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tive esl la conséquence de la fécondation , ou si elle est indépendante de l’action du sperme, il sulïit de projeter dans un autre vase des œufs ovariens en ayant soin d’éviter, cette fois, tout mélange avec la liqueur spermatique. Si l’on observe, dans les conditions déterminées plus haut, des œufs retirés du fond de ce vase, on peut assister, tout comme lorsque l’on suit des œufs fécondés, aux phases successives de la disparition de la vésicule. Celte disparition esl donc indépendante de l’action des spermatozoïdes. Celte conclusion pouvait du reste se déduire de ce fait que quelques œufs perdent déjà dans l’ovaire leur vésicule germinative et que néanmoins ces œufs sont parfaitement féconds.
il était de la plus haute importance d’étudier les phases successives de la disparition de la vésicule, afin de pouvoir déterminer avec certitude comment cet élément disparaît. Rien n’est plus facile que de faire celle observation sur les œufs de l’Étoile de mer, ces œufs continuant à se développer sur le porte-objet et les changements qu’il s’agit de déterminer s’accomplissant sous les yeux mêmes de l’observateur. J’ai vu huit ou dix fois se dérouler sous mes yeux la série des modifications qui amènent la disparition complète de la vésicule de Purkinje. La succession des phénomènes est la même, soit qu’on observe un œuf fécondé, soit que l’on suive un œuf non fécondé. La série de ces changements s’accomplit dans le même temps dans l’un comme dans l’autre cas. Cependant je crois que la fécondation est souvent la cause occasionnelle de la disparition de la vésicule germinative, en ce sens que dans un œuf mûr la vésicule germinative disparaît dès que l’œuf est mis en présence du sperme, alors que cet élément aurait pu subsister encore quelque temps, si l’œuf n’avait pas été fécondé. C’est ce qui me paraît résulter de l’observation
suivante : si l’on porte dans deux vases des œufs d’un même ovaire et si l’on féconde les uns, en évitant avec soin que le sperme ne se mêle avec le contenu de l’autre, on observe qu’une heure après la fécondation tous les œufs mûrs du premier vase ont perdu leur vésicule, tandis que dans le second la plupart la montrent encore parfaitement distincte. Si parmi les œufs fécondés on en choisit un qui montre une vésicule germinative tout à fait superficielle, on peut être à peu près certain de voir la vésicule germinative disparaître, en moins d’une heure. Il n’en est pas ainsi si l’on choisit parmi les œufs non fécondés un œuf dans les mêmes conditions.
Voici maintenant la série des modifications que l’on observe :
1° D’abord la petite masse granuleuse qui se trouve à côté du nucléole etqui se constitue du nucléoplasme et des pseudonucléoles, devient de moins en moins apparente; bientôt il devient impossible de la distinguer : la vésicule germinative ne renferme plus alors qu’un liquide tout à fait homogène et transparent sans autre granulation que la tache de Wagner (fig. 5 et 11).
2° Le contour de la vésicule germinative devient plus pâle; il en est de même du nucléole dont la substance paraît devenir de moins en moins réfringente. En même temps les vacuoles nucléolaires se réunissent en une seule vacuole centrale, qui apparaît comme une tache claire; celle-ci est circonscrite par un anneau irrégulier, formé d’une substance très-réfringente. Le nucléole devient trèsirrégulier; sa surface parait bosselée et les bosselures sont séparées entre elles par des sillons. Le nucléole ressemble à une petite masse fram boisée.
5° Le nucléole (tache germinative) se résout brusque-
nient en un grand nombre de fragments, qui vont en divergeant se répandre dans toute l’étendue de la vésicule germinative. Ces fragments sont d’inégal volume. Il en est toujours un , notablement plus volumineux que tous les autres, qui renferme la vacuole centrale de l’ancienne tache. Cette vacuole n’est plus circonscrite maintenant que par une mince couche de substance nucléolaire, apparaissant à la coupe optique comme un anneau étroit et irrégulier. Le contenu tantôt homogène de la vésicule germinative est maintenant granuleux; il lient en suspension de petits corps de forme et de dimensions variables, qui ne sont que des fragments du nucléole (fig. 4, 12 et 13).
