‹ Contributions à l'étude de la gangrène infectieuseChapitre 13 sur 14 · LAS · texte numérisé non relu

LAS

La gangrène met du temps à se produire; néanmoins le 5 février elle est complète. L'animal est affaissé, et du sang pris à la mâchoire contient un grand nombre de bactéries libres, ainsi que des colonies. A partir de ce moment, la respiration se ralentit, la grenouille se traîne avec peine. Le lendemain, elle est trouvée morte. Le sang du cœur et des organes renferme des bactéries.

EXPÉRIENCE 14. — Grenouille femelle. Le 18 janvier, ligature en masse sous-cutanée du pied droit.

23 janvier. La grenouille est très-paresseuse, À ce moment, du sang pris à la face contient des bactéries libres et des colonies. La respiration est tombée à 72 inspirations par minute. Les mouvements respiratoires sont interrompus par des pauses et sont plus faibles. Le lendemain, l’animal est trouvé mort. À l’autopsie, cœur pâle, rétracté, couvert d’ecchymoses à la pointe. Le sang a un reflet grisâtre et renferme un grand nombre de bactéries. Dans le sang de la rate on trouve des bactéries libres, des colonies et des vibrions. Mêmes résultats pour les reins, le foie et les poumons.

L'expérience suivante présente de l'intérêt à plus d’un point de vue. La patte d’une grenouille avait été introduite dans l'appareil rempli cette fois avec de l’eau qu’on renouvelait de temps en temps, de manière que le membre fùt constamment baigné par un liquide riche en micrococcus. Voici cette observation en détail.

EXPÉRIENCE 15. — Grenouille mâle. Le 18 février, ligature du bas de la cuisse droite après introduction dans l’appareil ; celui-ci est rempli avec de l’eau. Cette eau ne tarde pas à prendre une odeur fétide.

Vers la fin du mois de mars, les parties au-dessous de la ligature sont en complète putréfaction. On découvre à ce moment, pour la première fois, sur le corps de l'animal de

nombreuses petites élevûres, de grandeur variable, de couleur de rouille, répandues surtout sur la peau de l'abdomen et entourées d’un cercle rouge d’hypérémie.

Le lendemain, la grenouille étant morte, l’autopsie donna les résultats suivants : Gangrène complète de la patte renfermée dans l'appareil; le liquide qui la baigne a une odeur très-fétide. Le cœur est pâle, ferme, rouge vers la pointe; le sang qu’il contient est rempli de colonies de bactéries. Dans le foie, on ne trouve rien, malgré de nombreuses recherches. Par contre, dans les reins, on constate cà et là des micrococcus (granulations) dans les vaisseaux des glomérules. |

La peau présente les altérations les plus intéressantes. Toutes les plaques dont nous avons parlé plus haut, sont formées par des dépôts de champignons du genre oidium. L'épiderme a été soulevé par places, s’est mortifié et s’est recouvert de micrococcus et de champignons, ainsi qu'on peut le constater sur des coupes transversales. Partout le réseau de MarpiGur est intact, de sorte qu'on ne peut songer à une migration des micrococcus du derme vers l’épiderme. On ne peut, par suite, non plus admettre de relation directe entre l'infection générale et l’apparition de ces plaques.

Pour étudier les altérations de la peau, on la plonge dans de l’acide acétique pendant quelques instants. On arrive ainsi facilement à détacher l’épiderme et à conserver le derme avec ses vaisseaux. Ceux-ci se montrent gorges de micrococcus. Tous les détails de

cette préparation ont été parfaitement reproduits par l'habile crayon de M. Kizzran, étudiant en médecine, à l’obligeance duquel nous devons nos dessins.

La figure 1 représente une portion de la peau de l'abdomen, aux environs d’une des plaques en question; elle a été préalablement dépouillée de son épiderme par l’action de l’acide acétique. Sur un fond de tissu conjonctif parsemé de cellules étoilées de pigment restées sur la préparation, se détache un réseau veineux complétement injecté de micrococcus. Tout le calibre des vaisseaux est rempli par une masse finement ponctuée, formée de granulations égales entre elles, et qui, à un grossissement de 120 diamètres, apparaît comme une fine poussière ayant une teinte jaune-verdâtre.

