SÉANCE DU 28 FÉVRIER
PBËSIDBNGB DE M. LE DOCTEUR eÏLLOT
Étaient présents : MM. André Georges; Bigeard, de Nolay ; l'abbé Bonnin; Bovet; l'abbé Brintet; Bosc; Camusat, du Creuset; Chassignol, de la Boulaye; Chevalier Joseph; Comeau, à la Mine; Croizier Bernard; Croizier Henri; Desmoulins, à Pierrefitte; Dubois; Grézel;Henriot; Jeannet Joseph; Maurice de Laplanche; Marchand, du Creuset; Marchand, de la Machine; Mazimann; Parant Georges; Pernot Ernest; Plassard; Poirson fils; Ponty ûls ; Prévost; Roidot-Errard ; Royer Lucien ; Sirdey ; Varry, du Creuset, et V. Berthier.
M. le D' Gillot prend la parole dans les termes suivants :
« Messieurs,
» Chaque année, en reprenant le cours de nos séances, notre premier devoir est de rappeler les noms de nos collègues disparus et les services rendus par eux à notre Société. Si, pour l'année 1903, la nécrologie n'est pas trop considérable, les regrets n'en sont pas moins vifs et les pertes moins sensibles.
» Le premier en date est Jules Baroin, propriétaire à la Selle-en-Morvan, décédé le 5 février, dans sa soixante-
unième année. Originaire d'Anost, par conséquent Morvandeau pur sang, J. Baroin avait fait ses études au petit séminaire d'Âutun, à une époque où les sciences naturelles étaient particulièrement en honneur dans cet établissement. Il y avait pris goût pour l'entomologie et commencé une collection d'insectes. La gestion de propriétés importantes, d'abord à Anost, puis à la Selle, le détourna des études, et son temps fut partagé entre l'agriculture et la chasse. Mais les souvenirs de jeunesse sont vivaces, et c'est grâce à eux qu'il répondit volontiers à l'appel de vieux camarades, qui étaient restés attachés par des liens de solide amitié à sa nature loyale et franche, et qui Tenrôlèrent, à leur suite, dans les rangs de la jeune Société d'histoire naturelle d'Autun.
» Le 19 mars, succombait, dans sa trente-neuvième année, Joseph Paillard, né à Autun, et également élève du petit séminaire de cette ville. J. Paillard se destinait aux professions libérales, et faisait ses études de droit à la Faculté de Paris, quand il fut victime d'un accident de chasse qui mit ses jours en danger. Il en guérit heureusement avec une légère infirmité au pied, mais aussi avec un changement complet dans ses idées. Il prit, comme associé de son frère, la suite d'un commerce important, que ses parents, laborieux et économes, avaient rendu prospère, et dans lequel ils avaient acquis la confiance générale. Son excellent caractère, son activité, son intelligence développée par ses études antérieures ne pouvaient qu'aider utilement au succès de sa maison, et lui créèrent, parmi les jeunes commerçants autunois, une place si marquante, qu'en 1900, le choix des électeurs se porta sur lui, et qu'il fut nommé, l'un des premiers, conseiller municipal sur une liste d'union républicaine. Il était appelé à y rendre de réels services, quand les premières atteintes d'une inexorable maladie l'obligèrent à négliger les affaires publiques aussi bien que
privées, et à chercher dans les stations thermales pendant rété| dans les climats méridionaux pendant Thiver, une guérison que les soins les plus éclairés, le dévouement le plus complet d'une femme parfaite ne purent obtenir; et c'est loin de son pays et de sa famille, à Salies-de-Béarn (Basses-Pyrénées), qu'il fut emporté par une dernière crise, laissant à tous ses amis, et ils étaient nombreux, les regrets d'une vie trop tôt brisée, mais le souvenir d'un bon camarade et d'un excellent cœur.