4° Tous ces fragments nucléolaires augmentent un peu de volume et deviennent de moins en moins réfringents. Bientôt ils n’apparaissent plus que comme de petits nuages à contours peu définis, se détachant sur le fond uniformément homogène de la vésicule germinative. Ils finissent par se soustraire complètement à l’observation. Le fragment nucléolaire principal, celui qui renferme la vacuolecentrale, est encore visible, quand tous les autres ont déjà disparu (fig. 14). Peu après, les derniers vestiges de ce corps disparaissent également. La vésicule germinative, toujours parfaitement sphérique, est maintenant tout à fait claire et transparente (fig. 15). On n’y distingue plus aucune trace de nucléole, ni aucune granulation d’aucun genre. Le contour de la vésicule est devenu de moins en moins foncé, comme si la substance delà membrane se fondait, en même temps que le nucléole, dans la substance nucléaire. La diminution progressive de la réfringence de la substance nucléolaire marche parallèlement avec l’affaiblissement du contour de la vésicule germinative.
5° Quelques instants après que les dernières traces de
la tache de Wagner ont disparu, la membrane de la vésicule germinative se déchire ou tout au moins se troue. Celte solution de continuité apparaît toujours dans cette partie de la vésicule qui est tournée vers le centre de l’œuf. Aussitôt le contenu de la vésicule s’écoule par le trou, en formant une gouttelette claire, extérieure à la vésicule. Cette gouttelette a l’apparence d’un bourgeon ou d’une hernie. Elle s’agrandit très-vite. En même temps la membrane de la vésicule se flétrit et se plisse. La vésicule germinative s’est maintenant un peu écartée de la surface et rapprochée du centre du vitelius. Elle est enveloppée de toutes parts par le protoplasme vitellin. Elle paraît un moment constituée de deux masses claires, adjacentes l’une à l’autre, qui tranchent, à cause de leur homogénéité, sur le fond granuleux du vitelius. L’une est formée par cette partie de la substance nucléaire, qui est encore renfermée dans la membrane flétrie de la vésicule germinative; l’autre a été produite par la gouttelette de substance nucléaire exprimée et projetée dans le vitelius (fig. 5, 6, i 6 et 17).
6° La gouttelette extra-vésiculaire s’aplatit contre la vésicule dans le voisinage du trou par où elle est sortie. La masse nucléaire reprend alors une forme plus ou moins arrondie. Mais on distingue dans cette masse claire une ligne irrégulière qui sépare la partie inlra-vésiculaire de la portion extra-vésiculaire de la substance nucléaire (fig. 6 et 18). Celte ligne est produite par la membrane devenue trèsmince qui sépare les deux parties de la substance nucléaire. Celle ligne finit par disparaître complètement, ce qui prouve que la membrane se dissout entièrement dans la substance nucléaire. Il ne reste plus alors de la vésicule germinative qu’une tache claire dont les contours mal définis deviennent de plus en plus irréguliers. La tache devient de plus en plus
petite; clic liait par disparaître complètement. Il semble que la matière claire et homogène de la vésicule germinative devient granuleuse de la périphérie vers le centre. Cette apparence est probablement le résultat de la dissolution progressive de la substance nucléaire par le protoplasme vitellin.
Les phénomènes successifs qui précèdent la disparition complète de la vésicule germinative sont donc : 1° la dissolution dans le suc nucléaire de la masse nucléoplasmique et des pseudonucléoles; 2° la réduction en fragments de la tache germinative et la dissolution progressive de ces fragments dans la substance nucléaire; 5° la perforation de la membrane suivie de l’expulsion partielle du contenu du noyau; 4° la dissolution complète dë la membrane dans le suc de la vésicule germinative; 5° enfin la dissolution probable de la substance nucléaire dans le protoplasme vitellin.