À certaines places on voit comme des interruptions dans la masse granuleuse ; à d’autres endroits, celle-ci est moins compacte et disparaît même complétement, de telle sorte qu’en ces points les vaisseaux semblent se perdre dans le tissu conjonctif ambiant. Sur le trajet de ceux-ci on remarque çà et là quelques dilatations dues probablement à un développement sur place des petits organismes qui adhèrent à leurs parois.

Toute la préparation a été soumise à l'action prolongée de l’acide acétique; pour plus de précautions encore, on aurait pu la traiter par les alcalis caustiques et la glycérine. Mais on eût risqué de l’endommager; et, du reste, il ne pouvait y avoir de doute ici sur la nature des granulations qui remplissent les vaisseaux.

ne AT) 2

Dans la figure 2, qui représente une portion de la peau du côté droit de l'abdomen à un grossissement de 450 diamètres, les micrococcus remplissent deux veines et une artère; dans celle-ci ils ne se trouvent pas en aussi grande abondance que dans celles-là. En dehors des vaisseaux, le long de la veine, se trouvent quelques granulations qui se distinguent par leur teinte et leur forme des granulations de pigment, et qu’on ne peut hésiter à regarder comme des mi- CrOCOCCUS.

Ainsi, dans ce cas, l'entrée des micrococcus et leur développement dans le sang pendant la vie de l’animal est chose évidente ; il est impossible qu’une pareille disposition dans les vaisseaux sanguins soit un simple phénomène cadavérique.

Dans l'observation suivante, les micrococcus ont été aussi trouvés dans les vaisseaux de la peau, mais en moins grande abondance.

ExPÉRIENCE 16. Grenouille femelle, de taille moyenne, Le 11 avril, ligature en masse de la jambe droite, après introduction dans l'appareil; celui-ci est rempli d’eau, qu’on renouvelle de temps en temps. Onze jours après l'animal est trouvé mort. Le liquide de l'appareil est excessivement fétide et contient des myriades d'organismes. — Le sang de l’animal en contient également, ainsi que les vaisseaux de la

peau de l’abdomen. Çà et là quelques vaisseaux remplis d’un mélange de micrococcus et de globules sanguins.

IT. Dans la seconde série d'expériences sur la grenouille, les résultats ont été différents de ceux que nous venons de rapporter, en ce sens qu'à l’autopsie on ne trouvait pas trace de micrococcus ou de bac-

EE

téries dans le sang de l’animal. Voici quelques-unes de ces expériences :

EXPÉRIENCE 17.— Ligature sous-cutanée, le 24 avril, dé la patte gauche d’une petite grenouille femelle. Six jours après, l'animal est trouvé mort èt, à l’autopsie, le sang du cœur et des organes ne contient pas d'organisme.

ExPÉRIENCE 18.— Ligature en masse du genou gauche d’une forte grenouille femelle, le 14 mars. — Quatorze jours après, le membre étant en train de se putréfier, on enlève la ligature dans l’idée de favoriser la résorption.— En effet, quatre jours après la grenouille est trouvée expirante. La respiration est intermittente. Une goutte de sang prise à la face ne renferme pas de bactéries. — L'animal est sacrifié et, à l'autopsie, résultats négatifs au point de vue des micrococcus.

EXPÉRIENCE 19.— Dans cette expérience la mort de l’animal est survenue plus rapidement, à la suite d’un traumatisme exercé sur un tissu analogue à celui des granulations" qui s'était développé au-dessus de la ligature. — La ligature sous-cutanée a été pratiquée le 25 avril sur la jambe gauche d’une grenouille femelle. Au bout de cinq à six jours, la gangrène du membre est complète et elle est limitée par un tissu assez ferme, rougeûtre, qui sépare le mort du vif. Le 23 mai, ce tissu est incisé et l’animal replacé dans le vase, au fond duquel l’eau devenait rapidement fétide par suite de la putréfaction du membre. Le lendemain, l’animal est trouvé mort et, à l’autopsie, absence complète d'éléments organisés.

