‹ Contributions à l'étude des BopyriensChapitre 51 sur 103 · TÉGUMENT · texte numérisé non relu

TÉGUMENT

Le système tégumentaire est constitué comme chez tous les Arthropodes par une mince cuticule de chitine secrétée par Îa couche sous-jacente, l'hypoderme ou couche matrice formée de petites celluies aplaties. La seule particularité de ce tégument est l’extrème minceur de la cuticule secrétée. La cuticule est incolore. Elle présente souvent à sa surface libre, de petits prolongements en forme de poils, ou de petites stries visibles seulement au microscope.

Les mues n'existent plus chez l'Entoniscien une fois qu'il a pénétré dans la cavité générale de son hôte, la cuticule s’accroit au fur et à mesure que le parasite grandit ; 1l serait d’ailleurs impossible à l’animal de se débarrasser, par l’étroite ouverture qui le met en communication avec l'extérieur, de la masse considérable que formerait sa dépouille chitineuse.

PEMAUBE DIGESTIF

Le tube digestif des Entonisciens se trouve tout entier compris dans le cephalogaster et les trois premiers segments thoraciques. Le genre de vie spécial du parasite l’a profondément modifié ; il est divisé en plusieurs parties bien distinctes difficilement comparables aux diverses portions du tube digestif des Isopodes typiques. Quoique cette différenciation soit déjà plus ou moins visible chez les autres Bopyriens, elle est loin d’avoir été élucidée par les auteurs qui les ont étudiés ; ceci tient d’abord à ce que la disposition des organes qui composent le tube digestif est moins apparente dans les autres familles et surtout à ce que l'on a trop négligé la dissection des animaux vivants.

Nous diviserons l'étude du tube digestif en trois parties :

Le cephalogaster, L’organe chitineux ou typhlosolis, L'orgase contractile ou organe de RATHKE.

A l'appareil buccal tel que nous l'avons décrit plus haut, fait suite un œsophage court dont la paroi est formée par un épithélium de cellules allongées à noyau bien visible. Derrière l'appareil buccal et entre les muscles des appendices masticateurs, l’œsophage très étroit contourne une petite masse arrondie qui représente la coupe de la base de la mandibule; sous cette pièce viennent se terminer de part et d'autre les corps graisseux (Fettkorper). Le tube digestif s’élargit ensuite et débouche largement dans la cavité stomacale (PI. VIT, fig. 2) qui, formée de deux poches latérales sphériques à la partie dorsale du segment céphalique, constitue ce que nous avons appelé le cephalogaster. Ces deux cavités qui, comme le montrent les coupes figurées PI. VI, fig. 8 et PI. VIT. fig. 1, sont nettement séparées sur la ligne médiane dorsale par un prolongement du tissu conjonctif qui entoure le tube digestif, communiquent largement entre elles au niveau de l’œsophage. Le revêtement interne de l'estomac se prolonge, dans presque toute sa surface, en une foule de longues villosités 747 qui se disposent radiairement dans chaque cavité sphérique latérale. Très courtes et peu développées près de la ligne médiane où elles disparaissent même tout à fait, ces villosités acquièrent un grand développement sur le reste de la paroi des cavités qu'elles remplissent presque complètement.

La structure des villosités est très simple, et se résume en un mot: c’est celle de la paroi stomacale; la partie centrale est formée de ce même tissu conjonctif qui remplit toute la cavité du corps de l’Entoniscien : c'est un tissu aréolaire constitué par un réseau plus ou moins serré de petites cellules à noyau bien visible après coloration par le carmin. La partie périphérique représente la paroi mème du tube digestif, un épithelium typique de petites cellules cylindriques allongées dont le noyau se colore vivement. WaLz a décrit sur cet épithélium du tube digestif des Bopyriens une couche chitineuse très mince, perforée de pores très nombreux et qu'on ne peut mettre en évidence qu’en traitant la paroi stomacale à chaud par la potasse caustique. Nous verrons plus loin cette cuticule s’épaissir et jouer un role très important dans la partie que nous désignons sous le nom d'organe chitineux.

Grâce à la présence des villosités, la surface absorbante de la paroi stomacale se trouve augmentée dans des proportions considérables ; la structure histologique de cette partie du tube digestif comparée à celle des autres régions montre bien que l'absorption des aliments ingérés par le parasite ne peut se faire qu’à ce niveau.

Cette disposition qui atteint son maximum chez les Entonisciens, est déjà réalisée, quoique dans des proportions bien plus réduites, chez les autres Bopy-

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