‹ Contribution Expérimentale à l'Étude du Contenu Cardiaque dans la MortChapitre 17 sur 19 · AUDE · texte numérisé non relu

AUDE

sang liquide. Au contraire, après toute cessation de battement, l'examen du cœur révélait la présence de caillots.

Ces faits matériels, objectifs, sont suffisants, de par les nombreuses autopsies qui nous les ont montrés à chaque fois, pour que nous puissions prétendre à l'existence de cette coagulation et à sa formation dès que le cœur a cessé de battre.

Et nous nous empressons d'ajouter qu'il en est tou- Jours ainsi, aussi bien dans les cas où l’asphyxie est produite brusquement, que dans ceux où on la prolonge intentionnellement.

Jusqu'ici nous avons eu en vue, dans cette brève analyse, tout ce qui a trait en général aux quatre grandes modalités d'asphyxie mécanique. Il en est une quimérite de nous arrêter d’une façon plus spéciale, en raison de l'intérêt que certains auteurs ont voulu ajouter à la prétendue liquidité du sang” ; nous voulons parler de la submefsion.

On a voulu faire jouer un grand rôle à l’eau qui pénètre dans les poumons au moment où lindivididu se noie. Il est démontré par les expériences de Brouardel et Vibert que l’eau qui pénètre dans le sang, chez les noyés loin d’être un obstacle à la coagulation, doit être considérée au contraire comme susceptible de la favoriser.

Nous dirons donc, avec ces auteurs, puisque nos expériences nous y autorisent, que le sang contenu dans le cœur des noyés est coagulé, quand on pratique Pautopsie quelques heures après la mort. Mais, conformément à nos résultats, nous accorderons à cette coagulation une plus longue durée. Au lieu d'admettre avec eux que la décoagulation commence au bout de quelques heures pour aboutir rapidement à une complète liquidité, et

TUE cela sous des influences indéterminées, nous pensons que la coagulation reste entière, aux quelques minimes variations près que peut lui faire subir la rigidité cardiaque, jusqu'à la putréfaction.

Avec la putréfaction entreront en ligne de compte des facteurs que nous n'avons pas à étudier ici, étant donné les perturbations considérables qui sont alors apportées däns le cadavre.

Mais, si nous laissons à dessein de côté ce qui a trait à la putréfaction, nous ne voulons pas terminer cette succincte analyse des faits observés, sans dire quelques mots de la rigidité cadavérique et de son action sur le contenu des cavités du cœur.

Quelque temp$ après la mort, le cœur entre-bientôt en rigidité ; qu'il se soit arrêté en systole ou en diastole, la rigidité qui s'empare du musele cardiaque tend à le mettre du fait de la contraction qui se produit, en état de systole. Or, on a dit que sous cette influence le cœur se vidait et nous lisons dans Brouardel (article Rigidité cadavérique de son ouvrage : La mort et la mort subite) :

«€ Quand la rigidité envahit le muscle cardiaque, celuiei se contracte et expulse le sang qui est à l’intérieur de sa cavité; au moment où la rigidité disparaît, il se laisse de nouveau remplir, parce qu'il se distend ».

Nous ne saurions admettre ces conclusions, que rien dans nos recherches n'est venu corroborer.

En effel, [outes nos aulopsies ont été échelonnées entre les limites extrêmes de quelques minutes, à huit Jours post-mortem. Nous avons pu de la sorte surprendre dans tous ses stades, la rigidité cardiaque ; jamais le cœur n’a été trouvé complètement vide.

ést-ce à dire que le phénomène signalé par Brouardel

ne se produit pas? Nous n'osons point nous inscrire catégoriquement en faux contre son assertion ; ily a, du reste, pensons-nous, place à deux opinions. Que le cœur, en se contractant au moment de la rigidité, expulse une certaine quantité de son contenu, nous ne le contredirons point, mais en faisant cette réserve toutefois que la quantité de sang chassé sera toujours minime. La contraction qui constitue la rigidité cadavérique est essentiellement passive, lente ; elle ne peut en aucune façon être assimilée à la systole brusque, active du cœur en fonction qui tend à lancer ver la périphérie le maximum de sang possible dont lé résultat immédiat serait, si tous les orifices se fermaient dès cette contraction achevée, la vacuité des ventricules. Nous n’hésitons donc pas à conclure pour toutes ces raisons que le cœur ne se vide pas; à toutes les périodes de la rigidité cadavérique, le cœur contient du sang ; nous avons déjà vu sous quelles espèces.

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