventricules.
À côté de ce cas isolé, nous rangerons l’observation également unique de Tardieu, où du sang à demi coagulé est trouvé dans le cœur dans un cas de strangulation.
Enfin, nous terminerons ce rapide aperçu par la conclusion du professeur Brouardel.
« Le cœur, dit-il, est rempli d’un sang fluide et noir ; quelquefois, on y trouve de petits caillots. »
Ici, encore, comme dans la pendaison, nous trouvons une certaine marge. Le sang coagulé n’est pas nettement proscrit, et nos expériences nous ont montré, ainsi qu'il va en être fait foi, que le caillot, ici comme dans les autres genres de mort que nous étudions, n’est pas une trouvaille d’autopsie, mais un fait très fréquent.