‹ Contributions a l'histoire des paralysies puerperalesChapitre 7 sur 10 · DES PARALYSIES PARTIELLES · texte numérisé non relu

DES PARALYSIES PARTIELLES

Les paralysies traumatiques que nous venons d’étudier, tout en étant des paralysies partielles, seraient presque aussi bien nommées unilatérales, puisqu’elles sont presque toujours limitées à un seul côté, et que ce côté est subordonné au nerf qui a subi la compression ; il n’en est plus de même des paralysies que nous avons à étudier maintenant, et celles-ci constituent bien une véritable classe, comme nous allons le voir.

Un premier fait doit frapper dans l’étude de ces paralysies, c’est que la grande division que nous avons établie, au début dece mémoire, en hémiplégie, et en paraplégie, n’est plus à beaucoup près applicable à ces paralysies partielles. Ces paralysies peuvent porter ou sur le membre supérieur, ou sur le membre inférieur; envahir à la fois la face et un des membres supérieurs, ou être limitées à la face, ou bien enfin porter sur une partie limitée du système musculaire.

Désignées sous le nom d’hémiplégies par les uns, de paraplégies par les autres, elles rentrent suivant l’opinion des auteurs dans telle ou telle classe de paralysie, suivant la cause qu’ils leur attribuent ; mais, si l’influence de l’état puerpéral est incontestable pour beaucoup d’entre elles, cette influence semble nulle pour beaucoup d’autres, • c’est-à-dire que ces paralysies sont survenues accidentellement chez une femme enceinte, sans que l’on puisse établir nettement entre l’état puerpéral et l’apparition de ces paralysies une relation incontestable de cause à effet.

Les femmes enceintes sont aussi exposées que les autres femmes à l’influence rhumatismale, par exemple, et nous allons voir qu’un certain nombre de ces paralysies peuvent rentrer dans cette classe. Néanmoins, les grandes causes qui dominent toute la pathogénie des paralysies puerpérales, dominent encore dans ces cas. et nous allons voir que c’est à elles que les auteurs ont encore rapporté les paralysies partielles. Nous conserverons aux observations les noms qui leur auront été imposées par leurs auteurs, tout en maintenant la réserve que nous avons faite à cet égard.

Si l’on veut bien se rapporter à ce que nous avons dit plus haut, nous avons dit que:

Les hémiplégies étaient surtout déterminées par deux grandes causes :

1° Les lésions cérébrales, qu’elles soient primitives ou consécutives ;

2° L’albuminurie ;

3° Par anémie, par empoisonnement puerpéral, action réflexe, comme causes accessoires.

Les paraplégies par :

1° Lésions organiques, moelle ou autres ;

2° L’action réflexe ;

3° Les paraplégies anémiques qui pourraient rentrer dans les réflexes.

Nous avons ensuite traité à part des paraplégies traumatiques qui, par leurs caractères spéciaux, méritaient cette étude séparée, et nous ont pour ainsi dire servi de transition entre les paraplégies complètes et les paralysies partielles. Nous ne pouvons, on le comprend, reprendre ici une à une toutes ces causes et les étudier de nouveau, cela nous entraînerait à des répétitions fastidieuses. Mais ce que nous devons rappeler ici, c’est que tous les auteurs quels qu’ils soient s’appliquent ü reconnaître que les para-

lysies partielles sont une des formes sous lesquelles se présentent souvent les paralysies survenant pendant l’état puerpéral. Nous allons donc nous borner adonner une analyse succincte des observations qui rentrent dans les causes précédemment étudiées, en donnant l’opinion des observateurs, et en la discutant quand elle ne nous paraîtra pas suffisamment motivée ; et nous insisterons d’une façon plus particulière sur les autres causes de paralysie que nous n’avons pas encore passé en revue, cherchant à montrer en quoi ces paralysies diffèrent des précédentes, à établir, en un mot, des caractères aussi nets que possible qui permettent au point de vue clinique d’établir un diagnostic différentiel entre ces diverses espèces de paralysies.

Obs. XCXY. — Churchill cite, parmi les faits de paralysie partielle :

1° Obs. de Lever, Guys’ hosp. Reports, t. V. Hémiplégie partielle croisée, observation déjà relatée plus haut.

Obs. XCXVI. — 2o Lever. Guys’ hospital Reports , t. V. Paralysie du bras et de la main du côté droit. 38 ans, deux fausses couches antérieures. Au huitième mois d’une troisième grossesse, tiraillements dans ies doigts et la paume de la main s’étendant bientôt à l’épaule et à l’aisselle; légère flexion des doigts sur la main, de la main sur l’avant-bras, de l’avant-bras sur le bras; sensibilité à peu près normale; sensation de chaleur dans tous les membres, quoique la température ne soit pas élevée; pouls petit, faible, 94. (Suif, de zinc, etc.) Légère amélioration, mais les fonctions des membres ne reviennent qu’après l’accouchement.

Obs. XCXVIi. — 3“ Paralysie partielle de la face. Femme qui a eu deux enfants et est maintenant enceinte ; chaque fois, elle reconnaît qu’elle est grosse à un engourdissement et une immobilité du côté droit de la face. En même temps elle éprouve des picotements dans les mains du même côté; du reste elle se rétablit après l’accouchement.

Obs. XCXVIII. — 4. Une autre dame qüi a eu huit»enfants a toujours éprouvé les mêmes phénomènes à chaque grossesse cette dame vient d’avorter. Aucune de ces malades n’a pu nourrir ses enfants.

Obs. XCXIX. — 5. Simpson. Paralysie de la face. Quinzo jours ou

trois semaines après l’accouchement, malaise, puis raideur du côté droit de la face, après avoir éprouvé des douleurs dans la partie postérieure de la tôle. Bientôt la raideur se change en une véritable paralysie de la po «'lion dure de laseptième paire ; l’expression de la face est complètement changée, surtout pendant le rire; impossibilité do fermer l’œil droit. La joue, le nez et les lèvres ont perdu leurs mouvements, œdème des paupières surtout du côté droit; pas d’œdème aux mains, aux pieds, ni en aucun autre point du corps. Pouls lent et faible, sensibilité exagérée de l'ouïe et de la vue, urine fortement albumineuse.

Obs. G. — 6. Beatty. Paralysie de la face. Primipare ; au début du neuvième mois, en s’habillant elle s’aperçoit qu’elle a la ûgure de travers, bouche tournée du côté gauche, langue à droite, céphalalgie, inquiétude, pouls petit, à 98 (sangsues derrière l’oreille droite, purgatifs, mercuriaux, vésicatoires); disparition de la paralysie faciale; accouchement vingt et un jours après, enfant vivant; l’urine n’a pas été examinée.

Depuis, deux grossesses sans accidents.

Obs. CI. — 7. L’observation 2J2, de Churchill, due à Mac Clintock et qui est intitulée Paralysie partielle du côté droit, a été citée plus haut, elle est surtout remarquable en ce qu’il y a eu d’abord hémiplégie, puis disparition en une heure; deuxième réapparition le lendemain de tiraillements, dans l’annulaire et le petit doigt de la main droite, et par moments au côté droit de la langue et des lèvres; pendant quatre semaines retour de ces sensations.

