‹ Contribution expérimentale à la pathologie et à l'anatomie pathologique de la moelle épinièreChapitre 16 sur 27 · EXPÉRIENCE X · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCE X

Hémisection à gauche, au niveau de la 10" vertèbre dorsale.

vécu 4 jours. 5 février 1884. — Chien de taille moyenne. Quelques heures après l'opération, la jambe postérieure droite paraît aussi presque paralysée; les deux membres postérieurs sont tendus et leur sensibilité est très diminuée.

6 février. — L'animal s'appuie bien sur sa patte postérieure droite et la meut librement; la gauche est paralysée et rigidement tendue. Il n'y a pas de différence évidente, quant à la sensibilité, entre les quatre membres.

7 février. — La patte postérieure gauche est paralysée et flasque.

8 février: — L'animal paraît pouvoir s'appuyer un peu sur sa patte postérieure gauche quand ou le place debout.

9 février. — L'animal est tué.

A l'autopsie, la plaie est parfaitement nette; les méninges un peu injectées aux environs de la section. Les parties sectionnées paraissent un peu adhérentes entre elles. La moelle est mise dans le liquide de Muller.

Examen microscopique. — L'hémisection paraît avoir été parfaite. Les altérations dans le voisinage immédiat de la plaie sont à peu près les mêmes que dans l'expérience précédente. Dans les coupes transversales prises à 1 centim. au moins au-dessous de la section, il n'y a pas de différence appréciable entre les deux moitiés. Pourtant, dans les préparations colorées par la fuchsine-acide, quelques cylindres-axes isolés, dans le cordon latéral gauche, sont plus fortemont colorés et un peu élargis.

Au-dessus de la lésion, pas non plus d'altérations dans les cordons antéro-latoraux. Dans toute l'étendue du cordon postérieur

du côté opéré, il y a une altération bien marquée, occupant toute l'épaisseur du cordon dans le voisinage de la plaie, mais se circonscrivant de plus en plus à mesure qu'on s'élève, jusqu'à ce quelle n'affecte plus que la région la plus voisine de la partie postérieure du sillon postérieur. Dans les préparations colorées par le bleu d'aniline ou le picrocarminate, on voit des fibres nerveuses dont quelques-unes sont un peu élargies et dont les cylindres-axes sont peu ou point colorés, d'un volume plus grand que l'ordinaire, d'un aspect grenu et souvent peu distincts de la gaîne de myéline. A un faible grossissement les cylindres - axes semblent disparus et les places que devraient occuper la coupe des fibres paraissent vides : c'est ce que l'on peut voir dans la fig. 1, dessinée d'après une préparation au bleu d'aniline du renflement cervical de la moelle dont il est question ici; cette figure ne représente que les parties postérieures des cordons de Goll (Zeiss. C. oc. 2; 145 diamètres). A un fort grossissement on voit une masse grenue, peu ou point colorée, à la place des cylindres-axes, mais d'un beaucoup plus grand volume, et tranchant peu sur les parties avoisinantes; quelques cylindres -axes paraissent seulement gonflés et sont ordinairement faiblement colorés. Voyez la fig. 2, dessinée d'après la même préparation que la précédente et comprenant les parties intéro - postérieures des cordons postérieurs (Zeiss K, Oc. 2, 760 diamètres).

Dans les préparations colorées par la fuchsine, on trouve aussi des fibres dont les cylindres-axes sont d'un rouge pâle ou même pas du tout colorés; ils forment alors une masse légèrement grenue d'un volume plus grand que les cylindres-axes ordinaires; en revanche, l'anneau érythrophile est bien conservé, ainsi que les parties avoisinantes incolores de la gaîne de myéline. Dans les. préparations par l'hématoxyline d'après la méthode de M. Weigert, le cercle noir est bien conservé, même quand les fibres nerveuses sont altérées, tandis que les cylindres-axes forment une masse légèrement grenue et sont colorés en jaune très clair. Dans les préparations colorées par la fuchsineacide on trouve aux mêmes endroits que dans les autres et en .nombre à peu près égal, des fibres nerveuses ayant à leur centre des points rouge-foncé légèrement nuancés de bleu, qui tranchent nettement sur leur entourage. A un fort grossissement on voit que co sont des masses grenues d'un volume bien supérieur à celui des cylindres-axes ordinaires. Cependant, entre eux et l'anneau érytrophile, en général bien conservé, on trouve souvent un anneau incolore, plus ou moins mince. Voyez la fig. 5', représentant une pré-

Page 1