)i Presque à la même date, le 21 mars, le collège d'Autun était en deuil, et c'est avec une profonde émotion que s'était répandue dans la ville l'annonce de la mort subite de son estimé principal, François-Hippolyte Grappin, âgé de cinquante-neuf ans. Né àlaChapelle-en-Vercors (Drôme), le 22 mars 1844, M. Grappin était entré dans l'Université en 1869 et avait débuté à Valence. Professeur de classes élémentaires à Gap, il obtint le diplôme de licencié, et passa, en 1873, au collège de Vienne, où il tint successivement les chaires de cinquième, de quatrième et de troisième pendant dix-huit années. Il quitta l'enseignement proprement dit pour les fonctions administratives, et dirigea, comme principal, les collèges d'Embrun, de Montbéliard, puis enfin, à partir de 1896, celui d'Autun, où nous l'avons tous connu, et où nous avons pu apprécier les qualités de travail, de droiture, de dignité qui lui valurent l'estime et le respect de tous. La preuve en est dans les éloges qui ont été prononcés sur sa tombe. « L'administration, a dit M. Grec, inspecteur d'Académie, appréciait à sa juste valeur le concours de cet homme de bien qui a toujours dit avec fermeté et indépendance tout ce qu'il croyait être la vérité Entre ses mains, l'autorité du chef d'établissement est restée intacte. Il la regardait, en effet, comme le premier facteur de la prospérité d'une maison d'éducation, et il l'a défendue sans aucune défaillance. » Et M. Pernot,
au nom des professeurs du collège, ajoutait : « D'une probité professionnelle poussée jusqu'au scrupule, il n'avait rien tant à cœur que de maintenir et d'augmenter le bon renom de l'établissement à la tète duquel ses mérites rayaient fait placer, » et où ils furent récompensés par la distinction d'officier de l'Instruction publique. Il n'y épargnait ni son temps, ni ses peines, usant sa santé dans ces fonctions délicates et difficiles, où il avait su être, aussi bien pour les professeurs que pour les élèves, un directeur d'autant plus sûr et éclairé, qu'il était, dans son intérieur, un père de famille modèle. Les relations que l'installation de notre musée d'histoire naturelle dans les bâtiments du collège municipal nous imposent forcément avec l'administration supérieure de cet établissement, nous ont fourni maintes preuves des sentiments bienveillants et élevés de M. Grappin. Non seulement, il avait accepté avec empressement le titre de membre de notre Société, mais il manquait rarement d'assister à nos séances, s'intéressant à nos travaux et les facilitant dans la mesure du possible. Si, de notre côté, nous avons constamment tenu à rendre notre occupation d'un étage du collège aussi discrète que possible, les directeurs de la maison ont compris Timportance et la valeur des matériaux d'étude que nous mettons à leur disposition, le profitable exemple que nous donnons à leurs élèves, et la notoriété incontestable qui en résulte pour l'établissement même. C'était le sentiment de M. Grappin, et je dois dire. Messieurs, que cette heureuse et bonne harmonie n'a jamais manqué d'exister, aussi bien avec les prédécesseurs de M. Grappin qu'avec son honorable et très distingué successeur, et nous leur en sommes profondément reconnaissants.
» Victor MoissENET, décédé à Autun, le 6 octobre 1903, dans sa soixante-seizième année, a vécu en véritable philosophe. Employé successivement à titre de commis, de cais-
sier, puis d'assooié dans une banque autunoise, la banque Pemot et Désveaux, qu'il finit par diriger pour son propre compte, V. Moissenet géra prudemment ses affaires, et dès qu'il eut atteint le chiffre d'un capital suffisant pour lui assurer une existence modeste mais conforme à ses goûts simples et sédentaires, il se retira dans une petite maison bâtie par lui et pour lui, et y mena la vie paisible et indépendante d'un vieux garçon, qui n'avait jamais voulu aliéner d'aucune façon sa liberté, et qui, éloigné de toute agitation politique et administrative, plaisait à tous par son affabilité et sa bonne humeur. V. Moissenet n'avait jamais quitté Âutun et se montrait foncièrement attaché aux intérêts de sa ville natale et favorable aux œuvres utiles qui s'y développaient. C'est à ce titre qu'il se montra toujours sympathique à notre Société dont il fréquentait volontiers les séances.
C'est la même pensée qui amena également parmi nous Antoine-Isidore Clair, dont la mort survenue le 25 décembre, dans sa soixante-huitième année, a tristement marqué, pour nous, la fin de Tannée. Propriétaire important de vignobles qu'il administrait lui-même, grand amateur de chevaux et de chasse, I. Clair n'était pas un homme de science, mais il en comprenait le but et l'utilité, s'y intéressait en curieux, et nous laisse le souvenir d'un collègue aimable et serviable à l'occasion.
