‹ Contribution Expérimentale à la Chimio-Thérapie de la Maladie du SommeilChapitre 11 sur 61 · HISTORIQUE DES PREMIERS TRAITEMENTS · texte numérisé non relu

HISTORIQUE DES PREMIERS TRAITEMENTS

Ce sont les indigènes qui, les premiers, ont essayé de lutter contre ce fléau. Ignorant le trypanosome, ignorant aussi le rôle de la glossine, ils usaient d'une thérapeutique grossière et empirique, nous rapporte Largeau. Un petit piment rouge, appelé en pahouin (Okam» et « Tokolo » en gabonnais, était pilé jusqu'à en faire une poudre extrêmement fine, qu'ils jetaient violemment dans les yeux et les narines de leurs malades. Par contre, au Sénégal, nous rapporte Corre, l’extirpation des ganglions était pratiquée. Les résultats de ces médications étaient évidemment absolument nuls. Bientôt, les Européens obser-

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vérent cette maladie et se contentèrent d'en soigner les symptômes, ne craignant pas d’avouer l’ineffcacité de leur traitement : douches, sétons à la nuque, vésicatoire, etc...

Puis Dangaix essaya de l'électricité, localisée au moyen de l'appareil de Legendre et Morin en promenant tout le long de la colonne vertébrale les rhéophores. La marche de la maladie semblait par ce moyen être troublée, la terminaison fatale retardée, mais de quelque temps seulement.

On essaya ensuite des purgatifs de toutes sortes, des émissions sanguines locales, des sangsues aux mastoïdes et à l'anus, des ventouses aux tempes ; enfin des frictions excitantes avec des affusions froides sur la tête. Le sommeil était de plus combattu par le café. À toutes ces médications, on ajoute les distractions, les exercices modérés et une alimentation peu abondante mais suffisante néanmoins. La maladie n'en continue pas moins ses ravages.

Meuse remarque alors que la structure des trypanosomes se rapprochait de celle des spermatozoïdes et, connaissant l'action destructive des rayons X, il les essaya. Des cultures de trypanosomes soumises à plusieurs séances, n'avaient rien perdu de leur virulence. Plus tard, le radium fut à son tour essayé : toutes ces expérimentations échouaient.

Les ressources de la thérapeutique physique ne donnant aucun résultat on se jeta alors sur la sérothérapie.

Sérothérapie. — On découvrit que des espèces particulières de trypanosomes ne se reproduisaient pas dans le sérum de certains animaux. C'est ainsi que, par l'injection de sérum humain à des rats infectés par des trypanosomes nagana ou surra, on a vu les symptômes s’atténuer et la guérison de la plupart s'établir.

De même, le gambiense se développe mal dans le sang du cheval et cet animal semble réfractaire à la maladie du sommeil. De ce fait, Laveran pensa améliorer et peut-être même guérir des humains. Son hypothèse ne se confirma malheureusement

pas. En effet, l’homme est réfractaire au nagana et au surra, mais aucun animal, même pas le cheval n’est réellement réfractaire au gambiense.

Médication de choc. — L'abcès de fixation paraît être un obstacle momentané à la multiplication des trypanosomes dans le sang, mais à aucun moment on ne peut réussir à enrayer la maladie.

La découverte dans le sang, dans le suc ganglionaire et dans le liquide céphalo-rachidien de tous les sujets atteints, d’un protozoaire ayant été faite, la préoccupation de tous les thérapeutes fut de détruire ce parasite par un antiseptique. Le mercure était tout indiqué, on l’administra sous toutes ses formes. Ce fut, semble-t-il, la première expérience de la chimiothérapie qui ait été tentée. On y associa l’iodure de potassium. Plus tard des injections de bleu de métylène furent également essayées. Une date nouvelle s’inscrivait dans les annales de la maladie du sommeil : la chimiothérapie était née.

Avant de citer les principaux médicaments qu'elle a utilisés, il est nécessaire de rappeler quelques notions étiologiques sur la maladie du sommeil.

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