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forêts. Il ne grimpe pas sur les arbres ; on me Ta signalé en Kroumirie.
Le Macroscellide de Bozet, Macrosoellides Rozeti (Duvernoy), habite le sud de la Tunisie ; mon exemplaire vient de Gafsa, où il n'est pas très commun cependant. On le désigne vulgairement sous le nom de Rat à trompe ; le museau se prolonge en une véritable petite trompe, en partie dépourvue de poils. Les pattes de derrière sont beaucoup plus longues que celles de devant. Il habite les parties élevées, les collines, sous les pierres et dans les creux de rochers.
Non loin de Bir-M'Cherga, et du fait de quelque petit Arabe qui s'en était emparé et l'avait caché là, j'ai trouvé sous une pierre le corps écrasé d'un petit animal auquel je n'aurais pas pris garde, n'eût été la présence de sa queue encore intacte et qui n'avait rien de celle des rats, des Gerbilles ou Gerboises. C'est le Loir de Mumby, Myoœus Mumbyanus (Pom.), que M. Pomel a fait connaître le premier. D'après les renseignements donnés par M. Trouessart à M. Blanc, ce serait à présent VEliomys lerotinus.
Lataste ne distingue pas le Lérot de Barbarie de celui de France. Ne serait-ce que par la queue qui était presque la seule partie bien intacte de mon individu, il me semble qu'on ne peut les confondre. Le nom nouveau qui a été assigné implique bien la séparation des deux espèces. La seconde est appelée par Lataste Bifa lerotina; c'est VElio^ mys lerotinus d'aujourd'hui. La description qu'il donne de la queue se rapporte point par point à mon sujet. Elle a 12 centimètres, est très velue sur toute sa longueur, aussi bien en dessus qu'en dessous et surtout en approchant du bout; le tiers antérieur est gris roux et tout le reste noir, sauf le fin bout blanchâtre en dessous. Le corps, très endommagé, ne permettait pas de bien juger de la couleur qui serait d'un gris cendré légèrement roussâtre. M. Blanc a dans sa collection un exemplaire monté de la même espèce. C'est une espèce plutôt rare.
UEliomys lerotinus se nourrit de fruits, comme son congénère d'Europe, VE. quercinus; il peut manger ceux des jardins quand il en a à sa portée. Dans le cas contraire, c'est-à-dire dans la brousse, il vit presque exclusivement de la Figue de Barbarie et, à son défaut, du suc des jeunes pousses. Aussi se tient-il dans les haies ou bois de Cactus; c'est là qu'on peut facilement le capturer au piège.
La Gerboise gerbo, Dipus gerboa (Desmarets), existe dans le bled de Bir-M'Cherga, sans y être aussi commune que dans d'autres localités, où le terrain est sablonneux et meuble; par exemple, dans les sables d'alluvion de la Hedjerda, aux environs de Medjez-el-Bab. Les parties incultes y sont criblées de galeries; il en est de même dans la plaine d'Oudena. A Bir-M'Cherga j'en ai capturé deux sujets, en démolissant leur terrier, et des Arabes m'en ont apporté deux autres, qu'ils avaient fait sortir de terre en labourant, car elles n'étaient terrées que peu profondément. Il est très difficile de les tirer au fusil, parce qu'elles ne restent pas longtemps en vue, et surtout qu'elles ne progressent que par sauts de côté. La cbair de ces petites bêtes est très blancbe ; c'est un fin morceau à manger.
M. Blanc m'a remis, comme venant de Gafsa, une autre espèce de Gerboise beaucoup plus petite que la première. La coloration générale est très effacée, comme chez la plupart des animaux du désert. Les deux espèces ne peuvent se confondre; c'est le Dipus xgyptius (Wagn.), ou ùipm mawriUinicut de Loche, qui lui donne bien comme synonymie le nom de Dipus wgyptius.
Les Gerboises se séparent nettement des Gerbilles et des Meriones. Chez les premières, la tête est démesurément grosse, les pattes de derrière très hautes avec trois doigts seulement ; la queue très allongée et garnie de poils dans toute sa longueur. Dans la marche, elles procèdent par sauts de côté. Les incisives supérieures sont sillonnées en long sur toute leur longueur, mais peu profondément.
