DANSE ENT
PER TS chait toutefois pas de vaquer à ses occupations. On le traita par l’aspyrine et les pointes de feu le long du nerf endolori. À sa sortie de l'Hôpital de Toul, il marchait sans souffrance et se considérait comme guéri. Il vint alors à Grenoble, au mois d'avril 1906 ; il vécut en bonne santé relative pendant près de 8 mois, temps qu'il passa à travailler dans les mines de la Mure. Au mois de janvier 1907, il commença à ressenur quelques vagues éclairs de douleur dans la fesse gauche, notamment la nuit : elles cédèrent pendant un mois à des énergiques frictions faites avec du baume opodeldoch et du Ë baume tranquille. Mais au début de février, les douleurs “à d’intermitientes, devinrent fixes et permanentes ; le malade
fut obligé d'abandonner son travail pour s’aliter, et c'est en proie à des paroxysmes très violents qu'on l'amena d’urgence à l'hospice de Grenoble, le 8 février.
A son entrée, le facies et l'état général étaient satisfaisants.
Appareil cuculaloire. — La pointe bat normalement dans le 5° espace intercostal, un peu en dedans du mamelon ; à l'auscultation, on ne relate aucune lésion valvulaire, les bruits sont nets et bien frappés ; pouls à 78. |
Appareil respiraloire. —- Aucune lésion grave ; cependant l'expiration paraît un peu prolongée. Le malade a été atteint d’anthracose pulmonaire, car ses crachats sont fréquemment téintés en noir par des poussières charbonneuses.
Appareil digestif. Dents noires et très mauvaises ; stomatites fréquentes. Langue pileuse et parquetée. Notre ma- Jade est un éthylique avéré : il reconnaît, d’ailleurs, ‘avoir … loujours fait beaucoup d'excès de boissons. Quand il était LIeEne, il buvait assez fréquemment de 16 à 18 absinthes par jour : actuellement encore, il boit 3 litres de vin et 2 absinthes par jour, et c'est grâce à cela, dit-il avec assez d'ironie, “HAN que j'ai un très bon estomac ». | | Les reins et le foie sont normaux el parfaitement sains.
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[1 a eu 2 blennorrhagies et un chancre induré, dont le stigmale est encore visible. <
Système nerveux. —— Les douleurs qu'il ressent le long du sciatique, sont surtout très fortes la nuit : elles sont augmentées par la pression et les mouvements volontaires. Les douleurs sont surtout vives aux points fessier, trochantérien, pophité et malléolaire externe. La marche, depuis son entrée à l'hôpital, est totalement impossible.
On peut constater cliniquement, chez ce malade, tous les points de Walleix ; les signes de Lasègue, de Bonnet et de
Bondet, sont également positifs.
Son membre inférieur gauche est contracté : on conslale,
en outre, quelques troubles trophiques de la peau, ainsi qu'une atrophie assez marquée des muscles de la face antérieure de la cuisse.
Dès son entrée, le malade fut mis au régime lacto-végétarien. Etant très altéré, il buvait 2 litres d'eau alcaline par jour. On lui donna, des le début. 2 lavements chauds de 2 litres à 55°. Ce traitement fut continué pendant 15 jours. Pour hâter la guérison, on lui fit un peu de révulsion lombaire dès le 8 jour, on le conduisit également à la douche chaude, après laquelle on lui faisait quelques séances de massage. Au bout de trois semaines, le malade quittait l'hôpital.
complètement guéri de sa violente atteinte.
£ OgserRvaTION VIIT
(Malade du service du Dr Porte, clinique médicale.des Hôpitaux de Grenoble)
A, M... 55 ans. Date de son entrée à l'hôpital, 9 janvier
Diagnostic. = Sciatique. double symptomatique. Myélite très améliorée par les frictions hydrargyriques. Raccourcis-
sement du mémbre inférieur gauche.
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Antécédents hérédilairés. —— Mère morte hémiplégique à l’âge de 80 ans. Père mort, il y a 3 mois, à l’âge de 82 ans, d'une congestion pulmonaire. Un seul frère en bonne santé.
Antécédents personnels. —— À eu une fluxion de poitrine à l’âge de 4 ans. Depuis elle a joui d'une assez bonne santé jusqu à 47 ans, où commencèrent à se manifester des dou-. leurs au niveau des deux membres inférieurs.
Ces douleurs survenaient brusquement à l'occasion des mouvements volontaires, el duraient alors un certain temps, pour se réveiller à nouveau avec intensité, lors d’un nouvel effort musculaire. Ces paroxysmes persistaient surtout pendant la saison froide, mais sans prédominance marquée.