Accouchement facile. Pendant six semaines, depuis le quatrième jour mêmes phénomènes se reproduisant tous les trois ou quatre jours; chaque accès s’accompagne d’une émission abondante d’urine; variations de température aux jambes, mort de l’enfant. Durée, cinq mois ; femme nerveuse.

Nous dirions, nous, hystérie.

Obs. CIL — 8. Mac Clintock, 36 ans; troisième accouchement naturel, travail de quatre à cinq heures. Paralysie du bras et delà main ducôté droit survenue pendant l’accouchement, sans convulsions, ni affection cérébrale; amélioration notable le huitième jour, sans guérison complète. — Fomentations chaudes, frictions, vésicatoires.

Obs. CI1I. — 9. Beatty. Second report of the new lying in hospital. (Dublin Journal, t. XII.)

Paralysie de la jambe droite. 21 ans, primipare, accouchement naturel. Le deuxièmejourdes couches, perte du mouvementet de la sensibilité dans la jambe droite qui n’ofl’re ni douleur, ni enflure, ni aucun signe de phlegmatia alba dolens. Frictions térébenthinées pendant quinze jours, sans amélioration, et un vésicatoire depuis la fesse jusqu’au pied. Amélioration notable. Un mois après l’ac-

couchemont, la marche ost redevenue possible à l’aide d’un bâton, seulement la jambe traîne encore et le pied pend en avant; au bout de deux mois, la malade est plus solide sur ses jambes, la sensibilité est presque complètement revenue deux mois et demi après le début des accidents, la marche est presque régulière et lamalalo s’apprête à quitter l’hôpital, quand elle est prise de fièvre puerpérale ? et succombe. Pas d'autopsie.

Obs. CIV. — 10. Duke. Paralysie de la face et du brus. 43 ans, treizième grossesse. Accouchement parfaitement natu rel. Sans avoir éprouvé rien de particulier, le huitième jour, pendant qu’elle cause tranquillement avec son mari, elle crie tout à coup : « Commodité, commodité, commodité ! » En môme temps on s’aperçoit que la bouche est déviée et qu’il existe une paralysie complète d’un des bras; la jambe du même côté n’était pas atteinte ; fréquence du pouls et difficulté dans l’articulation des mots. En quinze jours cette dame recouvre l’usage de son bras ainsi que de la parole; pendant plusieurs mois encore, le pouls reste fréquent et la vue moins distincte. Traitement par une contre-irritation et les toniques ; guérison complète.

Obs. CV. — lt. Ireland. Paralysie de la face. 34 ans, cinquième accouchement. Un mois après paralysie du côté droit de la face avec trouble de la vue et écartement des paupières ; sous l’influence de sangsues, de vésicatoires et de mercuriaux, la guérison fut obtenue.

La mère de cette dame eut après son accouchement une attaque semblable à laquelle elle succomba.

Sa sœur eut pendant plusieurs années une paraplégie, qui s’aggrava depuis son accouchement jusqu’à sa mort.

Obs. CVI. — Imbert-Gourbeyre. M. II ... , 28 ans, entrée à l’Hôtel- Dieu de Clermont-Ferrand, le 30 août 1853.

Le dernier jour du mois d’avril dernier, H... avait ses règles et lavait du linge à la rivière; refroidissement par pluie, obligée d’entrer dans l’eau jusqu’aux genoux pour rattraper le linge emporté parle courant; règles supprimées ce jour-là. Elles n’ont pas reparu depuis.

Aussitôt après cet accident, essoufflement en montant, fatigue, céphalalgie, enflure des pieds; urines sanguinolentes et brûlantes, obligée d’uriner à tout moment. Elle se marie dans cet état et devient immédiatement enceinte. Son état empire; enflée de tout lo corps depuis lo commencement do juillet, est restée aveugle pendant quinze jours. A son entrée à l’hôpital, anasarque, grande faiblesse, urines très-albumineuses.

Lo 14 novombre, elle avorte dans la nuit do deux fœtus de (3 mois environ. Son état ne fait qu’empirer les jours suivants.

Lo “23. Elle se plaint de troubles de la vue ; elle ne peut lever les bras, ses épaules sont paralysées, dit-elle, depuis trois jours.

Le 25. Même état d’amaurose et de paralysie; urines toujours très-albumineuses, vomissements.

Le 20. La malade peut remuer les épaules; le jour suivant mouvements difficiles et incomplets.

Le 30. Elle peut à peine lever les épaules; sensibilité de la peau de cette région très-obtuse, douleur du membre depuis le commencement de la paralysie.

6 décembre. La paralysie des épaules a disparu et la sensibilité de la peau de la même région est revenue; même état générai, œdème considérable des parois abdominales et des jambes, troubles de la vue.

La malade quitte l’hôpital, ne voulant pas y mourir. Morte quelques jours après.

Obs. CVI1. — 13. Lecorché. Thèse déjà citée, obs. 2.

Amblyopie à la suite de l’accouchement et attaques convulsives dans un cas de néphrite albumineuse chronique, avec œdème des membres inférieurs. Depuis deux ans, guérison de la néphrite albumineuse. Persistance de l’amblyopie.

La malade était accouchée à l’hôpital en novembre 1855. Quatre jours après, cette femme présenta tous les symptômes d’un phlegmon du ligament large gauche. Il y eut paralysie d.u membre inférieur gauche jusqu’au 19 février.

Obs. CVIIL — 14. Lecorché, obs. 7. Première grossesse en 1856, avortement à quatre mois en 1857. Nouvelle grossesse, nouvel avortement, œdème; plus tard céphalalgie, affaiblissement de la vue, strabisme convergent, cécité complète, urine albumineuse.

Au milieu de ces accidents, il survint tout à coup un prolapsus de la paupière gauche, sans altération de la sensibilité ou du mouvement dans d’autres parties du corps. Cette paralysie persiste une dixaine de jours; douze jours après, mort; à l 'autopsie, altération des reins, sixième forme de la néphrite albumineuse. Pas d’altérations notables dans le cerveau.

CIX.— 15.1mbert-Gourbeyre.Mme S..., accouchée depuis dix jours, grossesse heureuse ; accidents nerveux, tremblements, difficulté de parler pendant l’accouchement, disparue, pendant la délivrance.

Fièvre depuis la couche, le lait est mal monté. Au début, douleur dans le col, qui a envahi le côté gauche de la ligure. Il y a eu des rémissions dans ces douleurs.

Le 24 juillet, fièvre forte, moiteur générale, grand abattement, douleur vive dans toute la face gauche. La malade se plaint également de vives douleurs au-dessus des yeux. Douleurs à la jambe gauche dans la soirée. Il n’y a d’enflure nulle part. Aconit.

Le 23, nuit agitée. Les douleurs diminuent notablement dans la

journée, mais, le soir, il se déclare des douleurs excessives dans la main droite. (Applications externes d’opium et de belladone.) Bientôt attaques hystériformes avec agitation du tronc et des membres, étouffements thoraciquos, envies de pleurer, dents un peu serrées. MM. Fleury et Imbert-Gourbevre considèrent cette attaque comme étant de l’hystérie, d’autant que Mm° S... en a eu, dit-on, cinq ou six attaques depuis six mois, mais c’était bien de l’éclampsie hystériforme. Ces accidents persistent dans la nuit. En môme temps, le côté droit se paralyse, tant pour le mouvement que pour le sentiment. Impossibilité de parler, d’avaler, perte de l’intelligence. Urines albumineuses.

