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FORME GÉNÉRALE

La femelle adulte des Cepon (PI. I, fig. 1 et 2) est asyinetrique et c’est à tort que Wazz a tout récemment encore affirmé le contraire. Le corps peut se diviser en deux parties : 1° la partie céphalothoracique ; 2° la partie abdominale. La longueur totale de l'animal depuis le Zimbe céphalique jusqu'à l'extrémité des appendices du pygidium est de 7 millimètres, et la largeur prise à la hauteur du troisième anneau thoracique, d’une épaulette à l’autre, est de 377,5. La longueur de la partie thoracique est de 4", et celle de la partie abdominale, non compris les appendices du pygidium, est de 177,3.

Comme chez tous les Bopyriens qui vivent dans la cavité branchiale des Décapodes, l'axe du corps est courbé tantôt vers la droite, tantôt vers la gauche, selon le côté du crabe sur lequel l’animal s’est développé. Chez un Bopyre droit (nous nommons ainsi celui qui s’est développé dans la cavité branchiale droite), le côté convexe est le côté droit. La femelle figurée (PI. I, fig. 1) est un Bopyre gauche. Deux Bopyres tirés l’un de la cavité branchiale droite, l’autre de la cavité bran-

age

chiale gauche sont donc, comme les deux mains de l'homme, symétriques mais non superposables (1).

La forme de la femelle des Bopyriens branchiaux est donc, comme le dit RATHKE, celle que les botanistes appellent chez les feuilles fo/wm oblique ovatum. D'une manière plus générale, c’est la forme dysdipleure de H ÆCKEL et la rapidité avec laquelle cette forme se produit chez les Bopyriens sous l’influence de causes absolument actuelles est intéressante à noter, car elle nous permet de supposer que chez les Poissons Pleuronectes, une cause actuelle agissant dans l’ontogénie, peut aussi déterminer la symétrie droite ou gauche sans qu'il soit nécessaire de faire intervenir un atavisme plus ou moins mystérieux.

Vue de profil (PI. I, fig. 2,), la femelle de Cepon elegans est légèrement concave du côté dorsal, fortement convexe du côté ventral, et, comme ce côté est le plus visible à cause de son volume et de sa coloration, le parasite apparait, quand on ouvre le crabe, sous la forme d’une petite boule d’un rouge plus ou moins intense, selon l’état de développement des œufs dans la cavité incubatrice. La tête où bouclier céphalique est enchassée par sa partie postérieure dans le premier anneau thoracique. Elle est formée de deux masses contigues, irrégulièrement sphériques qui renferment l'estomac, d'où le nom de cephalogaster que nous avons proposé pour cette partie du corps, étudiée chez les Entonisciens ; ce nom peut s'appliquer également à tous les autres Bopyriens.

Sur tout son bord libre la tête est entourée par un /‘mbe membraneux (PI. I, fig 1, 7, /). Une lame identique encadre en avant et sur les côtés la tête de Cepon typus. DUVERNOY la compare à un chaperon et la considère comme formant le premier segment de la tête. Le /imbe céphalique ne paraît pas exister chez les autres Cepon antérieurement décrits. Nous reviendrons dans un instant sur la valeur morphologique de cette pièce qui présente un certain intérêt.

Le thorax ou pereion est formé de sept anneaux; le premier est le plus court et le plus étroit; les deuxième, troisième et quatrième segments sont de plus en plus développés. A partir du cinquième, les anneaux vont en décroissant. La partie tergale des quatre derniers segments thoraciques présente une saillie

(1) CornaLia et Pancer! ont parfaitement indiqué ces rapports chez Gyge branchialis : « Il corpo e asimmetrico ; e tale dissimetria dispende dal lato della corbola su cui la Gyge s’e fissata. Imperocchè se ne occupa il lato sinistro, il capo è ripiegato sul margine destro, che riesce quindi piu breve e meno convesso dell’ altro ; si invece & fissa sulle branchie destre, il capo é ripiegato sul margine sinistro, che alla sua volta e men curvoe più raccorciato dell altro. Quindi ne sorge che il margine più longo et più converso della Gyge corrisponde sempre al margine inferiore libero del cefalotorace della Corbola, e il più breve e men curvo all alto della

cavità branchiale. »

recourbée en crochet du côté postérieur. Ces saillies ou bosses dorsales (PI. I, fig. 2, #d.) vont en croissant du quatrième au septième segment. De semblables pointes dorsales ont été signalées et figurées par Kossmann chez Cepon portuni, mais seulement sur les rois derniers anneaux thoraciques (VI, pl. XI, fig. 5.)

Chaque anneau thoracique porte une paire de membres conformés selon le plan typique des pereiopodes de tous les Thoracostracés et des Arthrostracés, c’est-àdire formés de sept articles: Coxopodite, Basipodite, [schiopodite, Meropodite, Carpopodite, Propadite et Dactylopodite.

L'abdomen est presque symétrique et beaucoup moins condensé que chez Cepon portuni et surtout chez Gigantione. 11 a gardé la forme phryxoide et peut être superposé au pleon de Phryxus resupinatus KriTz MUuELLER. Les anneaux qui le composent sont au nombre de six dont les cinq premiers semblent porter trois appendices de part et d'autre et le sixième un appendice unique. En réalité l’appendice supérieur des cinq premiers anneaux, celui désigné dans la planche I par la lettre z, a’, 4°, etc, n'est que le prolongement de la surface dorsale de l’anneau, c'est un p/eopleuron. Ces appendices sont les homologues des organes ramifiés coralloïdes du pleon des Zone. DuvErNoY les a nommés lames branchiales principales et KossMANN épiméroides. Quant à l'appendice du sixième segment, nous l'avons d’abord considéré comme homologue des précédents et désigné par la lettre 4°, mais cette opinion est discutable ainsi que nous le verrons plus loin en étudiant les membres du pleon.

Tous les anneaux du thorax et de l’abdomen sont mobiles les uns sur les autres et permettent à l’animal des mouvements qui, pour ne pas être très étendus, sont cependant parfaitement perceptibles.

La coloration générale de l’animal est d'un blanc grisâtre tranchant vivement sur celle de la cavité incubatrice qui est rouge cerise quand les embryons sont à peine segmentés et qui passe au violet vineux quand ceux-ci sont près d’éclore A la face dorsale du thorax, sur deux lignes latérales, se voient de part et d'autre sur chaque anneau de petits îlots de cellules pigmentaires (PI. I, fig. 1, chr) rouges et vertes qui sont surtout développées dans les premiers segments. Outre ces chromatoblastes, on aperçoit une teinte rose päle due à l'ovaire vu par transparence, et de chaque côté de la ligne médiane les deux cœcums hépatiques qui se manifestent par leur teinte brune (PI. I, fig. 1, o et he).

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