Forlschritte der Medicin. Bd. III
3. Flesch : Zur Weigert'schen Hamatoxylinfàrbung des ceutraleu Nerveusystems. Zeitschrift far wissenschaft/iche Mikroskopie, von Behren>. Bd. I. H. 3. (1884).
minutes la coloration est complète; il vaut cependant mieux qu'elles restent plus longtemps dans la matière (colorante. M. Flescli attribue au créosote une grande supériorité sur le xylol comme moyen d'éclaircissement; pour ma part cette supériorité ne m'a pas paru 'si décisive; peut-être pourtant les coupes se racornissent-elles moins facilement dans le créosote que dans le xylol quand elles n'ont pas séjourné assez longtemps dans l'alcool.
Ces méthodes ont été employées principalement jusqu'ici, je crois, pour étudier les altérations histologiques de la substance grise seulement, mais, par leur faculté de rendre très nettement distinctes les différentes parties d'un tube nerveux, elles m'ont été très utiles pour' étudier le début et la marche de la dégénération dans les tubes mêmes. Traités ainsi par la fuchsine et la fuchsine-acide, les cylindres-axes se colorent d'une nuance bleuâtre et sont entourés d'un anneau incolore plus ou moins large, selon le calibre du tube, tandis que la partie périphérique est rouge et se compose quelquefois de deux ou plusieurs cercles concentriques, ce qui lui a valu le nom de substance ou anneau érythrophile : " die erytrophïle Substans » de M. Weigert. Traités par l'hématoxyline , les cylindres-axes sont colorés en jaune, et la partie externe de la [myéline en noir; la partie interne de la myéline forme entre les deux un anneau incolore plus ou moins large. Dans la substance grise, les tubes fins entourés d'une petite graine de myéline tranchent nettement, sur la substance claire du fond, en rouge ou rouge-foncé, si l'on a employé la fuchsine ou la fuchsine-acide, en noir sur un fond jaunâtre, si c'est l'hématoxyline. Je n'ai pas constaté, quant fà la réussite, de différence évidente entre les préparations durcies d'après des méthodes différentes.
J'ai recherché les corps granuleux sur des pièces à l'état frais ou durcies pendant quelques jours dans l'acide osmique à un ou deux pour cent.
Pour rendre visibles les corps amyloïdes, j'ai employé le violet de gentiane ou de méthyle et l'iode.
La topographie des altérations consécutives à une hémisection de la partie inférieure de la moelle dorsale répond en substance à la description qu'en donne M. Schiefferdecker. Après section totale de la moelle pratiquée en général à la limite de la partie dorsale et de la partie lombaire, pour deux cas dans la partie dorsale, M. Schiefterdecker ' a, comme on sait, constaté la dégénération secondaire en six endroits différents des cordons blancs. Sont dégénérés dans la direction ascendante :
Immédiatement au-dessus de la section, les cordons postérieurs dans toute leur épaisseur. A une certaine hauteur audessus de la section, cette dégénération est limitée à un triangle occupant les deux côtés du sillon médian, et se laisse suivre, eu diminuant progressivement, jusqu'au calamus scriptorius.
Une zone étroite, formant ruban vers la périphérie postérieure des cordons latéraux; en avant, elle atteint le milieu de ces cordons.
Il est bien plus difficile, dit-il, de détermhier la situation des voies centrifuges, car dans celles-ci les fibres nerveuse? ne sont pas. réunies en gros faisceaux, mais séparées par des fibres conduisant dans d'autres directions. Il y distingue quatre voies conductrices :
Des faisceaux qui occupent toute la périphérie des cordons antérieurs, et analogues, pense-t-il, au '< Hiilsen-Vorderstrangbahn >' de Tiirck.
Des fibres éparses dans les cordons antérieurs.