La malade meurt le lendemain soir, après avoir eu de nombreuses contractures des membres inférieurs. A la fin, il y avait anesthésie complète des quatre membres. J’ai pu constater le dernier jour de l’oedème à la partie postérieure des cuisses. Mme S... avait beaucoup engraissé pendant sa grossesse, et les personnes qui l’entouraient disaient que c’était de la bouffissure. Pas d’autopsie.

Cette observation dont nous avions déjà donné plus haut une analyse nous a paru si complète que nous l’avons relatée en entier ici.

Obs. CX. — Jarriau. Journal de clinique et de médecine pratiques.

Paralysie faciale. Primipare arrivée à cinq mois de grossesse avec céphalalgie, nausées : éclampsie survenue à huit mois de gestation. Accouchement. Persistance des accidents huit jours après la délivrance. Les convulsions n’avaient porté que sur la partie supérieure du corps.

Seconde grossesse au bout d’un an environ : A quatre mois et demi, céphalalgie, face animée. Au huitième mois, violents maux de tète subits et en même temps paralysie de la moitié gauche de la face, avec faiblesse du môme côté. Saignée et bains. Disparition de la céphalalgie, mais persistance de la paralysie jusqu’à l’accouchement. Celui-ci terminé, la paralysie disparut aussi promptement qu’elle était survenue.

Obs. CXl.— 17. Robert Johns. Journal de Malgaigne, 1843. 26 ans. Primipare, prise d’éclampsie après être accouchée ; il paraît que, dans les derniers mois de la grossesse, elle avait beaucoup souffert de maux de tête avec obscurcissement de la vue et paralysie du bras droit.

Obs.CXII.— 18. Robert Johns. Journal de Malgaigne, 1843. 19 ans. Entrée à l’hôpital accusant céphalalgie violente et paralysie du bras droit, avec grande douleur de l’épaule. Accouchée huit jours après, sans convulsions.

Oiis. CXI11. — 19. Delpech. Mémoires sur les spasmes idiopathiques et la paralysie nerveuse essentielle, 1846, obs 5.

30 ans. Accouchée d’un troisième enfant il y a sept mois, qu’elle a sevré depuis un mois, parce qu’elle se trouvait affaiblie. La faiblesse dont elle se plaignait a continué jusqu’à ce jour. Elle était générale, mais elle frappait surtout les membres inférieurs. Deux jours avant son entrée à l’hôpital, elle est devenue assez marquée pour l’y amener. Faiblesse plus prononcée dans les extrémités, sans fourmillement ni anesthésie ; impossibilité de saisir les petits objets avec les doigts, quoique la malade sente parfaitement.

Deux jours après son entrée, fourmillements qui occupent d’abord les membres inférieurs, pour gagner ensuite, le lendemain, les bras et surtout les mains. Amendement par une saignée. Ventouses et purgatif.

Le 4 avril, sept jours apiès son entrée, les fourmillements reparurent dans la main gauche seulement. Dans la soirée du o, ils se fixèrent sur les deux jambes. Du 6 au 10, un peu d’œdème des membres inférieurs et de la face fit examiner les urines, elles étaient albumineuses .

Le 12 avril, la malade fut prise, dans les muscles de la partie postérieure du cou, d’une faiblesse telle, qu’elle ne pouvait lever la tête, qui tombait par son poids sur le devant de la poitrine. Quelques efforts qu’elle fit pour contracter les muscles extenseurs de la tête, ils lestaient flasques et paralysés. Cette singulière paralysie est survenue tout à coup et persiste jusqu’au 13 avril. Le 22, les accidents de paralysie semblent complètement guéris, Y albuminurie persiste seule.

Obs. CXIV. — Chomel. Clinique, 1845. Femme de 33 ans, d’une bonne santé, accouchéede son sixième enfantau commencement de cette année. Peu après cette dernière couche, refroidisse ment; dans la soirée, un peu de gène dans l’épaule gauche et dans le coude du même côté, sans douleur bien manifeste. Le lendemain, douleurs très-vives à cette épaule, qui allèrent en augmentant à tel point, qu’au bout de trois jours, il lui était impossible de passer ses vêtements.

Le même jour, dans la matinée, elle ne put tenir un vase de la main gauche. Entrée à l’hôpital. A son entrée, douleurs très-vives; impossibilité de s’habiller; mouvements du coude très-douloureux. Rien d’appréciable à l’examen dos parties. (Sangsues, vésicatoires morphinés.) Sous l’influence de ce traitement, diminution notable de la douleur. Tout à coup, et sans nouvelle cause appréciable, la douleur cessa, et le bras perdit sa contractilité et sa sensibilité, la malade pouvait à peine fléchir les doigts, c’était une véritable paralysie rhumatismale : insensibilité absolue du bras.

Electrisation. — La douleur réparait. La sensibilité est revenue rapidement, en même temps que los mouvements se rétablissent,

phénomène inverse de celui qui s’élait produit cinq ou six semaines auparavant.

Obs. CXV. Paralysie / aciale . — Femme Fauque, 30 ans, couturière. Multipare, quatrième grossesse. Réglée à 12 ans, huit jours par mois. Dernières règles le 5 juin. Cette femme était au dortoir depuis déjà quelques jours quand on la fait descendre parce . qu’elle perdait quelques glaires et éprouvait quelques douleurs dans les reins et le ventre. Pas d’œdème, pas d’albuminurie; aucun autre phénomène.

Tout à coup, sans cause connue, en se réveillant un matin, elle s’aperçut qu’elle était paralysée d’un côté de la face. L’œil ouvert, la commissure gauche tirée fortement en haut, la parole gênée, le sifflement impossible; la langue et la luette intactes; il en est de même de la sensibilité. Larmoiement, faiblesse de la vue. Le seul phénomène autre qu’elle présente, c’est une sorte de paralysie du doigt médius de la main droite qui reste étendu sans qu’elle puisse le fléchir; mais les mouvements des bras et jambes, ainsi que la sensibilité, sont intacts. Ce phénomène, du reste, disparaît en quelques jours. Le col est encore épais, perméable, la tête profondément engagée en 0 1 G A, ce que confirme l’auscultation. Elle reste dans le même état pendant cinq jours, au bout desquels le travail se déclare.

Premières douleurs le 3 mars à 1 h. du matin.

Rupt. memb. le 4 à 1 h. moins 10 m. de l’après-midi.

Dilatation le 4 à 2 h. 1/2.

Terminaison le 4 à 2 h. 3/4.

Fille en O I G A 2060 gr. Cordon 62 cent.

Les suites de couches ne présentent rien à noter; mais, la paralysie faciale persistant au même degré, le 6 mars, on applique un vésicatoire sur le nerf facial au point d’émergence.

Le soir, l’œil semble déjà mieux se fermer et la parole est un peu plus facile; même déviation des traits, même larmoiement avec légère injection de la conjonctive; la vue est toujours plus faible de l’œil droit.

