BOMBYCES
Fam; — NYGT^OL.ID^
G. 1. — 8ARR0THRIPA Curt.
8. Reuayana S. V. — Cette espèce, seule du genre, ressemble plus à une Tordeuse qu'à un Bombyce, d'autant plus que sa chenille lie en paquet les feuilles au milieu desquelles elle vit. Cette chenille se trouve en juillet sur les saules et sur le chêne. Les papillons éclosent de juillet à octobre. On a remarqué que la forme type vivrait de préférence sur le chêne, tandis que les chenilles qui se nourrissent de saules donneraient les variétés diluiana et degenerana.
G. 2. — NOLA Leach.
Les Noia sont rarement récoltées par les lépidoptéristes qui se limitent aux macrolépidoptères. Leur petite taille et leur aspect les faisant prendre facilement pour des Tordeuses, ce qui fait que plusieurs espèces sont réputées plus rares qu'elles ne le sont réellement. Leurs chenilles demi-velues n'ont que quatorze pattes. Elles se nourrissent des lichens qui poussent sur les branches (comme celles des Lithosies) et se transforment en chrysalide dans une coque papyracée en forme de nacelle. On peut se les procurer en battant les buissons et les élever en captivité sur les branches où elles vivaient et qu'on aura soin d'arroser tous les jours au moyen d'un pulvérisateur.
N. Togatulalls Hb. — Chenille au printemps sur les lichens des arbres et des rochers. Papillon en juin-juillet
m, ouculatella L. — Chenille en mai, sur poirier, prunier, prunellier, aubépine, sorbier, etc.; papillon en juin.
Ô36 E. ANDRÉ. — LÉPIDOPTÈRES DE SAONE-Et-LOIRE.
N. confusalis H. S. — Chenille sur le chêne et le hêtre.
Papillon en avril et juillet. R.R.
N. centonalis Hb. — Roches de Saint-Sernin-du-Plain. Deux
exemplaires (C*). Juillet. R.R.R.
N. chiamydulalis Hb. — Môme localié, en juin-juillet. R.(C*).
Faic. <— CflUx^OPHORID^
G. 3. - EARIA8 Hb.
£. chlorana L. — La chenille vit entre les feuilles des saules qu'elle lie en paquets. Elle se métamorphose vers la Gn de juillet, passe l'hiver en chrysalide et le papillon éclot en mai et juin de l'année suivante. R. dans les bois des environs d'Âutun et aux environs de Mâcon : vers les saules qui bordent la ligne de Genève (Saint-Clément, Pont-de-Veyle, etc.), route de Lyon (peupliers) et aux Perrières de Placé.
G. 4. - HYLOPHILA Hb.
//. Praainana L. — Chenille sur le chêne et aussi sur le hêtre et le bouleau de juillet à octobre; elle passe l'hiver en chrysalide et le papillon éclot en mai et juin.
H. Queroana S. V. — La chenille vit sur le chêne, de préférence ; passe l'hiver très petite et se chrysalide en mai. Le papillon éclot en juin et juillet.
Faic. — LITHOSID^
G. 5. - NUDARIA Steph.
Les chenilles se nourrissent des cryptogames microscopiques (Lepra, Patellaria, etc.) qui couvrent les rochers, les murs, les tuiles des toits. Elles sont couvertes de très longs poils grisâtres, implantés sur des tubercules ; leur corps est
CATALOGUE RAISONNÉ. — BOMBYGES. 237
presque diaphane. Elles se métamorphosent dans une coque très mince qu'elles garnissent de leurs poils. La chrysalide est courte, bombée sur le dos et déprimée sur les côtés.
M. mundana L. — R.R. Lyon (Sonthonnax) en juillet, sur les vieux murs en pierres sèches. D'après M. Constant, est difficile à découvrir parce qu'elle s'envole peu volontiers.
M. murina Esp. — O.C. à Mâcon en juillet. Pour se la procurer en abondance, il suffit de se placer à la lucarne d'un grenier près des toits en tuiles, de neuf à onze heures du soir, muni d'une lanterne dont la lumière l'attire. On en prendra sûrement, au filet, parfois par centaines. Il y a quelques années cette espèce était si abondante à Mftcon que beaucoup de commerçants étaient forcés de balayer la façade de leurs boutiques pour détruire les quantités de chenilles qui cherchaient à remonter sur les toits d'où elles avaient été enlevées par le vent. On trouve le cocon sous les tuiles et dans les greniers.
On trouve beaucoup plus rarement la variété Gine^ raacena H. S., dont les ailes sont d'un cendré obscur, avec les points réunis en lignes.
