‹ Contribution expérimentale à la respiration électrophréniqueChapitre 6 sur 17 · TN D · texte numérisé non relu

TN D

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la respiration électrophrénique est la respiration obtenue par excitation électrique directe ou indirecte du diaphragme,

Par la respiration électrophrénique on se rropose donc C'assurer la ventiiation aivéolaire nécessaire à l'oxygénation du sang et aux oxydations cellulaires. En cela la respiration éiectrophrénique est une méthoas de respiration artificielle,

Au cours de cette éiude, nous laisserons de côté l'excitation électrique directe du muscle diaphragme, Il est donc bien entendu que nous n'envisagerons la contraction du diaphragme que par l'intermédiaire de son nerf moteur.

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En 17853, HUFEIAND, à l'université de Gôttingen,

dans son livre "De usu vis electricae in asphyxia" fait mention de la décharge de condensateurs pour combattre l'asphyxie,

Puis en 1855, DUCHENNE de BOULOGNE dans son ouvrage

"De l'électrisation localisée et de son application à 12 pathologie et à la thérapeutique" fait état de “la respiration artificielle par la faradisation des nerfs phréniques",

L'auteur déclare !:

Lorsque la faradisation cutanée n'a pu ranimer les contractions des muscles inspirateurs, si même l'asphyxie est tellement avancée que l'on croit déjà voir les signes de la mort, on sait que l'on peut encore espérer de rappeler la vie prête à s'échapper, en faisant arriver mécaniquement de l'air dans les voies aériennes, C'est dans ce cas que je conseillerai de recourir immédiatement à la faradisation des nerfs phréniques qu'en faisant contracter le diaphragme, agrandit à la fois le diamètre vertical du poumon et son diamètre transversal dans sa moitié inférieure, comme le démontrent nos expériences électrophysiologiques, C'est à coup sûr le meilleur moyen d'inciter la respiration naturelle. En raison des services qu'il me paraît appelé à rendra dans l'avenir je crois devoir décrire avec quelque soin ls procédé à l'aide duquel on produit la respiration artificielle par la faradisation des nerfs phréniques, Le nerf phrénique, qui tire son origine des troisième, quatrième et cinquième paires cervicales descend, on le sait, de dehors en dedens en avant du scalène antérieur ct s'enfonce ensuite dans le médiastin pour se jeter dans les piliers du diaphragme. C'ost sur la face antérieure

de ce scalène qu'il faut exciter le nerf phrénique que

l'on met en rapport avec les rhéophores d'un ajpareil d'induction. Tous les appareils d'induction sont propres

à cette opération pourvu qu'ils se graduent exactement et que leurs intermittences soient très rapides. Les rhéophores d'un petit volume sont terminés par une extrémité conique et recouverts d'une peau humide,

la faradisation locale du nerf phrénique offre quelques difficultés, parce que le scalëéne est recouvert par le Sterno cleido mastoïdien, et par le peaucier,.

" Voici cependant comment on parvient à localiser chez l'homme,

“ l'excitation électrique dans le nerf phrénique.,

" On s'assure d'abord de la position du scalène anté- " rieur, en déprimant la peau de dehors en dedans avec deux # doigts piacés au niveau du bord externe du faisceau clavi- " culaire du sterno-mastoïdien. Alors, on écarte les doigts, " qui, par une pression continue maintiennent la peau dépri- " mée au devant du scalène, puis on place un des rhéophores dans leur intervalle et de manière à croiser la direction du nerf phrénique. Pendant qu'un aide tient le rhéophore aïnsi posé, le second rhéophore est placé de la même manière sur le scalène antérieur du côté opposé. Alors, l'opérateur, saisissant par les manches isolés les deux rhéophores, qu'il maintient solidement appliqués sur les scalènes, met l'appareil en action. À l'instant où l'on fait passer le courant dont lss interrittences sont très rapides, les côtes inférieures s'écartent et les parois abdominales se soulèvent pendant que l'air entre avec bruit dans les poumons, Après une ou deux secondes, on interrompt le courant, et aussitôt la poitrine et l'abdomen s'affaiïissent, comme dans l'expiration. Pour que cette expiration soit plus complète un aide est chargé de déprimer la poitrine et l'abdomen pendant ce temps de l'opération. Après une ou deux secondes d'interruption, on fait de nouveau passer le courant penüant le même espace de temps, de manière à produire une succession d'inspirations et d'expirations qui imitent exactement la. respiration naturelle, AE