Aux noms de ces membres titulaires de la Société, nous devons ajouter celui d'un membre correspondant, Élie Massénât, dont l'inscription sur nos listes n'a malheureusement été que de bien courte durée. Né à Brive-la-Gaillarde (Corrèze), où il est mort le 14 mars 1903, à l'âge de soixante-onze ans, après une vie des plus occupées et des plus honorées comme industriel et comme conseiller municipal, E. Massénat est surtout connu du monde savant
comme archéologue et comme un des promoteurs de la science préhistorique. L'un des premiers, à la suite des travaux de Lartet et de G. de Mortillet, B. Massénat se mit à fouiller les grottes de la Gorrèze et de la Dordogne. Ses découvertes, dans la fameuse vallée de la Vézère, aux abris de Laugerie-Haute et Basse, de Crot-Magnon, de la Magdeleine, des Eyzies, etc., ont enrichi les musées de Saint- Germain et ceux de Brive de collections importantes d'objets de la période de la pierre taillée et de l'âge du Renne, connue sous le nom d'époque Magdalénienne. G'est à la suite d'un don <c d'ossements et silex magdaléniens de Laugerie-Basse (Dordogne), » qu'E. Massénat avait bien voulu faire à la Société d'histoire naturelle d'Âutun, sur la demande de notre zélé collègue M. H. Marlot, qu'il avait été nommé membre correspondant, à la séance du 23 février 1902 [Bull. Soc. hist. nat. d'Autun, XV, 2 (1902), p. 31, 33). Fondateur et président de la Société historique et archéologique du bas Limousin, de la Société d'horticulture de Brive, membre de plusieurs sociétés savantes, lauréat de l'Institut, officier de l'Instruction publique, etc., E. Massénat compte parmi les préhistoriens les plus perspicaces et les plus laborieux, et son nom est honorablement cité à chaque page des ouvrages spéciaux. Il suffit de rappeler, parmi ses plus retentissantes découvertes, celle d'un squelette humain à Laugerie-Basse, en 1872, et celle de nombreux os ou bois de Renne gravés, qui ont fait, en collaboration avec P. Girod, l'objet d'une publication de premier ordre, à laquelle TAcadémie des sciences a décerné, en 1900, le prix Jérôme Ponti, avec la mention suivante : « Les Stations de l'âge du Renne dans les vallées de la Vézère et de la Cœrèzej avec 100 planches hors texte représentant les instruments, appareils, sculptures et dessins trouvés à Laugerie-Basse. G'est le fruit de trente années de recherches et de fouilles poursuivies méthodiquement, capitales pour les études anthropologiques et géologiques
en raison de la lumière qu'elles ont projetée sur Tétat de civilisation relative, les industries et les produits artistiques des races humaines habitant, aux temps préhistoriques, cette région de la France, dont le climat et les animaux se rapprochaient alors de ceux qui caractérisent aujourd'hui les parties septentrionales de l'Europe. » (0. R. Ac. Se. CXXXI (1900), p. 1115.) Une partie des objets les plus remarquables provenaient de la grotte des Eyzies (Dordogne); et c'est dans une dernière visite à cette station célèbre qu'E. Massénat, présumant trop de son âge et de ses forces, a contracté le germe de la maladie qui devait l'emporter. Si Massénat devint ainsi victime de la science, il en avait reçu toutefois de nombreuses satisfactions par la légitime et populaire notoriété de ses découvertes, et par des récompenses officielles.
