‹ Contribution Expérimentale à l'Étude du Contenu Cardiaque dans la MortChapitre 16 sur 19 · DISCUSSION · texte numérisé non relu

DISCUSSION

Il serait léméraire à nous, et nous n'avons certes pas la prétention de le faire, de vouloir trancher le débat qui se pose ici, à savoir-la divergence entre nos résultats et les conclusions des divers auteurs qui ont de près où de loin touché à la question étudiée dans ce travail

Sans entrer dans le domaine de la théorie, terrain toujours mouvant, dangereux surtout pour notre expérience el notre compétence trop jeunes, nous nous bornerons à serrer les faits du plus près possible, et d'en déduire la conclusion qui nous à paru la plus simple, la plus rationnelle.

En premier lieu, le fait essentiel, capital de nos recherches, c’est la présence constante de caillots dans le cœur, dans la mort par asphyxie violente.

Alors que de loutes parts nous avons rencontré desidées en opposition avee cette proposition qui fera l'objet de notre prinéipale conclusion, nous ne craignons pas d'affirmer ce fait. En la circonstance, nous nous appuyons sur toutes nos expériences, toujours conduites avec le maximum d'exachitude possible, sous la direction de M. le professeur Sarda.

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D'autre part, sauf pour l'examen du sang des noyés, nous n'avons rien trouvé de relatif à des recherches spéciales en ce qui concerne le sang des pendus, des étranglés, des suffoqués. Dans ces circonstances, nous sommes porté à penser que l'examen des cavités du cœur et du sang n’a attiré l'attention des experts que pour des mesures approximatives.

Il est incontestable qu'il v a du sang coagulé dans le cœur dans la mort par asphyxie mécanique. Que les caillots soient plus ou moins accusés suivant les cas; qu'à côté de ces caillots 11 y ait plus où moins de sang liquide ou poisseux, peu importe ; il n’en reste pas moins que le processus de coagulation est Manifeste. Tous les degrés ont été notés dansnos expériences dans l'échelle des coaoulations : depuis le liquide épais, visqueux, en gelée, jusqu'au coagulum massif, dense, unique, distendant toute la. cavité.

il peut, il doit done y avoir là un indice, un signe anatomo-pathologique.

La date de lautopsie à de son côté une influence sur le déterminisme de celte coagulation, le caillot devenant de plus en plus accusé dans les heures qui suivent la mort pour régresser ensuite quand arrive la putréfaction.

Nous en arrivons ainsi à étiqueter phénomène post morlem, celte prise en masse, plus ou moins dense, plus ou moins volumineuse du sang asphyxique.

A notre sens, en effet, le ou les caillots qui se forment dans le cœur de l'individu asphyxié par un des quatre modes que nous envisageons, n’est jamais un phénomène agonique.

Nous ne voulons voir ici aucune relation avec les caillots que révèle l'autopsie d'un pneumonique, d'un mitral,

RON d'un aortique ayant succombé lentement après des phases successives et prolongées d’asphyxie. Ici, en effet, nous aurons affaire au caillot nettement fibrineux, formé peu à peu, au furet à mesure de l'insuffisance respiratoire, de la gêne circulatoire, de ladultération du liquide sanguin; nous serons bien en présence du caillot agonique.

Bien différents sont, pensons-nous, les faits dans l’asphyxie mécanique “violente. Brusquement un obstacle s'interpose entre lair.et le sang ; en quelques instants, la mort arrive : le sang étant dépossédé de sa fonction vitale, privé qu'il est d'oxygène et saturé d'acide carbonique.

L'agonie est brève, le cœur ne lutte que quelques instants, et le sang transformé, inversé si l’on peut ainsi dire, se trouve brusquement arrêté dans son élan, après quelques tressauts d’ultimes battements. Or, si l’on ouvre ce cœur à ce moment précis du dernier battement, le caillot n'existe pas : le sang est noir, liquide. Mais quelques heures après, l’autopsie montre déjà un commence. ment de coagulation qui va, nous le répélons encore une fois, en s’affirmant davantage au fur et à mesure qu'on s'éloigne du moment de la mort.

À ce premier fait qui nous semble déjà d’une précision suffisante, vient s'ajouter, pour le confirmer, cette autre observation que nous avons eu l'occasion de faire plusieurs fois au cours de nos recherches :

À maintes reprises, en pratiquant Pautopsie immédiate de cobayes, nous avons pu compter pendant plus de demi-heure des battements cardiaques sur ces animaux ayant manifestement succombé, et dont la cage thoracique étail ouverte sous nos yeux. À chaque fois que nous avons incisé ces cœurs où les battements n'étaient pas encore tout à fait éleints, nous n'avons trouvé que du

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