G. 6. — GALUQENIA Dup.
G, miniata Forst. — J'ai trouvé plusieurs fois cette charmante petite espèce au bois de Saint-Léger (Gharnay) et au bois de Naisse, en juin-juillet. Sa chenille se trouve en mai ; elle se nourrit des lichens des arbres.
G. 7. — SETIlilA Bdv.
Les espèces de ce genre habitent pour la plupart les hautes montagnes. Notre département ne renferme que deux
espèces dont une, Mesomella, se trouve même à 2 à 300 mètres d'altitude.
Leurs chenilles se nourrissent de lichens et mêlent leurs poils aux quelques fils soyeux qui composent leur coque.
S. irrorella L. — R. Sur les montagnes arides, en juilletaoût. J'en ai pris une paire sur le pont de Gize- Bolozon (Ain).
8, mesomella L. — C. dans les bois en mai et juin. On trouve la chenille au pied des chênes, dans les feuilles sèches, dans les endroits les plus chauds. Bois de Saint-Léger (Charnay), bois de Naisse, etc.
G. 8. — LITHOSIA F.
Les chenilles ont à peu près les mêmes mœurs que celle du genre SeUna.
L griseola Hb. — R.R. Aux environs d*Autun, en juillet. Sa chenille se nourrit de Parmelia saxatilis, Hagenia ciliaris, etc.
L depresaa Esp. — Un exemplaire en juin, bois de sapins d'Ornez près Autun (C). Chenille sur les lichens des chênes, des hêtres, des pins et des sapins.
L. complana L. — Coteaux secs, bruyères, etc., de juin en août. C'est la plus commune de toutes nos Lithosia (G*). Je n*en ai pris que deux ou trois exemplaires aux environs de Mâcon (And.). La chenille mange les lichens des arbres, se tient cachée dans les feuilles sèches, au pied des arbres dans les endroits chauds et abrités.
/.. lurideola Zk. — Mêmes époques et localités que complana^ mais plus rare (C*). Chenille en mai, après les pluies, contre les troncs des chênes.
L eaniola Hb. — R. En juillet, aux environs d' Autun (C). A Mâcon, cette espèce et surtout sa variété lacteola sont parfois très abondantes, au bas des vieux murs, contre
CATALOGUE RAISONNÉ. — BOMBYCES. 239
les troncs des tilleuls du quai du Breuil, etc. Sa chenille se nourrit des lichens qui croissent sur les vieilles tuiles des toits, au bas des vieux murs et sur les troncs d'arbres.
L unita Hb. — R. Environs d'Autun en juillet -août (C*, Mathieu).
I. lutarella L. — R. Bruyères, lieux arides, de mai à juillet. Trois exemplaires aux environs d'Âutun. Deux exemplaires à Davayé, sur la roche.
L auréola Hb. — Sommet des bois aux environs d'Autun : Montjeu, Auxy, etc., en juin et juillet. Un peu moins rare que les précédentes (C). Chenille sur les lichens des arbres.
. G. 9. — QNOPHRIA Steph.
G, quadra L. -• D'après M. Constant, cette espèce est assez commune dans les bois en juin et juillet et sa chenille se nourrirait de feuilles de chêne; en mai. E. Berce a réussi à Télever sur des écorces couvertes de lichens, mais jamais avec des feuilles. J'ai trouvé un mâle au bois de Saint-Léger et deux femelles sur le quai Sud, à Mâcon.
6. rubricollia L. — R.R. Dans les bois : Montjeu, Planoise, en juin-juillet (G*).
Fam. — GHELONID^ G. 10. — EMÏDIA Bdv.
f. grammica L. — N'habite que les régions calcaires et vole en plein soleil avec une grande vivacité. Pas très rare sur les coteaux incultes et pierreux des environs de Chalon et à Saint-Sernin-du-Plain, en juillet (C*). Chenille sur les graminées, le plantain, le pissenlit, et une grande quantité de plantes basses, en mai et juin.
E. cribrum L. — Mêmes localités, mais beaucoup plus rare (C). Chenille également très polyphage.
G. il.-' DEJOPEI A Steph.
*D. pulchella L. — Trouvé un exemplaire de cette charmante petite espèce, le 14 juillet, sur le talus de la ligne de Genève, rive gauche de la Saône, à 100 mètres du département de Saône-et-Loire. On Ta trouvé aussi près de Bourg (abbé J. Lalanne, Manuel entomologique). La chenille vit sur Heliotropium europœum, Echium vulgare. Myosotis arvensis. Dans le Midi cette espèce paraît en juin et septembre.
