‹ Contribution Nouvelle au Traitement Physique de la SciatiqueChapitre 6 sur 25 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

« À l'heure actuelle, où la thérapeutique ulilise de plus en plus l'hygiène et les grands agents naturels ou physiques, : dit le docteur Annequin, il m'a paru intéressant de voir si - l'emploi de l’hydrothérapie chaude recto-celique ne donnerait pas de bons résultats dans le traitement de la sciatique. » : Malgré de nombreuses recherches, nous n'avons pu trouver nulle part, dans aucune thèse, ni même dans aucune revue médicale, quelques aperçus sur cette méthode appliquée | à la médecine.

Ducosté, dans un travail intéressant (Paris, novembre 1895), a bien parlé de tous les avantages que l'on pourrai reurer de l’eau chaude en chirurgie, mais 1! place au pre- mier plan ses propriétés vaso-constrictives et astringentes,

ACER mais passe complètement sous silence ses vertus sédatives et antitoxiques. | |

Sans nul doute, l'eau chaude a été employée depuis très longtemps par les gynécologues sous forme d'injections, de lavages intra-utérins : les chirurgiens s’en sont servis comme d'un précieux antiseptique et d'un puissant hémostatique ; les médecins allemands prônent beaucoup maintenant ses propriétés révulsives, et dans beaucoup d'hôpitaux d'Outre-Rhin les grandes compresses chaudes ont peut-être remplacé avec beaucoup d'avantages nos classiques vésicatoires.

Cependant, en consultant les cliniques de Trousseau, on verra que lui aussi, dès 1853, conseillait l'emploi des injections chaudes comme moyen hémostatique dans les métrorrhagies. C'est l'expérience suivante qui lui en aurait révélé l’idée : « Si on trempe une main, dit-il, dans de l’eau à 0°, l’autre dans l'eau à 48°, pendant quelques minutes, on constate qu'elles subissent, quelques instants après leur sortie de l’eau, une réaction en sens opposé : celle plongée dans l'eau froide devient chaude et congestionnée : le contraire a lieu pour celle trempée dans l’eau chaude. »

Ïl pensa, et à juste titre, qu'il devait en être de même pour l'utérus.

Malgré ses conseils et ses publications dans les journaux médicaux, cette thérapeutique ph" n'entra pas dans la pratique courante, avant 1870, ou Emmet, de New-York, remit ce sujet à la mode. Il l’appliqua non seulement pour combattre les hémorragies, mais encore avec grand succès dans le traitement des métrites.

On voit donc que, jusqu'en 1870, il n'y a presque que les accoucheurs qui aient cherché à tirer parti de l’eau chaude: Brunsky, de Prague, et Vildebrand, de Berlin, après avoir obtenu par celte pratique des résultats inespérés, vulgariserent cette méthode, qui n’est devenue réellement courante

que depuis 1894, après les belles expériences cliniques du professeur Reclus, qui a étendu son emploi à toute la chirurgie. C'est lui le premier qui eut l'idée de se servir de lavements chauds pour guérir certaines affections de l'utérus et de ses annexes. À son dire, après quelques jours d’entéroclyse à haule température, il n’opérait plus que le tiers des femmes qui se présentaient dans son service, demandant une intervention chirurgicale qu'elles croyaient indispensable. On voit donc que jusqu'à ces derniers temps l'eau chaude à haute température n'a été emplayée qu’en obstétrique et en chirurgie, et la primeur en revient bien au docteur Annequin, d’avoir voulu la faire sortir du domaine spécial où elle a semblé devoir se cantonner depuis de si longues années.

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