TOME XVII
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longueur de la queue O'^OOG. La longueur du corps est prise au-dessus de la fente anale ou cloaque ; celui-ci mesure 0'°006 de longueur; il est ouvert dans le sens longitudinal, comme du reste chez tous les Tritons. Quant à la longueur de la queue, on ne peut avancer qu'elle soit plus prononcée dans un sexe que dans l'autre, cette longueur étant très variable. Cependant à égalité de taille, celle du mâle serait généralement plus allongée ; mais ce qui caractérise surtout cette dernière, c'est la hauteur qui, pour des sujets de même taille, a, chez la femelle 0°'005 dans le milieu de la queue, et chez le mâle O'^OOS, en comprenant, bien entendu, la nageoire caudale qui forme bordure en dessus et en dessous ; d'ailleurs, sans mesurer la queue du mâle, quand on la place en regard de celle de la femelle, elle paraît bien plus forte, plus haute et plus longue, et la nageoire supérieure plus développée.
Les dents palatines forment plutôt un A qu'un fl à branches assez rapprochées vers le bout et s'écartant un peu en dehors postérieurement. Il n'y a pas de collier permanent; c'est un léger pli de la peau qui semble le remplacer et qui disparait sur le vif, quand l'animal fait certains mouvements de tête ou de mâchoires ; à proprement parler, ce pli n'apparaît véritablement que quand l'animal baisse la tête.
En ce qui concerne la coloration, on ne peut mieux la définir que ne l'a fait Guichenot, pour le Molge Poireti qui ne me semble pas cependant être Tespèce en question, à cause de la disposition des dents. Toutefois, la coloration a de grandes analogies : dessus du corps, de la queue et des membres, d'un vert bouteille un peu jaunâtre, paraissant plus brunâtre chez la femelle, semé dans les deux sexes, de petites taches verdâtres plus foncées, très nettement visibles chez les mâles, surtout à la queue et aux flancs, où elles se détachent sur un fond jaune plus ou moins rougeâtre. Sur la tête et le dos, on n'aperçoit aucune
tache claire ; mais sur les flancs on voit une teinte jaunâtre qui se prolonge tout le long du corps, en dessous. Les carènes de la queue, le dessous des membres et même les doigts sont teintés en minium pâle. Cette couleur qui parait dominer sur le ventre et la gorge est relevée, chez les femelles particulièrement, de petites taches verdâtres nuageuses, mais tout de même isolées; les mâles semblent privés de ces taches le long du ventre.
En comparant entre eux mâles et femelles vus en dessus, on peut à la rigueur reconnaître les sexes ; les femelles ont le dessus du corps sensiblement plus rugueux que les mâles. Chez tous, mâles et femelles, la carène de la queue en dessous est entièrement jaune orangé, sans aucune tache. En dessus, la carène se termine à la naissance de la queue ; une petite dépression médiane lui succède sur les reins ; elle disparait vers le milieu du dos. En dehors de la longueur donnée pour un des plus grands sujets, on ne peut préciser de mesures de détail pour la tête, les membres, etc., car, sur les treize sujets capturés à Medjez, tout en étant de la même espèce, ils présentaient tous des différences de détail, soit qu'on eût à faire à des mâles, à des femelles ou peutêtre à des jeunes. Un d'entre eux présentait même une queue très écourtée, paraissant avoir repoussé.
Dans une autre course du côté de Krombalia, à laquelle je n'ai pu prendre part, et dans des conditions d'habitat assez analogues à celles de Medjez, M. Blanc a rapporté sept nouveaux sujets ne différant en rien de ceux provenant de Medjez.
Probablement que les eaux dans lesquelles avaient été déposés, au Bardo, œufs et adultes, ne leur convenaient pas, car les œufs disparaissaient au fur et à mesure sans qu'on puisse savoir ce qu'ils devenaient ; les adultes périssaient les uns après les autres au bout de peu de jours.