Telles sont les principales expériences que nous avons faites sur les animaux à sang froid. Les diffé-

1. Dans deux cas on à fait l'examen microscopique de ces granulations. On trouvait des cellules semblables aux leucocytes et des cellules fusiformes à grand noyau. Le tout était recouvert par une couche d'épithélium pavimenteux.

ME

rences dans les résultats qu’elles nous ont fournis ne sont pas toujours faciles à interpréter. Dans les cas où la mort par infection est survenue très-rapidement, il est à présumer que les ferments n'ont pas eu le temps de pénétrer dans la circulation; c'est ce que nous allons constater aussi dans nos expériences sur les lapins.

Expériences sur les lapins.

Les cinq expériences que nous allons rapporter nous ont fourni toutes les mêmes résultats.

Deux jours après l’opération dont nous allons parler, l'animal mourait régulièrement sans présenter d'autre signe qu'un état général de stupeur plus ou moins bien accentué; à l’autopsie, aucune lésion apparente, pas plus à l’œil nu qu'au microscope. Dans le sang, jamais trace d'organisme. Et pourtant ce sang était toxique; car, injecté ef très-petite quantité à un animal sain, il le tuait dans l’espace de deux jours, également sans produire de lésions matérielles (Expérience 5). |

L'opération en question consistait à supprimer l'accès du sang dans un des membres inférieurs au moyen de la ligature des vaisseaux principaux (artère et veine). De plus, dans trois des expériences qui suivent, nous avons fait, en même temps que la ligature des vaisseaux, la section du nerf sciatique dans le but de priver de toute vie propre les éléments

CE de

déjà dépourvus de leurs principes nutritifs. C'était réunir les conditions les plus favorables pour la production d’une gangrène infectieuse. En effet, celle-ci survenait régulièrement et d'une façon si rapide que toute résistance était impossible: l’animal était comme foudroyé (Expériences 3, 4 et 5).

D’autres fois (Expériences 1 et ?), la ligature des vaisseaux iliaques, artère et veine, ou même celle des vaisseaux cruraux, à suffi pour amener un Commencement de mortification des tissus suivie de la mort de l'animal, Dans ces deux derniers cas, les sujets de l'expérience étaient tous deux de petite taille, par suite offraient moins de résistance. Puis, pendant l'opération, il se déclara dans la profondeur une hémorrhagie qui à bien pu devenir le point de départ d’une infection. De sorte que ces deux expériences ne sont pas aussi concluantes que les trois autres.

Nous ajouterons enfin que nous avons fait plusieurs expériences de contrôle, afin de nous assurer si l'infection était réellement secondaire au trouble apporté à la nutrition des tissus, ou bien si elle n’était pas simplement la suite du traumatisme ou d’une décomposition au niveau de la plaie. Nous avons mis à nu, comme pour les lier, tour à tour les vaisseaux cruraux et les vaisseaux illaques externes, en ouvrant même une fois le péritoine; puis nous avons incisé les parties molles jusqu’au nerf sciatique, en faisant en même temps une seconde plaie comme pour la ligature des vaisseaux iliaques. Dans toutes ces expériences, les animaux ont parfaitement guéri et, au bout de trois ou quatre jours, ne se ressentaient plus

ms

de rien. Nous allons rapporter maintenant les quelques observations de gangrène infectieuse que nous avons recueillies.

EXPÉRIENCE 1. — Lapin mâle, gris, de petite taille. Le 23 mars, on fait une incision parallèle au ligament de Pou- PART, au-dessus de ce ligament, du côté gauche. Le péritoine, une fois mis à découvert, est récliné vers le haut avec la masse des intestins et on fait la ligature des vaisseaux iliaques externes, artère et veine, — Ilse produit une hémorrhagie veineuse dans la profondeur; elle est arrêtée à l’aide de deux ligatures. — La plaie est ensuite fermée à l’aide d’une suture entrecoupée, Après l'opération, l'animal laisse traîner la patte gauche.

24 mars. L'état général semble bon; le lapin a mangé.

