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ÉRSRORNIOIIE
Le genre Entoniscus, créé par Frirz MUELLER en 1862, renferme des animaux qui avaient déjà été entrevus par Cavouini, il y a un siècle, en 1787. CaAvoLINI avait observé des Sacculines sur plusieurs espèces de crabes, et il considérait ces parasites comme étant la ponte d’une petite espèce de Cyclope greffée par la mère sous la queue des Brachyoures. Après avoir rapporté les observations relatives à ce sujet, il ajoute :
« Outre le cyclope que nous venons de décrire, il y a dans la mer un autre insecte qui fixe sa couvée sur le corps de nos crabes, mais d’une façon beaucoup plus importune pour ces animaux. C'est, en effet, au milieu même de leurs viscères que jes œufs sont attachés. Jusqu'à présent le Depressus (1) seul m'a
(1) Il est impossible de ne pas reconnaître le Pachygrapsus marmoratus Fasricius (Grapsus varius LATREILLE), dans la belle description que Cavouint donne de son granchio depresso :
« Questo granchio è copiosissimo per gli scogli del nostro cratere, e sembra godere piuttosto di stare in secco, massimassime quando, per calor della state, le acque presso i lidi si riscaldano, o si albanano : su di questi scogli di erbe vestiti e curiosa cosa videre come in terra seduto, or con una, or con ambe le mani, colga quella verde conferva e alla bocca l’accosti. La forma del suo corpo è quadrilatera shiocciota, il colore di un verde cupo : le braccia son crasse e valide poco meno del paguro (Eriphia spinifrons des auteurs modernes) : la sua carne € mucilagginosa, e molto poca. Ma ci che lo rende singulare, e la velocita del corso : bisogna esser destro per dargli sopra la mano; altrimenti o fugge sullo scoglio fin che in mare precipiti, o vero in una prossima buca si rimpiatta : percio dai nostri pescatori si chiama granchio spirito. »
Dans le même mémoire, Cavouini décrit et figure : 1° une grégarine parasite du Grapsus, et qu’il appelle tænia; 20 la Zoe du Grapsus (PI. IL, fig. 7. 8 et 0). Déjà, en 1768, SLagger avait, de son côté, découvert la
paru affecté. Sur le côté de l'estomac, au point où se trouve le foie, on voit une masse très volumineuse , d’une couleur plus ou moins jaunâtre ou plombée, selon le degré de maturité, occupant la place du rameau ovarien | du crabe. Ce corps avance à travers
Fac simile des figures de Cavount (1, pl. IL fig 17-18) x Fo représentant l’Oniscus squilliformis PaLLas (Grapsion les côtes de la Carapace , et S insinue Cavolinir) et sa ponte. ainsi sous la paroi inférieure de la I. Ovaire de l’Oniscus squilliformis extrait du Crabe Cavité branchiale. Il n’est pas difficile
(grandeur naturelle).
Re de le séparer du crabe, auquel on le a : portion la plus mûre, les œufs sont représentés voit attaché par du tissu cellulaire; la plus grands que la grandeur naturelle. portion antérieure de ce corps ova- D rien, celle qui est placée dans les visn : les mêmes tout à fait développés. cères, murit d’abord, et par suite elle Ta nn sortent de ces œufs (grossissement : est beaucoup plus dilatée (a) . tandis que l’autre (b) qui se trouve entre les côtes, est encore immature et garde l'impression de ces parties solides. Le sac ovarien est formé d'un tissu transparent, et contient à cet état la série graduée du développement des œufs qu'il renferme, les plus murs sont en 4%, et ne sont visibles à l'œil nu que comme une substance granuleuse ; cependant sur la figure ils ont été dessinés un peu plus grands pour éviter la confusion : les moins avancés sont en ?. Vus au microscope, ces derniers sont d’une forme arrondie (c) ; ceux qui sont un peu moins immatures sont figurés en # ; ceux qui approchent le plus de la maturité sont réniformes, émarginés comme en #; enfin les embryons éclos ont la forme représentée en 7, et courent en tous sens dans la goutte d’eau placée sous Ja lentille du microscope. Ces insectes ont le corps divisé en un grand nombre d'anneaux dont le premier porte deux yeux ; la queue est bifurquée et le dernier article des quatre premières paires de pattes est claviforme.
« Cet insecte appartient à la race de l'Oniscus squilliformis, très bien décrit par
Il. c: œufs de l’'Oniscus.
métamorphose des Décapodes, mais ce n’est qn’en 1823 que VAUGHAN THompson généralisa ces observations complètement oubliées.
Enfin, dans une note qui est malheureusement restée inaperçue de tous les zoologistes subséquents, CAvoLini signale de la façon la plus nette les curieux parasites des Céphalopodes connus aujourd’hui sous le nom de
Dicyémiens. [1 avait observé les deux formes qui correspondent aux deux sexes de ces animaux (/oc. cit., p. 147, note).
De
PaLLAs : il présente une certaine analogie avec l'espèce décrite sous le nom d'Oniscus locusta (1) par cet illustre naturaliste, espèce très fréquente dans les ordures jetées sur le sable et baignées par la mer dans son mouvement de va et vient : c'est notre puce de sable. Toutefois l'espèce qui se développe dans les entrailles du crabe est beaucoup plus petite que cette puce de sable. Il est vrai que je n’ai pu voir cet insecte qu'au moment de son éclosion; mais la grandeur des œufs que j'ai trouvés attachés aux pattes de notre puce de sable m'a appris que les petits de cette dernière doivent être d’une taille beaucoup supérieure à celle de l'insecte que j'ai décrit et dessiné sortant des ovaires renfermés dans Île corps des crabes.
» Maintenant, par quelle voie l'Oniscus ère introduit-il sa couvée dans le corps des crabes, quand ce corps est complètement défendu par une peau dure et crustacée ? Je dois ici raisonner par conjecture, mais par conjecture nécessaire, jusqu’à ce qu'il soit possible d’avoir la preuve oculaire du fait de cette pénétration. Nous avons déjà décrit plus haut les deux cavités, situées chacune sur un côté du corps du crabe, et dans lesquelles s’agitent les branchies. L'eau y entre et en sort par deux ouvertures pourvues de valvules, et situées sur les côtés de la bouche en avant de la commissure latérale de la portion supérieure avec la portion inférieure de la carapace. La partie antérieure de ces cavités est formée d’une membrane délicate qui tapisse les viscères du crabe. On comprend ainsi que l’insecte mère pénètre avec l’eau dans une semblable cavité et perforant cette mince membrane, introduit sa couvée dans le corps du crabe : l’insecte mère entre là de la même façon que les œufs de Serpules ou d’Huitres que j'ai trouvés fréquemment éclos ou fixés contre les côtes qui existent dans ladite cavité branchiale.
» Nous avons donc chez les Crabes deux cas de greffes de parties animales ; la couvée de ces deux insectes, qui ont besoin pour leur développement de sucs élaborés dans un corps animal, ne pouvait être conduite à son terme par la mère. La nature s’est chargée de lui fournir une nourrice grasse et dévouée , à savoir le corps de nos crabes. La mère fait une petite ouverture à la peau qui recouvre l'intestin : tantôt elle fixe à l'extérieur, tantôt elle introduit dans le corps du crabe, sa couvée renfermée dans une membrane jouant le rôle d’arrière-faix : et comme les œufs contenus dans cette membrane sont animés et tendent à se développer, il est certain que les canaux de cet ovaire sont des suçoirs absorbant l'humeur des vaisseaux du
(1) PaLLas, Spicilegia Zoologica, Fasc. IX, p. 50-55. BEROLINI, 1767.