‹ Contribution expérimentale à la pathologie et à l'anatomie pathologique de la moelle épinièreChapitre 13 sur 27 · Archiv der HeiUundt. 1877. V. .SHJl · texte numérisé non relu

Archiv der HeiUundt. 1877. V. .SHJl

bien colorés. A un faible grossissement, ils semblent complètement disparus (voir la fig. 1, dessinée d'après une préparation par le bleu d'aniline du renflement cervical d'un animal qui avait vécu 4 Jours après une hémisection parfaite, au niveau de la lO** vertèbre dorsale; elle comprend les parties postéro-internes des cordons postérieurs. Zeiss C, Oc. 2, 145 diamètres). A un grossissement plus fort on trouve une trace incolore, ou presque incolore, de cylindres-axes, formant souvent une masse grenue, d'un volume plus grand qu'un cylindre-axe ordinaire et souvent peu distinct de son entourage. Il y a aussi des tubes dont le cylindre-axe est faiblement coloré, mais gonflé (voir la fig. 2, dessinée d'après la même préparation. Zeiss K, Oc. 2, 760 diamètres). La myéline paraît encore intacte, au moins pour la plus grande partie; ainsi dans les préparations traitées par la fuchsine, la partie périphérique rouge est toujours conservée, généralement aussi la partie interne, incolore, de la gaine de myéhne, même dans les tubes dont les cylindres-axes sont altérés. Il en est de même des parties périphériques de la myéline teintes en noir par l'hématoxyline, le cercle incolore de myéline est aussi conservé, au moins en grande partie. Dans ce dernier cas les cylindres -axes altérés présentent une masse grenue, légèrement jaunâtre et sont d'un volume plus grand qu'à l'état normal.

•le tiens à noter ici tout spécialement les résultats très nets et très probants que donne la réaction par la fuchsineacide et que j'ai été le i)remier à signaler'. Dans les préparations traitées par cette substance, puis bien décolorées par les moyens ordinaires, on trouve, à un faible grossissement, un certain nomluc de points très distinctement colorés en

^- l)aiis la comniunicatioii que j'ai faite au Congrès médical de Copenhague, j'ai présenté des préparations dont quelques-unes étaient iaites d'après cette méthode; c'est en partie d'après elles que sont dessinées les planches qui accompagnent le présent travail.

rouge-foncé, avec une nuance bleuâtre si la dik-oloiatiou n été assez forte. Ces points, dont le nombre correspond à peu près à celui des tubes altérés dans les préparations traitées par les autres méthodes, forment tes centres de ces tubes. A un plus fort grossissement, on voit qu'ils consistent en une masse grenue, rouge-foncé, entourée d"un cercle moins rouge, la substance érytbropliile. Le plus souvent on y constate pourtant, comme dans les tubes sains, un petit espace incolore entre la masse centrale et le cercle périphéri(iui' rouge. (Voir les ligures 3 et 5, dessinées d'après une préparation par la fuchsine-acide du renflement cervical du mêun^ animal qui a servi pour la préparation représentée aux li;^. 1 et 2. La fig. 5 comprend le cordon postérieur altéré et de< parties adjacentes de l'autre cordon postérieur et du cordon latéral gauche. 195 diamètres '. La figure 3 comprend une portion limitée [ce qu'on peut en voir en une fois dans le champ du microscope] des parties altérées du cordon postérieur tlégénéré. 1045 diamètres.)

Dans les préparations non colorées, l'altération semble consister en ce que le cylindre-axe d'un certain nombre de tubes est grenu, quelquefois un peu brillant, souvent légèrement agrandi, quelquefois aussi peu distinct de la myéline.

Dans les cas de cinq jours l'altération descendante commence à se prononcer, mais au-dessus de la plaie on ne voit pas encore bien une altération des cordons latéraux, tandis qu'on peut la constater déjà chez des animaux ayant vécu six jours.

Les cas de sept jours présentent les mêmes altération> à un degré plus prononcé. La dégénération est distincte audessous de la section , de même que dans les cordons latéraux au-dessus. Celle-ci se traduit par des altérations des cylindresaxes analogues à celles des cordons postérieurs dans les cas de

1, Des difficultés tcchiiitiues ont empêché de diiféreucicr les auueaux érythrophiles de la névroglie comme ils devraient l'être: ils sont en outre un peu schématisés.