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Chez les Gerbilles et les Mériones, la tête est moins grosse. Les pattes de derrière ne sont pas disproportionnées avec celles de devant ; elles sont munies de cinq doigts ; la queue est moins longue et moins fournie que chez les Gerboises. Elles courent comme les rats, directement et non par sauts. Chez ces deux derniers genres, les incisives supérieures sont sillonnées plus profondément ique chez les Gerboises ; mais ce caractère n'est pas constant, et chez certaines espèces de Mériones, le sillon sur les incisives n'existe pas. D'après Lataste, la disposition des molaires différencie les Gerbilles des Mériones.
Pour capturer vivantes les Gerboises dans leurs terriers, les Arabes usent d'un moyen aussi simple qu'ingénieux. Il suffit pour cela de se munir d*un bâton en bois dur, de la grosseur d'une forte canne, et d'une tige desséchée d'une grande plante herbacée; la première venue est bonne, pourvu qu'elle soit droite, rigide et garnie de ses branches latérales, qu'on casse à 4 ou 5 centimètres de la tige principale. Ceci n'est pas la pièce la moins essentielle pour la réussite de l'opération.
Quand on a trouvé l'ouverture d'un terrier qu'on suppose habité, on enfonce la petite branche le plus avant possible, pour empêcher la Gerboise de sortir; puis, avec le b&ton qu'on enfonce également dans le trou, plus ou moins profondément, suivant la direction de la galerie et l'épaisseur du terrain, on soulève la terre qu'on enlève avec les mains et qu'on rejette de côté, en ayant soin de toujours pousser en avant la tige desséchée. Celle-ci indique la direction et empêche l'animal de se précipiter au dehors. On continue de la sorte, en prêtant l'oreille et ne perdant pas de vue la branche intérieure qui par son ébranlement, ses saccades, indique infailliblement si le terrier est habité. Dans ce cas, on redouble de précaution pour soulever la terre, en se servant de pierres au besoin pour boucher les ouvertures latérales, s'il en existe, jusqu'à ce qu'on arrive au fond du
terrier ; oq n'a plus qu'à s'emparer de l'animal. Habituellement les Arabes se servent pour cela de leur burnous qu'ils jettent sur la Oerboise, dès qu'ils la sentent i fleur de terre; elle se trouve enveloppée dans les plis; on n'a plus qu'à la saisir.
On peut confondre à première vue les terriers de Gerboise avec ceux du Meriones Shawi, les ouvertures à la surface du sol ayant à peu près le même diamètre. Mais en les observant de plus près, c'est-à-dire en les défonçant, on peut se convaincre que les terriers de Gerboises sont généralement simples et n'ont qu'une ouverture qui se prolonge plus ou moins loin et sans atteindre une grande profondeur.
Les Meriones au contraire peuvent se réfugier dans leurs terriers par cinq ou six ouvertures différentes et souvent plus, quand le terrain est meuble; dans les sables, par exemple, quand plusieurs familles ont envahi leur surface, cette dernière est criblée de trous et, en bien des points, cède sous le poids du corps ; il est prudent de regarder où l'on pose le pied.
La partie centrale de toutes ces galeries où se tient habituellement la famille, et où le nid est établi, est à l'endroit le plus profond du terrier.
Le Rongeur qui semble le plus commun autour de Bir-M'Cherga, dans la plaine d'Oudena, aux environs de Tunis, au Bardo, i Saint-Germain et dans une foule d autres points, est le Meriones Schawi (Rozet), dont Lataste admet plusieurs variations que j'ai pu constater, soit dans la taille, la couleur et la nature du poil. Généralement la grosseur du Meriones Schawi se rapproche de celle de la Qerboise ; le dos est roux ou roux brun, le ventre blanc, quelquefois teinté de roux très clair dans le milieu. La queue, sans être aussi fournie que celle des Gerboises, n'est pas nue comme celle des Rats; elle est rousse et se termine surtout en dessus par un pinceau de poils bruns.
