‹ Contributions A L'Étude De La Tige Des LécythidéesChapitre 2 sur 3 · SÉANCE DU 13 MARS · texte numérisé non relu

SÉANCE DU 13 MARS

spermum, Bœckea , Melaleuca, Calothamnus , Tristania , Metrosideros ,

Eucalyptus, etc.), que chez les Chamælauciées ( Thryptomene , etc.).

La présence du liber interne a aussi été signalée. M. de Bary (1) l’indique dans quatre genres. M. Petersen (2) a étendu ce résultat à un grand nombre de genres de cette famille.

Il est à remarquer que ces deux auteurs n’indiquent que des Myrtacéi s glanduleuses parmi les genres qu’ils ont eu l’occasion d’étudier, et même leur examen n’a porté que sur des Myrtées et des Leptospermées. En reprenant celte élude, nous avons eu l’occasion de vérifier les faits annoncés par les deux observateurs précédents dans les deux premières tribus. Ces recherches ont été faites, soit sur des espèces, soit sur des genres différents; le liber interne s’est toujours montré à nous avec la plus grande netteté. Nous avons de. même étendu nos recherches aux.Chamælauciées, et nous avons fait la même observation ( Micromyrlus microphyllus , Thryptomene bœckeacea, Darwinia dismoides, Calythrix scabra, C. tetragona, Actinodium Cunninghami, Chamœlaucium Drummona , Verticordia Fontanesii, Orleanthus limacis, etc.).

Aux caractères précédents il vient s’en joindre d’autres qui n’ont pas la même valeur, mais qui offrent cependant une grande uniformité.

c. Le péricycle se sclérifie à la partie périphérique, de façon à entourer le cylindre central d’un anneau fibreux.

d. Des fibres analogues s’observent à la partie interne du liber intérieur, mais ce caractère est bien moins constant.

e. Enfin, le parenchyme cortical se trouve exfolié de très bonne heure par l’activité d’une couche génératrice subéreuse toujours interne, mais qui peut occuper deux positions en dedans ou en dehors des fibres péricycliques.

Il est très intéressant de voir une structure si uniforme se maintenir à travers des plantes dont la morphologie externe révèle tant de différences. Ce premier point montre donc à la fois que les classificateurs ont été très habiles en groupant toutes ces plantes autour du Myrte, et que l’anatomie peut rendre de grands services, quancl il s’agit de groupes dont la structure est aussi uniforme que celui dont nous parlons.

2° Lécythidées. — La parfaite homogénéité de structure du groupe des Myrlacées glanduleuses est d’autant plus saisissante, que les Lécythidées présentent une structure tout à fait différente. On peut même presque dire que ces deux organisations n’ont rien de commun. En effet, non

(1) Vergleichende Anatomie, p. 352.

(2) . Utber das Auflreten hicollateraler Gefdsbündel in verschiedenen Pflamenfamilien ('Engler’s Itotanische tahrbücli •/■ fïtr Sijstematik, t. lit, 1882).

COSTANTIN ET DUFOUR. — TIGES DES LKCYT1IIDKES. H7

seulement, comme on sait, les Lécythidées n’ont pas de nodules sécréteurs, mais en outre :

a. Elles n’ont pas de liber interne.

b. Elles ont des faisceaux corticaux.

Le liber interne manque, et la moelle, en se lignifiant, se confond avec la pointe des faisceaux du bois, ainsi que cela se voit nettement chez les Napoleona imperialis, Lecythis lanceolata, L. ollaria, le Fœtidia borbonica, le F. mauritiana, le Bertholletia, le Couratari glabra , les Gustavia, Planchonia, etc.

Les faisceaux corticaux, en second lieu, existent toujours ici. Ils n’existaient jamais chez les Myrlacées glanduleuses. La possibilité de ce fait se conçoit ici, car la couche subéreuse, quand elle se forme, apparaît toujours dans la région externe du parenchyme cortical ( Carreya ), quelquefois même dans l’assise sous-épidermique ( Lecythis ollaria). La présence de faisceaux corticaux très nombreux parcourant toute l’écorce n’est pas un fait très commun chez les Dicotylédones, aussi ce caractère donne-t-il une originalité très spéciale à la tige de ces plantes. Cette originalité est surtout frappante quand, comme chez les Bertholletia, ces faisceaux atteignent un très grand développement par la taille et le nombre; elle est également digne de fixer l’attention quand, comme chez les Barringtonia, les faisceaux corticaux ont leur bois retourné, et rappellent les Calycanthus (1).

L’étude des Lécythidées nous a conduit à deux premiers résultats particuliers qu’il est important de noter. D’abord la structure de ce groupe est très homogène, et il n’y a pas lieu de séparer les Napolêonèes des Barringtoniées, comme le fait M. Bâillon.

En outre, le genre Fœtidia, que Bentham et Ilookcr regardent comme un genre douteux, a tout à fait la structure d’une Lécythidée, tandis que les Sonneratia en diffèrent profondément.

Ce ne sont point là les seules conclusions que nous croyons pouvoir tirer de l’étude précédente; il en est une plus importante qui résulte, selon nous, de nos recherches. Il nous semble quela présence ou l’absence d’un liber interne est un fait très important, car il existe dans presque toutes les familles que les auteurs s’accordent à rapprocher des Myrlacées. Le groupe des Myrtales de Bentham et Hooker comprend les Myrlacées, Mélastomacées, Rhizophoracées, Combrétacées, Lythrariées, Onagrariées.

(\) U est intéressant de rappeler que les Calycanthus, n’ayant pas de liber interne, ont une structure analogue à la précédente ; or on sait que Brougniart mettait les (>alycanthécs dans les Myrtoïdées à cété des Lécylhidécs. M. Lignier avait déjà indiqué les affinités anatomiques des Gustavia et des Calycanthus (voyez le Bulletin, 1884-, p. 128).

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