‹ Contribution Expérimentale à la Chimio-Thérapie de la Maladie du SommeilChapitre 59 sur 61 · CONCLUSIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS GÉNÉRALES

Nous étudierons d'abord dans chaque groupe chimique la «valeur chimiothérapique « des produits utilisés dans la lutte contre la maladie du sommeil.

Nous examinerons ensuite les produits dont nous avons contrôlé l'action sur l'animal en insistant sur ceux dont l'efficacité nous a été révélée par notre expérimentation.

I. — Produits chimiques utilisés dans la lutte contre les trypanosomiases et gambiense.

À. — Corps de la chimie minérale.

Les composés arsenicaux (acide arsénieux et orpiment) sont les seuls produits, doués de propriété parasiticide, qui aient permis la guérison de quelques malades à la période sanguine. B. — Corps de la chimie organique.

Les composés organiques, plus nombreux et plus efficaces que les corps de la chimie minérale, possèdent trois classes de médicaments qui aient affirmé leur supériorité curative. Ce sont :

1° Les uréides et surtout le 309 Fourneau où moranyl.

Le moranyl est un puissant trypanocide, stérilisant rapidement le sang périphérique, mais dont l’action sur les trypanosomes localisés dans le sac méningé est moins efficace ;

2° Les organo stibiés, représentés par l'émétique et la fouadine possèdent une action stérilisante rapide mais peu stable. Ils s'avèrent très utiles quand ils sont associés mais difficiles à employer seuls ;

3° Les organo arsenicaux.

a) Organoarsenicaux trivalents, représentés par les arseno-

ne 1 (ms

benzols. — Ils stérilisent assez vite le sang périphérique. Leur action sur les parasites des ganglions lymphatiques est moins efficace et des rechutes se produisent assez rapidement. Ils agissent d’une façon toute transitoire sur les parasites du sac méningé. Mais ils sont cependant à conseiller associés à d'autres produits plus efficaces et surtout dans le cas de maladie du sommeil compliquée d’atteintes syphilitiques ou pianiques.

b) Organo-arsenicaux pentavalents. — Les organo-arsenicaux pentavalents comprennent actuellement les armes les plus efficaces mises à notre disposition par la chimiothérapie dans la lutte contre la maladie du sommeil.

Le trypoxyl. — Il affirme sa supériorité à la période sanguine de la maladie par son emploi, seul ou associé (90 % de guérison). La stérilisation hémolymphatique en est rapide et durable. L'utilisation des doses fortes diminue le nombre de rechutes. À la période méningée par contre son action est discutable au début et d'autant plus nuisible que la maladie est plus avancée.

La tryparsamide. — Bien que douée d’une grande action stérilisante sur le sang périphérique, elle ne s'impose pas à la période sanguine de la maladie. À la période nerveuse au contraire, elle manifeste sa supériorité par son remarquable pouvoir parasiticide sur les trypanosomes localisés dans le sac méningé.

L’orsamine sodique. — Il se montre un puissant trypanocide au moins équivalent, employé à la période sanguine, au trypoxyl. À la période nerveuse il s'avère supérieur au trypoxyl mais inférieur à la tryparsamide.

Grâce au traitement continu par un arsenical convenablement choisi, seul ou associé, le pourcentage des malades, à quelque période qu'ils appartiennent, permet sinon des guérisons certames du moins des améliorations considérables à un taux très élevé.

IL. — Contribution expérimentale personnelle sur l’action trypanocide in vitro et in vivo de certains produits chimiques.

Ce travail a voulu apporter une modeste contribution à la chimiothérapie de la maladie du sommeil.

Nous nous sommes attachés à étudier des produits nouveaux en faisant un choix parmi ceux dont la parenté chimique ou les propriétés se rapprochaient des produits reconnus les plus actifs dans la maladie du sommeil.

À. — Corps dépourvus d'action trypanocide sur l'animal.

Citons l'acétate de cadmium, le chlorure de cobalt, l'étain métallique, le phosphite de fer, l’or sous forme d’allochrysine, le rhodium (lantol), l’aniodol et la créosote.

B. — Corps à action trypanocide nette in vitro.

Certains ont une faible activité : sulfate de cuivre, alcool, chloramine. D'autres ont une activité moyenne : stibiothiopropanol sulfonate de soude et tryparsamide.

Enfin, les corps suivants sont de puissants trypanocides : moranyl et tséamine.

Nous voyons donc que les éeptutes généraux ont une action parasiticide très nette sans doute, mais inférieure à celle des produits spécialisés dans la trypanosomiase à gambiense.

Page 1