De Imbert-Gourbeyre, Hyyea, journal allemand
t. xxm.
Obs. 15. — Stokes, cité par Churchill : mal des femmes. Femme de 30 ans, sixième grossesse au septième mois ou quatrième mois de la grossesse. Coups violents portés par le mari. Le lendemain, hémiplégie gauche. Rien dans les urines. Amélioration progressive. Accouchement naturel. Peu après guérison.
Sont citées commodes exemples d'hémiplégies réflexes. On peut en rapprocher l'observation suivante de :
Obs. 16. — Pellegrini , publiée dans ;es Annales d'Omodei , 1844; Archives médecine, 1845. Femme de 40 ans, déjà mère de neuf enfants ; dixième grossesse; au cinquième mois, céphalalgie,
vertiges disparaissant par trois saignées, des sangsues, la diète. Au septième mois, hémiplégie gauche ; parole gênée ainsi que la déglutilion ; mouvement presque aboli dans la jambe gauche ; sensibilité intacte ; perte du mouvement et '^c sensibilité du bras gauche; déviation de la bouche à droite; pouls lent, plein, onduleux; facultés intellectuelles entamées, femme apoplectique ; tempérament sanguin ; quatrième saignée; sangsues en très-grand nombre et glace; au bout de cinq jours, même état; cinquième saignée à la jugulaire, mais à mesure augmentation de la maladie. Gonflement de la face et du cou énorme; gène de la déglutition. Respiration haute un peu stertoreuse, déglutition et parole très-gênées, commencement de coma. Pellegrini pensant que la distension de l'utérus était la cause mécanico-dynamique de l'apoplexie, proposa l'accouchement prématuré arliBciel. Rupture artificielle des membranes. Dilatation graduelle du col avec la main. Version. Enfant vivant, mort au bout de huit jours. Hémorrhagie abondante après le décollement du placenta.
Le lendemain, sixième jour de la maladie, mieux, diminution de la gêne de la parolaet la déglutition. Quelques mouvements dans la jambe.
Le septième jour, fièvre. On continue la glace et on applique des sangsues derrière les oreilles. Cette fièvre dura jusqu'au vingtième jour.
Au trente-cinquième jour, la malade pouvait se lever; il ne lui restait plus qu'un sentiment d'engourdissement dans le bras gauche, engourdissement qui disparut peu à peu. Le rétablissement fut complet.
Nous n'avons pas besoin d'insister pour faire remarquer combien le traitement (S saignées et des applications répétées de sangsues en très-grand nombre) est en opposition avec les idées actuelles sur la chlorose des femmes en couche, mais le fait méritait d'être cité, ne fiit-ce que comme contraste avec les faits rapportés plus haut, lorsque nous avons étudié les paralysies anémiques. — Est-ce bien ensuite un cas de paralysie réflexe?
Si les paraplégies réflexes sont aujourd'hui admises sans conteste dans la science, les faits d'hémiplégie que l'on a attribués à une action réflexe sont, on le voit, bien peu communs, puisque nous n'en avons trouvé dans les auteurs que six. Et encore, comme nous allons le voir, ils ne sont pas à l'abri de toute discussion et quelques-
uns d'entre eux sont rangés par leurs obsewateurs dans des ordres tout différents.
Examinons un peu ces faits en détail :
pans le premier cas de Lever, il s'agit d'une femme de 24 ans, mère de deux enfants. A deux mois de grossesse, elle est attaquée d'engourdissement du bras droit et d'une grande faiblesse de ce membre. La bouche est Mgèrement déviée vers la droite, et elle ressent de temps en temps des fourmillements et môme de l'engourdissement dans la cuisse, la jambe et le pied gauche. Ces symptômes, modifiés par le traitement, persistent jusqu'.^ l'accouchement.
Dans quatre grossesses suivantes, les mêmes symptômes se sont reproduits peu après le début de la conception et n'ont disparu qu'après la délivrance. Le moment; ajoute Lever, où ils disparaissaient, semblait dépendre de la nature et de la quantité du sang perdu pendant le travail.