[.es modifications que j’ai constatées dans le nucléole, la réduction des vacuoles en une vacuole unique , les changements de forme de cet élément, sa fragmentation ne peuvent s’expliquer à moins qu’on n’admette la contractilité de la substance nucléolaire. Celle manière de voir est du reste conforme à la conclusion que Ton a pu tirer des mouvements amœboïdes, que l'on a vu exécuter par les nucléoles d’autres cellules.
Les faits que je viens de rapporter n’ont pas été observés par M. Hertwig chez le Toxopneust.es licidus. M. Hertwig pense, au contraire, sans que cependant l'observation directe lui permette de l’affirmer, que, chez cet Échinoderme, la tache germinative sort de la vésicule germinative pour devenir libre dans le vitelius et y former le noyau de l’œuf. Mais si j’en juge par les figures qu'il donne de la
vésicule germinative en voie de métamorphose régressive, je suis convaincu que la tache de Wagner subit, chez cet Échinoderme, la même fragmentation que j’ai signalée chez l’Étoile de mer. Je crois que les corps granuleux que M. Herlwig ligure dans la vésicule germinative (fig. 5, 4, 5 et 6 de son mémoire) ne sont autre chose que des fragments agrandis de • substance nucléolaire. Il est à remarquer que M. Hertxvig ne donne dans son travail aucun renseignement au sujet de ces granules : il ne décrit pas les phénomènes relatifs à la métamorphose régressive de la vésicule : il se borne à dire : « Zur Reifezeit des Eies erleidet das Kcimblâschen eine régressive Métamorphosé und wird durch Contraclionen des Protoplasma an die Dolteroberflache gelrieben. Seine Membran lôst sich auf, sein In hait zerfallt und wird zuletzt vom Dotler vvieder resorbirt, der Keimfleck aber scheint unveràndert erhalten zu hleiben , in die Dotlcrmasse sclbst hineinzugelangen und zum bleibenden Kern des reifen befruchtungsfàhigen Eies zu werden (1). »
De toutes les observations publiées jusqu’à présent quant à l’histoire de la vésicule germinative, les seules qui présentent de l’analogie avec celles que j’ai faites sur les Étoiles de mer sont les observations de Kleinenberg sur l’Hydre d’eau douce (2). Kleinenberg a reconnu , en effet, que chez cet animal la tache germinative de l’œuf mûr subit une métamorphose régressive; elle prend un contour irrégulier et anguleux ; puis elle se divise en petits fragments qui finissent par se dissoudre. En ce qui
(1) 0. Hertwig. Loc. cit., pages 11. et 12.
(2) Kleinenberg. Hydra , page 42.
concerne la lâche de Wagner, la description de Kleinenberg pourrait s’appliquer à 1 Etoile de mer aussi bien qu à l’Hydre d ’eau douce. Quant à la description qu'il donne du mode de disparition de la vésicule germinative, elle diffère assez notablement de ce que j’ai vu chez l’Etoile de mer. Mais à la fin de sa description Kleinenberg dit : « une fois j’ai cru observer un véritable trou flans la membrane de la vésicule germinative. Si cela est un phénomène normal, il serait possible que le contenu de la vésicule sortît pour se mêler au plasma ambiant. » Je crois que la formation du trou que Kleinenberg a cru observer est un phénomène normal et que c’est par ce trou que le contenu de la vésicule est partiellement éliminé, aussi bien chez l’Hydre d’eau douce que chez l’Étoile de mer; c’est, à la suite de la résorption de sa membrane, que le contenu de la vésicule germinative se dissout dans le protoplasme vitellin. Cette identité des phénomènes qui amènent la disparition de la vésicule germinative chez l’Étoile de mer d’un côté, chez l’Hydre de l’autre, est trop significative pour qu’il soit nécessaire d’insister sur sa signification.
