CH* =: CH — CH* — CH* — CH = CH
Théoriquement l'hydratation de ce corps par l'acide sulfurique devrait conduire à un isoglycol, chaque fonction éthylénique entrant en jeu séparément pour donner un composé sulfoconjugué décomposable par l'eau avec formation d'un alcool secondaire, comme le montrent les formules suivantes :
CH' = CH — CH* — CH
— CH — CH
li si)*H
sb'H H
CH» — CH — CH» - CH» -
- CH — CH
Isoglycol
L'action de Tacide sulfurique sur le diallyle a été observée d'abord par MM. Berthelot et de Luca, en 1856 (2). Ces sa-
(1) Le résultat, grâce à une action concomitante, n^est pas tout à fait d'accord avec la théorie.
(2) Annales de Chim. et Phys. 3«« série, t. XLVIII, p. 295.
vanls remarquèrent que l'acide sulfurique possède la propriété de dissoudre à froid le diallyle sans qu'il se colore fortement, et ils annoncèrent qu'au bout de quelques heures une partie du carbure modifié surnage. M. Schorlemmer (1;, en se plaçant dans d'autres conditions qui ne m*ont pas semblé bien définies, trouva que Tacide sulfurique forme des polymères bouillant au-dessus de 200\ Les observations de ces savants avaient été faites en passant et sans entrer dans l'étude des produits. En 1871, M. Jekyll (2) étudia l'action hydratante de Tacide sulfurique sur le diallyle. Les résultats auxquels 11 est arrivé sont d'accord avec les mien», au moins quant â la partie principale, c'est-à-dire relativement à la formation d'un oxyde d'hexyléne, oxyde qu'il identifia avec le corps que Wurtz (3) avait obtenu par l'action de l'oxyde d'argent sur le diiodhydrate secondaire du diallyle et qu'il avait appelé pseudoxyde d'hexylène* Voici du reste, en substance, le travail de M. Jekyll. Ayant constaté que l'action de l'acide sulfurique sur le diallyle est trop énergique, il étend ce dernier de son volume d'huile de paraffine bouillant de 55** à 60°: "il traite par l'acide sulfurique, sépare la couche inférieure qui contient la combinaison sulfurique de diallyle et la distille avec de l'eau. La distillation lui donne un liquide d'odeur de menthe, bouillant à 93*, répondant à la formule C*H**0 et qu'il identifie au pseudoxyde d'hexylène de Wurtz. 11 constate sa solubilité dans l'acide sulfurique. L'oxydation lui donne de l'acide acétique et de l'acide carbonique; Tamalgame de sodium est sans action. L'acide iodhydrique à 100^ le transforme en îodure d'hexyle [i bouillant à 165 167°. H observe encore la production de polymères du diallyle surnageant la solution aqueuse, et il avance que cette dernière ne renferme pas de dérivé sulfonconjugué. Mon travail différant aussi bien oar les modes d'obtention que par certains résultats, je crois devoir donner en détail mes expériences.
Le diallyle que j'ai employé distillait de 58 à 60". L'hydratation est directe et se fait de la façon suivante : le dialylle est ajoutée goutte à goutte à l'acide sulfurique refroidi dans
(1) Liebig's Annal, t. CXXXIX, p. 249.
(2) Bullet. de la Soc. chimique, t. XV, p. 233.
(3) Annales de Chim. et phys. 4* série, t. 3, p. 129.
la glace et le mélange agité de temps en temps. L'acide sulfurique se colore faiblement, tantôt en rouge soufre doré d*antiraoine, tantôt en rouge peroxyde de fer hydraté. La coloration disparaît, du reste, lorsqu'on dilue l'acide avec la glace; cette dernière estajoutée en quantité nécessaire pour produire un abaissement de température. On neutralise par une base alcaline ou alcalino-terreuse en présence de la glace; on distille alors et Ton sépare la couche surnageante. Celle-ci est formée d'oxyde qui passe entre 92-95°, point fixe 93\
Pour avoir un bon rendement, il vaut mieux se servir d'une base donnant avec Tacide sulfurique un sel soluble. Si Ton emploie une base donnant un sel insoluble, on est obligé de filtrer avant de distiller et le précipité retient une certaine quantité d'oxyde, qu'on n'enlève pas facilement parle lavage. La neutralisation a pour effet d'éviter la formation des polymères du diallyle.
Voici le tableau des différentes opérations, avec leurs résultats :
POIDS du
DIallylê