Ce fait est extrêmement remarquable et la réapparition des mêmes phénomènes pendant cinq grossesses successives, au début de la conception indique bien l'influence de l'état puerpéral. Mais il ne s'agit pas ià d'une hémiplégie, il s'agit d'une paralysie croisée, portant non-seulement sur les membres supérieurs et inférieurs, mais sur la face, et de plus la paralysie n'est pas complète. Lever indique seulement l'engourdissement, la faiblesse des membres, de plus ces phénomènes ne se reproduisent que de temps en temps, et Lever semblera! t lui-même plutôt disposé à les attribuer à des congestions, puisque, dit-il, le moment où ils disparaissent semblerait dépendre de la nature et de la quantité du sang perdu pendant le travail. Nous l'admettons cependant comme un fait de paralysie réflexe.
Dans le second fait, la femme, âgée de 18 ans, primipare, était enceinte de sept mois et demi. A la suite d'une discussion de famille,évanouissement,et la paralysie, constatée après le réveil, portait sur le membre inférieur droit jusqu'à la partie supérieure de l'abdomen. Le lendemain, nouvelle syncope, paralysie du membre supérieur droit. Persistance des accidents pendant trois jours. Guéri ion. Alors perte de la parole, qui dure trois jours, puis pa-
ralysie du membre inférieur droit jusqu'à la hauteur du genou. Guërison au moment do l'accouchement. Dans une grossesse suivante, perte de la parole pendant quinze jours, et après la délivrance paralysie des membres inférieurs. Guérison.
Or, dans ce cas, les accidents de paralysie des membres ont été précédés de syncopes, de perte de connaissance, ce qui semblerait déjà indiquer une congestion du côté du cerveau; de plus, les accidents ont surtout porté sur les membres inférieurs, les deux dans la deuxième grossesse. C'est donc d'une paraplégie et non d'une hémiplégie vraie qu'il s'est agi dans ces cas. Les accidents, il est vrai, ont été extrêmement fugaces, comme dans le premier cas, mais cela n'est-il pas encore une preuve en faveur de la congestion soit cérébrale, soit médullaire, cette cause essentiellement passagère devant produire des effets de même nature.
(Voir obs. 19.) Dans le cas de Crosse, dont l'observation se borne à une simple note, l'hémiplégie parut un mois avant la délivrance, chez une femme de 27 ans. L'amélioration se produisit avant le travail, et cinq mois après, la guérison était à peu près complète. Mais, ajoute l'auteur, la malade est restée maigre et faible d'esprit et de corps.
L'année d'après, nouvelle grossesse, accouchement sans retour de la paralysie.
Peut-on, sur une note aussi succincte, ranger l'hémiplégie dans une classe plutôt qu'une autre, et la faiblesse rl esprit qui a persisté chez la malade ne semble -t-elle pas plutôt indiquer une légion cérébrale légère, il est vrai, mais suffisante pour avoir laissé des traces indélébiles.
Obs. LVIL Dans le cas de Stokes, femme de 30 ans, septième mois d'une sixième grossesse, cinq enfants bien portants. Au quatrième mois de sa grossesse, violences de la part du mari : coups sur le bras et le côté gauche, laissant des traces de contusion violente. Pas de paralysie.
Trois mois après, au début du septième mois, elle s'éveille dans la nuit avec des fourmillements et de l'engourdissement du bras et de tout le côté gauche. Perte complète du mouvement de ce côté. Au bout de trois jours, on la transporte à l'hôpital ; il y a ira-
possibilité absolue delà marche ou de la station riebout; les muscles delà face, de la langue, du cou, étaient intacts; l'intelligence conservée; la déglutition et l'articulation des sons parfaits. Perte complète do la sensibilité et de la motilité dans le bras gauche, à partir de l'épaule du côté gauche jusqu'à la ligne médiane; en arrière, il y avait insensibilité complète; en avant, la limite n'estpas aussi nette, car il y avait encore de la sensibilité dans la moitié droite du sein gauche.