G. li. — EUOHEUABdv.
f . Jacobœœ L. — G. partout où croît le Séneçon jacobée, dans les jardins, les vignes, etc., en toai et juin. Sa chenille, annelée de noir et de jaune d'ocre, en proportions à peu près égales, vit, de juillet en septembre, sur plusieurs espèces de Séneçon et construit une coque d'un tissu léger et transparent où elle se métamorphose en chrysalide.
G. 13. ~ NEMEOPHILA Steph.
Chenilles très vives et très polyphages, couvertes de bouquets de poils courts, devenant plus longs sur les derniers anneaux. Les chrysalides s'abritent dans une coque molle, assez grande.
N, ruasula L. — C.G. Certaines années et R. pendant d'autres, sur les collines calcaires, herbues et pierreuses. Manque à Âutun. Le mâle s'envole si on le dérange. La femelle, beaucoup plus rare, reste immobile et c'est par hasard qu'on la trouve cachée dans l'herbe. On peut la confondre, à première vue, avec Spilosoma fuliginosa. Mai à août. Chenille en avril-mai. sur pissenlit, plantain, caille-lait, mouron, etc.
CATALOGUE RAISONNÉ. — BOMBYCES. 241
M. plantaginia L. — Propre aux montagnes d'une certaine élévation : parc de Montjeu, Planoise, Âuxy, etc., en juin. Rare dans nos contrées. Elle vole en plein jour, et ses couleurs la font aisément confondre avec les plus petites espèces du genre Ârgynnis, bien qu'elle n'ait pas les mêmes allures dans le vol. Notre type ne varie pas. Je doute que cette jolie espèce habite le Ghalonnais (C). Je ne Tai jamais vue aux environs de Mâcon. Sa chenille vit en mai, sur plantain, pissenlit, laitues, mouron, etc.
G. 14. — GALUMORPHA Latr.
Chenilles assez allongées, ornées de couleurs variées et hérissées de poils courts ; se cachent pendant le jour sous les pierres, les feuilles sèches, etc. Chrysalide abritée dans une coque légère.
e. dominula L. — Prairies syl va tiques, lieux ombragés, bords des ruisseaux, etc., en juin et juillet. Pas très rare aux environs d'Autun ; moins commune dans les terrains calcaires (C). Chenille très polyphage, adulte en mai-juin.
0. hera L. — R. Aux environs d'Autun, peu commune dans les régions calcaires; cependant je l'ai trouvée une année en grande abondance à Davayé, sur les fleurs de chardons. Une seule fleur en portait souvent trois ou quatre. En juillet-août. La chenille se nourrit de plantes basses et arbrisseaux, en mai-juin.
G. 15. — CHELONIA Latr.
Chenilles très poilues, d'allures très vives, vivant isoléinent. Chrysalides dans des coques, spacieuses, d'un tissu léger où les poils de la chenille se trouvent incorporés. TOME xvxi. 16
242 E. ANDRÉ. — LÉPIDOPTÈRES DE SAONE-ET-LOIRB.
G. caja L. — C. Partout en juin-août. Papillon très variable pour la couleur et surtout l'étendue des taches. Chenille très commune, à longs poils noirs sur le dos et roux sur les côtés. Elle se trouve depuis le printemps sur les orties, la patience, le pissenlit, les laitues et toutes les plantes basses, arbustes et arbres. On la considère même comme nuisible à la vigne. J'en ai vu manger des feuilles de buis desséché, et un entomologiste qui avait eu Tidée d'en enfermer dans un mouchoir de poche a constaté qu'elles s'étaient échappées en faisant des trous dans l'étoffe. Malgré leurs longs poils elles sont fréquemment atteintes par un diptère dont les larves mangent intérieurement la chenille, puis la chrysalide. Certaines années on en trouve beaucoup, immobiles à l'extrémité d'une brindille et ayant l'apparence de la vie. Si on les prend, on s'aperçoit qu'elles sont mortes et que leur chair est remplacée par de nombreux filaments d'un cryptogame qui s'est développé à l'intérieur. J'en conserve en collection depuis plusieurs années des échantillons ainsi préparés naturellement. Ces dififérentes causes rendent le papillon assez rare relativement à Tabondance de la chenille.
G. villica L. — R. A Saint-Clément, Hurigny et à Château- Vieux (Ain), en juin. D'après M. Constant, sa chenille vit de préférence sur le chèvrefeuille. Elle mange aussi une foule de plantes basses, et M. Fettig a obtenu une variété à ailes inférieures très rembrunies (ab**" nigrella) en nourrissant de radis noir un certain nombre de chenilles.
