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châtre, puis brunâtre, — Au bout de trois mois, l'animal est sacrifié et l’autopsie donne identiquement les mêmes résultats que dans les deux cas précédents.
Hyposulfite de soude. Les trois expérienees qui suivent ont été faites avec une solution au ‘/,, d’hyposulfite de soude. Les inconvénients de la ligature en masse, au point de vue de linflammation putride des tissus situés au-dessus d'elle, se sont surtout montrés ici, car les trois grenouilles en expérience sont mortes à la suite de cet accident. Mais les résultats obtenus ne laissent pourtant pas que d’être concluants; | car, alors qu’on trouvait à l’autopsie des micrococeus dans le sang du cœur et des organes, seuls les tissus nécrosés en étaient exempts.
EXPÉRIENCE 6. — Grenouille femelle, de taille moyenne. Le 10 février, ligature en masse de la jambe gauche. Tous les deux jours on renouvelle le contenu de l’appareil.
15 février. Le pied a diminué de volume, il est un peu ratatiné. Au-dessus de la ligature un peu de gonflement.
19. Le pied a une teinte verdâtre; grande phlyctène à la membrane natatoire, à contenu sanguinolent,
24. Le contenu de l'appareil n’a pas d’odeur; au microscope, pas une seule bactérie; rien que des cellules épithéliales. Au-dessus de la ligature, symptômes d’inflammation: pansement à l’ouate collodionnée,
7 mars. L'animal est trouvé mort ce matin. Les muscles de la jambe immédiatement au-dessus de la ligature sont le siége d’une forte imbibition sanguine et ont une teinte rose sale, [ls renferment un grand nombre de bactéries en mouvement. On en trouve aussi dans le sang du cœur etdes organes,
Le pied, au contraire, est très-bien conservé. Les muscles sont plus friables, mais, à part une teinte verdâtre, ils ont
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un aspect tout à fait normal, Ils sont recouverts de granulations graisseuses et de nombreux détritus de toute sorte, mais non d'éléments organisés vivants. Quelques bâtonnets immobiles (bactéries mortes?). Cristaux de triple phosphate.
EXPÉRIENCE 7. — Grenouille mâle, de petite taille. Le 10 février, ligature en masse de la jambe gauche. Appareil avec hyposulfite de soude. Au bout de neuf à dix jours, rougeur au-dessus du lien. — Dans l'appareil, l'épiderme commence à se soulever.
21 février. Pansement ouate-collodion à la jambe pour préserver autant que possible les parties enflammées du contact de l’eau et de l’air.
28. Le liquide contenu dans l'appareil est verdâtre. Toute l'enveloppe épidermique du pied est détachée et n’adhère plus qu'aux extrémités digitales. Le pied a une teinte légèrement rosâtre et paraît plus transparent; à travers la peau on voit se dessiner les vaisseaux et les tendons. Au microscope, pas de bactéries, mais simplement des débris épithéliaux et des granulations graisseuses.
4 mars. L'animal est paresseux et présente un fort gonflement des tissus compris au-dessus de la ligature. À ce niveau, la peau est perforée et il s'écoule par la pression une sérosité grisâtre de mauvaise odeur.
6. La grenouille est sur Le point de succomber. On l’achève, et à l’autopsic, faite immédiatement après, on trouve à la jambe tous les signes d’inflammation putride. Au pied, au contraire, tout est presque normal. La peau est un peu verdâtre. Au microscope, les fibres musculaires sont, pour la plupart, normalement striées, quelques-unes sont granuleuses. Ça et là quelques globules rouges bien conservés, En outre, granulations graisseuses, cristaux de triple phosphate. Quelques bâtonnets immobiles.
EXPÉRIENCE 8. — Grenouille femelle, de petite taille. Ligature en masse de la jambe gauche, après introduction dans l'appareil, le 13 février. Le onzième jour, pansement ouate-
collodion au-dessus de l'appareil, pour prévenir l’inflammation.
28 février. Le microscope ne révèle pas de ferments organisés dans le liquide renfermé dans l'appareil, mais seulement quelques débris épithéliaux.
21 mars. L'animal est trouvé mort. Le pied gauche, qui a séjourné dans l'appareil, a un aspect normal, sa teinte est verdâtre. La peau a son nacré habituel; quelques fines raies noires indiquent les vaisseaux à sa face interne. Les fibres musculaires sont chargées de granulations graisseuses. — Pas trace de micrococcus.
Acide salycilique. Nous dirons tout d’abord que l'acide salycilique dont nous disposions avait une odeur assez prononcée d'acide phénique. Par conséquent nous ne voulons pas insister sur ses propriétés antiseptiques.
Nous ferons cependant remarquer que, tandis qu'une solution phéniquée n’est vraiment antiseptique que dans la proportion d’au moins un sur cent, l'acide salycilique, dissous à chaud, produisait les mêmes effets à un degré de concentration cinq fois plus faible. Ainsi du sang humain en voie de putréfaction, contenant des quantités innombrables de micrococcus, est mis en contact avec une solution de 1 sur 500 d'acide salycilique. Deux jours après, les éléments organisés avaient pour la plupart disparu complétement. On ne trouvait plus que quelques bàtonnets immobiles. De même des expériences sur la grenouille, analogues en tous points aux précédentes, nous ont donné des résultats satisfaisants. Au bout de plusieurs jours, le liquide renfermé dans le tube de verre ne laissait voir aucun organisme.
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Telles sont les quelques expériences que nous avons instituées au point de vue du rôle étiologique des micrococcus dans la production de la gangrène putride. Nous avons pu prévenir celle-ci et lui substituer une simple nécrose. La plus grande partie des tissus était même conservée presque intacte pendant plusieurs semaines, et pourtant nous avions soin de laisser pénétrer de l’air au contact des parties privées de vie. Jamais nous n’avons trouvé de micrococcus dans les tissus ainsi conservés à l'abri de la putréfaction. Dans le liquide qui les baïgnait, nous avons observé quelquefois des bâtonnets immobiles, dépourvus de mouvement propre; mais régulièrement, dans ces cas, il existait au-dessus de la ligature un foyer de décomposition d’où provenaient certainement ces organismes".
Nous avons terminé la première partie de notre travail. Nous avons vu que la gangrène putride est
1. Nous ne dirons que deux mots d'essais infructueux que nous avons faits en vue de remplacer les liquides antiseptiques des expériences précédentes par de l'air débarrassé par filtration de tous sesgermes organisés. La patte de l’animal, purifiée des germes qui auraient pu s'y trouver par des embrocationsavec une solution phéniquée, étaitintroduite dansl’appareil et la ligature en masse était faite comme à l'ordinaire. Toutes les pièces de l'appareil avaient subi d’abord, par précaution, umséjour prolongé dans de l’eau bouillante. Au lieu d'introduire dans le tube un liquide antiseptique, on le remplissait avec de l’eau distillée bouillie, puis refroidie à l'abri du contact de l'air. Cette eau était ensuite remplacée par de l'air filtré à travers un long tube rempli de ouate dégraissée. La difficulté était d'assurer la fermeture complète de l'appareil qui entourait la patte del'animal. Malgré tous nos soins, la putréfaction se produisait, soit que l’air n’eût pas été suffisamment purifié, soit que les germes eussent pu pénétrer dans
l'appareil au niveau de la ligature.
Le NS
une infection locale, due au développement des micrococcus dans les tissus privés de nutrition. Il nous reste à étudier l'infection générale, suite trop fréquente de cette infection locale. Cette étude fera l’objet de la seconde partie.