Les encouragements de cette nature accordés aux savants, parles pouvoirs publics ou les institutions d'État jettent leur éclat sur les Sociétés auxquelles ils appartiennent ; et c'est ce qui arrive notamment à la Société d'histoire naturelle d'Autun, dont l'un des membres d'honneur les plus éminents, en même temps que notre compatriote maçonnais, M. le professeur Alfred Lacroix, a été élu membre de l'Institut (Académie des sciences), et dont trois autres membres ont été, au cours de l'année 1903, nommés officiers d'Académie, MM. Maurice Pic, Emile Cochet et Gérardin. Notre compatriote M. A. Roidot, général de brigade, a été promu au grade de général de division. Et, parmi les récompenses les plus importantes, j'ai le plaisir de vous rappeler le prix Petit d'Ormoy, de 10,000 francs, décerné par l'Académie des sciences, à M. Bernard Renault, pour l'ensemble de ses travaux, dont la Société d'histoire naturelle a eu, depuis quinze années, les prémices et la plus grande part. Nous ne saurions trop exprimer à notre cher et dévoué Président, combien nous sommes touchés du noble désintéressement avec lequel il a fait participer notre Société à
cette récompense par le don généreux d*une somme de 1,500 francs!
Grâce à cette libéralité peu ordinaire nous espérons parvenir, enfin, à la grande satisfaction, je pense, de notre excellent trésorier, à entrevoir dans un avenir prochain Téquilibre du budget de la Société. Nous y arriverons surtout en appliquant, pour la publication du Bulletin, les mesures dont M. B. Renault vous a entretenus dans la séance du 13 septembre dernier. C'est de réserver la plus grande part des Bulletins aux travaux spécialement affectés à l'histoire naturelle locale; et, lorsque l'étendue d'un mémoire dépassera cinq à six feuilles d'impression, au maximum, d'imposer aux auteurs la participation pour moitié dans les frais supplémentaires. Il en devrait être de même pour l'exécution des clichés ou planches qui ne sont pas absolument nécessaires à Pintelligence du texte. Cette règle a déjà été appliquée avec avantage et, grâce à la bonne volonté des auteurs, le nombre de planches ne paraît pas devoir être sensiblement diminué.
Nous avons eu, toutefois, le regret de nous séparer d'un collaborateur auquel ces conditions ont paru trop onéreuses. Bien renseignés sur la science botanique et les études si consciencieuses et si documentées de M. H. Marcailhoud'Ayméric sur la flore pyrénéenne, nous avions accueilli favorablement sa proposition de faire imprimer dans notre Bulletin, le Catalogue raisonné des plantes phanérogames et cryptogames indigènes du bassin de la Haute^Ariège, que l'auteur pensait pouvoir terminer en quatre années. La pistce, à titre de sociétaire, lui a été largement attribuée pendant ces quatre années; et. Tan dernier encore, 164 pages de notre Bulletin ont été remplies par ce travail des plus remarquables, et dont le premier volume a pris, sous la plume de notre collègue, grâce à des notes critiques aussi intéressantes que variées, la proportion d'une véritable flore des Pyrénées ariégeoises, indispensable désormais
aux botanistes désireux d'étudier la végétation de cette partie de la France. M. H. Marcailhou-d'Ayméric a parfaitement reconnu que nous avions tenu loyalement nos engagements, mais, tout en admettant le bien-fondé de notre proposition, il n'a pas cru pouvoir s'engager à nous fournir la subvention demandée pour continuer Timpression de ce travail qui fait également honneur à l'auteur et à la Société qui Ta édité. M. Marcailhou-d'Ayméric a cherché auprès d'un autre organe de publicité scientifique des conditions plus avantageuses, et nous ne pouvons que faire des vœux pour l'entier et prompt achèvement de son œuvre.
Les matériaux, du reste, continuent à nous arriver nombreux et considérables. Le XVP Bulletin, actuellement achevé et en distribution, renferme la première partie du Catalogue analytique et raisonné des Lépidoptères du département de Saône'et' Loire f par M. E. André, avec plusieurs planches et dessins ; la suite du Catalogue des Coléoptères de Saône-et'Loirey par MM. Fauconnet et Viturat; un mémoire de M. Gagnepain sur le Pollen des Géraniacées; des notes intéressantes pour l'histoire naturelle locale de M. A. Lacroix sur la Néphélinite de Drevain; de M. E. Sauvage, sur les Reptiles de Vétage Rhétien des environs d'Autun^ sur VIchthyosaure du Lias inférieur de Curgy^ etc. Parmi les articles les plus notables des comptes rendus des séances, je citerai les recherches nouvelles de M. B. Renault sur Quelques Infusoires fossiles^ sur V Activité végétative aux époques ancientM^ sur VOrigine des Bogheads^ etc. ; les notes sur les Cyprès chauves de Condal, par MM. H. de Chaignon et X. Qillot; sur les Foraminifères de VOolithe et leurs microphotographies^ par M. A. Roche; sur le Gui de chêne^ par M. Chassignol; sur VUranite (Autunite), de Saint- Symphorien-de-Marmagney par M. A. Lacroix, etc. Ce dernier article est tout d'actualité, et, après ceux de M. H. de Chaignon, contribuera à attirer Tattention sur les gisements.