25. Ce matin l'animal est trouvé mort. L’autopsie, faite quelques heures après, donne les résultats suivants: Un des coins de la plaie est ouvert et on aperçoit par cette ouverture un tissu de couleur vert-noirâtre. La peau incisée, on constate une mortification de l’extrémité inférieure gauche, surtout au niveau de la cuisse. Au pied et à la jambe on n'observe qu'une imbibition sanguine, tandis qu'à la cuisse les altérations sont plus marquées. Les muscles en sont ramollis, friables, de couleur rose sale, répandant une odeur très-fétide. Immédiatement au-dessous du ligament de Pou- PART, ils ont une consistance pultacée,

Sur toute la longueur du membre, le tissu cellulaire souscutané a une teinte vert-bleuâtre; il est infiltré par une substance gélatineuse, sanguinolente, — Les veines sont partout gorgées de sang noirâtre, — Au-dessus du ligament de Pou- PART, pas de signes de péritonite. — Du côté droit, les tissus sont parfaitement sains.

Les organes ne présentent pas d’altération importante. On ne constate absolument qu’un peu de trouble de la substance rénale, — Le sang, pris dans le cœur, ne renferme pas d’élé-

LL que Le

ment étranger. Par contre, des éléments organisés se retrou- - vent en grand nombre dans la sanie gangréneuse de la cuisse. On y observe en outre des granulations graisseuses, des détritus de toute sorte, enfin des sarcous elements, signes de la désagrégation du tissu musculaire.

Ainsi, d’un côté: gangrène bien évidente d’une partie des muscles de la cuisse; de l’autre : mort de l’animal sans altération du sang et des organes. Il n’est pas étonnant que la gangrène ait débuté par le haut du membre; les tissus qui se trouvaient aux environs de la plaie ont les premiers subi la putréfaction, parce qu'ils étaient le plus directement en contact avec l’air extérieur.

L'expérience suivante nous a donné les mêmes résultats.

ExPÉRIENCE 2.— Lapin mâle, de taille moyenne, de couleur grise. Le 13 avril, après fixation sur l'appareil de Czer- MAK et éthérisation, on fait la ligature des vaisseaux iliaques externes, par le même procédé que dans l'expérience précédente.

Quelques heures après l'opération, l'animal est alerte, mais il laisse traîner la patte gauche, qui est la patte opérée.

14 avril. L'animal ne mange pas; il est paresseux.

15. On le trouve mort ce matin. L'autopsie, faite peu après, permet de constater une décomposition commençante de l’extrémité inférieure gauche. Tout le membre répand une odeur très-fétide. Au niveau de l’incision, la peau est recouverte par une sérosité brun-rougeâtre, qui, au microscope, renferme des quantités innombrables de micrococcus et de colonies de micrococcus: en outre des bactéries et des vibrions. — La peau de la cuisse gauche a une teinte verdâtre; le tissu cellulaire sous-cutané est infiltré par de la sérosité sanguino-

MR

lente, qui s'étend sur toute la longueur de la patte gauche et à la cuisse droite, et qui remonte le long de la moitié inférieure de l’abdomen et du dos. |

Les muscles ont une teinte lie de vin, d'autant plus foncée qu'on se rapproche davantage de l'extrémité inférieure ou du centre du membre. Leur consistance est plus molle; ils présentent des traînées blanchâtres dues à la présence de gaz dans les vaisseaux à la suite de la décomposition du sang. Au microscope, leurs fibres sont altérées pour la plupart (aspect granuleux) ; d’autres ont un aspect normal.

On aperçoit un grand nombre de sarcous elements, puis des bactéries en grande quantité, enfin des cristaux de triple phosphate. — Les globules de sang ne sont plus reconnaissables; à leur place, dans les vaisseaux des espaces interfibrillaires se trouvent de petites masses jaunes de forme irrégulière (pigment).

Tous les vaisseaux du corps contiennent des gaz; cette décomposition s’est faite plus que probablement après la mort.

Sang pris à la jugulaire : pas traces de micrococcus; globules rouges normaux.

Foie: pas d'altération.

Reins : leur substance est normale. On fait plusieurs coupes de ces organes, mais on ne trouve rien de particulier.