De tout ce qui précède on pourrait conclure, comme l'a fait M. Doumergue à qui M. Blanc avait déjà envoyé les
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mêmes sujets, qu'ils se rapporteraient au Molge Hagenmûlleri (Lataste), avec un point de doute cependant, touchant la distinction des mâles et des femelles, et attendre pour se prononcer définitivement, que M. Doumergue ait pu terminer l'étude de cette espèce que M. Blanc était dans Tintention de lui soumettre de nouveau.
Il serait à souhaiter qu'il en fut ainsi, non seulement pour l'espèce ou la variété ci-dessus, mais pour l'étude complète du genre Molge. Car en terminant sa belle monographie sur les Reptiles de TOranie, M. Doumergue exprime le regret de n'avoir jamais pu, par lui-même ou indirectement, récolter ou faire trouver des Tritons en Oranie; il n'a eu pour l'étude de ce genre que des sujets conservés dans l'alcool, qui ne lui ont pas permis, comme il le dit très justement, de les déterminer d'une manière aussi complète que les autres espèces de Reptiles.
Dans son Catalogue raisonné des Reptiles et Batraciens de Tunisie^ M. V. Mayet, à l'instar de M. E. Olivier, ne cite comme existant en Tunisie, que le Molge Poireti (Gerv.) et le Molge Hagenmûlleri (Lataste). Pour ces auteurs, ces deux espèces ne seraient que deux variétés différant, comme il a été dit plus haut, par la disposition des rangées de dents palatines.
Dans les numéros 362 et 363, 1" décembre 1900 et 1" janvier 1901, de la Feuille des jeunes Naturalistes ^ M. le D' W. Wolterstorff, conservateur du musée d'histoire naturelle de Magdebourg, a publié une revision des Tritons, suivi d'un aperçu des Urodèles de la région paléarctique. Dans cette dernière partie, il fait mention de trois espèces citées par M. Doumergue, mais s'en s'étendre sur leur description. Je cite textuellement en remplaçant seulement le nom générique Pleurodeles, par celui donné par Boulenger :
Molge Poireti (Gerv.).— Sans taches rouges à l'extrémité des côtes; taille atteignant jusqu'à 150 millimètres. Dispersion : Algérie.
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Molge Hagenmiilleri (Lataste). — Sans taohes rouges à l'extrémité des côtes; tête plus étroite, taille ne dépassant pas 100 millimètres (peut-être variété de Tespèce précédente). Dispersion : Algérie orientale.
Molge Waltlii (Micbah). — Côtes très longues, à extrémité très pointue, souvent perforant la peau et toujours, même chez les exemplaires non adultes, marqués de taches rougeâtres ou orangées; taille 200 millimètres et plus. Dispersion : Péninsule Ibérique, Maroc.
D'après les recherches faites antérieurement, celles que nous avons esquissées avec M. Blanc ou qu'il a faites à lui seul, il me semble, au moins pour le moment, que la troisième de ces espèces doit être rayée de la faune tunisienne. Resteraient les deux autres qui, pour M. le docteur Wolterstorff comme pour les auteurs cités plus haut, ne seraient que des variétés d'une même espèce. La caractéristique ne reposant guère que sur une différence de taille ne semble pas une raison suffisante pour les séparer spécifiquement, au moins les deux premières, la disposition de leurs dents palatines étant une simple question d'appréciation délicate à préciser.
Mamiiiitèpes.