Plusieurs médecins, successivement appelés, firent des diag-
nostics assez différents, et ils parlèrent tour à tour de goutte,
de neurasthénie, de sclérose, de névrite périphérique, etc.
Néanmoins, les douleurs suivirent leur cours et atteignirent alternativement-durant de longues années, les deux membres pelviens.
Il y a huit ans que la malade n'a pas quitté la chambre. Elle a présenté dès le début de sa maladie des signes d’incoordination :; elle soulevait, dit-elle, la jambe trop haut quand elle montait des escaliers, et ses membres fléchissaient souvent. |
Récemment, vers le milieu de décembre 1906, le membre
inférieur gauche devint si douloureux, que la malade dut
prendre le lit. Parallèlement, s'installèrent une série de paré-
sies, surtout accentuées du côté gauche.
Se voyant incapable de tout travail, la malade demande à rentrer à l'hôpital.
Examen de la malade. — . On note d’abord une certaine
pâleur du teint, cependant l’état général est bon, sans amai-
grissement appréciable. Le tronc est ramassé et comme
cassé ; courbure globuleuse du thorax en arrière ; scoliose à convexilé droite. «
Il n'existe aucun gonflement articulaire ; la malade aurait cependant eu ces temps derniers les chevilles enflées. Nous n'avons noté aucune atrophie musculaire.
Appareil circulatoire. -— Les bruits du cœur sont réguliers, mais très rapides. De plus, ‘le-premier bruit, effacé, se devine plutôt qu'il ne s'entend. Le pouls est ample, mais sans pression. Î[l est extrêmement rapide, et bat, à 5 heures du soir, 140 fois par minute : la temipérature ne dépasse pourtant pas à la même heure 37°5.
La malade accuse un peu de dyspnée d'effort.
Appareil respiratoire. -— Les poumons ne présentent au-
cune particularité intéressante, si ce n’est quelques râles de
congestion aux deux bases.
Appareil digesuf. :— La langue est un peu saburrale. La malade ne se plaint pas de ses digestions. Le foie et l'estomac ont leurs limites normales. Il n'y a pas de constipation.
Appareil urinaire. — La malade a des envies très fréquentes d’uriner, notamment la nuit. Ni sucre, ni albumine, mais un peu de phosphaturie.
Appareil génital. — La ménopause s’est produite, il y a un an seulement.
La malade nie tout antécédent spécifique.
Ses douleurs auraient été notablement améliorées, il y a 2 ans, par une pommade noire qui paraît avoir été de l’onguent napolitain, puisque la malade a eu consécutivement une stomalite violente et perdit plusieurs dents. >
Appareil nerveux. — La malade accuse actuellement des douleurs qui se manifestent violemment du côté du membre inférieur gauche, à l’occasion dés mouvements et dans la station debout.
Elle éprouve, en outre, des sensations de froid entre les
Rod épaules, et au niveau des principales articulations, ainsi que des douleurs brusques, très aiguës et très pénibles dans les reins.
En l'absence de loute lésion articulaire appréciable, nous avons recherché les signes de la sciatique : en soulevant le membre inférieur gauche tendu au-dessus du plan du lit, on provoque une douleur vive sur le côté externe du genou. Si l'on fléchit le membre.et qu'on le porte dans l’adduction, la malade ressent également une souffrance très vive dans la fesse et le long de la face postérieure de la cuisse.
ny a pas d'abaissement du pli fessier. La recherche des points de Valleix est négative. Le réflexe rotulien est exagéré du même côté.
Symplômes atténués de sciatique du côté droil.
Le fonctionnement des organes des sens est satisfaisant ; on constate quelquefois le matin un peu d'ædème des paupières. : è
Sans doute, les phénomènes subyectifs dominent de beaucoup le tableau symptomatique : nous avons été ainsi amenés à rechercher les stigmates de la névropathie : cette recherche a.été négative ; les réflexes pharvngiens et cornéens sont conser vés.