Des fibres éparses dans les cordons latéraux. Ces fibres sont situées dans zone mitoyenne, se rapprochant plutôt de
la substance grise que du bord externe. — Ces deux dernières espèces de fibres correspondraient à celles (lue Bouchard appelle fibres commissurcdes courtes:
Un certain nombre de fibres dans la partie postérieure du cordon latéral, et qu'il considère comme analogues au <^ Fijrcmkhn- SeHensiranrjbakii c\e Tûrck, Ces fibres et celles du premier groupe descendent beaucoup plus bas que les deux précédentes espèces, c'est-cà-dire jusqu'à l'origine des 5* à 7^ nerfs lombaires, après la section faite à la limite inférieure de la moelle dorsale. Elles sont d'abord séparées de la corne postérieure et de la périphérie, puis se rapprochent de plus eu plus de celle-ci.
Pour ce qui concerne d'abord la dégénération ascendante dans le cordon latéral, que je n'ai suivie que jusqu'à la partie supérieure de la moelle cervicale, j'ai ti'ouvé, comme M. Singer, une zone étroite de dégénération, souvent interrompue par des fibres saines, contiguë au bord latéral de Vapex cornu poster ioris et commençant environ au tiers postérieur de celle-ci. Cette zone devient compacte quand elle se rapproche de la périphérie de la partie postérieure du cordon latéral : elle s'étend le long de la périphérie jusqu'à environ la moitié du cordon latéral, dans la moitié inférieure de la moelle dorsale, puis elle disparaît peu à peu; elle atteint sa plus grande largeur, comme le montre la hg. 11, un peu en deçà de la moitié de sa longueur. Dans le reste du cordon latéral, on rencontre aussi, çà et là, quelques fibres dégénérées; à mesure qu'on s'élève, ces fibres deviennent plus rares et la zone compacte le long de la périphérie recule, de sorte qu'arrivé à la partie cervicale supérieure, on ne trouve plus guère de dégénéré que l'angle postérieur du cordon latéral.
Au-dessous de la lésion, on trouve une zone de dégénération dans la partie périphérique du cordon antérieur; elU; est le plus prononcée et atteint sa plus grande largeur dans l iuigle antéro-interne; en arrière elle ne touche pas à
la commissure antévieme; ou trouve aussi daus les autres parties du cordon antérieur des tibres dégénérées éparses.
Le cordon latéral oiïre dans sa partie postérieure, correspondant à peu près aux faisceaux pyramidaux chez Thomnie, un certain nombre de tubes dégénérés, mais partout entremêlés de tibres saines. Toutefois ce groupe ne forme pas une zone limitée et séparée du reste du cordon, où on rencontre aussi, partout disséminées, des tibres dégénérées; dans la moitié antérieure, elles se trouvent surtout vers la périphérie. La dégénération descendante va en diminuant à mesure qu on s'éloigne de la lésion; elle est pourtant prononcée encore dans la région lombaire, surtout dans la partie antéro-interne du cordon antérieur et dans la partie postérieure du cordon latéral, où les tibres dégénérées se sont approchées de l;i périphérie, tandis que plus haut, elles en étaient séparées par une zone étroite, presque intacte. On ne peut pas suivre si bas les tibres isolées, disséminées dans les autres parties des cordons antéro-latéi'aux.
J'ai constaté un fait très intéressant, que l'on n'avait pas encore observé et auquel j'ai déjà fait allusion : c'est qu'il y a, au moins dans quelques cas, une incontestable dégénération descendante dans le cordon latéral opposé à l'hémisection et dans celles des fibres des parties congénères à ce groupe de fibres dégénérées qu'on peut suivre le plus bas dans la partie postérieure du côté opéré. On peut observer cette dégénération déjà immédiatement en arrière de la région où cesse la dégénération traumatique, c'est-à-dire au moins un centimètre au-dessous de la lésion. Elle s'est toujours montrée beaucoup moins intense que du côté correspondant à la section et s'est bornée à fibres isolées, disséminées et là. Aussi comprend — on que cette dégénération si peu prononcée échappe facilement à l'observateur, surtout dans les cas un peu anciens, où les traces d'une fibre dégénérée peuvent être entièrement perdues. C'est en partie à la réaction par la fuchsine-acide (pie je dois d'avoii- découvert cette dégéné-
ration; seulement on ne peut appliquer la fuchsine-acide que pendant les premières semaines, comme nous le verrons bientôt.