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Ces Mériones se creusent des galeries qui s'enfoncent souvent à de grandes profondeurs, surtout si le terrain n'est pas trop dur; dans les endroits avec pierres formant dalles, elles savent enlever les parties meubles qui les séparent et prolonger, par maints circuits, leurs galeries par dessous. Elles ne craignent pas, pendant l'hiver, de se loger dans le terrain remué d'une touffe de Lentisque enlevée, ou dans les chaumes; puis à l'approche de l'été, ou même du printemps, quand les récoltes commencent à monter, tous ces différents trous sont abandonnés, et elles vont en creuser de nouveaux, en pleine terre couverte de céréales, où leur retraite est beaucoup mieux dissimulée.
Ces petits animaux sont très propres, sans nulle odeur, pas plus répugnants à toucher que la Gerboise. Ils se nourissent exclusivement d'herbes et de matières végétales. Dans les nombreux terriers que j'ai visités, j'y ai toujours trouvé les débris de leurs nids, qui sont habituellement situés au plus profond des galeries. A Bir-M'Cherga, ils étaient composés de fibres déliées d'écorce de Romarin qu'ils vont cueillir dans la brousse ; à Saint-Germain, Hammam-Lif, c'était du Jonc.
Dans les rochers du djebel Maouine et dans la brousse environnante, j'ai pris au piège plusieurs exemplaires d'un autre Rongeur, mais bien plus petit que le précédent; c'est le Dipodillus Dodsoni (Thom.), dont la taille est un peu plus forte que celle de notre Mulot, 8 à 10 centimètres du bout du museau à la naissance de la queue. Celle-ci mesure une fois et demie la longueur du corps. La coloration générale rappelle celle du Mériones Schawiy avec le dos plus franchement roux cependant. Le dessous du corps est tout blanc ; la queue bicolore, claire en dessous, presque brune en dessus; son extrémité ne diffère pas du reste.
Cette petite espèce est des plus propres également. Elle ne vit que de matières végétales; j'ai pu m'en assurer en en préparant plusieurs sujets. Dans le nombre, on pourrait
bien signaler quelques variations, soit pour la taille, soit pour la coloration ; il n'y a là qu'une question d'âge et de sexe; l'espèce est toujours unique.
A Saint-Oermain, près Hammam-Lif, M. Blanc a capturé trois ou quatre sujets qui, tout en se rapprochant par certains caractères du Dipodillus Dodsoni, s'en éloignent par d'autres. La taille est plus petite, la coloration du dos plus claire, la queue moins fournie et non bicolore, tout au plus, un peu plus pâle en dessous. Est-ce une variété locale du Dipodillfis Dodsoni ou une espèce nouvelle? La dernière supposition serait la vraie, puisque M. le docteur Trouessart, très compétent dans l'étude de ces petits mammifères, vient de la dénommer Dipodillus Latastei (Trouessart).
Chez Dip. Dodsoni^ le dessous du pied est garni de six tubercules bien apparents. Ils n'existent pas dans Dip. La^ tasiei ou sont en partie atrophiés et disparaissent sous les poils.
Dans sa Note sur les Rongeurs de Tunisie recueillis par M. Marius Blanc^^ M. le D' Trouessart mentionne, parmi les trois localités d'où proviennent les spécimens faisant partie de la présente collection, celle du Bargou. C'est une erreur de provenance à laquelle l'auteur de la note est absolument étranger. Tous les sujets attribués au Bargou ont été capturés dans le bled de Bir-M'Cherga, situé au nord-ouest et à 25 kilomètres environ du massif du Zaghouan. Le point culminant est le signal du djebel Maouine qui a l'altitude de 323 mètres, ce qui constitue, pour ces petits Mammifères, des conditions d'habitat bien différentes de celles qui résulteraient de leur présence dans le massif du Bargou dont l'altitude atteint 1 ,380 mètres, et se trouve à 60 kilomètres plus au Sud.
1. Voyez: Note êur lêê Rong^urê de Tunisie reeueilliê par M, Marita Blanc, par 0. Thomas (du British Moseum), et le D' E. Trouessart, extrait des Bull, de la Soc. zool. de France, année 1903, XXVIII, p. 171.