L’amélioration continue jusqu’au 12 où l’on constate que la bouche a à peu près repris son état normal ainsi que la parole; mais la paupière supérieure ne s’abaisse toujours pas complètement et il reste encore de l'affaiblissement de la vue et du larmoiement.

La malade sort le 16 mars à peu près complètement guérie en ce que le larmoiement a disparu, que la vue est redevenue nette, que les traits du visage ont repris leur aspect régulier, mais il reste encore de (a gêne du côté de la paupière supérieure qui ne s’abaisse pas complètement. La sensibilité, qui du reste n a jamais été altérée, continue à être intacte.

Charpentier. “

En dehors donc des paralysies traumatiques, nous obtenons un total de 21 observations, qui se décomposent ainsi :

Hémiplégie croisée 1 cas.

Paralysie portant sur le membre supérieur . . . , . S

Paralysie inférieur. ..... ‘2

Paralysie faGiale 8

Paralysie faciale envahissant en même temps le bras. \

Paralysie des épaules 2

Paralysie des muscles extenseurs du cou I

Hémiplégie avec contractures 1

21 cas.

Un grand fait doit tout d’abord frapper : c’est la fréquence des paralysies faciales comparées aux autres paralysies. Nous trouvons en effet 9 paralysies faciales, si nous y comprenons le fait op. il y a eu à la fois paralysie faciale et du membre supérieur. Viendraient ensuite les paralysies du membre supérieur. — Dans le cas de paralysies partielles , lg forme hémiplégique l’emporterait donc de beaucoup comme fréquence sur la forme paraplégique, et, de plus, on peut constater que ces paralysies sont rarement isolées, c’est-à-dire qu’elles se compliquent d’une autre paralysie qui serait alors une paralysie des s*ens, surdité quelquefois, amaurose complète ou incomplète le plus souvent. Enfin, au lieu d’affecter plus spécialement telle ou telle forme', ces paralysies sembleraient plutôt avoir de la tendance^ se localiser dans une région, dans un système de muscles, face, épaules, muscles extenseurs du cou, elles rentreraient donc surtout dans ce que l’on a appelé la forme rhumatismale, et l’observation de Chomel en est un bel exemple. — Or si nous voulons nous reporter au mémoire de Churchill et à celui de lmbert-Oourbeyre, et si en même temps nous consultons les travaux des auteurs qui ont écrit sur cette matière, nous y verrons que les relations eiitre l’albumi-

îi

nurie et le rhumatisme sont constatées depuis longtemps. Lever, le premier, a déclaré qu’il n’a pas vu un seul cas de rhumatisme puerpéral sans albuminurie.

Or, en dehors des douleurs lombaires, il existe dans le mal de Bright des douleurs sur d’autres points du tronc et des membres signalées par Christison, Gregory, O’Rees, Frerichs ; elles ont été constatées par Imbert-Gourbeyre dans la moitié des cas.

Bright, Johnson, Traube (Berlin), 1856; Ueber den Zusammenhang von Herz and Nierenkrankheiten;

Mazonn. Zür Pathologie der Bright’schen Krankheit. (Kiew), 1851, ont cité des fails analogues.

11 est vrai que Gauthier (du Rhumatisme utérin, 1858),

Que Vaille (du Rhumatisme puerpéral, 1865),

Que Ragot (du Rhumatisme puerpéral, 1865), n’en font nullement mention. Mais néanmoins les noms des auteurs que nous avons cités plus haut donnent à ces faits une valeur incontestable.

Or, si nous nous reportons à nos 21 observations, nous constatons tout d’abord ceci, c’est que dans 6 des cas la présence de l’albuminurie a été constatée par l’examen des urines (obs. 5, 12, 13, 14, 15, 49), et que dans 4 autres l’existence de la paralysie a coïncidé avec la présence d’une paralysie de la vue, avec une amaurose plus ou moins complète, et l’on sait que les troubles visuels sont un des accidents les plus fréquents de l’albuminurie. — Les urines, il est vrai, n’ont pas été examinées dans ces cas. Par conséquent, on ne peut être aussi affirmatif que dans les 6 cas précédents; mais il ne nous paraît pas douteux que, dans ces cas, il existait en même temps une albuminurie qui a passé inaperçue. Nous aurions donc ainsi 1/2 de nos observations qui rentreraient dans les paralysies albuminuriques; et ces paralysies, on le voit, pourraient porter sur différents points du corps :

Membre supérieur. ... 1 cas. (obs. 17).

Membre inférieur. .... I (obs. 13).

Muscles des épaules. . . I (obs. 12).

Face 5 (obs. 5, 14,10, H, 16).

Extenseurs du cou. ... I (obs. 19).

Hémiplégie avec accidents bizarres et albuminurie constatée observ. 15. — Total 10 cas.

À côté de ces paralysies albuminuriques prendraient place les paralysies faciales, au nombre de 2 cas. Or, la paralysie faciale, de nature rhumatismale, est. aujourd’hui admise par tous les auteurs; c’est même parmi les paralysies rhumatismales une des formes admises comme une des plus fréquentes.

Il en est de même de la paralysie des épaules, et l’observation que nous avons citée, de Gbomel, se placerait naturellement à côté des précédentes.

Resteraient enfin les 8 autres faits :

Paralysie faciale (obs. 3, 4) 2 cas.

I d’hémiplégie croisée de Lever (ob. 1) 1

Paralysie du membre supérieur (obs. 2, 7, 8, 18). 4

Paralysie du membre inférieur (obs. 9) 1

Et ces cas nous paraissent pouvoir sans conteste être rangés dans la catégorie des paralysies réflexes.

Pour nous donc il existerait 3 grandes causes auxquelles on pourrait rattacher les paralysies partielles : 1° L’albuminurie,

'2° Le rhumatisme,

3° L’action réflexe.

Voyons un peu si nous pourrons justifier cette assertion. Tout d’abord nous n’avons pas à revenir sur la première catégorie de nos observations. Gomme nous l’avons dit, la présence nettement constatée de l’albuminurie ou de l’éclampsie dans 4 cas, la coïncidence de l’amaurose, de la céphalalgie dans les 6 autres, nous permet d’affirmer l’existence des paralysies partielles albuminuriques.

3 des faits de paralysie faciale que nous avons relatés sembleraient confirmer encore cette manière de voir. Ce sont les observations 10, 11 et 16.

Dans l’observation 10, en effet, il y a eu de la difficulté dans l’articulation des mots, et des troubles de la vue qui ont persisté pendant plusieurs mois.

Dans l’observation 11, il y a encore eu trouble de la vue, mais il y a en plus, dans ce fait, ceci de particulier, que la mère, à la suite de son accouchement, avait eu une attaque semblable à laquelle elle avait succombé ;

Que la sœur avait eu, pendant plusieurs années, une paraplégie qui s’aggrava depuis son accouchement jusqu’à sa mort.

Enfin, dans l’observation 1 6, la femme avait été éclamptique lors d'un accouchement, et c’est au huitième mois d’une seconde grossesse qu’apparut la paralysie, précédée subitement par de violents maux de tête.