" Ia faradisation des nerfs phréniques, telle que je viens de la décrire ne réussit pas toujours du premier Coup ; car si le peaucier est très développé, ce muscle se contracte au moment de l'excitation et repousse les rhéophores ; d'un autre côté ces nerfs présentent quelquefois des anomalies et passent plus en dedans des scalenes ; mais cas difficultés ne sont pas insurmontables, car, en appliquant les rhéophores un peu plus haut, où un peu plus bas, on réussit toujours à les rencontrer. On doit éviter, autant que possible d'exciter le plexus brachial en même temps que le nerf phrénique. Je n'ai recours au mode opératoire que Je viens d3 décrire que lorsque je veux provoquer la contraction isolée du diaphragme ,pour démontrer le mode d'action de ce muscle sur les côtes diaphragmatiques, Mais voici un moyen plus simple et plus sûr de produire la respiration artificielle, Au lieu de rhéophores coniques on se sert de rhéophores à large surface, d'éponges enfoncées dans des cylindres métalliques par exemple, que l'on pose sur les côtés du cou, dans le point indiqué ci-dessus, et l'on fait passer le courant d'induction comme je viens de le dire. Par ce procédé, on excite à la fois, avec le nerf phrénique,

1cs plexus cervical et brachial et la branche externe du spinal. T1 en résulte un plus grand mouvenemt de la poitrine avec l'élévation des épaules qui ne fait que favoriser la respiration artificielle que l'on veut fr ovoquer. la respitation artificielle produite par la contraction électrique du diaphragme fait arriver une masse considérable d'air en agrandissant le diamètre verticel de la capacité thoracique et la moitié inférieurs de son diamètre transversal, Puisque l'excitation électrique des nerfs phréniques, qui provoque la contraction du diaphragme

peut faire respirer bruyamment, même le cadavre, quelque temps encore après la mort, que ne doit-on pas attendre RS dans l'asphyxie, alors même que tout parait déses- Prolonger ainsi la vie dans l'asphyxie, c'est presque sauver le mlade. S'il ne respirait pas, en effet, comment pourr=it-on appliquer la médication spéciale, appropriée aux effets généraux de l'intoxication ?

" Pour compléter cette étude, ,j'aurais désiré reproduire ici une note, que j'ai publié vers 1855, sur l'influence de l'excitation électro-cutanée ou de la respiration artificielle par le faradisation des nerfs phréniques dans l'intoxication par le chloroforme. Je regrette, de ne pouvoir, faute de place, en extraire que les eux principales conclusions ci-dessous, applicables à l'homme dans le traitement de l'asphyxie !

" L'électricité employée comme excitant général du système nerveux, peut sauver l'animal, si la respiration est seulement suspendue, Elle n'est impuissante que lorsquée 1e coeur a cessé de battre,

* Ia respiration artificielle, produits par Le faradisation des nerfs phréniques, qui imite parfeitement la respiration naturelle, fait pénétrer l'air dans les parties les plus intimes du poumon, en vertu du vide virtuel qu'elle y produit, et cela avec d'autant plus de force, et en quantité d'autert plus grande, qu'on excite plus énergiquement la contraction diaphragmatique, Cette respiration artificielle peut, comme l'insufflation rappeler les animaux à la vie alors mêmque le coeur a cessé de tattre. Elle est simple et facile à pratiquer, Il n'existe aucune raison pour lui préférer l'insufflation, dans le traitement de l'intoxication chloroformique "

- Ce large extrait de l'ouvrage de DUCHENNE de BOULOGNE montre le soin avec lequel cet auteur a étudié la respiration électrophrénique en excitant le nerf à travers la peau. IL a en particulier précisé la recherche du point moteur du nerf phrénique.

