‹ Contributions à l'étude des BopyriensChapitre 3 sur 103 · OP · texte numérisé non relu

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aussi le parasite fut obtenu en un certain nombre d'exemplaires ; toutefois il paraît être très localisé, car avant de découvrir le premier couple, dix mille Brachyoures environ furent ouverts par SALVATORE Lo Bianco, l’habile employé de la station zoologique. Le Cepon portuni KossmANN , est parasite de la cavité branchiale de Portunus arcuatus LEACH.

Dans un travail antérieur (1), KossmanN avait étudié avec soin un type fort intéressant de Bopyrien, très voisin de Cepon, et nommé par lui Gigantione Moebii. Le mémoire dont nous parlons est rempli de faits intéressants et nous aurons souvent à le citer. Malheureusement la rédaction hâtive de ce travail en rend la lecture difficile. La crainte d’être devancé par WaLz paraît avoir préoccupé outre mesure le savant professeur d'Heidelberg et l’a déterminé à publier sans ordre et parfois sans esprit de suite d'excellentes observations. Depuis, KOSSMANN n’a pas encore fait paraître la monographie des Bopyriens qu’il annonçait en 1880, comme l’un de nous l’avait annoncée en 1878 (2). Ce sont là de beaux projets et de larges ambitions de jeunesse que la dure expérience vient bientôt contrecarrer lorsque l’on passe à l'exécution.

Les travaux de Kossmanx sont, avec les mémoires cités de DuverNoy et de Leiny, les seuls documents que nous aurons à utiliser d’une façon critique et comparative dans notre révision du genre Cepon.

Pour ne rien omettre, nous devons encore citer, parmi les zoologistes qui se sont occupés de ces animaux, un élève de CLaus, Rupor Wazz (VIT, p. 59), auteur d’une « Monographie des Bopyriens de l’Adriatique. » Ce travail contient des renseignements utiles sur l'anatomie et l’'embryogénie de Bopyrina et d’un petit nombre de formes du genre Phryxus. Mais Wazz a eu le tort de parler à la légère de types qu'il n'avait pas étudiés et sans avoir lu d’une façon attentive les publications antérieures. Aussi toute la partie taxxonomique de son mémoire, et en particulier tout ce qui a rapport au genre Cepon, n'est-il qu'un tissu d’erreurs et d'absurdités.

(1) Kossmawx, Studien über Bopyriden, |. Gigantione Moebii, und Allgemeïnes über die Mundwerkzeuge der Bopyriden, 1881, Zeitschrift f. wiss. Zool. XXXV Bd, p. 652, pl. XXXII et XXXIII.

(2) Grarp. Notes pour servir à l’histoire du genre Entoniscus. Journal d' Anatomie et de Physiologie, nov. déc. 1878, p. 675.

ÉTAHOPOCGIE

Nous avons été assez heureux pour rencontrer, sur les côtes de France, deux espèces nouvelles du genre Cepon : l’une, Cepon pilula, se trouve à Concarneau dans Xantho floridus ; elle nous a paru très rare et nous n'en avons pu faire qu’une étude incomplète; l’autre, Cepon elegans, est assez abondante à Wimereux, où elle vit en parasite dans la cavité branchiale de Pilumnus hirtellus. C'est elle que nous prendrons comme type dans les observations qui vont suivre. Les deux formes, d’ailleurs, sont très voisines et réunies par des liens de parenté beaucoup plus étroits que ceux qui les rattachent l’une et l’autre aux espèces du même groupe antérieurement décrites.

Depuis nos publications préliminaires (VIIT, IX et X) sur ces animaux, nous avons poursuivi d’une façon ininterrompue nos observations et nous avons pu ainsi rectifier certains points erronés et combler quelques lacunes. Trop nombreuses sont celles qui demeurent encore malgré nos efforts continus.

Le Pilumnus hirtellus LiNNÉ vit sur les côtes du Boulonnais dans des conditions bien différentes de celles où on le trouve en Bretagne. Partout où affleurent les grès calcareux du Portlandien, ces roches sont recouvertes par d'énormes amas formés par les tubes de Hermelles (Æermella alveolata, SAV.), En se recouvrant et en s'enchevétrant les uns dans les autres, ces tubes forment des rochers artificiels, hauts parfois de plus d’un mètre, d'une structure caverneuse, dont les grandes cavités servent d’abri aux Poulpes, aux Congres, aux Homards, etc: La voute de ces cavernes est tapissée d’Ascidies, de Bryozoaires, d'Hydraires, d'Alcyons, de Sa/macina, etc. En les brisant à coups de marteau, on en fait sortir une foule d’autres animaux, Annélides, Némertiens, Siponcles, 7'apes, etc. ; et l’on y trouve, blottis dans les moindres anfractuosités, des Pilumnus hirtellus de toutes dimensions. Il est facile, lorsque la mer se retire suffisamment, de recueillir en quelques heures des centaines de ces crustacés.