Dans l’observation 17, il y a eu éclampsie, amaurose et paralysie du bras droit.

Maintenant, faut-il, avec Churchill et Imbert Gourbeyre, faire rentrer toutes les paralysies que nous avons appelées rhumatismales dans l’albuminurie, ou les considérer comme une variété particulière? Nous serions plus disposé à admettre cette dernière opinion.

Les observations 6-21 nous paraissent en effet être de nature essentiellement rhumatismale. L’absence complète d’antécédents, de coïncidences de phénomènes autres que cette manifestation paralytique, nous parait auriser cette manière de voir.

Il en est de même de l’obs. 20, qui appartient à Choinel, et où la paralysie a porté sur les épaules.

Nous admettrons donc cette seconde variété.-

Dans la dernière classe, enfin, c’est-à-dire dans les paralysies par action réflexe, rentreraient les observa-

lions 1, 2, 3, 4, 7, 8, 9, 18. Ces paralysies pouvant porter sur la face ou sur les membres supérieurs* ou sur les membres inférieurs, ou enfin affecter la forme d’hémiplégie croisée, comme clans l’observation de Lever. Or, l’albuminurie n’agit, nous l’avons vu, que par son retentissement sur le cerveau. Nous trouverions donc encore justifiée ici cette grande division que Jaccoud a signalée en particulier pour les paraplégies :

Paralysies par lésion organique ;

Paralysies par action réflexe.

Fréquence. — Pénétrons maintenant plus avant dans l’étude de ces paralysies, et étudions-les d’abord au point dé vue de leür fréqueùoe générale et de leur fréquence relative.

Au point de vuè de leur fréquence générale, les paralysies rentrent dans ce que nous avons dit à propos de paralysies puerpérales en général, c’est-à-dire qu’elles sont rares. Mais, comparées aux paralysies que nous avons appelées complètes, elles seraient au contraire fréquentes, si en effet aux 9 cas de paralysie traumatique, où là paralysie était unilatérale, nous ajoutons les 21 faits que nous avons signalés plus haut, nous arrivons à un total de 30 faits.

Or, nous avons vu que les paralysies puerpérales, que nous avons pu recueillir, se débomposaient en :

Hémiplégies 57

Paraplégies ..... 25

Les paralysies partielles . . . < . 30 seraient

donc, après la forme hémiplégique, de beaucoup la forme la plus fréquente, sous laquelle se présenteraient les paralysies pendant l’état puerpéral.

Si, maintenant, on Veut étudier leur fréquence relative, on voit qüe la forme qui porte sur la face où le membre

supérieur est de beaucoup la plus fréquente, puisque, à part les cas de paraplégie traumatique, et l’observation 13, c’est-à-dire 10 cas, tous les autres sont des faits de paralysie faciale, ou de paralysie du membre supérieur, ou des muscles des épaules ou du cou. Or, ces paralysies sont considérées, pat la plupart des auteurs, comme des observations d’hémiplégie partielle. Nous pourrions donc modifier un peu les chiffres que nous avons donnés plus haut, et dire : les paralysies puerpérales se divisent en deux grands groupes, les hémiplégies et les paraplégies, qui toutes deux peuvent être complètes ou incomplètes. Le nombre dé nos observations se monte à 1 12, qui se divisent en :

Hémiplégies

Paraplégies

complètes ... 57

partielles ... Î9

j complètes . .» . 55

} partielles ... Il

Ces dernières sont dues pour la plupart au traumatisme, c’ëst-à-dire à une cause spéciale. L hemiplegié serait donc de beaucoup plus fréquenté que là paraplégie, ce qui se comprend à la rigueur, les causes que nous avons admises ayant bien plus de tendance à agir sur le cerveau que sur la moelle:

Age. — Nous ne pouvons que répéter ici, à propos de toutes ces paralysies, ce que nous avons dit plus haut, c’est-à-dire que l’âge des malades ne nous présente rien de particulier à noter.

A 19 ans ; i i . ; . • 1 cas-

A 36 ans .

I cas.

Dans quelques cas, l’âge n’a pas été indiqué.

Nombre des grossesses.

I Primipares

grossesse à terme ou avant terme

5 cas.

Multipares!

Dans les autres observations, il n’est pas fait mention du nombre des grossesses.

Époque de T apparition. — Gomme les autres paralysies , celles-ci peuvent apparaître pendant toute la période puerpérale, c’est-à-dire pendant la grossesse, l’accouchement et les suites de couches.

Voici les chiffres que nous donne le dépouillement de nos observations :

Paralysies survenant pendant la grossesse. . . 9 cas.

Paralysies survenant pendant l’accouchement. 1

Paralysies survenant après l’accouchement. . 10

Dans le dernier cas que nous n’avons cité que parce que la femme était albuminurique, il ne s’agit pas c't proprement parler d’une paralysie puerpérale, mais bien d’une paralysie des nourrices avec contractures des extrémités, il s’agit de l’observation de Delpech. La paralysie n’a paru que sept mois après l’accouchement, à la suite d’un allaitement qui avait duré six mois et avait épuisé cette femme.

L’époque de l’apparition fut .-

Paralysies survenant pendant la grossesse.

Il Presque au début de la grossesse.

Au 2e mois

A 4 mois i/2. . .

A 8 mois 1/2

A 8 mois 3/4

\ A 9 mois

2 cas.

Total.

9 cas.

Paralysie survenant pendant l’accouchement 1

12e jour des couches 1 cas.

lb 1

7 mois après 4

L’époque exacte de l’apparition n’est pas indiquée. . . 3

Total ~24

Ces paralysies surviendraient donc aussi bien pendant la grossesse qu’après la délivrance, c’est du reste ce que nous avons observé pour les paralysies complètes. La grossesse même n’a pas besoin d’être régulière, c’est-àdire que ces paralysies qui se produisent après la délivrance peuvent se produire après un avortement comme après un accouchement à terme. C’est ainsi que dans deux de nos observations (12 et 14) la paralysie est survenue après un avortement de quatre mois et demi dans un cas, de six dans l’autre, la grossesse était gémellaire dans ce dernier cas. Ajoutons de plus que chez ces deux femmes on a constaté la présence de l’albumine dans les urines. Toutes deux ont succombé, et si l’autopsie dans un cas n’a pas été faite, on a trouvé dans l’autre les lésions de la maladie de Briglit avec leur plus grande intensité.

Nous voyons de plus que dans trois cas (obs. 1, 3, 4) ces accidents qui s’étaient produits au début de la gros-

sesse, se sont renouvelés dans chaque grossësse Consécutive.

1 fois dans B grossesses. . . . Obs. 3.

1 fois dans 4 grossessëé. , . . Obs. 1.

1 fois dans 8 grossesses. . . . Obs. 4.

Nous utiliserons plus tard ces faits au profit du dia-

gnostic.

Ces paralysies pouvant, comme nous l’avons vu, être rapportées soit à des hémiplégies, soit à des paraplégies , nous n’avons pas à revenir longuement sur les symptômes qu’elles présentent; comme dans les Câs de paralysie complète, les altérations portent à la fois sur le mouvement et la sensibilité avec toutes les variétés que nous avons examinées plus haut.