([Uiitre jours. Eu général il y a daus les cordons postérieurs un beaucoup plus graud nombre de tubes altérés ([ue dans les cas de quatre jours, et la mj^éline, surtout dans sa partie coutiguë au cylindre-axe altéré, paraît affectée par l'altération, au moins dans la plupart des tubes. Aiusi l'anneau érythrophile, ou la partie périphérique noire dans les préparations traitées pai' l'hématoxyline, est généralement plus mince souvent aussi plus grand en diamètre, c'est-à-dire que le tube est élai gi ; la partie intermédiaire, correspondant à la partie interne de la myéline, la((uelle, dans un tube normal, est incolore et homogène, est diminuée ou complètement disparue dans les tubes altérés.

Dans les préparations par la fuchsine-acide le nombre des points rouge-foncé est plus grand, leur volume même est en général augmenté ; ainsi l'anneau érythrophile est (pielquefois complètement disparu et a servi à former ces masses grenues ; il est très rare de rencontrer des tubes altérés où le cylindre -axe semblât seul contribuer à la formation de ces masses. Il est pourtant difficile de distinguer nettement quelle partie de ces masses uniformes est le produit des cyhndres-axes et où commence la partie dégénérée de la myéline, parce que dans les préparations traitées par ce réactif, la dégénération se traduit par des granules à peu près semblables; ce n'est que par la comparaison avec des préparations faites d'après d'autres méthodes et où les limites sont plus prononcées, ([u'on peut attribuer approximativement au cylindre-axe et à la myéline leur part respective dans cette formation. Eu faisant cette comparaison, on voit aussi que la fuchsine -acide est le réactif le plus sensible non seulement pour les cylindi-es-axes, mais aussi pour les toutes premièies altérations de la myéline. En effet, dans les préparations par cette substance la myéline paraît toujours affectée sur une étendue plus grande que d'après les autres méthodes; c'est ([ue la fuchsine-acide donne déjcà une réaction dans les parties périphériques de la myéline les plus récemment altérées, ce que les autres réactifs ne fout pas.

Dans les préparations par la fuchsine-acide il y a pourtant, au bout de sept jours, quehiues tubes altérés où lepoints rouges font défaut et sont remplacés par une masse grenue peu ou point colorée, surtout si la décoloration ;i été forte, tandis que dans les cas de quatre jours, tous le> tubes étaient fortement colorés à leur centre. Les figures ^ et 9 représentent une préparation par la fuchsine-acide du renflement cervical d'un chien ayant vécu sept jours apréune hémisection dans la région de la 10^ vertèbre dorsale, mais où l'instrument avait aussi un ])eu touché l'autre cordon postérieur (oO et 2;)U diamètres). Ces figures, surtout la fig. 9, font bien comprendre ce que nous venons d'exposer '. Comme le montre la fig. 9, Taltération est beaucoup moins avancée dans les cordons latéraux ; il n'y a que quelques tubes oii le cylindreaxe, et souvent aussi la partie contiguë de la myéline, soient affectés, tandis que l'anneau érythrophile est toujours conservé.

Dans les préparations par le bleu d'aniline, les cylindresaxes d'un grand nombre de tubes, surtout dans les cordons postérieurs, sont peu ou point colorés et présentent le plus souvent une masse grenue. J'y ai trouvé aussi des tubes ayant une masse centrale, faiblement colorée et beaucoup plus grande qu'un cylindre-axe ordinaire. Cette masse, au moins dans quelques-uns des tubes, formait comme deux couches concentri{[ues, dont la plus extérieure était souvent plus faiblement colorée que la couche centrale, laquelle était du volume dun cylindre-axe ordinaire ou un peu plus grande; elle correspond sans doute au cylindre-axe, et la couche extérieure aux parties contiguës de la myéline.

Une préparation par l'hématoxyline d'une coupe de moelle prise dans le renflement lombaire, au-dessous de la plaie, offre l'occasion d'une comparaison instructive des parties antéro-internes périi)hériques des cordons antérieurs, dont le

1. Par des causes techniques, les anueaux érythrophiles et la névroglie se trouvent avoir la même nuance, bien que celle-ci «lut ôtre plus claire.

gauche seul est altéré. Oû voit, dans la partie altérée, des tubes coHsistant eu uue partie centrale, beaucoup plus grande qu'un cylindre-axe ordinaire et formant une niasse grenue un peu jaunâtre, immédiatement, ou presque immédiatement, entourée d'un cercle noir, tandis que tous les tubes de Tautre cordon ont leur aspect normal, c. à. d. un point jaune au centre d'un anneau incolore étroit, entouré lui-même d'un cercle noir. Voir la fig. 7, où ces parties périphériques antérointernes des cordons antérieurs sont réprésentées d'après ime semblable préparation d'une coupe de moelle prise dans le renflement lombaire du même animal d'où sont tirées les préparations représentées aux figg. 8 et 9. (Zeiss D. Oc. o, o2u diamètres.)