11 est bien possible, peut-être probable, que cette dégénération ait lieu dans tous les cas d'hémisection, bien que ;i présence ne soit pas toujours facile à constater. Il ne m'a pas paru y avoir de différence bien évidentes dans son intensité à différentes hauteurs. Il me semble que si elle est quelque part plus prononcée, c'est à quelques centimètres en arrière de la lésion plutôt que, par exemple, à un centimètre seulement; on peut en général la suivre en bas aussi loin que celle du côté opéré.
J"ai encore constaté dans deux cas, dans les cordons postérieurs, une dégénération descendante qui n'avait pas encore été observée chez les animaux et qui rappelle beaucoup la dégénéraiion en forme de virgide que M. Schultze ' , en dernier heu, a décrite chez l'homme comme consécutive à une compression de la moelle. Cette dégénération commence un peu en arrière de la commissure postérieure et s'étend sous forme d'une bande étroite dans les cordons cunéiformes, à peu près parallèlement aux cornes postérieures de la substance grise, sans pourtant atteindre la périphérie (voir expériences XII et VIII [suite] et la tig. 6). Elle descend, dans les deux cas où je l'ai observée, jusqu'à un centimètre et demi environ au-dessous de la lésion, en diminuant peu à peu par son extrémité externe. Il est hors de doute que ce soit là une dégénération secondaire, sa conformité avec cette altération étant absolue au point de vue histologique. Il n'y a, comme l'a dit M. Schultze, que deux manières de l'expliquer. Ou bien il faudrait supposer qu'il y a des fibres qui, après avoir été coupées, peuvent dégénérer dans les deux directions : en effet le cordon postérieur est dégénéré dans toute son épaisseur immédiatement au-dessus de la section, et par conséquent la région qui correspond à cette partie dégénérée
au-dessous l'est aussi. Mais cette hypothèse serait inconciliable avec la parfaite régularité cjui se montre dans la marche de la dégénération secondaire, et du reste sans analogie avec cette alt(' ration dans d'autres régions. Il ne resterait donc qu'à admetti e la seconde hypothèse, c'est-à-dire que ces fibres seraient des ramifications recourbées en arrière des racines postérieures, ramifications dont déjà Stilling' croit avoir constaté la présence dans les cordons cunéiformes, et que Brown-Séciuanl a aussi décrites-. Dans ce cas, cette dégénération en virgule se produirait quand la section est faite assez près des racin(^> nerveuses les plus voisines pour trancher leur fibres rétogrades avant leur entrée dans la substance grise. Mais on ne sait rien encoi-e de l'endroit où a lieu cette entrée.
Dans les trois cas où j'ai pratiqué la section dans la région cervicale, j'ai pu suivre la dégénération descendante dans les parties périphériques antéro-internes des cordonantérieurs et dans la partie postérieure des cordons latéraux du côté opéi'é jusqu'au renfiemeut lombaire; mais les autres fibres dégénérées disséminées dans le reste de ces cordon> tlisparaisssent peu à peu déjà plus haut. Je n'ai pas pu trouver de dégénération descendante dans le cordon latéral du côté opposé ; mais les animaux avaient vécu quelques mois après l'hémisection , et à cette époque il est très difficile de juger si quelques fibres isolées ont été dégénérées ou non. Dans la partie supérieure de la moelle cervicale, la dégénération est naturellement beaucoup plus étendue qu'après une hémisection de la moelle dorsale; elle occupe la phi> grande partie des cordons postérieurs, n'épargnant que le>
1. Cité d'après iSclnvalbe : Lehrbnch der Neurologie. V. 3G3.
2. The Boston Medicrtl nnd Surfiical Jom-nal. Vol 47. Nov. 18ii- V. 334.
3. Quelques animaux sout morts peu de temps après l'hémisection de la moelle cervicale, mais ils ue sont pas compris dans lecinquante-deux cas sur lesquels se fonde le présent travail.
parties externes contiguës ;iux cornes postérieures et les Hl)res situées en arrière de la commissure postérieure. L'altération est plus étendue aussi dans les cordons latéraux au-dessus (If la section (voir l'expérience VII [suite]).