Tantôt elles ont débuté subitement, brusquement; tantôt, au contraire, elles ont été précédées de malaises, de céphalalgie, de troubles de la vue; tantôt lu paralysie a été précédée de faiblesses, d’engourdissements, de fourmillements, de douleurs dans les membres, et ce n’est que lentement et progressivement, pour ainsi dire, qoe la paralysie est devenue plus profonde jusqu’à là perte absolue de la sensibilité et du moOvement; tantôt; aü contraire, elle est survenue d’emblée sans que rien pût la faire prévoir, et nous retrouvons ici les variations que nous avons signalées quand nous avons étudié les paralysies complètes.

Diagnostic. — Ges variétés déformés vont précisément être un des caractères sur lesquels nous allons nous appuyer pour établir le diagnostic de ses diverses espèces db paralysies;

Pour nous, on Ta vu, les paralysies partielles peuvent se rattacher à trois chefs ;

1° Paralysies albuminuriques ;

2° Paralysies rhumatismales ;

3° — par action réflexe.

Etudions les caractères de ces diverses paralysies.

1° Paralysies albuminuriques. — Ces paralysies noué offrent déjà un grand caractère qui suffirait à les différencier de toutes les autres, la présence de l’albumine dans les urines; mais comme ce caractère n’a pas été constaté dans plusieurs des cas que nous avons rangés dans les paralysies albuminuriques, il faut que nous en fassions intervenir d’autres, et comme nous allons le voir, ils ne font pas défaut. Dans les quatre cas, en effet, où l’albumine n’a pas été constatée, trois fois la paralysie s’est présentée sous la forme de paralysie faciale, et dans le quatrième, où la paralysie était limitée au bras droit (obs. 17), il est constaté dans l’observation que la malade avait eu de l’obscurcissement de la vue et des attaques d’éclampsie; or, dans les trois premiers cas, nous trouvons des phénomènes analogues.

Obs. 10. — Paralysie faciale avec amaurose.

Obs. 11. — Paralysie faciale avec amaurose, il y a de plus à noter que la mère et la sœur ont toutes deux eu des paralysies puerpérales qui ont entraîné la mort.

Obs. 16. — Paralysie faciale précédée de violente céphalalgie et éclampsie lors d’un premier accouchement*

C’est qu’en effet, comme nous le verrons dans notre dernier chapitre, il y a une relation presque constante entre l’albuminurie et la paralysie des organes des sens, et ce fait seul de la présence d’une paralysie de la vue, de l’ouie, accompagnant une paralysie survenant dans une autre région du corps* devrait faire rechercher l’albumine dont il sera presque toujours donné de constater la présence dans les urines.

Dans deux cas ces paralysies ont été précédées d’éclampsie, et l’on sait combien les prodromes sont fréquents dans l’éclampsie. Eh bien, nous retrouvons ces mêmes phénomènes dans les paralysies albuminuriques. Il y aurait donc pour ces paralysies une sorte de période prodromique, constituée par de la céphalalgie plus ou moins violente et plus ou moins localisée, par des malaises généraux, par des troubles de la vue pouvant aller depuis la plus légère amblyopie, jusqu’à la cécité complète. Dans quelques cas du strabisme, en un mot, une série de faits qui donneraient à ces paralysies un cachet qui ne permettrait pas de les confondre avec d’autres; ajoutez à cela, dans quelques cas plus rares, il est vrai, les autres caractères de l’albuminurie, et en particulier l’œdème et l’anasarque, et l’on voit que ces paralysies diffèrent essentiellement des autres.

De plus, dans ces cas ces paralysies sont persistantes, ne disparaissent qu’après l’accouchement dans les cas où elles sont survenues pendant la grossesse, quelquefois au bout de plusieurs mois seulement; d’autres fois même elles sont plus tenaces encore et ne disparaissent jamais complètement ou même se terminent par la mort. C’est en effet ce qui est arrivé pour quatre des malades. Ces paralysies albuminuriques présenteraient donc un caractère de gravité exceptionnel, 4 morts sur 40; mais ici il faudrait bien se garder d’attribuer à la paralysie ce qui est le fait même de l’albuminurie. Les malades succombent, en effet, à cette dernière maladie et aux altérations rénales, et la gravité des paralysies albuminuriques ne tient qu’à la gravité de la maladie pendant le cours de laquelle elles sont survenues. La persistance même de ces paralysies, tient le plus habituellement à la persistance de l’albuminurie, et l’albuminurie disparaissant le plus habituellement très-rapidement après

l'accouchement, on voit de même la paralysie disparaître.

Ces paralysies, en effet, surviennent le plus habituellement pendant la grossesse ou l'accouchement et disparaissent après la délivrance ; il n’en est pourtant pas toujours ainsi, et dans quelques cas particuliers, la paralysie survenue après l’accouchement a présenté une persistance vraiment remarquable.

Le fait de Delpech est encore plus curieux, en ce sens, que la femme n’était véritablement plus sous l’influence puerpérale puisqu’elle nourrissait et que la paralysie guérit malgré la persistance constatée de l’albuminurie.

Il y a donc un rapport évident entre certaines paralysies puerpérales et l’albuminurie, mais quelle est l’influence de l’état puerpéral dans ces cas? Nous avons assez longuement discuté ces faits plus haut pour ne pas avoir à y revenir.

Si nous nous reportons à l’étude que nous avons faite des paralysies albuminuriques dans notre première partie, nous dirons, oui, les paralysies albuminuriques complètes sont rares, mais il n’en est plus de même pour les paralysies partielles, et dans la moitié des cas, 10 sur 21, c’est l’albuminurie qui détermine ces paralysies. Voyons maintenant les paralysies rhumatismales :

3 faits seulement dans nos observations se rapporteraient à ces paralysies. Les observations 6 et 21 qui sont des observations de paralysie faciale, et 1 fait (Chomel) où la paralysie a porté sur les épaules (obs. 20).

La première appartient à Realty, et les urines n’ont pas été examinées.

La deuxième nous est personnelle ; l’absence de l’albumine a été constatée par nous.

La troisième, enfin, a porté sur les épaules et est survenue sous l’influence d’un refroidissement et a été pré-

cédée de véritables douleurs rhumatismales articulaires, épaule et coudes.

Pouvons-nous, sur ces Lrois faits, donner une symptomatologie spéciale à ces paralysies. La réponse négative n’est pas douteuse. Ce que nous pouvons constater seulement, c’est que, sur ces trois faits, deux sont survenus quelques jours avant le travail, le dernier seul; il est vrai que c’est le plus probant, après la délivrance, au bout de huit jours, et que c’est à la suite d’un refroidissement prolongé, que ces phénomènes ont disparu rapidement sans laisser de traces, et que par conséquent ces paralysies seraient peu graves, mais en dehors de cela rien ne nous autorise à être plus précis.

Nous avons signalé le rapport que certains auteurs ont établi entre les manifestations rhumatismales et la maladie de Bright. Nous n’insisterons donc pas davantage ; ,

notons seulement l’apparition rapide dans deux cas et passons au troisième groupe de paralysies, les paralysie réflexes.

