SYMPTOMATOLOGIE ET FORMES CLINIQUES
Pour bien comprendre toute la valeur de l'entéroclyse à haute température, 1l est nécessaire de rappeler brièvement les principaux symptômes de l'affection et les différentes formes que peut prendre celte névralgie pour savoir celles auxquelles le traitement convient spécialement.
SEE sciatique, nous le savons, est une affection douloureuse du membre inférieur, essentiellement caractérisée par des douleurs paroxystiques, rémittentes ou intermittentes, sur tout le trajet du nerf scialique, ou seulement sur une partie, accompagnées souvent par des troubles de la sensibilité, de
la motilité et de la nutrition, répandus sur tout le territoire de ce nerf.
Le diagnostic étiologique est quelquefois très délicat ; il n'en est pas de même des symptômes qui se révèlent au clinicien presque toujours les mêmes.
Ce qui frappe de prime abord le médecin quand il examine son patient, c'est la douleur. Elle peut débuter soudainement ou a : quand le début est soudain, le malade ressent le premier éclair de douleur, à l'occasion d'un mouvement brusqué ou d'un effort qui l'oblige à interrompre le mouvement commencé.
Quand la maladie s'installe graduellement, le patient éprouve d’abord dans le membre inférieur une sensation de lourdeur, d'engourdissement, puis de douleur sourde, mal localisée, qui s'exaspère par la fatigue et qui s'accroît progressivement jusqu'à rendre tout travail impossible. Enfin, les paroxysmes douloureux font leur apparition, se localisant sur le sciatique et se propageant d’un point limité de la fesse à la cuisse et souvent au mollet. LÉ
Lasègue prétend qu'on peut prévoir la ténacité el la gravité de la sciatique par la lenteur de son début.
La douleur siège donc le long du neri sciatique, et quand on demande au malade de montrer où, 1l soulire, 1l indique avec son doigt, comme le ferait le meilleur anatomiste, le trajet du nerf endolort.
Les élancements vont du centre à la périphérie et peuvent s'arrêter au niveau du creux poplité, mais 1ls gagnent le plus souvent la face externe de la jambe et la plante du pied.
nente,.
Le nerf est très sensible à la pression, qui provoque une douleur vive. Les malades ne peuvent supporter les cahotements d'une voiture ; la marche est souvent même impossible.
La douleur peut être intermittente ou bien fixe et perma-
np CR
Le décubitus dorsal au lit est d'autant plus pénible que les douleurs s'exaspèrent pendant la nuit. Les variations hygrométriques et barométriques leur causent des paroxysmes intolérables,.
Les points douloureux principaux sont :
Le point lombaire, au-dessus du sacrum :
Le point fessier, qui correspond au lieu d'émergence du nerf de la grande échancrure sciatique ;
Le point trochantérien, entre le grand trochanter et l'ischion ;
Les points fémoraux, sur le trajet du nérf à la partie postérieure de la cuisse ;
Les points poplité et péronier, au-dessus de la tête du péroné, à l'endroit où le sciatique poplité externe contourne le col du péroné pour devenir superliciel :
Le point malléolaire externe, répondant au nerf saphène externe :
Enfin, le point dorsal du pied et le point plantaire, auxquels il faut joindre, d’après Lagrelette, le point calcanéen.
Le deuxième grand symptôme qui frappe le médecin, c’est la déformation.
Quelquelois, au bout de quinze ou vingt Jours, on constate une atrophie marquée du membre malade. On l'attribuail jadis à une immobilité forcée et prolongée, mais Lasègue el Landouzy ont montré qu'elle était consécutive aux lésions des nerfs, donc à des névrites.
: Du coté de la fesse, quand on a eu soin de faire lever son malade, on constate un aplatissement très marqué, surtout à la partie supéro-externe ; cela tient à la perte de tonicité du muscle, et il en résulle un abaissement du pli fessier. Ce sympfôme est connu en clinique sous le nom de signe de Bondet.
Charcot, en 1886, puis Babinsky, observèrent la déforma-
NOR lion du tronc dans la sciatique. Le corps $e penche du côté sain, et on à vu des cas où le rebord costal se mettait nettement en contact avec la crêle iliaque. Le tronc peut aussi se fléchir en avant, et comme conséquences de ces attitudes vicieuses, on voit des malades, ayant le pied en équerre, avoir la démarche en saluant si caractéristique de l'affection.
Si on examine le patient couché et qu ’on essaye de soulever sa jambe en extension, il accusera une douleur violente, car dans cette manœuvre on tend le sciatique ; si, au contraire, on fléchit le membre sur le bassin et la jambe sur la cuisse, on relâche le nerf et les douleurs cessent brusquement. C'est: le signe de Lasègue.
Bonnet a également insisté sur un symptôme particulier pouvant aider au diagnostic. Quand on met le membre dans l'adduction, on réveille une douleur très vive : elle devient au contraire nulle dans labduction.
Voilà, après s'être enquis des antécédents, les sympiômes principaux auxquels doit toujours faire appel le. médecin pour porter le diagnosüc de névralgie sciatique.
Nous rappellerons aussi que les douleurs peuvent s'irradier non seulement aux br anches du trone principal, mais encore sur le trajet du crural, grâce à des anastomoses du plexus lombo-sacré.
Enfin, Brissaud, a insisté, notamment dans les formes anciennes, sur certaines attitudes particulières qui amènent des déviations de la colonne. On comprend d'ailleurs fort bien qu'après une sciatique longue et douloureuse, le malade prenant une position hanchée du côté opposé à la sciatique, il peut en résulter des déviations homonymes et croisées.
Formes cliniques. — La sciatique peut se présenter sous différentes formes cliniques que nous allons mentionner rapidement. at ,
Nous ferons d'abord une scission entre la sciatique névral-
PR RES gie et la sciatique névrile décrite par Landouzy. La première seule rentre dans notre plan d'études, car la seconde est liée à une dégénérescence du nerf presque toujours incurable. Elle est généralement la conséquence de compressions fortes el prolongées ou encore d'intoxications profondes.
Par ordre de fréquence, la sciatique peut se présenter sous la forme :
De scialique a frigore, appartenant généralement aux névralgies congestives. ;
De sciatique rhumatismale et infectieuse, pouvant affecter toutes les formes, depuis la simple névralgie congestive jusqu'à Ja névrite chronique ;
De sciatique goutteuse ; < 4 De sciatique traumatique qui a pour lésion habituelle une métrite ;
De sciatique par compression ;
. De sciatique syphilitique, dans laquelle le traitement mixte est la meilleure médication ;
De sciatique blennorrhagique ;
De sciatique paludéenne ;
De sciatique radiculaire, dans laquelle la rachicocaïnisation est très efficace ;
De sciatique tuberculeuse, d’abord étudiée par Poncet et Patel (Gazelle des Hôpitaux, 12 septembre 1905), puis par Cellerier (thèse Lyon, 1903-1904), qui a nettement montré la’ iréquence de la bacillose dans l’étiologie de la sciatique ;
De sciatique que nous appellerons de causes générales, avec Charcot. On sait, en effet, que la tuberculose et le cancer vertébral peuvent occasionner des névralgies sciatiques.
Enfin, nous ajoulerons avec Nortrom, la sciatique consécultive à la propagation aux nerfs de myosites de voisinage.
Nous indiquerons dans nos conclusions quelles sont les formes auxquelles notré traitement a paru donner les résultats les plus favorables. |