L'examen de toutes les préparations que j'ai faites d'après différentes méthodes m'a amené à l'observation générale suivante : Je n'ai jamais rencontré un tube où la gaine de myéline ou une partie de celle-ci fût altérée sans (jue le cylindre-axe le fût aussi, tandis (pie j'ai très souvent constaté le contraire.

Quelquefois on trouve ça et là des lacunes dans les parties altérées : elles marquent sans doute la place de queUpie fibre disparue.

Dans les cas d'environ deux semaines l'altération est bien prononcée même dans les cordons antéro- latéraux, et cela dans toute leur étendue, aussi bien au-dessous (pi'audessus lie la lésion. La myéline aussi est altérée, souvent dans toute son épaisseur.

Quand l'animal a vécu environ vingt jours, presque tous les tubes des parties les plus altérées sont attaqués, excepté en bas, dans les cordons antéro-latéraux, où les tubes altérés sont très disséminés. Le tube est généralement altéré dans toute son épaisseur: ainsi, par exemple, il ne présente plus d'anneau érytrophile périphérique dans les préparations par la luchsine : le tout forme une masse uniformément grenue, légèrement translucide, plus ou moins colorée ou conii)lète-

ment incolore; et, (Uuis les préparations par riiénuitoxyline, l'anneau noir périphéri(pie est peu distinct ou du moins très mince parce (lue presque toute la section d'un tulir forme une masse granuleuse, légèrement jaunâtre.

Dans les préparations par la fuchsine-acide, les maRS('> rouge-foncé sont relativement rares, tandis ([ue la plupart des tubes altérés forment une masse presque uniformément grenue, peu ou point colorée et où l'anneau erytliroplii le est en général disparu.

Dans les préparations par différents réactifs, les cellules plates ou étoilées de la névroglie sont souvent plus apparentes dans les parties altérées; elles sont comme gonflées, fortement colorées et offrent l'aspect des cellules araignées ou de Deiters.

A partir de cette époque on commence à trouver des corpuscules amyloïdes dans les parties altérées. A un examen soigneux des préparations par le violet de méthyle ou de gentiane, on trouve tous les stades intermédiaires entre les tubes altérés et ces corps; d'où suivrait que ceux-ci sont une transformation des débris des tubes dégénérés.

Chez les animaux (|ui ont vécu un à deux mois, on voit, même à l'oeil nu, après durcissement préalable, les parties altérées des cordons postérieurs se différencier des parties environnantes par une teinte jaunâtre. Dans les préparations de tranches de moelle prises à cette époque , les tubo altérés, vus à un faible grossissement, ne sont pas toujours faciles à distinguer de la névroglie. Cela est surtout le cas dans les préparations colorées par l'hématoxyline : là. les tubes les plus altérés , aussi bien que la névroglie . sont colorés en jaune, tandis que les tubes plus ou moin> normaux sont noirs, comme on le voit dans la tig. 11, dessinée d'après une préparation de la partie supérieure de la moelle dorsale d'un (îliien nioi't environ deux mois après une hémisection faite au niveau de la 10* vertèbre dorsale, et où le cordon postérieur du côté droit avait aussi

été touché. (Zeiss aa, Oc o. 41 diamètres.) A un grossissement plus foi t on peut encore distinguei' les limites des tubes, mais les difféientes parties d'un tube altéré ne sont pas reconnaissables : les cylindres-axes sont le plus souvent disparus, et, dans les préparations colorées par la fuchsine ou la fuchsine-acide, on ne voit plus d'anneaux érythrophiles. Toute la coupe du tube, le plus souvent élargi, forme une masse presque homogène ou légèrement grenue, peu ou pas du tout colorée. Les points rouge-foncé des préparations colorées par la fuchsine-acide ne se rencontrent plus que rarement : ils sont aussi alors moins distincts qu'une ou deux semaines après l'opération et n'occupent que le centre des tubes (voir la tig. 10, dessinée d'après une préparation, colorée par la fuchsine-acide, du renflement cervical d'un animal qui a vécu un peu plus d'un mois après une héraisection au niveau de la lu* vertèbre dorsale. Zeiss D, Oc. o. î32() diamètres). — Il ressort de cela que, si la fuchsine-acide est un excellent réactif au début de la dégénération secondaire, elle cesse de l'être quand le processus est un peu phis avancé. — On rencontre cà et là dans les parties altérées quelques lacunes et des corpuscules amyloïdes.