Dans la jambe gauche, il y avait insensibilitécomplète et perte complète des mouvements volontaires.
Pendant toute la durée do la paralysie, il n'y eut ni atrophie musculaire, ni rigidité, ni contracture. La température était un peu plus basse du côté mala le, et il y avait un léger œdème des jambes. Pas de maladie organique; urine pàle, acide; peu d'urée; pas de dépôt appréciable. Au bout d'un mois (vésicatoires, lotions stimulantes), la sensibilité revient on partie dans la jambe et le bras, entre l'épaule et le coude; il y a quelques mouvements du membre inférieur, mais insuffisants pour que la malade puisse marcher et se tenir debout. Amélioration progressive jusqu'au huitième mois. L'urine, examinée trois jours avant le terme, ne contient pas d'albumine. Dix jours avant le terme, accouchement en quelques minutes d'un enfant petit, mais vivant; une de.tii-heure après, fourmillement et sensation de chaleur dans le coude; peu à peu la sensibilité revient dans le bras et le côté, et très-peu de temps après, la motililé revenant à son tour, la malade pouvait alors lever ses bras au-dessus de sa tète et mouvoir la jambe dans toutes les directions.
Il est au moins singulier que ce soit précisément le côté contus qui ait été pris de paralysie, et quoique celle-ci ne soit survenue que trois mois après, il est difficile de ne pas établir un rapprochement entre ces deux ordres défaits.
(Voirobs. 43.) Enfin, dans lecas emprunté par Imbert-Gourbeyre au journal allemand Hygea, il y a eu d'abord suppression des lochies, puis, cinq jours après, douleurs de tète caractérisées de névralgiques, puis apoplexie, hémiplégie droite, en voie d'amélioration dès le deuxième jour, et réapparition des mouvements dès le troisième jour.
Restent donc en réalité deux faits, celui de Lever où il s'agit d'une hémiplégie croisée, et celui deStokes. Est-on en°droit pour cela d'admettre une hémiplégie réflexe? Nous croyons que sans la nier formellement on doit être
extrêmement réservé sur son admission, surtout si l'on s'en rapporte à ce qn'eu disent les auteurs et en parliticulier M. Hervieux dans son livre. Voici un extrait de cet auteur :
« L'hémiplégie puerpérale réflexe ou par excitation périphérique n'a pas de caractères qui lui soient propres. Elle ne se différencie que par l'absence des conditions au milieu desquelles naissent et se développent les autres formes d'hémiplégie puerpérale. C'est toujours parce qu'il est impossible de rattacher l'hémiplégie, soit à une albuminurie, soit à une éclampsie, soit à une apoplexie, soit à une dyscrasie anémique, soit à l'empoisonnemen t puerpéral que l'on est conduit à admettre une action . réflexe. Plus on fera de progrès dans la connaissance des lésions qui déterminent les paralysies, plus on limitera le nombre de paralysies réflexes. Toutefois, il nous paraît qu'une place devra toujours être réservée à l'excitation périphérique parmi les causes qui souvent donnent lieu aux paralysies dans l'état puerpéral. »
Deux grandes causes pour nous paraissent donc devoir dominer la pathogénie des hémiplégies puerpérales. En premier lieu, nous placerons les lésions cérébrales, congestions, hémorrhagies, tromboses des sinus, — qu'elles soient primitives, comme le veut Menière, ou qu'elles soient consécutives à des affections du cœur, — endocardite puerpérale aiguë de Simpson et Decornière ou endocardite subaiguë, progressive d'Ollivier. Ces affections agissent à leur tour soit rapidement, soit lentement, et déterminent ainsi l'apparition brusque ou lente des accidents hémiplégiques.
En second lieu, les paralysies liées à la présence de l'albumine dans les urines, qu'elles soient ou non accompagnées de l'éclampsie.
Viendraient enfin, mais à titre tout à fait accessoire
et peut-être douteux, les hémiplégies par anémie, par empoisonnement puerpéral et par action réflexe.