dans TAutunois, de ce précieux minéral. — Le tout forme un volume de 334-316 pages, au total de 650 pages et 27 planches, imprimé avec la perfection accoutumée de MM. Dejussieu.
Et, déjà, les éléments du XVIP Bulletin sont réunis presque au complet, à savoir : Contributions à l'histoire naturelle de la Tunisie^ par M. H. de Chaignon, résultat des observations personnelles de notre savant collègue dans la région de Zaghouan; la deuxième partie du Catalogue des Lépidoptères de Saône-et-Loirey par M. André; la suite du Catalogue des Coléoptères de MM. Fauconnet et Viturat; la Florule du BrionnaiSy par MM. Château et Ormezzano; le Catalogue des Cécidies du département de Saône^et-Loire, par M. Marchai, etc. ; sans compter des notes destinées à alimenter le cours de nos séances et accompagnées de planches dont les clichés sont déjà prêts et en partie payés.
Vous répé(erai-je que cette année, comme les précédentes, les mouvements de notre Société se montrent dans les proportions les plus satisfaisantes; que, grâce à la réception de trente-quatre nouveaux sociétaires, remplissant les vides inévitables, le nombre de nos membres titulaires reste sensiblement le même, ou plutôt en légère augmentation; que nos séances et nos excursions continuent à être très régulièrement suivies ; que les subventions du ministère de l'instruction publique, du conseil général de Saône-et-Loire et de la ville d'Autun, témoignent de la part des pouvoirs publics, à notre endroit de la persistance d'un intérêt que nous nous efforçons de justifier, et que nous aimerions à voir se traduire par une augmentation plutôt que par une fâcheuse diminution de subsides.
En effet, si nous recevons, de tous côtés, les encouragements les plus flatteurs, et des sociétés savantes qui sollicitent le titre de sociétés correspondantes, et des auteurs qui citent, à chaque instant, nos Bulletins où ils
puisent de précieux documents, et des Académies qui nous décernent des éloges ou des médailles, ces résultats platoniques, si satisfaisants soient-ils pour notre amour-propre, ne nous dispensent pas de veiller aux intérêts matériels de notre Société; et, parmi les principales, les plus urgentes peut-être, se pose la question de local. Je vous demande la permission d'y insister en terminant.
Je me plaisais à vous redire, tout à l'heure, comment le concours doublement bienveillant et éclairé de la municipalité autunoise, d'une part, de l'administration du Collège, de l'autre, nous avait permis d'installer, après la donation du musée de Montessus, en 1894, dans des locaux d'abord assez spacieux, mais aujourd'hui insuffisants, c'est-à-dire dans les mansardes du collège, nos collections d'une importance et d'une valeur telles qu'elles excitent l'admiration des savants les plus compétents. Malheureusement, cette installation est des plus défectueuses, et les voix les plus autorisées, en particulier celles de M. Liard, vice-recteur de l'Académie de Paris, de M. le professeur A. Gaudry, ancien président de l'Académie des sciences, pour ne citer que les principales, ne se sont point fait faute de le dire bien haut, lors des visites mémorables, dont ces hauts personnages ont bien voulu honorer la ville d' Autun, précisément dans le but d'étudier ces collections.