G. Hebe L. — R.R. Parc de Montjeu (Roidot-Deléage) ; j'ai vu un exemplaire vivant qui aurait été pris à Mâcon, contre le mur de l'école de la rue de Lyon, par M. Pagnon. Chenille en mars-avril sur séneçon, millefeuille, pissenlit, armoise. Elle passe l'hiver cachée dans les grosses toufifes de luzerne et de centaurée.
CATALOGUE RAISONNÉ. — BOMBYGES. 243
G. purpurea L. — R. Aux environs d'Autun ; plus abondante dans la région calcaire des vignes. Sa chenille est extrêmement vive, et comme elle se laisse tomber à la moindre secousse, elle échappe très souvent à la main du naturaliste, en se glissant sous les herbes et les feuilles sèches. L'insecte parfait éclot en juin (C). Vit sur chêne, groseillier, orme, genêt, spirée, plantain, pissenlit, patience, etc., etc., d'avril en juin. Je ne l'ai jamais trouvée aux environs de Mâcon (And.).
G. curialis Esp. — R. En juin, sur les coteaux calcaires de Givry, près de Chalon (C). Chenille en mai sur la patience et autres plantes basses.
G, maculosa God. — Je ne Tai jamais prise moi-même, mais j'ai eu la preuve de son existence dans notre département par un individu que j'ai vu éclore chez un amateur de Chalon, d'une chenille élevée, sans le savoir, parmi des chenilles de curialis (C). Chenille en mai-juin sur le grateron.
C. casta Esp. — Pelouses sèches et pierreuses de certaines parties des vignobles, en mai. Charmante espèce, très localisée et toujours estimée, car elle s'est constamment maintenue, dans le commerce, à une certaine valeur. La chenille vit sur l'Asperula cynanchica, et n'était pas très rare, il y a quelques années, dans les localités qu'elle habite. Aujourd'hui, les amateurs de Chalon prétendent qu'elle a presque entièrement disparu. Serait-ce qu'ils la recherchent avec moins de soin qu'autrefois? (C* 1866). — Cette espèce a été signalée dans la Côte-d'Or, le Doubs et le Rhône. Je ne l'ai jamais trouvée (And.).
G. IQ. — SPILOSOMA Steph.
Les chenilles de ce genre ont les poils plus courts et plus raides que celles des Chelonia. Elles ont les mêmes mœurs.
8. fuliginoaa L. — C. En juin, puis plus rare en août et septembre, un peu partout. Je la trouve surtout dans la prairie de Saint-Clément. Quand la Saône déborde, on voit flotter un grand nombre de ses chenilles, à poils roux, sur Teau qui envahit les prairies. Ces chenilles se nourrissent de plantes basses.
S. luctifera God. — R. Gare de Mâcon (2 exemplaires), Hurigny, la Senetrière, Bagé (Ain). Papillon en août et septembre. Chenille en juin, sur les plantes basses.
S. mendica L. — R. dans les prairies : Saint-Laurent, Saint- Clément, Saint-Léger, etc., en mai et juin. Chenille en juillet-août sur lamiers, plantains et autres plantes basses.
S. menthaatri God. — C. de mai à juillet, sur les buissons, autour des réverbères, etc. Chenille en été et automne, surtout au pied des murs à la campagne. Se nourrit de plantes basses.
8, urticœ Esp. — R. en juin. Chenille en août et septembre, sur Lamium album, Pteris aquilina, Rumex et autres plantes basses. M. Constant et d'autres entomologistes ont longtemps considéré cette espèce comme une simple variété de menthastri. C'est bien une espèce distincte car on ne trouve pas d'individus intermédiaires. En outre la chenille d*uriic3B est beaucoup plus foncée que celle de menthastri et porte sur les trois premiers anneaux seulement, une raie dorsale blanche qui s'étend sur tous les anneaux chez celle-ci.
S, lubrieipeda S. V. — R. de mai à juillet. Un o* vers l'octroi de Sancé; un couple à Sancé, au bas d'un buisson. Les chenilles éclosent neuf à dix jours après la ponte et sont adultes en septembre-octobre. Elles vivent sur les plantes basses, comme leurs congénères.
CATALOGUE RAISONNÉ. — BOMBYCES. 245
Fam. — HEPIALID^
G. 17. — HEPIALU8 P.
Chenilles allongées, décolorées, munies d'un écusson corné sur le premier anneau et vivant sous terre où elles se nourrissent de racines de plantes herbacées.