Ici les faits sont plus nombreux :

Notons d’abord le premier fait de Lever, hémiplégie croisée ;

Le deuxième, appartenant également à Lever, paralysie de la main et du bras droits-,

Les observations 3 et 4, où il s’agit de paralysies faciales à répétition ;

L’observation 8, de Mac Clintock, paralysie du bras et de la main du côté droit, améliorée dès le huitième jour, sangsues et camphre ; J (

L’observation 18, de Robert Johns, paralysie du bras droit;

L’observation 9, deBeatty, paralysie jambe droite, sur venue le deuxième jour des couches, sans cause connue. Guérison au bout de deux mois et demi, quand la ma-

lade est prise dp fièvre puerpérale; elle succombe et pas d’autopsie ;

L’observation 7, de Mac Glintock.

Si pqurtant nous voulons analyser davantage ces observations, le doute est possible dans trois d’entre elles.

Dans l’observation de Robert Johns, il y a eu à la fois céphalalgie violente et douleur à l’épaule, de plus les urines n’ont pas été examinées ; on pourrait donc faire rentrer cette paralysie du bras droit, soit dans les paralysies albuminuriques, soit dans les paralysies rhumatis-

males.

L’observation de Beatty : mais qu:est-ce que cette fièvre puerpérale qui survient au bout de deux mois et demi et sur laquelle l’auteur ne donne aucun détail.

De quelle nature ont été ces accidents qui ont enlevé la malade et dont l’absence d’autopsie ne permet pas de constater le caractère ?

Dnfip, l’observation de Mac Glintock. Mais c’est une véritable paralysie hystérique. Les accès, la terminaison de pes accès par une émission abondante d’urine, Tout le prouve.

Restent donc 4 faits, mais ces 4 faits nous paraissent incontestables, car tous les 4 se présentent avec les caractères que nous avons assignés plus haut aux paralysies réflexes.

Début pendant la grossesse, brusque, rapide, sans cause connue autre que l’influence de la grossesse. Guérison rapide après l’accouchement. Dans 3 cas, répétition des mêmes accidents, dans des grossesses successives. Tels sont les caractères qui nous paraissent suffisants pour légitimer notre opinion.

Enfin, nous pourrions rapprocher de ces laits, quoique nous l’ayons placée dans les paralysies albuminuriques,

l’observation 1 1 de Iréland à cause de sa disparition rapide.

Donc, en réalité, pour les paralysies partielles, deux grandes classes bien nettes, bien distinctes : paralysies albuminuriques, paralysies réflexes. Ces deux formes comportent, on le comprend, un pronostic différent.

Autant les paralysies albuminuriques seraient graves, 4 cas de mort sur 10, autant les paralysies réflexes seraient bénignes, 4 cas de guérison sur 4.

Rappelons pourtant que ces paralysies, dans quelques cas, peuvent persister un temps relativement long, et que Jaccoud a signalé la possibilité, au bout d’un certain temps, de la transformation de ces paralysies en véritables paralysies organiques, au moins pour les parapi égies.

Quant au traitement, rien à en dire, on le comprend; nous renvoyons aux paragraphes précédents.

A côté de ces paralysies, nous devons signaler, mais en quelques mots seulement, les paralysies hystériques. L’hystérie est rare, en effet, dans l’état puerpéral et nous nous bornerons à signaler quelques observations quisont de véritables types.

L’observation 7 citée plus haut de Mac Clintock; obs. 22 de Churchill.

Ons. CXVI. — 2° Boullay, Union médicale, 1853. Femme de 25 ans, bien portante, qui n’a jamais présenté de symptômes hystériques, septième mois d’une troisième grossesse, est prise subitement, en se promenant, de perte de connaissance sans aucun signe précurseur. A la suite de cette perte de connaissance, on constate chez cette femme une déviation notable de la face tirée à droite par les muscles contractés. Des mouvements involontaires et presque continuels agitent tous les muscles du corps du côté droit et surtout ceux des membres supérieurs et inférieurs En même temps anesthésie et analgésie complète de foute la moitié droite du corps, parfaitement limitée en avant et en arrière de la ligno médiane. La face, comme le tronc et les membres, présente aussi la paralysie de sensibilité du côté droit, mais de plus tous les sens spéciaux

qui ont leur siège à la tête, sont paralysés du côté droit. Ainsi plus de vision, plus d olfaction, plus d’oui'e, plus de gustation de ce côté, incontinence d’urine, pas d’albumine.

Deux mois après le début, les accidents sont sans changement; mais après l’accouchement la sensibilité réparait subitement sur certains points ; dans d’autres elle reste abolie. La paralysie des sens persiste ainsi quo les mouvements involontaires. Cet état dure six semaines. Guérison au bout d’un mois et demi par l’usage de la strychnine.

Obs. CXVII. — 3o Landry, Moniteur des hôpitaux, 1857. Femme mariée à 18 ans et très-bien portante jusqu’à cette époque, fut prise au troisième mois d’une première grossesse d’accidents nerveux multiformes. Tristesse, penchant au suicide, accès d’hystérie, do catalepsie, de mort apparente ; état d’obtusion ou d’excitation extrême de la vue, de l’ouïe, etc. ; accidents qui persistèrent tout le temps de la grossesse. Après un séjour de quelques jours au lit, quand la malade voulut se lever et marcher, les membres inférieurs s’affaissèrent sous elle. Elle ne pouvait les soulever ni leur imprimer les mouvements nécessaires à la marche. Au lit, elle pouvait cependant mouvoir ses membres, quoique sans énergie; mais ils restaient engourdis et étaient le siège de crampes fréquentes. Les membres supérieurs étaient aussi parfois privés de mouvements, mais d’une manière passagère ; la paralysie des membres inférieurs présentait même quelques intermittences, car certains jours la malade pouvait marcher un peu. D’ordinaire la marche et la station debout étaient absolument impossibles. Miction et défécation normales; rien ne put modifier cet état jusqu’à l’accouchement. Au huitième mois, des accès de somnambulisme se joignirent aux autres phénomènes nerveux; la malade, privée de l’usage des membres inférieurs pendant l’état de veille, se levait la nuit au milieu du sommeil et toute endormie, se promenait dans sa chambre.

L’accouchement fut heureux et rapide; il fut suivi de la cessation immédiate de tous les symptômes nerveux. Lorsque la malade commença à se lever au huitième jour, elle reconnut avec joie que la station debout et la marche étaient possibles et faciles malgré la faiblesse consécutive à un long séjour au lit et à l’accouchement; les membres n’étaient plus ni lourds ni engourdis.

Obs. CXVIII. — 4° Raoul Leroy. d’Étiolles. Hystérie, paraplégie hystérique guérie en trois mois. Première grossesse sans accidents, deuxième grossesse compliquée de paraplégie seulement aux époques menstruelles et durant tantôt plusieurs heures, tantôt plusieurs jours.

Obs. CX1X. — 5° Musset, Traité des névroses, 1840. Deux dames. Pendant toute leur grossesse, insensibilité presque complète des mains.

Charpentier. 15

Un aulre dame. Aneslliésie de la main droite et paraplégie latérale gauche.

Ons. CXX-CXX1. — Golfin, de Montpellier, 2 cas d’anesthésie semblable chez la môme femme, survenant au deuxième mois de la grossesse, disparaissant après l’accouchement.