Pénétrons maintenant un peu plus avant daus l'étude de ces hémiplégies et voyons si elles n'offrent pas des caractères particuliers qui permettent de les rapporter plus spécialement à telle ou telle cause.
Fréquence. — Tout d'abord, ces hémiplégies sont-elles très-fréquentes? Non, puisque nous n'en trouvons guère que 57 où il y a eu hémiplégie complète et que sur les 1,600 observations que nous avons rassemblées pendant notre clinicat nous n'en avons recueilli qu'une, c'est celle de la malade dont nous avons rapporté l'histoire.
A côté de ces hémiplégies complètes, on en trouve, il est vrai, un certain nombre de partielles que nous relaterons plus loin, mais nous nous proposons de les étudier à part ; il n'en doit pas être question ici.
Il n'en est pas moins vrai que ce nombre est déjà assez considérable et nous croyons qu'il pourrait encore être augmenté. Car chez les éclamptiques ({ui succombent sans avoir repris connaissance, il doit y avoir des cas de paralysie qui ont passé inaperçus à cause de l'état de prostration de coma dont il a été impossible de les faire sortir.
j^gQ^ — A.U point de vue de l'âge des malades, il existe une assez grande lacune dans les observations. Voici les chiffres que nous avons trouvés dans les auteurs :
A 18 ans. Obs. 6 de Lever 1
^49 Obs. de Legroux. Robert Johns, obs 2 "2
^21 — Ollivier, obs. 2. Témoin, obs. 2. P. Dubois. ... .3
^23 Imberl-Gourbeyre, Hygea. Témoin 2
A. 24 — Morgagni 1
25 Maiiriceau. Menière. Boullay. 3
Lever, obs. \ . Ireland. R. Johns. Crosse 4
28 — Velpeau 1
A 30 ans. Stokes. Mauriceau. Ollivier. Rogery 4
A 32 — Ollivier d'Angers ^
A 33 — Sabatier ^
A 34 — Morgagni. Freteau
A 33 — CEslerreichen Wochenschrift. Moniere. Schedei. 3
A 3G — Mac Clinlock. OUivior 2
A 38 — . Churchill ^
A 40 — Pellegrini. Moynier. Robert Johns 3
L'âge des malades ne paraît donc pas avoir une influence bien grande. Si, en effet, nous trouvons une légère prédominance de ^5 à 30, c'est que cet âge est surtout celui où la femme est le plus souvent enceinte, et il est impossible d'après ce tableau de tirer aucune conclusion.
Il en est à peu près de même de la primiparité ou de la multiparité.
Nombre des grossesses.
Nous trouvons en effet chez les primipares. 17 — — chez les multipares, 14
qui se décomposent ainsi :
Ire
grossesse.
Ces faits sembleraient ainsi en opposition avec l'opinion d'Ollivier, mais il faut dire que dans nombre d'observations (28), le nombre des grossesses antérieures n'a pas été noté et que de plus les recherches d'Ollivier étant encore très-récentes et des travaux nouveaux n'ayant pas été publiés sur ce sujet, il y a lu forcément un point de
doute que des observations plus nombreuses viendront sans doute élucider.
Quant à l'époque à laquelle sont survenues ces hémiplégies, elle a été observée avec plus de soin. Les auteurs, en effet, ont tons constaté que ces phénomènes pouvaient survenir pendant la grossesse, pendant le travail et après la délivrance. Dans quelques cas, ces paralysies existaient avant la grossesse qui est venue donner une nouvelle impulsion à la maladie.
Voici comment ces faits se décomposent :
Hémiplégies existant avant la
grossesse Lever. .
Grosse. .
Hémiplégies survenant pendant
la grossesse Menière.
Lever. .
i^rmois. Simpson.
19 cas.
/ De — .\7e -
Grosso
Beatty
Mac Glintock
Pellegrini
Simpson. Imbert-Gourb.
Sabalier
Hamon
Mauriceau
Morgagni
Imbert-Gourbeyre.. • .