En 1866, SANSO!! dans son ouvrage "Ci.loroforme" men— tionne l'excitation électrique du nerf phrénique pour rétablir des mouvements respiratoires qui ont disparu.

lus récemment WAUD, en 1939 {1) ayant du faire ‘usage de la respiration artificielle pour l'étude de l'effet des produits chimiques sur la respiration, a constaté que seule la respiration électrophrénique lui donnait satisfaction. Il a observé que cette derniere maintenait la respiration pendant des heures tout en gardant l'animal dans . d'exceiientses conditions. Après une bros ve description du matériel employé, il conclut en déclarant que la méthode est précieuse si l'on désire l'hyperventilation. De plus, elle évite les perturbations circulatoire du procédé dit “pression positive" et dont nous aurons à reparler plus loin. La publication de WAUD est brève et il souhaite que l'on étende les applications de la respiration électrophrénique.

NIVARD (2) en 1947 attribue à l'excitation électrique des nerfs phréniques une efficacité particulièrement grande pour rétablir les mouvements respiratoires,

S Nous voyons donc que le principe de la respiration artificielle Lar l'excitation électrophrénique remonte au dix-huitième siècle. Les perfectionnements de l'élsctronique, à l'époque actuelle, vont aider à préciser les conditions physiologiques d'utilisation des générateurs, qui étaient vagues dans les travaux que nous venons de citer,

De même nous verrons que certains auteurs contem= porains vont introduire des expériences avec des résultats quantitetifs et non plus seulement qualitatifs, Et c'est ainsi que se trouveront précisées les indications cliniques de par là mêie les limites de lea respiration électrophrénique.

RE

Nous allons maintenant aborder les travaux récents qui ont été publiés sur la respiration électrophréniqe.,

Nous nous placerons tout d'abord, du point de we technique,

TI - LES GENERATEURS.

SLRNOFF et ses collaborateurs emploient un excitateur de GRASS a courants progressifs, produisent des impulsions d'une durée de deux millisecondes à une fréquence de quarante par seconde. Le voltage est réglé par un potentiomètre tournant, manoeuvrable à la min, donnant une tension de Zéro à trois volts,

CROSS et ROBERTS (3) emploient un cœrant à impulsions rectangulaires négatives de un quart de milliseconde de durée, répétées à des intervalles d'environ dix millisecondes, Les impulsions croissent linéairement jusqu'à un mximum d'amplitude, puis apres une courte période de stimulation, elles cessent. Le cycle complet est répété à un rythme de dix huit fois par minute, la période de stimulation occupant les deux tiers du cycle et la période de repos le Cernier tiers, Des courants d'une amplitude de cent dix milliampères peuvent être nécessaires. L'appareil est semblable à celui utilisé en électrothérapie.

Il consiste en une double valve triode connectée à un multivibrateur. Ce dernier alimente la grille écran d'une pentode de sortie,

La grille de contrôle est alimentée par des ondes négatives provenant d'un oscillateur, Le courant de sortie est recueilli à l'anode de la pentode par un grard condensateur : ce dispositif permet d'obtenir un courant moyen à Zéro et évite la polarisation des tissus, lasourcs de courant est une tension alternative de 230 volts.