Leurs chrysalides sont garnies sur le bord postérieur de chaque segment de l'abdomen de petites épines tournées en arrière. Ces épines leur servent, au moment de l'éclosion, pour avancer par une série de mouvements de Tabdomen et se dégager à moitié avant la sortie du papillon.
//. 8yluinu8 L. — C. en mai et août, dans les prairies. Chenilles dans les racines de patience et de plantain. On trouve difficilement cette espèce le jour ; c'est le soir, à la lanterne, qu'il faut la chercher.
//. lupulinua L. — Mêmes époques et localités que SylviniÀS. Chenille dans les racines de Rumex, Plantago et Solidago.
//. Hectus L. — Bois et bruyères : Brisecou, Ornez, Montjeu, forêts du Morvan, etc., en juillet (C*). Chenille dans les racines de Rumex, Plantago, Vaccinium, Erica.
XW. Velleda Hb. — J'ai trouvé, le !•" août 1894, contre un mur, dans la cour de l'hôtel de ville, à Mâcon, une »p de cette espèce qui paraissait n'avoir pas encore volé. Sa présence doit être regardée comme accidentelle, car elle habite ordinairement les hautes montagnes.
Fam. -- COSSID^
G. 18. — COSS(/S Fab.
0. ligniperda F. — La chenille de cette espèce est aplatie et allongée avec le dessus du dos de couleur lie de vin. Elle vit sous Técorce des arbres puis dans l'intérieur
246 E. ANDRÉ. — LÉPIDOPTÈRES DE SàONE-ET-LOIRE.
du tronc où elle creuse de profondes galeries. Elle dégorge pour cela un liquide acre et nauséabond qui ramollit un peu le bois. Ses fortes mandibules lui permettent ensuite de le mâcher. J'ai trouvé une fois une de ces chenilles sur le tronc d'un chêne, à Saint-CIément ; mais elles restent généralement à l'intérieur. Dans le parc des Tireurs maçonnais plusieurs arbres ont été détruits par ces parasites, heureusement assez rares dans notre région. La chenille du Cossus vit deux ans puis prolonge sa galerie jusqu'au bord de l'écorce dont elle ne laisse qu'une très mince pellicule. Elle se construit à cet endroit un cocon composé de débris de bois agglutinés par quelques fils soyeux. On peut élever cette chenille avec des pommes coupées en deux et recouvertes de sciure de bois. Le papillon éclot en juin-juillet.
G. 19. — ZEUZERA Latr.
Z. œsculi L. — La chenille blanchâtre avec de nombreux points noirs vit dans les maronniers d'Inde, noyers, châtaigniers, peupliers, frênes, ormes, tilleuls, bouleaux, chênes, poiriers, pommiers, noisetiers; je l'ai trouvée dans le lilas et le groseillier. Le papillon, toujours assez rare, se trouve un peu partout en juilletaoût.
Fam. — GOCLIOPOD2£
G. 20. — UMAC0DE8 Latr.
L teatudo S. V. — Chenilles courtes, déprimées, glabres ou légèrement poilues, en forme de cloporte ou de tortue. Leurs pattes membraneuses sont en forme de ventouses, et leur servent à marcher à la façon des limaces (d'où vient le nom du genre). Elles s'enferment dans
CATALOGUE RAISONNÉ. — BOMBYCBS. 247
une coque assez solide et de forme régulière où elles restent à l'état de chenille de septembre à avril. Le papillon éclot en mai-juin. Il est essentiellement nocturne. On peut le récolter, ainsi que sa chenille, en battant les chênes et les hêtres sur un parapluie ouvert.