Robert Johns
Boullay
Dans les autres cas, il est bien noté que l'hémiplégie survint pendant la grossesse, mais l'époque n'est pas indiquée. Hémiplégie survenant pendant et après l'accouchement :
Pendant le travail 1
Presque immédiatement après la délivrance. 3
2 jours après 1
8 jours l
10 jours 2
i5jours 1
Dans les autres cas, il est seulement dit que l'hémiplégie survint plus ou moins lonj^ temps après la délivrance, au milieu des suites de couches.
C'est donc surtout dans les suites de couches que surviendraient ces hémiplégies, et cela n'a pas lieu de nous suri'rendre puisque c'est alors surtout qu'existe véritablement l'état puerpéral.
Signes et diagnostic. — Maintenant ces hémiplégies pré-' sentent-elles des caractères, des signes spéciaux qui permettent d'étriblir une distinction bien nette entre elles et les hémiplégies survenant en dehors de l'état puerpéral?
Tout d'abord existe-t-il une période prodromique ? Dans certains cas, oui; dans d'autres, non; et si les hémiplégies dépendant de lésions cérébrales débutent le plus souvent d'une manière brusque et, comme le disent les auteurs, par une attaque d'apoplexie, il n'en est plus de même de la forme albuminurique, ou la céphalalgie, les troubles de la vue; dans certains cas même les convulsions ont précédé la plupart du temps l'attaque de quelques heures, quelquefois de quelques jours. Si l'on veut bien se reporter à ce que nous avons dit de la pathogénie, il faudra donc, chez toutes les femmes dans l'état puerpéral, examiner avec soin le cœur d'une part, les urines de l'autre, et se tenir sur ses gardes lorsque Ton aura constaté des troubles cardiaques ou de l'albumine. Les lésions du cœur, il est vrai, peuvent être la cause des hémiplégies en dehors de l'état puerpéral ainsi que l'albuminurie, mais comme cette dernière maladie en particulier est une des complications qui chez les femmes enceintes ou en travail peut déterminer des accidents de la plus haute gravité on devra toujours, pour peu que la femme présente un peu d'œdèmc et se plaigne de malaises généraux, exa-
Gb.'iri>cnticr, ^
ininei' avec soin les ui-ines oL y i-echurcher la présence de l'albuinino. Cet examen dovrait, du reste, être pratiqué chez toutes les femmes enceintes. Ces prodromes, cépUalalgie, troubles de la vue, douleurs épigastriques sont, il est vrai, bien plutôt des symptômes d eclampsio que d'hémiplégie ; mais comme nous avons vu souvent dans nos observations ces hémiplégies succéder à l'éclampsie, il est bon d'en tenir compte et grand compte. Nous admettrons donc dans quelques oaa une sorte de période prodromique, mais, le plus souvent elle fait à peu près complètement défaut.
Qu9.nl aux caractères de la paralysie en elle-même, voici ce que Ton peut contater.
Si souvent elle débute brusquement, envahissant de suite et d'emblée les deux membres et souvent en même temps la face ; souvent aussi les membres supérieurs et inférieurs ne sont pris que successivement, comme dans les observations de Lever, Simpson, Grosse, etc.
Quelquefois même l'hémiplégie est incomplète, partielle, comme nous le verrons quand nous étudierons cette classe de paralysie, portant alors tantôt sur le membre supérieur et souvent accompagnée de paralysie faciale, d'amanrose, tantôt sur le membre inférieur du même côté ou du côté opposé; tantôt, enfin, limitée à la face. Partielles en un mot. C'est même ce qui nous a engagé à étudier à part cette forme de paralysie, les tiuteurs suivant leurs opinions les ayant rangées dans la classe deg hémiplégies ou des paraplégies.