Obs. CXXII. — Lebreton, Des différentes variétés de la paralysie hystérique. Thèse, 1868. — B. C âgée de 28 ans, mariée. Rien de particulier dans les antécédents; la malade aurait eu des attaques hystériques et môme à l’IIôtel-Dieu de la catalepsie reconnue par M. Monneret.

3 janvier 1867. Tentative d’empoisonnement par le chloroforme, violente attaque de nerfs à la suite. Elle est amenée à l’hôpital. C’est une femme vigoureuse, d’une forte constitution et d’un tempérament sanguin ; elle exhale par la bouche une forte odeur de chloroforme. Excitation générale; anesthésie complète de tout le corps, céphalalgie.

Le 5. État assez satisfaisant. L’anesthésie est toujours aussi complète, insensibilité au chatouillement; les muqueuses nasales et buccales sont insensibles ; locomotion impossible ; les jambes ne peuvent supporter le poids du corps et n’exécutent que de faibles mouvements.

Le 7. Douleurs vives dans la région lombaire; la malade nous apprend qu’elle est enceinte de quatre mois et que c’est sa première grossesse ; le col est un peu mou ; pas de perte.

Le 8. Léger écoulement roussàtre par la vulve. Des douleurs abdominales se montrent; elles seraient survenues, au dire de la malade, après un bain pris dans la journée du 7. Les jours suivants, les douleurs disparaissent, mais la paralysie est toujours presque complète; la sensibilité est obtuse, le caractère de la malade est celui de toutes les hystériques ; il est bizarre, fantasque, elle rit et pleure sans motif.

Le 15, on signale ce jour-là une amélioration assez notable de la paraplégie et de l’anesthésie. Cette femme peut se tenir sur la jambe gauche et marcher lorsqu’on la soutient. L’analgésie a pris la forme hémiplégique ; la limite est nettement tracée ; tout le côté droit est analgés.ié, la peau aussi bien que les muqueuses; la faradisation, très-douloureuse à gauche, n’est pas perçue à droite. L’anesthésie des muqueuses est également complète, ainsi l’électrisation de la langue, fort bien sentie du côté gauche, ne l’est pas à droite. Pendant tout le temps du séjour à l’hôpital, on observe chez cette malade des attaques avec perte de connaissance issue de salive spumeuse. Raideur tétanique du corps avec conservation de la position que l’on donne aux membres. Ces attaques durent de vingt à trente minutes. Au réveil, discours incohérents, pleurs pendant deux ou trois minutes. Ces attaques étaient peutêtre simulées.

Le 19. Paralysie de la vessie, cathétérisme, faradisation cutanée; les parois abdominales ne sont pas électrisées à cause de la grossesse. Garde-robes normales.

Le 26. Douleurs lombaires intenses, perte utérine très-abondante; traitement approprié.

Le 28. La perte est arrêtée, mais un nouvel accident se manifeste, ce sont des hématémèses se renouvelant fréquemment. La quantité de sang rejete peut etre évaluée à un verre dans les vingtquatre heures. Glace, eau de Seltz.

3 février. Môme état, hallucination de la vue ; la malade voit des serpents autour d’elle; son lit est entouré de grandes draperies à couleurs tranchées.

Le 4, l’hématémèse diminue, la paralysie vésicale ne s’améliore pas.

Le 5. Hoquet persistant qui fatigue beaucoup la malade.

Le 8. Hématémèse, électrisation du diaphragme contre le hoquet; les jours suivants le hoquet persiste ainsi que les vomissements de sang mêlé à des matières alimentaires, hémorrhagie rectale. Malgré cela, la constitution ne s’altère pas, l’anesthésie est toujours aussi complète du côté droit.

Le 17. Le hoquet cesse le soir, mais est immédiatement remplacé par une toux continuelle sans crachats et présentant tous les caractères de la toux hystérique.

Le 18. Nuit mauvaise, frisson, sueurs abondantes, vomissements, écoulement blanchâtre par les seins.

Le 23. La toux hystérique cesse à quatre heures, le hoquet lui succède. Hématémèses répétées dans le courant de la journée et écoulement de sang par l’urèthre. Il est â craindre que la malade n’ait voulu se sonder elle-même et ne se soit fait une fausse route.

Le 24. Douleurs lombaires, pertes utérines vers trois heures, la malade rejette par la vulve une masse assez volumineuse qu’elle s’empresse de faire disparaître; l’écoulement de sang par le rectum persiste.

1er mars. Depuis le 24 février, alternatives de hoquet et de toux ; les vomissements continuent, les pertes utérines ont cessé; le cathétérisme, d’abord difficile, s’exécute maintenant facilement à l’aide d’une sonde d’homme; l’écoulement de sang n'a plus lieu par l’urèthre ; la paraplégie a disparu depuis quelques jours ainsi que l’anesthésie.

Du 1er au 14 mars, l’étal général s’améliore, les aliments sont plus facilement supportés. On observe des alternatives de hoquet et de toux; mais ces phénomènes sont peu intenses et do courte durée.

Le 16, électrisation de la vessie.

Le 26, la malade demande sa sortie; la paralysie du mouvement

n’existe plus; la marche se fait bien, mais i’anesthésie du côté droit persiste encore, ainsi que la paralysie de la vessie.

Cette observation est trop complète pour que nous y ajoutions quoi que ce soit. On y trouve toute la série des accidents qui peuvent survenir pendant l’hystérie. Notons seulement l’avortement et l’amélioration qui se produit à dater de cette époque, dans la paralysie du mouvement, mais la persistance de l’anesthésie et de la paralysie vésicale.

Devons-nous, maintenant, faire un chapitre pour les paralysies qui s’accompagnent de contractures des extrémités? Ces cas surviennent surtout dans la lactation, c’està-dire dans la période qui suit pour nous immédiatement l’état puerpéral, mais que nous en avons éliminée tout d’abord. Nous ne le croyons pas, parce que, pour nous, cette période ne rentre pas réellement dans l’état puerpéral, et nous partageons à ce point de vue l’opinion de tous les accoucheurs, qui limitent l’état puerpéral aux suites de couches proprement dites.

Nous rappellerons seulement à ce propos :

Le chapitre d’Imbert -Gourbeyre, à qui nous avons emprunté l’observation citée plus haut de Delpech;

Les leçons cliniques de Trousseau, et nous renvoyons pour la bibliographie au livre de M. Hervieux, article: Tétanos des femmmes enceintes, page 1021.

Il y a bien, dans ces cas, impossibilité pour les membres contracturés, de remplir leurs fonctions habituelles, mais ce n’est pas là de la véritable paralysie.

Notons cependant, pour les rapprocher du fait de Delpech, que plusieurs de nos observations de paralysie ont été accompagnées de contractures.

Voir les observations I, 1 bis , 6 d’Ollivier; 17 d’Imbert-Gourbeyre ;

Gamet, de Lyon, Hoffmann, Rivière.

Ces contractures n’existeraient donc pas seulement dans les cas de paralysie des nourrices, mais elles existeraient aussi quelquefois chez les femmes enceintes et récemment accouchées.

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