La dissolution du nucléole dans la substance nucléaire a déjà été constatée : j’ai observé depuis longtemps la disparition et la réapparition alternatives de nucléoles dans le noyau des Grégarines; Strasburger a reconnu que la fusion des nucléoles dans le corps du noyau précède constamment la division de cet élément et j’ai signalé le même fait dans mes recherches sur la division des cellules dans les feuillets de l’embryon du Lapin. Je crois que ce qui est vrai des nucléoles est vrai de la membrane nucléaire : la substance qui constitue celte membrane peut se dissoudre dans la substance nucléaire.
Quand j’ai fait, il y a dix-huit mois, les observations
dont je viens de rendre compte, j’avais l’intention d’étudier aussi l’origine des globules polaires et le mode de formation du premier noyau embryonnaire. Mais je fus interrompu dans mon étude des premiers phénomènes du développement de l’œuf. Un jour que je n’avais pas d’Astéries à ma disposition , on m’apporta divers Zoophytes que je voulus utiliser pour tâcher d’élucider la question de l’origine des organes sexuels. Dès que j’eus entamé l’étude de cette question chez les Hydractiuies, j’entrevis la possibilité d’arriver à une solution positive. J’abandonnai momentanément, comptant pouvoir la reprendre quand je le voudrais, l’étude du développement de l’Étoile de mer; mais je n’ai plus eu l’occasion, depuis celte époque, de compléter mes premières recherches. J'ai vu les corps directeurs se former sous mes yeux ; je suis en mesure d’affirmer qu’un nouveau noyau apparaît dans le vitellus avant le premier fractionnement; mais je n’ai pu reconnaître , ni comment se forment les corps directeurs, ni comment apparaît le premier noyau de l’embryon.
Si je compare les résultats de mon étude sur la vésicule germinative de l’Étoile de mer à mes observations sur le Lapin, je trouve une analogie complète, quant aux faits essentiels, mais aussi des différences dont je ne veux pas diminuer l’importance. Chez le Lapin comme chez l’Étoile de mer la vésicule germinative disparaît en tant qu’élément morphologique; aucune partie formée de la vésicule germinative n’existe plus dans l’œuf au moment où l’on voit apparaître le premier noyau embryonnaire; aucun lien génétique ne peut donc exister entre la vésicule germinative ou l’une de ses parties et le premier noyau de l’embryon.
Mais tandis que chez l’Étoile de mer l’amas nucléoplas-
inique, la tache germinative et la membrane de la vésicule germinative se dissolvent dans la substance nucléaire et secondairement dans le protoplasme vitellin, chez les Mammifères ces éléments sont rejetés dans le liquide péri vitellin pour former les corps directeurs, et le contenu seul de la vésicule germinative reste dans levilellus. Puisque chez rÉloile de mer des corps directeurs sont éliminés par le vitellus, il est possible que ces corps soient formés, chez les Échinodermes comme chez les Mammifères, l’un par la substance nucléoplasmique, l’autre par la matière nucléolaire jointe à la substance de la membrane. Seulement chez certains animaux (Astéracanthion , Hydra), ces substances ne seraient éliminées qu’après avoir été dissoutes, au préalable, par le vitellus, tandis que chez d’autres animaux ces parties du noyau seraient expulsées directement. Il faut bien le reconnaître, c’est là une simple hypothèse. Mais quoi qu’il en soit, il résulte de mes observations qu’il ne peut exister, ni chez l’Étoile de mer ni chez le Lapin, aucune filiation entre la tache germinative et le premier noyau embryonnaire.
11. — Il est un second point dans les observations et dans la manière de voir de M. Herlwig qui me paraît inconciliable avec les résultats de mes recherches sur le Lapin.
La lâche claire qui apparaît clans la couche corticale du vitellus est-elle du protoplasme dépourvu de granulations et le corpuscule qui s’y trouve logé et que Hertwig considère comme une tête spermatozoïde est-il un noyau de cellule, ou bien la tache claire est-elle un corps nucléaire et le corpuscule englobé est-il un élément nuclèolaire dépourvu de tout lien morphologique avec un spermatozoïde?