Fam. — LIPARID2£
G. 21. — P0RTHE8IA Steph.
P. chrysorrhœa L. — La chenille de cette espèce est peutêtre la plus nuisible de toutes. Les buissons, les arbres fruitiers, les bois même ont à souffrir de ses déprédations pendant presque toute Tannée. Elle est couverte de poils veloutés disposés en rangées de touffes blanches, rouge brique et brunâtres. Dès le mois d'août les buissons sont couverts des toiles soyeuses au milieu desquelles s'abritent de nombreuses familles de ces jeunes chenilles. Pendant l'hiver elles s'enferment dans leur nid où les oiseaux vont rarement les chercher, car les poils dont elles sont couvertes les rendent sans doute peu délicates à manger! Tout le monde a expérimenté sans le vouloir la propriété irritante de ces poils, car il arrive souvent qu'après avoir cueilli des fruits, on ressent de vives démangeaisons qui ont pour origine le contact d'une de ces chenilles ou simplement la chute de ses poils sur le cou ou sur les mains. Ces chenilles se chrysalident à la fin de juin, sur les branches, dans un léger cocon formé de fils de soie mélangés de poils. Le papillonne vole que la nuit. Dans le jour on le trouve posé sur les buissons, d'où il se laisse tomber dans l'herbe à la moindre alerte. Il est beaucoup moins commun que la chenille. Les femelles pondent sur les branches ou sur les feuilles, de nombreux œufs disposés en une traînée souvent longue de
2 à 3 centimètres, large de 5 à 6 millim. et recouverte des poils soyeux de leur abdomen. Cet abri qui serait si efficace pour les préserver du froid n*a pas à remplir ce rôle pendant leur existence de quelques jours, au mois de juillet. Son utilité paraît être plutôt de les protéger de la pluie et, peut-être de Tardeur du soleil. G*est principalement contre cette espèce qu'est dirigée la loi relative à Téchenillage. Son application partout rendrait peut-être Tespèce plus rare; mais les terrains des communes et de l'État n'étant échenillés par personne, le résultat est insignifiant. Heureusement, il arrive qu'elles sont parfois si nombreuses qu'elles périssent de faim, ayant tout dévoré avant leur transformation en chrysalides. Certains insectes parasites en détruisent aussi d'immenses quantités.
P. auriflua S. V. — R. dans les bois. Chenille isolée sur aubépine, charme, chêne, saule, prunellier, bouleau, genêt, etc., en mai et juin. Papillon en juillet.
G. 22. — LEUOOMA Steph.
L. aalicis L. — La femelle pond sous les feuilles ou sur le tronc des peupliers de petits œufs verts disséminés dans une écume blanche qui se durcit rapidement et ressemble à un petit crachat. (La Pyrale de la vigne, Toririx Pilleriana^ pond de la même façon.) La chenille, très jolie, porte sur le dos, des taches ovales blanches ou jaune pâle. On la trouve en juin sur les peupliers et plus rarement sur les saules. La chrysalide est aussi une des plus belles. Noir luisant avec des bouquets de poils blanc jaunâtre, elle se trouve dans les interstices des écorces ou dans une feuille roulée , recouverte d'un réseau très lâche de fils soyeux. On la trouvait en abondance, ainsi que le papillon, celui-ci en juillet-août, sur les peupliers de la prairie de Saint-
CATALOGUE RAISONNÉ. — BOMBYGBS. 249
Clément. On la trouve aussi un peu partout où il y a des peupliers. Le papillon, absolument nocturne, est vivement attiré par les lumières. C'est un bon moyen pour le détruire quand il est trop abondant certaines années et devient nuisible aux peupliers.
G. 23. — LA RI A Hb.
£. V. nigrum Esp. — > R. Vole en juillet dans les bois de chênes. La chenille en mai et juin, sur chêne, hêtre, bouleau, tilleul. La chrysalide est d'un beau vert tendre. Mont Saint-Claude, Ornez, Montjeu, Beuvray, etc. (C). Jamais trouvée aux environs de Mâcon.
G. 24. — ORQYIA Och.
0. Gonostigma S. V. — La chenille est très curieuse avec ses trois cornes de longs poils noirs, dont deux à la tête et une à la queue. Elle a en outre quatre anneaux surmontés de brosses de poils d'un jaune citron et le reste du corps d'un bel orange vif avec quelques rares poils. Je l'ai trouvée plusieurs fois, du 15 au 30 avril, sur le prunellier. Elle vit aussi sur chêne, aulne, framboisier, églantier, etc. Chrysalide dans une coque légère entremêlée de poils. Papillon en juin, assez rare.
0. antiqua L. — Commune en juin et septembre, un peu partout. Chenille en mai et août, sur arbres et arbustes, dans les bois et les jardins; ressemble beaucoup à celle de Gonostigma.
G. 25. — PSILURA Steph.
P^monachaL. — Forêts et promenades publiques, en juillet. Assez rare. J'ai trouvé quelquefois la chenille appliquée aux troncs des arbres, en compagnie de celle du Dispar (C^). Ain (Lingot). Chenille sur chêne, hêtre, pin, etc. y en juin-juillet.
250 £. ANDRÉ. — LÉPIDOPTÈRES DE SAONE-BT-LOIRE.
G. 26. — OONERIA H. S.
0. rubea S. V. — R. Je ne Tai pris que deux ou trois fois au vol, en août, dans les bruyères, aux environs d'Âutun (C). Chenille sur le chêne.
