‹ Contributions à l'étude de la gangrène infectieuseChapitre 11 sur 14 · CES · texte numérisé non relu

CES

DE RECKLINGHAUSEN. On voit qu’elle conserve un juste milieu entre les deux partis extrêmes, dont l’un rapporte tout aux micrococcus et dont l’autre leur refuse toute espèce d’action.

Les quelques expériences que nous avons instituées, confirment les idées de notre maître, notamment au sujet de l’intoxication septique de l’organisme par un virus soluble émané d’un foyer de putréfaction à la surface du corps.

Ces résultats nous ont été fournis par tous les cas de gangrène infectieuse que nous avons reproduits chez le lapin, et par une partie des expériences du même genre que nous avons faites sur la grenouille. Dans l’autre série d'expériences, nous avons chaque fois pu constater au contraire la présence de micrococcus dans le sang du cœur et des organes. Nous commencerons par rapporter ces dernières expériences.

Expériences sur les grenouilles:

I. Elles ont été répétées un grand nombre de fois et ont été faites dans des conditions variables, tant au point de vue de l'animal lui-même qu’à celui de la température extérieure. En hiver, l’animal résistait moins bien; aussi la mort par infection était-elle presque la règle à la suite de la gangrène d’un membre. En été, le contraire avait lieu. L'animal, mieux nourri, résistait mieux et la guérison se produisait presque régulièrement, grâce à la formation d’un tissu analogue à celui des granulations. Dans

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la plupart des cas suivis de la mort de l’animal, celleci était précédée par quelques symptômes peu nombreux, mais très-nets, que nous n’hésitons pas à regarder comme des signes de l'infection chez la grenouille. La respiration se ralentissait et son rhythme était altéré; de 100 à 130 inspirations par minute qu’elle avait à l’état normal, elle tombait à 60 et même à 50. Mais, ce qu’il y avait de plus constant, c'était l'irrégularité qu’elle présentait dans son rhythme.

Nous n’avons rien pu constater de positif au point de vue de la température et de la circulation.

Pour favoriser la résorption des substances toxiques organisées où non provenant du foyer gangréneux, nous employions, de préférence à la ligature en masse embrassant toutes les parties molles et la peau, une ligature en masse sous-cutanée offrant l’avantage de laisser intactes la peau et, par suite, la circulation de retour. À cet effet, un fil résistant était introduit sous la peau par une petite incision, conduit autour des parties molles et lié. Il nous a semblé que, par ce moyen, la résorption se faisait mieux. Ainsi, dans l'expérience suivante, la mort est survenue au bout de 7 jours. |

Ajoutons enfin que dans ces expériences sur les grenouilles, nous n'avons trouvé à l’autopsie des micrococcus proprement dits que par exception (Expériences 15 et 16). Ordinairement c’étaient des bactéries que nous rencontrions.

EXPÉRIENCE 9. — Forte grenouille femelle; ligature en masse sous-Cutanée au niveau de la moitié de la jambe gauche,

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le 22 novembre. Deux jours après, arrêt complet de la eirculation. L'animal ne paraît nullement incommodé ; la respiration est normale; les mouvements sont libres. La patte liée traîne inerte et insensible.

21 novembre. L’épiderme se détache; odeur désagréable.

29. Odeur plus forte. Animal paresseux; respiration intermittente.

Le lendemain, on le trouve mort. A l’autopsie on constate, à l'œil nu, que les vaisseaux de la peau communiquent directement les uns avec les autres au-dessus et au-dessous de la ligature. La patte liée présente des signes évidents de putréfaction. Dans le sang du cœur et des reins, bactéries en mouvement.

Dans l'expérience suivante, on a pratiqué la ligature en masse; la mort est survenue au bout de onze jours.

EXPÉRIENCE 10. — Grenouille mâle. Ligature en masse de la jambe droite, le 14 mars. La partie située au-dessous de la ligature ne tarde pas à se décomposer à l’air et à l'humidité. La résorption se fait et l'animal succombe onze jours après la ligature. A l’autopsie, on trouve des bactéries dans le sang du cœur, de la rate et du foie.

Dans les deux expériences qui suivent, le sang a été examiné peu de temps avant la mort de l’animal, mais on n’y a pas trouvé d’élément organisé.

ExPÉRIENCE 11. — Grenouille femelle, de taille moyenne. Le 22 janvier, ligature en masse un peu au-dessous du genou droit. Trois jours après, la circulation est complétement arrêtée. Signes de gangrène (stase sanguine, œdème, phlyctènes, odeur fétide).

2 février. Respiration intermittente: une ou deux respirations normales alternent avec plusieurs respirations courtes,

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