Le Spermakern de Hertwig est une tète de spermatozoïde logée dans une tache claire. Celle-ci est formée par du protoplasme dépourvu de granulations. Mon pronucleus périphérique, qui est bien certainement homologue de la tache claire de Hertwig et des noyaux périphériques de Auerback,de Biïtschli et de Strasburger, est, pour me servir des termes employés dans ma communication préliminaire, a un petit corps arrondi, homogène, dépourvu de toute granulation ; il a vraiment l’apparence d’une vacuole. Mais en traitant par l’acide osmique la substance claire de la soi-disant vacuole se fonce et se teinte en gris, tandis que la substance du vitellus se colore en brun. » C’est plus tard seulement, quand le pronucleus s’est déjà enfoncé dans le vitellus, que l’on voit apparaître à son intérieur plusieurs corpuscules très-réfringents que l’on prendrait pour autant de nucléoles, si on les observait dans un noyau ordinaire. Si nos observations concordent donc en ce que nous avons vu l’un et l’autre que le corps qui apparaît dans le vitellus, près de la surface de l’œuf, est une tache claire pourvue d’un (Hertwig) ou de plusieurs (moi) corpuscules réfringents, elles différent a) en ce qui concerne le moment de l’apparition des éléments nucléoli formes; b) en ce qui concerne le nombre de ces éléments; c) en outre l’interprétation des faits observés est différente : M. Hertwig voit dans le corpuscule réfringent un noyau ( Spermakern ) et ce noyau n’est d’après lui qu’une tête de spermatozoïde; l’espace clair dans lequel on l’observe est occupé par du protoplasme vitellin. Dans mon opinion la tache claire est un pronucleus; les corpuscules clairs qui apparaissent plus tard sont des éléments nucléolaires, dont je n’ai pas pu observer le mode de formation , mais qui, dans mon opinion, fondée surtout sur le moment de leur apparition, leur nombre et
leurs caractères meme, ne peuvent être des tètes de spermatozoïdes.
Je ferai d’abord deux observations toutes à l’avantage de M. Hertwig : 1° M. Ilcrtwig a vu les phases successives de la formation du premier noyau de segmentation se produire sous ses yeux, en observant un même œuf qui continuait û se développer sur le porte-objet, tandis que mes conclusions reposent sur la comparaison d’un grand nombre d’œufs à différents étals de développement.
2° L’opinion de M. Hertwig, en ce qui concerne la signification de son noyau spermatique, repose sur un fait positif: il a vu de ce corps partir une ligne se prolongeant, en dehors du vitellus, par un filament spermatique. Quant à moi, je n’ai pas pu me rendre compte de la formation de mes éléments nucléolaires et mon opinion, relativement à la signification de ces éléments, repose en définitive sur des faits négatifs.
Mais tous ceux qui ont fait des observations du genre de celles dont il s’agit ici reconnaîtront combien il est facile de se tromper sur la signification d’une ligne fine observée dans le vitellus d’un œuf volumineux. On peut assez facilement se faire illusion relativement à la continuité d’une semblable ligne avec un filament spermatique appliqué immédiatement contre la surface du vitellus et sous la membrane de l’œuf. D'un autre côté, Hertwig dit lui-même qu’il n’a jamais vu un spermatozoïde plonger sa tête dans le vitellus et cette tête devenir son noyau spermatique. La démonstration directe fait donc encore défaut.