Les exemplaires qui ont servi à nos recherches provenaient tous des rochers de la Tour de Croy (Wimereux). Nous précisons la localité parce que l'expérience nous a démontré que les Isopodes parasites sont, comme les Rhizocéphales, des

animaux à habitat très limité. Ils produisent de véritables endémies en certains points mieux abrités de la côte , souvent dans les petites baies ou les anses aux eaux calmes. KossmanN a déjà émis cette opinion qu’il ne faut pas parler d’une manière absolue de la fréquence ou de la rareté d’un Bopyride : il a observé comme nous que souvent la découverte d’un premier individu est suivie de celle de beaucoup d’autres lorsqu'on a trouvé, après des essais souvent très longs, une localité favorable.

Dans la note préliminaire que nous avons publiée sur Cepon elegans, nous disions : « Nous avons ouvert 1061 Pilumnus , et ces Décapodes nous ont fourni 22 Cepon femelles dont 21 portaient leur mâle. Parmi ces parasites, 17 se trouvaient sur des crabes mâles, 5 sur des femelle. » :

Nous avons depuis examiné un nombre bien plus grand de Pilumnus, mais il nous a paru préférable de nous en tenir comme renseignement statistique au premier mille recueilli en dehors de toutes les influences perturbatrices dont nous parlerons ci-après.

Le Cepon est placé dans la partie supérieure de la cavité branchiale du crabe, le ventre en haut, la tête tournée vers la base de la carapace (1). En un mot le Cepon occupe chez Pilumnus une position homothetique à celle de Bopyrus chez Palæmon, d’/one chez Callianassa, etc. Un certain nombre de fois, (une fois sur dix, environ) nous avons trouvé le parasite des deux côtés d’un même Pri/umnus. Dans l’un de ces cas, les deux parasites étaient encore immatures, l’un portait un mäle à la deuxième forme larvaire (stade Crypfoniscus), l'autre était une jeune femelle sans mâle (PL. 1, fig. s et 6.) Une seule fois nous avons observé la coïncidence, dans un même Crabe, de Cepon elegans et de Cancrien miser, Bopyrien nouveau du groupe des Ænfione, parasite viscéral de Pi/umnus hirtellus.

Comme la plupart des autres Bopyriens, le Ceper se trouve principalement sur les crabes jeunes, le parasite arrivant à maturité au moment où le crabe lui-même serait mur, s’il n'était infesté. Nos observations sur les Rhizocéphales nous permettent de généraliser ce rapport éthologique et peut-être pourrait-on l’étendre à d’autres classes de parasites. P. J. VAN BENEDEN, dans son admirable livre Commensaux et Parasites, dit (page 166), en parlant des parasites des poissons : « Géné- » ralement l'animal s’infeste dans le jeüne âge des parasites qu'il héberge pendant

(1) Dans notre communication préliminaire, nous avons dit : la tébe tournée vers la téte du Crabe. Cette expression pourrait étre mal comprise : nous avons voulu seulement indiquer par là que la tête du Cepon est dirigée vers le côté où se trouve la téte du Crabe, c’est-à-dire vers le bas, chez le Pilumnus, qui est légèrement catométope.

» toute la vie. Pour connaître le mobilier de plusieurs poissons, il faut les visiter » peut de temps après leur éclosion. »

Lorsque le Cepon est adulte, il produit une déformation, parfois très visible, de la carapace du crabe. Avec un peu d’habitude il est facile ainsi de distinguer, même à la plage, les crabes infestés. Le fait est intéressant à noter, car il ne paraît pas se produire chez tous les Décapodes parasités par des Bopyriens, LeIDY ne l’a pas observé chez Gelasimus pugilator infesté par Cepon distortus : «The parasite produces no deformity visible externally of the animal it infest. » KossmanN ne signale non plus rien de semblable chez Portunus arcuatus infesté par Cepon portuni. X] est probable au contraire que la déformation de la carapace existe chez Räppellia impressa et que c'est ainsi que l'attention de Morgius aura été attirée sur Gigantione. Une déformation doit également se produire chez Metopograpsus messor sous l'influence de Cepon messoris. En effet, KossmanN a observé sur le dos du Décapode un trou mettant en communication la cavité branchiale avec l'extérieur. Ce trou était sans aucun doute le résultat de l’usure d’une saillie causée par le parasite.

La connaissance de cette déformation et celle de la taille ordinaire des Crabes infestés fut bientôt pour nos statistiques un élément perturbateur : la proportion des parasites trouvés dans une centaine de crabes s’éleva considérablement. Si pour remédier à cet inconvénient nous faisions recueillir les Pi/umnus par des personnes incompétentes, des enfants ou des pêcheurs, nous rencontrions une autre cause d'erreur; car, malgré nos recommandations, ces chercheurs inexpérimentés s'obstinaient à nous apporter surtout des crabes de grande taille, chez lesquels les Cepon sont excessivement rares. Voilà comment nous sommes amenés à considérer comme s’approchant le plus de la vérité, les nombres que nous a fournis le premier millier de crabes recueillis par nous à une époque où notre œil n’était pas encore dressé à la recherche du parasite et où nous ramassions indistinctement tous les Pi/umnus qui nous tombaient sous la main.

MON OLOGIENETN ANATOMIE

DE

CEPON -ELEGANS

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