INTRODUCTION
L’idée première de cette thèse et les conseils pour la mener à bien nous ont été fournis par M. le professeur agrégé Gabriel Roux. M. Roux avait remarqué, il y a déjà longtemps, que le touraillon et même le touraillon non préalablement alcalinisé et naturellement acide était un bon milieu de culture pour les streptocoques (Comptes rendus de la Soc. de biologie, 1889,1, p. 507). Dans ses recherches sur le champignon du muguet, il remarqua que ce milieu était également très propre à la culture de celuici. Voulant rechercher dans l’air le muguet, il choisit, parmi les milieux solides et liquides, ceux qui étaient le plus propres à donner de belles cultures de ce microorganisme. 11 fît passer, au moyen d’un aspirateur, de l’air des salles d’hôpital, choisies parmi celh s où s’étaient produits des
cas de muguet, soit dansdes liquides, notamment la solution acide de touraillon, soit sur des milieux solides (carotte, citron). Il obtint ainsi, particulièrement sur les carottes et les citrons,de très belles cultures pures de muguetMl existe donc des milieux particulièrement propres à la culture de telle ou telle espèce de moisissure ou de tel ou tel microbe, milieux à tel point appropriés, que, le microorganisme se développe à l’exclusion de tous les autres germes qui peuvent exister dans l’air à côté de lui. Il serait à souhaiter que,par des tâtonnements successifs, on arrivât à déterminer pour chaque microorganisme ce milieu optimum. Une fois cette connaissance première acquise, on pourrait s’attaquer avec quelque espérance de succès à l’isolement des germes pathogènes de l’air. L’idéal serait de pouvoir, armé de chacun de ces milieux de culture optima, dissocier dans une salle les germes pathogènes que l’air peut contenir. Il s’agirait en somme de reproduire, avec des milieux artificiels, ce qui se produit sur les milieux naturels, c’est-à-dire sur les différentes espèces d’animaux,les diffé rentes variétés et même les individus qui constituent pour tel ou tel microorganisme un milieu optimum et opèrent, parmi les germes de l’air, et à leur dépens, la sélection exclusive de tel ou tel microbe.
Nous avons déjà dit que M. Roux avait pleinement réussi pour le muguet. Les beaux résultats qu’il a
‘ Th. de Yellat, Lyon, 1892.
obtenus sont consignés dans la thèse de M. Vellat (Lyon, 1892). Sur son conseil, j’ai entrepris de tenter le même travail pour les streptocoques. Nous avions déjà comme résultats acquis : le développement sur touraillon des streptocoques, et une expérience positive de M. Roux, qui réussit avec le touraillon à recueillir dans l’air d’une salle d’hôpital un streptocoque dont la culture inoculée à un cobaye reproduisit un érysipèle typique, expérience dont M. Roux a d’ailleurs bien voulu nous permettre de publier les détails dans cette thèse.
Je tiens donc, en tête de ce travail, à exprimer toute ma reconnaissance à M. le professeur-agrégé G. Roux, qui a suivi pas à pas dans son évolution ce modeste travail et m’a ‘donné chaque jour, sans se lasser jamais, ses conseils et l’appui de sa compétence reconnue.
Je dois également exprimer ma reconnaissance à M. le professeur Bondet dont j’ai eu l’honneur d’être l’interne pendant deux semestres et qui a bien voulu accepter la présidence de ma thèse.
Après six années d’enseignement reçu dans les hôpitaux, je dois exprimer mes remerciements aux maîtres de mes années d’externat d’abord : M. le professeur Poncet, M. Vincent, M. Bouveret et M. le professeur Teissier.
M. Teissier, depuis, n’a cessé de me témoigner sa bienveillance. Je tiens à lui exprimer ici le témoignage de la reconnaissance que je lui dois.
M. le professeur Renaut a été mon premier maître à
l’internat ; j’ai gardé le souvenir de son enseignement et de l’intérêt dévoué qu’il porte à ses anciens élèves.
Mes autres maîtres de l’internat, M. Aubert et M. M. Pollosson pour la chirurgie, M. Audry et M. Bard pour la médecine, m’ont fait largement profiter dans leurs services de leur savoir et de leur expérience.
Je tiens encore à remercier ici M. le professeur-agrégé Roque de l’intérêt bienveillant qu’il m’a constamment porté pendant les deux semestres où je l’ai eu pour maître.
AMM. Josserand et Mouisset je dois aussi des remerciements tout spéciaux pour la direction si précieuse qu’ils ont bien voulu me donner.
Je n’oublierai pas enfin mon excellent ami B. Lyonnet, qui a bien voulu m’aider à plusieurs reprises pour la partie expérimentale de ce travail.
A LiV
RECHERCHE DES STREPTOCOQUES