Le 10 janvier, on lux institua le traitement suivant :
Bien que notre malade ait nié tout antécédent syphilitique et qu'aucun stigmate extérieur de l’avarie ne soit visible, on lui donna tous les jours une cuillerée à soupe de sirop de Gibert. Elle suivit le régime ordinaire des malades non fièvreux, cependant au vin on substitua le lait coupé d'eau alcaline. Le soir, elle prenait une potion opiacée pour calmer ses douleurs assez intenses la nuit. Après 8 jours de ce traitement, l'amélioration était très peu sensible. |
C'est alors qu’on lui fit administrer 2 fois par Jour des grands lavements chauds avec du sérum de Hayem. Dès le
3° Jour, ses douleurs nocturnes spontanées avaient disparu, mais il subsistait toujours une rachialgie lombaire très violente. On ajouta au traitement un suppositoire par Jour avec extrait de thébaïque et belladone : au bout de 8 jours, le mieux était si sensible que la malade pouvait reposer une grande partie de ses nuits sans potion calmante. -
Au bout d’un mois, elle était toujours obligée de garder le lit, mais les douleurs s'étaient très atténuées, car elle pouvait même se coucher sur le côté malade sans en être trop incommodée.
Après deux mois de ce traitement, fait d'une façon régulière, elle pouvait se lever’et marcher avec des béquilles. L’amélioration chez cette malade est. comme on le voit, excessivement lente. / F2
L'entéroclyse à haule température amènera-t-elle une guérison radicale ? Nous ne saurions le prédire d'avance, mais nous sommes heureux de constater que dans cette sciatique
spécifique," seul notre traitement a été réellement efficace pour
amener la sédalion rapide des phénomènes douloureux.
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CONCEUSIONS
Il ressort des quelques observations qui précèdent, que les douleurs ont disparu rapidement chez les malades traités par l’enléroclyse à haute température et que le membre atteint a complètement récupéré son fonctionnement dans un laps de temps relativement court.
Il ressort également que l'entéroclyse a pu être utilisée facilement, même pendant la période aiguë de la sciatique et être continuée très longtemps sans le moindre inconvénient. D'ailleurs, comme en témoigne une de nos observaüons, quand Fintestin sera trop irritable ou que le malade aura des fluxions articulaires trop imtenses pour être mobilisé, on pourra toujours en attendant tourner la difficulté en pratiquant de grands lavages chauds à 55° du rectum avec la sonde à double courant.
Les grands lavages chauds devront toujours être faits, de prélérence aux lavements, quand l'intestin sera facilement irritable et que ke malade ne pourra pas se lever, car 1l est quelquefois très difficile et très pénible pour le patient de rendre son lavement.
On peut donc admettre que l’entéroclyse à haute tempéralure constitue une méthode thérapeutique pratique et qui peut être appliquée à tous les cas et à loutes les phases de la névralgie ou de la névrite du sciatique, soit isolément,
soit conjointement avec les autres modes de traitement.
Ainsi qu'il a déjà été dit, ce qui recommande tout particu-
lièrement l'emploi de l'entéroclyse, c’est qu’elle permet d'ac-
tionner directement par l’eau chaude les branches mêmes d'origine du nerf sciatique, et les plexus sympathiques qui sy anastomosent, c’est-à-dire des troncs et ganglions nerveux, qui échappaient jusqu'ici aux traitements locaux usuels de la sciatique. D'autre part elle n’est pas uniquement un moyen de traitement local apte à améliorer et régulariser la circulation et la nutrition de la portion intra-pelvienne et juxta-rachidièenne du nerf sciatique, mais elle présente en même temps une réelle valeur au point de vue de la dépuraion du sang, de l'amélioration des fonctions digestives el de la diminution des intoxications d’origine intestinale. Aussi constitue-t-elle pour la portion pelvienne du grand nerf sciatique et pour les autres nerfs de la région, la vraie médica- Uon thérapeutique physiologique, c’est-à-dire celle qui ne s'adresse pas uniquement à un symptôme quelconque, mais qui fait appel à toutes les forces médicatrices de l'organisme pour rétablir le fonctionnement normal des organes malades.
Di l’entéroclyse à haute température peut être efficacement employée à toutes les phases de la sciatique, il ne s'ensuit pas moins que c'est à la période de début qu’elle donne les meilleurs résultats, alors que les lésions nerveuses sont surtout fonctionnelles, d'ordre toxique ou circulatoire, sans atrophie, sans sclérose ni contractures.
Sans doute ce ne sera pas en présence -d'une sciatique névrile confirmée el ancienne que les lavements chauds ameneront une guérison: ; il en sera de même de la sciatique paludéenne et de la sciatique syphilitique, notamment quand une plaque siègera sur l’origine même du nerf. Cependant, dans tous ces cas délicats et difficiles, nous pouvons affirmer que si nous n'oblenons pas une guérison, nous amènerons tout au moins une grande sédation dans les phénomènes dou-
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