0. dispar L. — Chenilles grises, roussâtres ou noirâtres, avec deux rangées dorsales et deux latérales de tubercules surmontés de quelques poils raides. Les tubercules des cinq premiers anneaux ont l'extrémité d^un beau bleu foncé; l'extrémité des autres est d'un beau rouge grenat. Très communes dans les bois, les jardins et sur les arbres des promenades. Il y a quelques années, les concerts militaires qui ont lieu sur le quai Sud étaient presque abandonnés par suite de la grande abondance de ces chenilles qui tombaient des plataiïes sur les promeneurs. En juillet-août, elles se tissent, sous les écorces soulevées, un réseau en soie brune à larges mailles dans lequel elles se métamorphosent. La chrysalide est brune, parsemée de touffes de poils roux et attachée par l'extrémité de l'abdomen. Pendant le mois d'août, on voit les papillons mâles voler rapidement en zigzags à la recherche des femelles qui restent lourdement posées contre le tronc et les grosses branches des arbres qu'elles ne tardent pas à couvrir de plaques de 2 à 300 œufs, chaudement abrités sous les poils jaunes qu'elles se détachent de l'abdomen. Les jeunes chenilles n'en sortent que fin avril de l'année suivante. J'ai pu vérifier un fait curieux relatif à la reproduction de cette espèce. Ayant récolté des chrysalides de femelles (beaucoup plus grosses que celles des mâles), il m'en est éclos plusieurs papillons, qui ont pondu sans avoir été fécondés. Ces œufs, quelques jours après, étant devenus gris, il était évident que les jeunes chenilles s'y étaient formées. En effet, au printemps suivant elles éclorent. Je les élevai, en ne gar-
CATALOGUE RAISONNÉ. — BOMBYCES. 251
dantqueles plus grosses, pour n'avoir que des femelles et celles que j'obtins de cette éducation me donnèrent, sans accouplement, des œufs d'où naquirent encore une fois de petites chenilles bien portantes. Je n'ai pas poussé plus loin l'expérience; mais cela fait déjà deux générations successives sans le concours du mâle !
G. 27. — DA8YCHIRA Steph.
Les chenilles de ce genre ressemblent beaucoup à celles des Orgyia^ moins les trois cornes de longs poils. Elles se métamorphosent de la même manière.
D. pudibunda L. — R. aux environs de Mâcon (Saint-Léger, Blanot); C. aux environs d'Autun et du Greusot. La chenille, à longs poils d'un beau jaune, vit en septembre et octobre, sur presque tous les arbres. Papillon en avril-mai.
D. fascelina L. — R. En juin-juillet. Lieux incultes, champs de genêts, buissons, etc. J'ai trouvé la chenille (qui est presque toute noire) en mai, sur le prunellier, à la Qrisière. Elle vit aussi sur aubépine, hippophaès, bruyère, genêt, trèfle blanc, luzerne.
Fam. — BOMBYGID2£
G. i8. — BOMBYX Bdv.
Les mâles ont les antennes très plumeuses. Ces organes étant le siège de l'odorat ou d'un sens analogue, ils ont ce sens très développé, ce qui leur permet de découvrir les femelles même à une très grande distance. Leur trompe est complètement atrophiée, aussi ne prennent-ils aucune nourriture pendant leur existence à l'état de papillon.
B. cratagl L. — R. Forêts, vergers, etc., en septembre (C*). Chenille sur aubépine, prunellier, bouleau, chêne, cerisier, saule, en avril-mai.
â52 E. ANDRÉ. — LÉPIDOPTÈRES DE SAONE-ET-LOIRE.
B. popùli L. — R. octobre et novembre ; forêts, promenades, jardins, etc. (C). Chenille depuis le printemps jusqu'en mai-juin sur chêne, peuplier, tilleul, hêtre, etc.
B. dorycnii Mill. (= franconica S. V.) — RR. Un individu obtenu par M. Roidot-Deléage d'une chenille trouvée aux environs de Fragny et nourrie de prunellier (C). Le capitaine Mathieu a obtenu d'éclosion un mâle, le 30 juin 1898, au Greusot. C'est plutôt une espèce méridionale ; elle vit aussi sur Statice limonium et Dorycnium sufïruticosum.
B. castrensis L. — Chenille pas très rare sur les coteaux pierreux (Grisière, Chevagny, Solutré, etc.), d'avril à juillet. Elle mange Euphorbes, Erodium cicutarium, Helianthemum guttatum, Taraxacum, etc. Papillon beaucoup plus rare en juillet-août. Le cocon de cette espèce, formé d'une belle soie, rappelle certaines races demi-sauvages du ver à soie du mûrier.