Quant à l’opinion que Hertwig a émise relativement à la nature nucléaire de sa tête de spermatozoïde, elle me paraît peu justifiable. Je ne vois aucune raison d’appeler noyau de cellule ce petit corps qui est aux yeux de l’auteur
line tète de spermatozoïde. La tache claire (]iii loge le corpuscule homogène me paraît présenter bien plutôt les caractères d’un élément nucléaire. Cependant on ne peut donner le nom de noyau de cellule ni à la tache claire ni au corpuscule qui s’y trouve logé; car l’élément d’apparence nucléaire qui se forme près de la surface du vitellus ne devient le noyau du premier globe de segmentation qu’après s’èlre uni à un autre élément présentant lui aussi l’apparence d’un noyau de cellule. C’est pour ce motif que j’ai désigné le corps périphérique sous le nom de pronucleus périphérique, l’élément qui se forme au centre du vitellus sous le nom de pronucleus central.
Si l’on concède, ce qui ne me paraît guère douteux, que les petits corps réfringents de mon pronucleus périphérique sont homologues du Spermakern de Hertwig, que de même qu’il existe des noyaux à nucléole unique et des noyaux à nucléoles multiples, il peut se trouver aussi des pronuclei à corpuscule unique et d’autres à corpuscules multiples, alors il me semble que l’opinion de Hertwig, qui voit dans son noyau spermatique une tête de spermatozoïde, devient très-peu probable. Chez les Mammifères les éléments nucléolaires du pronucleus périphérique n’ont certainement pas cette signification. En effet :
1° Le pronucleus, au moment où il apparaît, est dépourvu, chez le Lapin, de toute granulation. Or, ceci ne se concevrait pas dans l’hypothèse de Hertwig : la formation de la tache claire est pour lui la conséquence de la fécondation; or la fécondation débute par la pénétration du spermatozoïde. La formation de la tache doit donc être toujours consécutive à la pénétration du spermatozoïde. La tache doit donc se former autour de la tête du Zoosperme ; mais la tête ne peut jamais pénétrer dans une
lâche préformée. On ne devrait donc jamais observer de pronucleus périphérique dépourvu d’au moins un corpuscule nucléolaire.
2° Le pronucleus est pourvu, chez les Mammifères, de plusieurs granulations. Ces granulations n’ont ni l’apparence, ni les dimensions des têtes de spermatozoïdes : ils sont des globules sphériques ou ovoïdes, dont les dimensions sont très-différentes : les plus petits sont presque punctiformes et les plus gros eux-mêmes n’ont pas la moitié du volume des têtes des spermatozoaires.
5° Auerbach, Bütschli et Strasburger ont vu avant Hertwig et avant moi, soit chez les Nématodes, soit chez les Mollusques, soit chez les Ascidies, tantôt un, tantôt plusieurs éléments clairs apparaître près de la surface de l’œuf. Tous trois décrivent ces corps comme des globules homogènes au début, dépourvus de toute granulation au moment de leur apparition. D’après les observations de Auerbach, qui sont en cela tout à fait conformes à ce que j’ai vu chez les Mammifères, il apparait dans le liquide homogène de ces noyaux, 3 à 6 corpuscules réfringents que Auerbach appelle des nucléoles. Il n’existe pas la moindre analogie entre ces corpuscules et des spermatozoïdes de Nématodes.
4° Des corpuscules réfringents, tout à fait identiques à ceux qui apparaissent dans le pronucleus périphérique, se montrent également, chez le Lapin, dans le pronucleus central.
5° Des corpuscules, tout à fait semblables à ceux que l’on observe dans le pronucleus périphérique, existent dans les noyaux complètement développés des globes de segmentation, et ces corpuscules sont bien certainement des nucléoles.
L’opinion émise par Hertwig d’après laquelle le corps clair, qui se forme près de la surface de l’œuf ne serait pas un élément nucléaire, mais du protoplasme dépourvu de granulations, me paraît insoutenable en ce qui concerne les Mammifères, pour les raisons suivantes :
1° La substance claire du pronucleus périphérique ne se conduit pas, vis-à-vis des réactifs, comme du protoplasme vitellin, mais bien comme la substance qui forme les noyaux des globes de segmentation. Si l’on traite par l’acide osmique à \ % Ie pronucleus ne se colore pas en brun comme le protoplasme vitellin; il apparaît, au contraire, dans le fond brun du vitellus comme une tache grise à contours bien définis. Par le picrocarminate le pronucleus se colore faiblement en rose. Par l’hématoxyline il se teint en bleu violacé.