Quant à la névroglie, elle paraît épaissie : les points, d'entre-croisemeiits des libres ' sont souvent gonflés et se colorent plus fortement; c'est dans les cordons postérieurs que cet épaississement est le plus marqué. Mais l'augmentation des noyaux est peu sensible. A un examen soigneux on voit que ces noyaux, généralement de forme plus ou moins ovale, appartiennent pour la plupart à des cellules plates de la Tiévroglie. Ainsi on trouve quelquefois deux noyaux entourés trune membrane protoplasmique dans un même point d'entrenoisement, qui alors est tuméfié et plus fortement coloré qu'à l'état normal. On rencontre aussi, dispersés Ccà et là dans le tissu, surtout le long des vaisseaux, un petit nombi-e

1- Voir Ranvier : l»e h luHniirlie. Archives de plnmoloaie normal patholopique. 1883.

de noyaux ronds paraissant appartenir à de petites cellules lymphatiques. — Dans les préparations par l'acide osniique. il peut arriver (pi'on rencontre cà et là uu corps granuleux.

Pour étudier de près l'augmentation des noyaux, leur naissance et l'épaississement de la névroglie, j'ai cherché, d'après les méthodes de M. Flennning, des tigures de division indirecte des noyaux dans les cellules de la névroglie, bien que ces noyaux soient les moins propres à ces démonstration.-. Dans ce but j'ai mis durcir pendant quelques semaines de petits morceaux de moelle dans la solution suivante : acide chromique 0,25, acide osmicpie 0,i et acide acétique glacial 0,1 p. 100 d'eau ou bien aussi dans une solution d'acide chromique 0,-2— 0,25 et acide acétique 0,i p. 100 d'eau'. Plus tard je me suis aussi servi de la méthode récemment décrite par M. Flemming, et à laquelle il donne la préférenci^ sur toutes les autres; il se sert pour le durcissement de lu solution suivante : acide chromique (1 ^u) 15 parties, acidt osmique (2 "Ai) 4 parties, acide acétique glacial 1 partie, ou moins-. — La coloration a été faite par la safranine, l'hématoxyline, le carmin au borax, le violet de gentiane, le violet de méthyle, le brun de Bismarck, etc. C'est tantôt Vimv. tantôt l'autre de ces méthodes qui a donné les meilleurs résultats, mais il était souvent dit'iicile d'obtenir une coloration assez forte. L'examen au microscope a été fait le plu> souvent avec immersion (Zeiss K, oc. 2 ou 3). Dans quelquepoints d'entre- croisement, gonflés et plus fortement colorés, j'ai rencontré des ligures rappelant plus ou moins 4es tigures de division indirecte des noyaux de M. Flemminy. Ainsi j'ai trouvé des figures s'approchant de la forme en peloton (Knàuelform) et en étoile (Sternform) et mieux encore des noyaux tilles (ïochterfiguren). Pourtant je n'ai pas réussi

1. Voir Flemming : Zellsubstam, Kern und Zellthtilvtui. Leipzig. 1882. P. 381 et 382.

2. Pour plus de détails voir Flemming : Mittlieiluugen zur Fârbetechnik. Zeitschrift fur whsemchaftliche Mikroskopie. Bd. 1. (1884.)

à constater des liguies absolument exactes, comme il m'est ai-rivé, par exemple, d'en voir dans la cornée des lapins, après une irritation préalable Dans les noyaux ronds dispersés cà et là dans le tissu, je n'ai pas constaté de figures de division indirecte. — En tous cas il devrait être permis de tirer de la présence de ces figures la conclusion que l'épaississement de la névroglie est dû, au moins en grande partie, à des cellules fixes qui s'organisent à mesure qu'elles augmentent. Cela ressort surtout des cas plus anciens, où l'épaississement est un peu plus prononcé et plus diffus. Il en est ainsi, par exemple, surtout dans les cordons postérieurs, quand l'animal a vécu trois ou quatre mois après l'opération. — Dans ces cas les limites des tubes dégénérés sont à peine perceptibles. Dans les préparations colorées par la fuchsine-acide, on ne trouve presque plus trace de ces points rouge-foncé dont il y avait si grande abondance au début. Dans les préparation non colorées, à part quelques tubes plus ou moins intacts, on ne voit, dans les parties les plus altérées, qu'une masse composée de fibrilles et de granules.