Les progrès croissants du collège d'Autun, sous une intelligente direction, peuvent, à un moment donné, exiger un agrandissement des salles ou dortoirs occupés par les élèves. Certes, il n'est pas un de nous qui n'applaudisse au succès du collège municipal, et ne souhaite de voir se rouvrir pour lui cette ère de prospérité qu'on rappelait récemment en célébrant avec éclat le centenaire de sa fondation. Mais nous verrions, avec désolation, un musée si précieux sous tous les rapports, réuni avec tant de persévérance, de temps et de dépenses, exposé à un déménagement fâcheux, à une installation précaire, ou, qui pis est,
disloque, et privé par là même de toute utilité. Il n*est pas possible, Messieurs, que nous songions à cette éventualité, quelque éloignée qu'en puisse être Téchéance, sans aviser aux moyens d'éviter une pareille catastrophe. Aucun Mécène, aucun millionnaire, — car nous nous passerions de milliardaire, — ne se présentant pour doter notre ville de ce « petit Muséum » que M. Liard nous a souhaité, ridée devait venir de chercher par nous-mêmes et autour de nous les ressources nécessaires. Cette idée qui, tout d'abord devait paraître bien téméraire, Tun de nous, Messieurs, l'a conçue, l'a transformée en un projet réalisable, et qui, grâce à la confiance qu'il a su faire partager à tous les membres de notre bureau, est peut-être en voie de se réaliser. C'est à notre ingénieux et intrépide secrétaire, M. Victor Berthier, que revient l'honneur d'avoir pris l'initiative d'un projet de loterie, seul moyen capable, dans l'état de choses actuel, de nous procurer une somme suffisante pour la construction d'un musée d'histoire naturelle. Mais il faut compter avec les formalités administratives, avec les nécessités d'autorisation pour lesquelles il va falloir remonter jusqu'aux ministères de Tlnstruction publique et de l'Intérieur, et même jusqu'au Parlement. Heureusement qu'en cette circonstance encore les encouragements et les appuis nous sont venus de haut. M. Germain Périer, à qui le développement intellectuel de la ville d'Âutun n'est pas moins cher que ses besoins matériels, a mis, avec le plus grand empressement et la plus active complaisance, son influence de maire et de député au service de notre Société, pour présenter et soutenir une pétition rédigée, en due forme, par le Bureau. Les sénateurs et les députés du département ont consenti, tous, sans exception, à la revêtir de leurs signatures, ainsi que les principales autorités de la ville. Notre éminent président d'honneur, M. A. Gaudry, s'est engagé à l'appuyer de toutes ses forces, et M. Liard, luimême, a bien voulu nous promettre l'influence d'une
démarche personnelle. Nous ne saurions trop leur en témoigner notre vive et respectueuse gratitude !
La Société d histoire naturelle, la ville d'Âutun tout entièrCi sont intéressées au succès de cette entreprise. J'espère que vous ratifierez, Messieurs, les démarches de votre Bureau, que vous lui apporterez, chacun selon vos moyens, un concours sans limites, et qu'il nous sera permis, un jour, d'applaudir ensemble au succès de ce beau rêve, devenu une réalité : l'inauguration d'un musée autunois d'histoire naturelle !
Des comptes de M. Jeannet, trésorier, qui sont reconnus exacts, il résulte que le montant des recettes s'est élevé en 1903 à 7,676 francs, tandis que celui des dépenses n'a pas dépassé 5,636 fr. 65, d'où un solde créditeur de 2,039 fr. 35, mais comme il reste dû sur Fexercice de l'année écoulée 6,530 fr. 40, le bilan de la Société au 31 décembre 1903 se traduirait donc par un déficit de 4,491 fr. 05. Ce n'est pas une situation brillante, mais il n'y a pas lieu de s'en alarmer outre mesure, en tenant compte du prochain recouvrement des cotisations qui va permettre de régler les arriérés, ce qui n'a jamais été fait depuis la fondation de la Société.
Admissions.
Cinq nouveaux adhérents sont reçus à l'unanimité comme membres titulaires :
M. Maurice Berthier, élève à l'École centrale, présenté par MM. Maurice Sauzay et Victor Berthier.
M. Edmond Chavane, villa des Rosiers, à Autun, présenté par MM. Eusèbe de Quercize et V. Berthier.
M. Henri Coqueugniot, élève à l'École des Mines de Paris, présenté par M. Raymond et M. l'abbé Bonnin.
M. Dode, docteur en droit à Paris, présenté par MM. B. Renault et Gagnepain.
M. Labarre, fondé de pouvoirs au bureau des hypothèques à Autun, présenté par MM. Viard et Adrien Seguin.
Crorrespondance.