2° Le pronucleus périphérique, après s’être accolé au pronucleus central, qui présente après un certain temps le même aspect que lui, s’agrandit et ses hords deviennent de plus en plus distincts. Les éléments nucléolaires persistent un certain temps, mais bientôt ils disparaissent et c’est le pronucleus périphérique agrandi, et non pas un des corpuscules réfringents, qui devient le premier noyau embryonnaire.
5° Ma manière de voir est conforme à l’opinion exprimée par Auerbach, par Bütschli et par Strasburger qui tous trois ont considéré les corps clairs qui se forment à la périphérie de l’œuf comme des éléments nucléaires.
Je conclus de tout ce qui précède, que la manière de voir de Hertwig, en ce qui concerne le mode de formation, la constitution et la signification morphologique du corps clair, qui apparaît, près de la surface de l’œuf, chez le Toxopneustes lividus , est fort peu probable. Je pense que 2me SÉRIE, TOME XLI. 6
ce corps, homologue du pronucleus périphérique du Lapin, est un élément nucléaire et que le corpuscule qu’il renferme et que Herlwig appelle « noyau spermatique » n’est pas une tête de spermatozoïde, mais, au contraire, un élément nucléolaire homologue de ceux qui existent en grand nombre dans le pronucleus périphérique des Mammifères, des Nématodes et des Ascidies.
J’ai constaté que le nombre de ces éléments nucléolaires est très-variable chez les Mammifères. Chez le Lapin il varie d’un œuf à l’autre. Dans tous les œufs de Chéiroptères pourvus de deux pronuclei, que j’ai eus sous les yeux, chacun de ces éléments renfermait un élément nucléolaire unique (1). Ces variations dans le nombre des nucléoles ont été signalées aussi par Auerbach chez les Nématodes; par Slrasburger chez les Ascidies.
Mais quoi qu’il en soit des divergences d’opinions qui existent entre M. Hertwig et moi sur certains faits étudiés par nous et sur l’interprétation qu’il convient de leur donner, il reste établi que, travaillant indépendamment l’un de l’autre, lui le développement d’un Échinoderme, moi l’ontogénie du Lapin, nous sommes arrivés aux mêmes conclusions sur les points suivants : \° Immédiatement après la fécondation il existe dans l’œuf deux éléments nucléaires différents : l’un superficiel et périphérique, l’autre central ; 2° le premier noyau embryonnaire résulte de l’union de ces deux pronuclei; 3° ce premier noyau est le produit d’une véritable conjugaison entre un élément mâle (pronucleus périphérique) et un élément femelle (pronuncleus central.)
S’il m’était permis d’exprimer une vue hypothétique sur
(1) Voir Édouard Van Beneden. De la maturation de l’œuf , etc., p. 18.
BuII.de I A cad.
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AsteracantMon rubens
l’interprétation qu’il convient de donner de l’organisme des Infusoires, je dirais que dans mon opinion les Infusoires représentent à l’état permanent la phase passagère de l’évolution des organismes supérieurs, durant laquelle la première cellule embryonnaire est pourvue de deux pronuclei. Le nucléole des Infusoires est homologue du pronucleus périphérique; le noyau des infusoires est homologue du pronocleus central. L’ectosarc et l’endosarc des êtres monocellulaires sont respectivement homologues de la couche corticale [Hautschicht exoplasma) et de la matière médullaire ( endoplasma ) des cellules ordinaires. Ces deux couches des Protozoaires sont analogues à l’ectoderme et à l’endoderme des Métazoaires. De même que chez les Métazoaires la fécondation consiste dans l’union d’une cellule endodermique avec un élément ectodermique; de même chez les Protozoaires la fécondation consiste dans l’union d’un élément ectosarcique (nucléole) avec un élément endosarcique (noyau).