Elles portent à la fois sur le mouvement et la sensir hilité, a'accompagnant rarement de troubles du côté de la vessie et du rectum. Nous avons pourtant noté la paralysie de la vessie dans l'observation qui nous est personnelle, plus rarement encore peut-être de troubles de l'intelligence qui reste intacte parfaite aussitôt que la malade
a recouvré sa connaissance. Il y a, il est vrai, de l'embarras de la parole, mais cela tient surtout à la gêne des mouvements de la langue, et à part notre observation où il y a eu un délire persistant pendant plusieurs jours, à part les deux laits de Témoin où le délire est noté, nous' ne trouvons rien de semblable dans les autres observations. La paralysie, en un mot, semble limitée aux mouvements et à la sensibilité.
Les lésoins du mouvement sont même le fait prédominant. Tantôt bornées à une simple faiblesse, un simple engourdissement accompagné dans quelques cas de frémissements, de fourmillements, de douleurs plus ou moins vives dans les membres atteints, c'est dans d'autres cas une impossibilité absolue de mouvoir les membres qui restent inertes dans la position où on les place sans que les malades puissent les remuer en aucune façon. Cet état peut n'être que transitoire et passager, et alors les mouvements se rétablissent progressivement, quelquefois même très-rapidement en quelques heures, quelques jours, comme dans plusieurs des observations; d'autrefois, au contraire, cet état est persistant pendant plusieurs mois avant de disparaître d'une façon absolue; d'autres fois, enfin, la mort vient terminer la scène; mais elle est, il faut bien le dire, assez rare, et les malades guérissent le plus habituellement sinon d'une façon absolue, du moins en éprouvant une amélioration qui leur permet de reprendre en partie leurs occupations.
Les troubles de la sensibilité présentent de plus grandes variétés encore que ceux du mouvement, mais ils existent habituellement. Si, en effet, dans quelques cas on a noté la conservation de la sensibilité, dans le plus grand nombre au contraire elle présente des altérations notables. Analgésie, anesthésie, toutes les variétés peuvent exister; c'est même souvent par là que débutent
les accidents. Les malades s'aperçoivent qu'elles sont insensibles d'une certaine partie de leur individu, puis à ceLLe insensibilité succède la lésion du mouvement. Les deux phénomènes : lésions du mouvement, lésions de la sensibilité, marchent alors parallèlement l'un à l'autre, la sensibilité revenant en général la première dans les cas de guôrison.
Cette altération de la sensibilité limitée au côté paralysé ou portant sur le côté opposé est plus au moins profonde et varie depuis Tanalgésie la plus légère jusqu'à l'anesthésiela plus complète, et présente des alternatives de diminution ou de recrudescence, s'accompagnant de sensations de froid ou de chaleur, sans que ces deux agents appliqués localement déterminentdes phénomènes bien appréciables. On peut piquer, pincer les malades sans qu'elles s'en aperçoivent. Un fait des plus curieux est celui de Ley in Chasles Bell on Nerves, rapporté par Churchill, obs. 30. Ce fait a été donné comme un cas de paralysie réflexe ; quoique nous en ayons déjà donné plus haut une analyse , nous le rapportons de nouveau ici en entier comme un des exemples les plus complets que nous puissions donner des altérations de la sensibilité dans les hémiplégies puerpérales.
Obs. LVII. — Obs. 30. Churchill Ley. Mme W., accouchée par une sage-femme à Kiiburn, accouchement facile suivi d'une hémorrhagie a'bondante. Elle est remise de la faiblesse causée par cet accident quand elle est prise trois jours plus tard de fièvre et de grands maux de tèle. Cet état continue pendant quatre jours, puis deux jours plus tard (dix jours après la délivrance), les maux de téte étant accompagnés de pesanteur et d'engourdissement dans un côté, le Dr Ley est appelé en consultation, il trouve la malade dans l'état suivant : céphalalgie violente, surtout d'un côté, et siégeant particulièrement sur l'occiput et la tempe. Celte douleur de tête est accompagnée de violents battements. Un côté du corps est insensible, tout en conservant la contraclililé des muscles volontaires, car elle peut tenir son enfant sur son bras tant qu'elle y porte son attention; mais si celle-ci est détournée par les objets environ-
nants, aussitôt elle lilche l'enfant qui est monacë de tomber; lo soin du même côté est également insensible; la sécrétion laiteuse y est aussi abondante que du côté opposé ; elle voit l'enfant létor et avaler; elle n.e le sent pas; le gonflement mammaire ne produit aucune douleur, et elle ne sent pas ce qu'on appelle la montée du lait, quoique cette sensation soit vivement éprouvée du côté sain.