A l'examen macroscopique, surtout dans les cordons postérieurs, mais aussi dans les faisceaux cérébelleux directs des cordons latéraux au-dessus de la plaie, un peu aussi dans les parties antéro-internes des cordons antérieurs et dans une zone de la partie postérieure des cordons latéraux au-dessous de la plaie, les parties altérées ressortent par leur couleur jaunâtre dans les moelles durcies. Même sur une coupe de la moelle fraîche, la partie altérée du cordon postérieur a une nuance un peu grise; les autres parties dégénérées n'oiîrent pas encore nettement cette nuance. Cependant il est très difficile de distinguer les limites de l'altération seulement d'après l'aspect macroscopique ; elle paraît souvent plus étendue qu'elle ne l'est en réalité, au moins (juand le processus est un peu

1. HoAit.N- : l'ntevsuchungen liber die Régénération der tixeu Hornliautzellen diuch indirekte Kerntheiiung. J-orischriite der Mediein. 1^<1- I. N° 16. (1883).

avancé et que l'épaississement dv la iiovroglie se ijrolonnc en dehors des limites de la partie originairement altérée.

On rencontre partout dans les parties altérées des corpuscules amyloïdes en grand nombre, mais je n'ai trouvé que très rarement des corps granuleux.

Chez les animaux ayant vécu cinq à six mois, l'altération est encore plus prononcée à l'examen macroscopique. Dans les parties altérées, surtout celles des cordons postérieurs, il n'y a que quelques tubes plus ou moins intacts et en général d'un volume plus petit qu'à l'état normal. Tout le reste semble se composer d'une masse offrant l'aspect de fibrilles et de granules; cette masse est constituée en partie par la névroglie épaissie, en partie par des fragments et débris non résorbés de tubes dégénérés; cela est surtout marqué dans les préparations colorées par l'hématoxyline et dans les préparations non colorées. Toutefois, à un fort grossissement, surtout dans les préparations colorées par le bleu d'aniline ou le picrocarminate, on peut encore reconnaître dans cette masse les limites, bien que très diffuses, de quelques tubes dégénérés.

Quand l'animal a vécu huit à neuf mois, la cicatrisation et l'atrophie sont plus évidentes et on peut mieux suivre Tépaississement de la névroglie un peu en dehors des limiti des trajets ordinaires de la dégénération secondaire. Ainsi dans les cordons postérieurs, surtout à la partie supérieure de la moelle, où les altérations sont nettement limitée? aux parties postéro- internes de ce cordon le long de la fissure postérieure, on peut voir des fibres épaissies de la névroglie se continuer dans toutes les directions, pour reprendre ensuite peu à peu leur aspect normal.

Dans les préparations de cette date aussi, l'augmentatiou des noyaux est peu sensible.

A l'examen microscopique des moelles, j'ai aussi porté mon attention sur les colonnes de Clarke. J'y ai été spécialement amené par un travail fait à l'Institut pathologi(iue

de Leipsic par M. Lissaiier ' , sous la direction de M. Weigert, sur les altérations des colonijes de Clarke dans l'ataxie locomotrice. L'auteur, s'appuyant sur l'examen microscopique des moelles de dix cas d'ataxie locomotrice, montre que les tubes à myéline, qui se colorent en rouge par la fuchsine et la fuchsine- acide, sont évidemment diminués dans les colonnes de Clarke chez les tabétiques, tandis que, normalement, ils y sont plus nombreux que dans la substance grise environnante. Pour le prouver l'auteur compare un grand nombre de préparations de moelles saines et de moelles altérées. — Il est dilïicile d'apercevoir de petites différences dans ces parties : . les tubes nerveux y ont en général une autre direction que dans le reste de la substance grise. En effet, dans les colonnes de Clarke, les fibres longitudinales sont particulièrement distinctes et nombreuses, aussi leur section sur une coupe de la moelle, vue à un faible grossissement, donne-t-elle à ces parties une apparence ponctuée assez étrange. J'ai pourtant trouvé aussi que dans les moelles en apparence intactes, c. à. d. les deux premiers jours après l'opération, et ordinairement même dans des moelles altérées, il y avait un beaucoup plus grand nombre de tubes à myéline que dans le reste de la substance grise. C'est la méthode de coloration par l'hématoxyline qui s'est montrée la plus favorable pour cette démonstration. En effet, elle colore toujours nettement en noir les tubes pourvus d'une petite gaine de myéline, et en jaune le reste de la substance grise, les cellules avec une nuance de brun. Par les autres méthodes, fuchsine ou fuchsine-acide, on peut échouer quelquefois, au moins au commencement, si on n'a pas d'habitude, et en tout cas on n'obtient presque jamais des préparations où les tubes soient aussi nettement différenciés.

Dans les cas plus anciens, l'image semble avoir un peu changé. Ainsi dans deux cas où la section avait à peine touché le cordon postérieur droit, l'un datant de cinq mois,

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