B, neustria L. — O. En juin -juillet. La femelle pond, autour des branches, des œufs gris, luisants, fortement collés ensemble par un vernis insoluble. Ainsi collés, ils forment une bague ou un tube autour de la branche. Les chenilles en sortent au printemps et restent en famille, abritées sous une toile soyeuse, véritable nid, qu'elles n'abandonnent que peu de temps avant de se métamorphoser. Elles doivent leur nom vulgaire de Livrée à la beauté de leurs couleurs. Elles sont en effet rayées longitudinalement de blanc, bleu, rouge et noir. Elles vivent de préférence sur les buissons de prunelliers et sur les arbres fruitiers où elles commettent parfois des dégâts importants. Au mois de juin, elles se transforment en chrysalide, dans un cocon en soie blanche saupoudré d'une poussière jaune. Le papillon est rare relativement à la chenille.
B. laneatris L. — Papillon, rare en octobre, d'après M. Constant. J*ai obtenu ce papillon, le 20 mars 1896, d'une
CATALOGUE RAISONNÉ. — BOMBYCES. 253
chenille récoltée à l'automne précédent. Il aurait donc deux époques d'apparition. La femelle pond ses œufs autour des branches. Recouvert des poils noirs de l'abdomen de la femelle, l'ensemble des œufs ressemble à un petit fuseau garni de laine noire. La chenille, couverte de poils veloutés grenat foncé formant sur le dos des taches ovales entourées de jaune d'or, vit en société à la façon de B. neustria, de Porthesia chrysorrhaBa, etc., sur les buissons et arbres fruitiers. Elle est très commune certaines années; mais très peu arrivent à l'état de papillon, car elles sont détruites en grand nombre par des hyménoptères et diptères parasites.
B. catax L. — G. Certaines années; mêmes mœurs que B. lanestris. On trouve quelquefois la chenille sur le chêne (C*).
B. rimicola S. V. — Très rare dans nos contrées, et je crois qu'il n'est commun nulle part. Chenille sur le chêne, fin mai et juin; souvent attaquée par les parasites. Forêts de Taisey, la Perte, Buxy, etc. Un seul exem* plaire trouvé aux environs d'Autun, octobre (C*).
fi. trifolii S. V. — La chenille est assez commune sur les coteaux arides, dans les mêmes localités que B. castrensis, en mai-juin. Elle vit de trèfle, luzerne, genêt, etc. Papillon en août-septembre. Je n'ai jamais trouvé que la variété Medioaginia, Le cocon se trouve à terre, au bas des broussailles; il est cylindrique, arrondi aux extrémités de consistance parcheminée et les poils de la chenille y sont solidement implantés, de sorte qu'ils pénètrent facilement dans les doigts où ils ne causent pas de graves démangeaisons.
6. (fuercus L. — La chenille de cette espèce est veloutée comme celle de B. trifolii, à laquelle elle ressemble beaucoup; mais elle est grisâtre et vit sur les buissons et les arbres, tandis que la précédente est plutôt jaune
254 E. ANDRÉ. — LËPIDOPTÉBBS DE SAONE-ET-LOIRE.
et vit à terre. Les cocons des deux espèces se ressemblent beaucoup aussi et se trouvent dans les mêmes endroits. Le papillon mâle vole en plein jour, en juillet, et décrit des zigzags rapides. La femelle, au contraire, ne vole presque jamais. Elle pond des œufs sphériques, relativement gros, isolés et non collés, qui éclosent au mois d'août. La jeune chenille passe l'hiver appliquée contre les branches. La variété Quillemotii Trimoulet (= Roboria Sohrk.), dont l'espace terminal des ailes inférieures est complètement jaune, a été trouvée une fois par M. Constant.
B. rubi L. — Chenille très polyphage, se nourrit des plantes
basses et de différents arbustes, entre autres de ronces, ce qui lui a valu son nom. Elle est d'un beau brun orangé velouté et sa longueur dépasse souvent 10 centimètres, en automne. Quand on l'inquiète, elle s'enroule sur elle-même ; c'est pourquoi on la connaît dans les campagnes sous le nom d'Anneau-du-Diable. Quoique complètement développée au commencement de l'hiver, elle ne se chrysalide pas, mais elle attend, sous une pierre ou dans les feuilles sèches, pour manger encore un peu au printemps ; à ce moment il en reste fort peu. Elle se fîle alors un cocon brunâtre, long de 5 centimètres et de consistance légère, comme ceux des Chelonia. Le papillon éclot en mai et juin ; il vole en plein jour. Il est bien moins commun que la chenille.
G. 29. — CRATERONYX Dup.