Il en est de même pour la rate et les poumons.

Dans les trois expériences qui suivent on a pratiqué à la fois la ligature des vaisseaux iliaques et la section du nerf sciatique.

EXPÉRIENCE 3. — Lapin femelle, de couleur grise, de taille moyenne. Opération, le 10 mai. Ligature sous-péritonéale de l'artère et de la veine iliaques externes gauches. Section du nerf sciatique à l’aide d’une incision pratiquée au niveau du bord postérieur de la cuisse. Suture entrecoupée des deux plaies.

Immédiatement après l'opération, la patte gauche est paralysée: on n’y constate pas de différence sensible de température. Après l’opération, l'animal se met à manger.

11. Ce matin, l'animal reste blotti dans un coin; la patte gauche est toujours inerte; elle répand une légère odeur de putréfaction.

Vers 5 heures du soir, on trouve l'animal mort. L’autopsie est faite immédiatement après.

Le sang de la jugulaire ne renferme pas de bactéries.

Tout le membre inférieur gauche répand une odeur trèsfétide. La peau, à sa face interne, présente une coloration verdâtre ; le tissu cellulaire sous-cutané est infiltré par une sérosité brunâtre qui, au microscope, renferme des milliers de bactéries, Les muscles de la cuisse, surtout les adducteurs et les muscles postérieurs, ont une couleur brun-rose sale avec quelques teintes vertes. Ils sont plus friables et plus humides que du côté droit. A la jambe etau pied on ne constate qu’une imbibition sanguine.

Les veines du membre sont gorgées de sang.

Dans les organes, pas d’altération macroscopique ou microscopique.

ExPÉRIENCE 4. — Lapin femelle, de taille moyenne. Opéré le 29 mai. Ligature des vaisseaux fémoraux et section du nerf sciatique. Suture complète des deux plaies, après avoir, autant que possible, chassé l'air qui s'était introduit sous la peau pendant l'opération.

30. Vers le soir, on constate que le membre inférieur, dans toute son étendue, est œdématié. On voit, à travers la peau, les vaisseaux hypérémiés,

À 5 heures, du sang pris à l'oreille ne contient pas d’élément étranger; les globules rouges sont parfaitement normaux. Température rectale : 39°,

31. Ce matin, le lapin est trouvé mort; on en fait lPautopsie et on constate de l’œdème du tissu cellulaire sous-cutané avec une simple imbibition sanguine de tous les muscles.

Ceux-ci ne répandent pas d’odeur fétide; mais on trouve cependant à la cuisse des bactéries et surtout des vibrions ; ces organismes ne se trouvent pas à la jambe et au pied. Les fibres musculaires de la cuisse sont granuleuses; au pied et à la jambe, elles présentent leur striation normale.

Les organes, pas plus que le sang, ne sont altérés.

Le cœur droit est gorgé de sang coagulé.

Ici la putréfaction était tout à fait à son début. Dans l'observation suivante, elle se produisit d’une facon plus complète.

ExPÉRIENCE 5. — Lapin mâle, de couleur noire, de taille moyenne. Le 29 mai, on lui fait la ligature des vaisseaux cruraux, et, en même temps, la section du nerf sciatique. La gangrène ne se produit pas, par suite du rétablissement de la circulation collatérale, La guérison s'effectue et, quelques jours après, le lapin ne se ressent plus de rien.

Le 7 juin, on lui fait alors la ligature des vaisseaux iliaques un peu au-dessus du ligament de POUPART et en même temps la section du nerf sciatique, du côté droit cette fois.

L'opération réussit aussi bien que possible: l'animal perd très-peu de sang; le péritoine n’est pas lésé. Enfin, les plaies sont faites aussi petites que possible. On excise une petite portion du nerf sciatique.

Le lapin est mis en observation dans un endroit aussi à l'abri de miasmes que possible,

Après l'opération, l'animal mange bien; il laisse traîner la patte droite. On ne constate pas de différence sensible de température entre les deux pieds.

8. Le membre droit paraît un peu œdématié. Pas d'odeur fétide.

Page 1