‹ Contribution expérimentale à la pathologie et à l'anatomie pathologique de la moelle épinièreChapitre 15 sur 27 · EXPÉRIENCE IX · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCE IX

Hémisection à gauche au niveau de la 8' vertèbre dorsale. vécu y jours. 15 janvier 1884. — Chien de moyenne taille.

16 janvier. — La patte postérieure gauche est complètement, Ja droite presque, paralysée. La sensibilité est peut-être un peu plus prononcée dans le membre postérieur du côté opéré.

17 janvier. — Grande faiblesse. L'animal reste couché, ne mange pas.

18 janvier. — L'animal meurt.

A l'autopsie on constate une infiltration de pus autour de la lésion et sous la peau environnante; les méninges de la région voisine sont fort injectées. On met la moelle dans le liquide de Muller.

Examen microscopique. — La section a dépassé la ligne médiane et entamé les cordons antérieur et postérieur droits. A l'endroit même de la section, on ne trouve que des globules du sang et des débris de fibres nerveuses. Dans les tissus avoisinant la plaie, jusqu'à 72 centim. à peine de chaque côté, il y a des globules rouges en grand nombre, quelques noyaux, un nombre insignifiant de lacunes et un gonflement diffus des cylindres-axes ; de plus, à quelques millimètres des deux côtés, des masses presque homogènes, légèrement jaunâtres, quelquefois entourées d'un anneau clair, incolore, très mince, soit homogène, soit un peu fibrilleux; dans les coupes longitudinales, ces masses sont, pour la plupart, de forme oblongue, atteignant jusqu'à 30—40 en largeur; dans les préparations colorées par le bleu d'aniline ou le picrocarminate, on voyait quelquefois ces niasses se confondre immédiatement avec les cylindres-axes, colorés de même.

Dans les coupes transversales faites à 1 centim. au moins audessous de la plaie, il n'y avait aucune altération appréciable des fibres nerveuses. De même, rien à observer dans les cordons antérolatéraux au-dessus de la lésion; mais dans le cordon postérieur du côté opéré et dans les parties les plus voisines du cordon postérieur du côté opposé, un tout premier commencement d'altération, consistant en ce que, dans les préparations colorées par le bleu d'aniline ou le picrocarminate, surtout si la coloration n'est pas trop forte, on voit quelqes fibres nerveuses dont le cylindre-axe est peu où à peine coloré, d'un volume un peu exagéré, quelquefois légèrement grenu et ne tranchant pas nettement sur la myéline environnante, tandis que dans les parties avoisinantes, tous les cylindres-axes sont bien colorés; cette difterence est le plus apparente quand on compare les deux cordons postérieurs. Dans les préparations colorées par la fuchsine-acide, on trouve do môme dans quelques fibres nerveuses au lieu do la coloration ordinaire des cylindres-axes en rouge-violet clair, dos cylindres-axes d'un rouge plus foncé, et d'un

volume un peu plus grand. L'anneau érytrophile et la partie incolore de la gaîne de myéline sont bien conservés. — On trouve des fibres altérées absolument de la même façon, aussi bien dans la région cervicale que, par exemple, à un centimètre au-dessus de la 'section, avec cette seule différence qu'en ce dernier endroit elles sont disséminées dans toute l'épaisseur du cordon postérieur, sauf dans la région la plus voisine de la corne et de la commissure postérieures, tandis que dans la région cervicale on ne les trouve que dans les parties postérieures les plus voisines du sillon postérieur, et du côté droit, dans les deux cas, seulement près de ce sillon.

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