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Dans oette même note sur les Rongeurs de Tunisie recueillis par M, M. Blanc, M. Trouessart ne fait pas mention de deux particularités extérieures qui permettent de distinguer, au premier coup d*œil, le Dipodillus Dodsoni du Dipodillus Latastei. Dans le premier, Tépaule extérieurement ainsi que Tavant-bras sont teintés de la même couleur que le dos; cette couleur allant en s'atténuant i mesure qu'elle approche de la main. Chez le Bip. Latastei^ ces parties sont entièrement blanches comme le dessous du corps. Secondement, chez le Bip. Dodsoni^ le dessous du métatarsien est nu dans toute sa longueur, tandis que chez le Dip. Latastei, cette partie du pied est garnie de poils blancs jusqu'au bout des doigts ; ces poils sont courts mais bien fournis. Le Dip. Latastei de Saint-Germain, que M. Trouessart considère comme de jeunes sujets, présente les mêmes caractères que le Dip. Latastei du Sud, seulement la teinte du dessus du corps ent plus foncée que chez ce dernier et tiendrait le milieu entre le Dip, Latastei du Sud et le Dip. Dodsoni; une légère teinte de la couleur du dos se manifeste sur Tépaule. Cette différence résidant dans la coloration plus foncée des parties supérieures pourrait aussi provenir de la difïérence d'habitat qui est plus septentrional pour les sujets de Saint-Germain. Il existe dans le Sud, une variété de Dip. Dodsoni à coloration très claire et se rapprochant de celle du Dip. Latastei; mais les caractères énoncés ci-dessus ne permettent pas de confondre les deux espèces, et la tache fauve de l'épaule, quoique moins accentuée, est toujours visible.
De Gafsa, M. Blanc m'a procuré une Gerbille différent des précédentes. Sa taille serait intermédiaire entre celle du Meriones Schawi et celle du Dipodillus Dodsoni. Elle mesure 13 centimètres du bout du museau à la naissance de la queue. Le haut du corps est coloré en fauve très clair, café au lait; le dessous d'un blanc très pur. La queue est de la longueur du corps, peu velue, blanche en dessous ;
les oreilles bien développées et les incisives supérieures sillonnées. D*après la taille et la description sommaire qu'en donne Lataste dans la Faune des vertébrés de Barbarie^ cette espèce pourrait se rapporter au Gerbillus pyramidum (Guvier)^ avec un point de doute cependant, eu égard à la coloration du dessus du corps qui diffère de celle donnée par cet auteur.
Une autre espèce, venant également de Gafsa, se sépare encore plus nettement des précédentes. La taille peut atteindre 20 à 21 centimètres. Les oreilles sont très petites; les incisives supérieures non sillonnées; le dessus et le dessous du corps sont roux Isabelle ou grisâtre ; le dessous sans tacbes. En dessus les poils sont terminés en brun mais inégalement. La queue est rousse, longue de il à 12 centimètres, peu poilue, sauf à l'extrémité qui se termine par de longs poils brun roux, ainsi que les deux tiers supérieurs de son extrémité. C'est le Psammomys Algériens (Thom.).
Une troisième espèce du Sud serait de taille moindre ; du museau à la naissance de la queue 14 centimètres environ. Le dessous du corps est blanc ou gris rosé ainsi que la gorge ; le dessus est d'un roux gris, la tête et le milieu du dos étant peut-être un peu plus roux. La queue, peu poilue, est courte, 6 centimètres, avec le dessus de la moitié postérieure noire, ainsi que l'extrémité qui présenterait quelques poils plus allongés. Les incisives supérieures sont sillonnées; les oreilles très écourtées. Il s'agit sans contredit d'un Meriones; peut-être le Meriones erythurus (Gray) de Lataste, que Locbe appelle Gerbille de Schousboe, Gerbillus Schousboeii (Loche)? En tout cas, Lataste l'a pris aux environs de Gafsa où cette espèce est peu répandue.
Dans le numéro 104 de la Revi^ scientifique du Bourbonnaisy M. E. Olivier donne le Gundi, Ctenodactylus Gundi (Pall.), comme habitant les environs de Tunis; M. Blanc ne Ta capturé et reçu que du Sud. La taille de cet animai