CH>— CH*— CH*— CH — CH* .... CH* — CH == CH
3* Carbures à quatre lacunes, sans cycle fermé.
CH»- CH». . . . CH« — C^CH
En appelant Re la réfraction moléculairedonnée par l'expérience, Rc celle calculée en faisant la somme des réfractions atomiques des éléments, on doit avoir, dans le premier cas :
Re = Rc
Re = Rc + 2
Re = Rc + 4
L'isomérie (1) n'ayant généralement pas d'influence sur la réfraction, on peut admettre que la réfraction moléculaire est égale à la somme des réfractions atomiques. En se basant sur un grand nombre de déterminations d'indices de réfractions des corps composés, on a pu calculer les réfractions atomiques du carbone, de T hydrogène et de l'oxygène. Les résultats sont :
pour un composé de la formule C" H^ 0% on aura.
Rc = n. 4,86 + p. 1,29 + r. 2,90
Cette règle admet cependant des exceptions. En les discu-
(1) Schtilzenberger, Chimie générale, liv. III, p. 114.
tant, on constate que pour les composés organiques à deux lacunes^ on obtient
Re = Rc + 2
et, pour les composés à quatre lacunes.
Re = Rc + 4 En général, pour un composé renfermant 2 p lacunes on a : Re = Rc + 2p
A étant Tindice de réfraction, à 20**, calculé pour un rayon de longueur d'onde infiniment grand, d, la densité mesurée à quatre décimales près, à 20% et ramenée à celle de Teau à
4*, enfin réduite au vide, on trouve A — 1 . .
P étant le poids moléculaire, on a :
Re = P ^-=i d
D'après les règles précédentes, le valérylène de M. Reboul,
CH\ bouillant à 45% serait >C— C — CH* .
CH>/| Il I
car il donne Re = Rc + 4.
Cette méthode, au premier abord, paraît très satisfaisante; mais on remarque immédiatement qu'elle n'établit aucune différence entre les carbures acétyléniques vrais ou substitués, alléniquesoubiéthyléniques ; elle envisage seulement des carbures de constitution spéciale et n'ayant été jusqu'ici que peu ou point étudiés. N'est-il pas très probable enfin que les carbures à deux cycles fermés se conduiraient comme des carbures saturés et que les carbures à un cycle fermé et à deux lacunes posséderaient simplement une fonction éthylénique?
Tout récemment, M. J. Thomsen s'est proposé de démontrer que les faits avancés par M. Brûhl n'étalent pas certains, que la perturbation apportée dans la loi de Landolt, R=i: 2nr, par les liaisons doubles ou triples, n'était pas constante et que le résultat était très problématique. Il conclut d'une démonstration mathématique que les liaisons n'exercent aucune influence sur la réfraction moléculaire (1).
(i) Thomsen, Bullet. de la Soc. Chim., t. XLVII,p. 174.
La valeur de ce mode de classifloation est, comme nous le voyons, encore fort douteuse. Ainsi donc, des deux systèmes proposés, Tun, celui de M. Henry n'est que trop complet et crée, comme nous l'avons vu, des divisions qui ne sont pas nécessaires ; il n'a du reste été basé que sur des considérations théoriques. L'autre, celui de M. Brûhl (1), ne s'applique qu'à des corps peu ou point connus encore aujourd'hui et ne permet pas d'établir de distinctions entre les différents carbures quadrivalents.
En présence de ces faits, je me suis proposé de voir si Thydratation de ces carbures ne me permettrait pas d'apporter à la classification une base plus solide. Ce sont les résultats que j'ai obtenus que je vais exposer dans ce travail.
Je vais d'abord diviser les carbures quadrivalents en quatre classes, en me fondant sur la considération des groupements fonctionnels.
Parmi les carbures quadrivalents, les uns peuvent se rapporter à l'acétylène dontils sont des dérivés monosubsUtués ou bisubstitués, les autres sont comparables à l'éthylène. Ce sont, dans ce cas, des corps qui possèdent deux fois la fonction élhyléniquc et, parmi ceux-ci, il y en aurait dans lesquels deux
(l) Depuis M. Briihl (Zeit. Phys,, Ch., t. 1, p. 307), a étendu ses recherches, U admet que la liaison acétylénique produit un accrois-
sèment do pouvoir réfringent moléculaire— , pris par rapport
à la raie C ou a de l'hydrogène, de 2,18 et pour une liaison élhylénique un accroissement de 1,78. Il trouve, en api)liquant sa méthode, que les composés propargyliques ne renferment qu'une liaison éthylénique et il exprime leur formule de la façon suivante, par exemple
CHv
pour l'alcool propargylique, || >GHOH. Ce résultat est comme nous
le savons, contraire aux faits, l'alcool propargylique précipitant les réactifs cuivreux et argentique ne peut s'écrire que d'une seule façon CH = G-GH»OH. ^
M. Brtihl trouve de plus que la formule donnée par M. Kékulé pour la benzine répond à une triple liaison éthylénique et que la paraldéhyde répond à la formule donnée par MM.Érlenmeyer, Kékulé et Zincke, c'est-à-dire au schéma suivant :
ch^ — ch — ~ ch — ch'
\ch/
CH'
groupes élliyléniquos emjamberaient, pour ainsi dire, l'un sur l'autre en ayant un atome de carbone commun; ce sont ces derniers que Ton désigne sous le nom de carbures alléniques.
De là les subdivisions suivantes :
1° Carbures acélyléniques monosubstitués : ce sont les carbures acélyléniques proprement dits; ils précipitent le chlorure cuivreux et le nitrate d'argent, tous deux en solution ammoniacale.
2* Carbures acétylénîques bîsubstitués : ces corps ne donnent pas de réaction avec les réactifs cuivreux et argentique.
3" Carbures biéthyléniques.
4® Carbures alléniques.
En représentant par des symboles les formules générales de chacune de ces classes, nous avons :
1" Carbures acélyléniques proprement dits, répondant à la formule