G.GOFFI (4) à fait une étude des conditions que doit remplir un générateur destiné à la respiration électrophrénique. Suivant cet auteur, le problème se pose en considérant

les cinq criteres suivants :! - - type de courant - période de stimulations - impédance du générateur - forms de l'onde - tension aux électrodes,

L'auteur jorte son choix sur les ondes rectangulaires; on sait que l'excitation électrique du nerf provoque une dépolarisation locale qui se &éplace de proche en proche le long de la fibre nerveuse, L'action sur chaque fibre nerveuse n'a aucune relation quantitative avec l'amplitude . de la stimulation : c'est la réponse "tout ou rien" qui suppose rourtant une énergie minimum efficace (seuil), Le seuil varie dans les différents organes spécialisés pour différents types de stimulus. Les fibres nerveuses d'un organe sensoriel sont normalement soumises à l'excitation d'un seul type déterminé de forme d'onde (effet sélectif), Ce type d'ondes rectangulaires provoque un effet de stimulation optimum avec une douleur mimime à l'endroft où est appliqué le stimulus, Il ressort des expériences de cet auteur que les meilleurs effets ont été obtenus avec des impulsions négatives appliquées à l'électrode excitatrice et des impulsions de polarité neutre à l'électrode indifférente, L'expérimentatcur se propose d'essayer des ondes exponentielles afin de réduire la tension appliquée au patient,

- Tension aux électrodes

Suivant la sensibilité des sujets le voltage varie de quelques volts (moins de cinq) à dix volts pour les sujets les moins sensibles,

- Période des stimulations.

Afin d'éviter le phénomène d'inhibition du nerf avec risque de déplacement de la valeur du seuil, les impulsions rectangulaires ne sont pas appliquées d'une façon continue, mais interrompues par des intervalles de repos. Une impulsion a une üurée de deux millisecondes, Un "train" d'impulsions a uno durée de vingt millisecondes. La tension de sortie est soigneusement réglée et le rythme d'application est de l'expérience de la personne qui manoeuvre l'appareil. | |

- Impédance du générateur .

On apporte beaucoup de soin à la réalisation de l'impédance de sortie qui doit fffisamment basse et à courant constant. L'emploi d'une pentode comme lampe de sortie répond électivement à cette indication. L'emploi d'un Stabilisateur pour la tension d'alimentation r'est pas nécessaire, car après cinq heures de fonctionnement continu, la fréquence des interruptions et la durée des impulsions ont été contrôlées avec des résultats plus que satisfaisants. La "tension de stimulation" est appliquée au milieu des électrodes dont l'une est indifférente et reliée au pôle plus, l'autre électrode excitatrice est le pôle moins. Au cours des expériences dont il sera fait état à la fin de. ce travail nous avons fait usage de trois générateurs :

Un premier générateur, mis à notre disposition par la maison DUFIOT qui débite des impulsions dont la fréquence varie de 20 à 100 par seconde, Chaque impulsion a une durée de deux millisecondes. Le rythme respiratoire que l'on veut imprimer, c'est à dire le nombre de mouvements respiratoires varie de 12 à 48 par minute, Chaque contragtion diaphragmtique est assurée par une série d'impulsions : on peut donc obtenir 12 à 48 séries d'impulsions par münute. Seul ce générateur a été utilisé pour l'excitation localisée induite à distance, dont nous donnerons le principe plus loin : deux conducteurs partant du générateur sont reliés au moins de l'induit jouant le rôle d'électrode excitatrice. Bien entendu, ces deux conducteurs pouvent également être reliés au nerf phrénique directement, par l'intermédiaire d'électrodes d'argent au contact des fibres nerveuses,

Un deuxième excitateur peut débiter un courant alternatif de 40 à 60 périodes par seconde, Le rythme respiratoire cest commandé mnucllement, par un levier quipermet de fermer le circuit, L'excitation est fournie äu nerf par deux conducteurs terminés par un crochet métallique mousse, muni d'un manche en mtiere plastique. Ce demier permet à l'expérimentateur ou à son aïde d'assurer un bon contact entre le nerf et l'électrode,

Le troisième générateur (Cet appareil est utilisé en électroradiologie et porte le nom de "“lfyodynaflux" (Etablissement DUFIOT)) est un appareil débitant un courant alternatif de 10.000 périodes par seconde, muni d'un dispositif automatique assurant le rythme respiratoire voulu par l'expérimentateur, Un milli-Ampèremètre permet de mesurer l'intensité du cœrant employé,

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