Parmi les Mammifères que j'ai pu me procurer ou seule-* ment observer, je citerai en premier lieu, le Chacal vulgaire, Canis aureus (Linn.), très abondant dans la grande brousse à l'ouest de Bir-M'Cherga et au djebel Maouine. Tous les soirs à la tombée de la nuit, surtout quand le temps est clair, on les entend pousser leur espèce d'aboiement plaintif, sorte de oua-oua prolongé auquel répondait le véritable aboiement des chiens de garde. Quand un chevreau manque au troupeau, le petit berger arabe ne manque pas de mettre le méfait sur le compte du Chacal, ce qui est d'ailleurs la vérité quand le troupeau est mal gardé ;
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qui plus est, ils ne se font pas faute de venir la nuit rôder autour des bordjs. Si on a le vent pour soi, on peut quelquefois les apercevoir pendant le jour. Une après-midi, pendant laquelle j'étais assis sur un des versants du djebel Maouine, en pleine solitude, j'en vis défiler un à cent pas de moi, à découvert le long d'une arête rocheuse. Comme il ne m'avait pas éventé, il marchait d'un pas tranquille. Il n'est pas douteux qu'avec beaucoup de persévérance, des observations un peu répétées sur leurs passages habituels en tel ou tel point, on arriverait à en tuer quelquesuns. Les Arabes d'ailleurs ne s'y prennent pas autrement pour les chasser. Quand un animal, chèvre ou âne périt, les Arabes ne prennent pas la peine de l'enfouir ; ils traînent le corps dans un endroit retiré de la brousse où il est bientôt dévoré. C'est un moyen de surprendre le Chacal, en se mettant à l'affût; mais ils sont très méfiants et ce n'est jamais la première nuit, ni même la seconde, qu'ils s'approchent de l'appât. On les entend rôder autour, et ils ne se hasardent que quand ils ont bien reconnu le terrain.
Un Arabe m'en apporta, un jour, un jeune vivant, de la taille d'un petit chat, que je ne pris pas, ne me souciant pas de l'élever et ne voulant pas le tuer.
Le sommet du djebel Maouine est couronné par de grosses masses rocheuses, les unes encore dressées et crevassées, les autres éboulées; c'est par excellence le repaire des chacals.
La Hyène rayée, Hyxna striata (Zimm.), existerait également au djebel Maouine, mais elle y est rare et peutêtre seulement de passage. Quoi qu'il en soit, il nous est arrivé de l'entendre certains soirs, un peu après la tombée de la nuit, pousser son cri habituel : ou^ou-ouj sourd et prolongé, et répété trois fois avec un intervalle de quelques secondes.
Dans le nord de la Tunisie, le Renard est plus commun que le Chacal ; M. Blanc en reçoit journellement. En allant
pêcher et chasser à l'oued Miliane, il m'est arrivé d'en voir 66 défiler le long des falaises de l'oued, hautes de plus de 30 mètres dans certains endroits, très accidentées et crevassées souvent du haut en bas ; des Renards seuls peuvent s'aventurer sur de pareils précipices. Dans son Catalogue des Mammifères de V Algérie, Loche cite trois espèces de Renards. Lataste n'en reconnaît que deux. N'en ayant pas rapporté, il est inutile de m'étendre sur ce rapprochement que rien ne confirmerait.
La Mangouste Ichneumon, Herpestes Ichneumon (Linn.), vulgairement et improprement appelée Aa^on parles colons, n'est pas très rare dans le nord de la Tunisie. Les Arabes en tuent de temps à autre et les apportent à M. Blanc, naturaliste à Tunis. L'exemplaire que j'ai rapporté pour le musée d'Autun vient de chez lui. Un colon de Bir-M'Oherga en avait tué une l'année dernière, sur les pentes du djebel Haouine. A Teboursouk, des Arabes voulaient m'en vendre une tuée par eux, mais elle était en trop mauvais état pour être naturalisée. La Mangouste ne séjourne pas dans la plaine, à moins que celle-ci ne soit très broussailleuse. Elle y creuse alors de véritables terriers; elle se tient de préférence dans les rochers, dans les ruines.
Le ZoriUe, Zorilla libyca (Hempr.), est plus répandu que la Mangouste aux environs de Tunis. Je n'ai pas eu connaissance qu'il ait été capturé à Bir-M'Cherga. M. Blanc en reçoit fréquemment des Arabes qui les chassent autour de Tunis, principalement dans les collines au sud-ouest de la sebkra Sedjoumi. Oe naturaliste a essayé d'en garder de vivants chez lui, soit dans un tonneau avec de la paille, soit dans un petit appartement. Il les nourrissait avec de la viande; mais l'odeur repoussante que dégage cet animal, surtout quand on veut le saisir, lui fit bientôt renoncer à les garder. De même que la Mangouste, il se tient dans les pierres, les rochers, et se creuse, à défaut de l'un et de Vautre, des terriers dans les buissons ou les