La question de savoir (jnelle est la nature des fibres dégénérées descendantes, surtout dans la partie périphérique des cordons antérieurs, est encore en discussion. Sont-ce des libres uH)trices maintenant la continuité entre la zone psychomotrice et les nerfs périphériques Le sont-elles toutes ? et. si non, lesquelles d'entre elles le sont ? Ou bien sont-ce seulement des fibres commissurales de la moelle ? En raison de la différente longueur des intervalles qui s'écoulent avant la restitution de la motilité, selon que la section a seulement touché le cordon latéral et laissé intact le cordon antérieur, ou que riiémisection a été complète, ou, mieux encore, qu'elle a dépassé la ligne médiane et coupé le cordon antérieur du côté opposé, sans atteindre pourtant le cordon latéral, je suis porté, comme je l'ai déjà dit, à admettre qu'il y a aussi dans les cordons antérieurs des hbres motrices, et qu'il faudrait considérer comme telles les fibres qui dégénèrent en bas dans les parties périphériques antéro-in ternes, et cela parce que la dégénération de ces fibres se poursuit plus bas, et aussi parce que cette zone correspond à peu près au faisceau pyramidal direct chez l'homme. C'est pour les mêmes raisons que je considère le groupe des libres dégénérées dans la partie postérieure des cordons latéraux comme des fibres motrices coirespondjuit à peu près au faisceau pyramidal croisé chez l'homme. Toutes les autres fibres dégénérées en bas dans les cordons antéro-latéraux sont probablement des fibres commissurales, plus ou moins longues, propies à la moelle et qui établissent seulement des relations entre les divers étages de la substance grise.
Quant aux fibres dégénérées dont j'ai (iuel(|uefois constaté la présence dans le coi'don latéral du côté opposé, audessous de la lésion, ce sont vraisemblablement dos fibres
motrices, qui, à l'endroit de la section, étaient encore contenues dans le cordon antéro-latéral du côté opéré et ont ainsi été coupées, puis passaient de l'autre côté, probaI)lemenrpar la commissure antérieure, sans être interrompues par des cellules. Pourtant je n'ai pas pu en suivre le trajet pendant ce passage, ce qui s'explique facilement : en ettet. les libres pyramidales pendant leur parcours dans les cordons blancs entre les faisceaux pyramidaux et la substance grise, ainsi que dans celle-ci, sont ou isolées, ou réunies en très petits faisceaux ; de plus elles sont entremêlées d'un grand nombre de fibres semblables mais d'une autre origine, de sorte quelles peuvent disparaître sans qu'il soit possible de s'en apercevoir (Fleclisig' )•
Pour être à même de constater les premiers indices d'altérations histologiques, j'ai examiné systématiquement au microscope les moelles des chiens sacrifiés 1, 2, 3 jours, etc. après l'opération. Déjà chez les animaux qui n'avaient vécu que trois jours, j'ai trouvé des indices d'altération dans les cordons postérieurs du côté opéré, dans toute leur étendue de lias en haut au-dessus de la lésion. Chez les animaux ayant vécu quatre jours, l'altération des cordons postérieurs dans la région ordinaire au-dessus de la plaie était évidente. L'altération était en général aussi intense dans la moelle ceivicale que dans la moelle dorsale. Rien dans les cordon latéraux. Au-dessous de la plaie, l'altération était à peine constatable.
Voici les caractères qu'ottïe la dégénération dans ce cas: dans les préparations colorées au moyen du bleu d'aniline, du picrocarminate, du carmin au borax, etc., il y a un certain nomlne de tubes, dont quelques-uns paraissent un peu élargis, oii les cylindres-axes sont peu ou point colorés et poui" la plu])art un peu gonflés, offrant souvent un aspect grenu et ne se distinguant pas nettement de la myéline, tandis que dans les parties avoisinantes tous les cylindres-axes sont