Sur le côté opposé du corps, il y a perte incomplète du mouvement sans aucune diminution de la sensibilité, le bras no peut porter Fenfant, la main ne peut rien tenir, la jambe se remue avec peine et en exécutant le mouvement propre aux paralytiques. La sensibilité du côté paralysé est telle que la malade se plaint toujours de chaleur et de tiraillements dans ces parlies. Les saignées générales et locales, les vésicatoires et les purgations sont sans effet. "W... quitte l'hôpital point ou fort peu améliorée.
Quelques mois plus tard, étant de nouveau devenue enceinte, celte femme accoucha à terme facilement et sans aucun accident. Seulement, au bout de dix jours, elle se plaignit d'engourdissements des deux côtés, devint de plus en plus insensible et tomba dans un coma complet qui se termina par la mort.
A l'autopsie, on ne trouva aucune altération du cerveau, seulement les ventricules contenaient un peu plus de sérosité que de coutume; de plus, du côté opposé au siège primitif du mal, on trouva un léger épaississement des membranes dont la vascularité étdit un peu augmentée. Enfin quelques adhérences en quelques points, dans d'autres un dépôt incolore transparent et comme gélatineux.
D'autres fois, au contraire, au lieu de l'analgésie et de l'anesthésie c'est une véritable hyperesthésie qui existe et elle s'accompagne toujours alors de sensations de froid ou de chaleur comme dans l'observation précédente et dans celle qui nous est personnelle.
Cette variété dans les symptômes peut même servir à préciser davantage le diagnostic et permet de remonter dans nombre de cas à la source des paralysies.
C'est ainsi que dans le cas de paralysie dépendant d'affections du cerveau, hémorrhagies ou autres, le début est toujours brusque, rapide et que les accidents arrivent d'emblée à leur summum d'intensité; qu'ils sont persissistanls et se terminent souvent d'une façon fatale. Tandis qu'au contraire dans ce qu'on a appelé paraly.sie ré-
flexe le débul est insidieux, les lésions du mouvement d'abord caractérisées par de la faiblesse, de l'engourdissement ne se transforment que peu à peu en hémiplégie complète. De plus, la lésion dans le premier cas frappe presque toujours tout à la fois les deux membres supérieur et inférieur, tandis que dans l'autre cas, on observe souvent ces paralysies partielles sur lesquelles nous nous sommes réservé de revenir. De plus, dans ce dernier cas, les lésions de la sensibilité présentent surtout ces variétés dont nous venons de parler, tandis qu'au contraire dans le cas de lésion du cerveau la sensibilité est généralement abolie aussi complètement que le mouvement.
Dans la variété albuminurique, outre ce grand fait de la présence de l'albumine qui servirait déjà seul à les différencier, il y a le plus babituellement des prodromes, céphalalgie, troubles visuels, éclampsie, convulsions ; en un mot, un ensenble de symptômes qui ne permettent pas de les confondre avec d'autres.
Ajoutons enfin, dans ces cas, l'absence de réaction générale : fièvre, accidents de péritonite, de phlébite, de lymphangite ou autres, qui existeraient au contraire pour M. Hervieux dans ce qu'il appelle les paralysies par empoisonnement puerpéral.
Nous avons déjà fait nos réserves sur cette classe de paralysies, nous n'avons donc point à y revenir.
On voit qu'en somme, ces hémiplégies ressemblent beaucoup à celles qui surviennent en dehors de la grossesse, et que ce qui permet d'en faire une classe à part, c'est le fait seul de leur production dans l'état puerpéral; car pour ce qui est de l'albuminurie, il est aujourd'hui admis par tous qu'elles peuvent survenir dans cette maladie non-seulement hors l'état de grossesse et dans la maladie