La correspondance comprend une lettre du Ministère de rinstruction publique rappelant que le 42* congrès des Sociétés savantes s'ouvrira à la Sorbonne, le 5 avril prochain, et que comme les années précédentes, les compagnies de chemins de fer accorderont aux congressistes une réduction de 50 7o sur le prix total du trajet.
Le dernier délai pour indiquer au ministère les noms des délégués qui prendront part à ces travaux est fixé au l^'mars.
M. Roche et M. le comte de Prunelé s'excusent de ne pouvoir se rendre à la réunion.
M. H.-E. Sauvage adresse ses remerciements pour le titre de membre d'honneur qui lui a été conféré au cours de la séance précédente.
Dons et Envois.
Depuis sa dernière réunion, la Société a reçu :
De M. J. Devilerdeau, un exemplaire de la deuxième édition de son ouvrage intitulé le Morvan. ^
De M. H. Marlot, Notes préhistoriques sur le Morvan. et les contrées limitrophes, dont il est Tauteur ^, ainsi que des échantillons de roches, de minéraux et de fossiles de provenances diverses.
1. Paris, imp. Henri Chaudron, 1903, un vol. in-8*, 264 pages avec cartes et gravures.
i. Extrait de la Revue de rÉoole d'anthropologie de Paris, XIII* année, 1903, page 424.
De M. G. de Rocquigny-Adaoson, le Taxodium distichum au parc de Baleine, *
De M. R. Zeiller, Découverte de strobiles de Séquoia et de Pin, dans le Portlandien des environs de Boulogne-sur-Mer^^ et la Revue des travaux de paléontologie végétale publiée dans le cours des années 1897-1900 ^, dont il est Tauteur.
De M. Ernest Raspillaire, Note sur la caractéristique chimique des charbons inférieurs et des charbons oxydés ou altéréSy qu'il a publiée dans le Bulletin annuel (1902) de la Société d'histoire naturelle de Savoie.
De MM. Ernest Chantre et Claudius Savoye, Répertoire et Carte paléoethnologique du département de Saône-et- Loire. *
De M. H. Abord, le bulletin de TAssociation des anciens élèves du collège d'Autun, pour Tannée 1903.
De M. B. Renault, le discours de M. Albert Gaudry à l'Académie des sciences, au cours de la séance publique annuelle du 21 décembre 1903.
De M. le D' Latouohe, des poux de tortue ou Rhipicephalus sanguineus Latr., trouvés sur une tortue d'Afrique vivant au château de Mont-d'Arnault.
De M. Maurice de Laplanche, quelques coléoptères qu'il a rapportés de Souk-el-Khemis (Tunisie).
De M. Ormezzano, des boucles de raieSy sortes d'aiguillons à bord renflé que certaines raies et notamment la Raie bouclée, Raja clavata, portent sous la peau, principalement du dos et de la queue.
De sincères remerciements sont adressés aux donateurs, puis il est donné lecture des communications suivantes :
1. Eïxtrsût de la Revue scientiûqae du Bourbonnais et du centre de la France.
2. Note qu'il a publiée en collaboration avec M. P. Fliche. Extrait des comptes rendus des séances de l'Académie des sciences, t. XXXVII, p. 1,020, séance du 14 décembre 1903.
3. Extraits de la Revue générale botanique, t. XV, année 1903.
4. Extrait des comptes rendus de l'Association française pour l'avancement des sciences. Congrès de Montauban, 1902.
— levers fossiles du Culm et du Permien d'Autun,
PiLR M. A. ROGHB.
Afin de mieux expliquer l'intérêt que ces Vers peuvent présenter à l'étude des premiers organismes, je crois devoir vous communiquer l'extrait les concernant d'une lettre de notre savant président d'honneur, M. Gaudry.
11 février 1004.
Cher CoNFRàRS,
Vous ferez bien de vous charger de votre découverte et de la publier à votre nom, car c'est une chose utile pour la Société d*Autun, qu'un de ses membres fasse un travail personnel. Je présenterai, si vous le voulez, votre note à l'Académie ; le sujet est d'un extrême intérêt, mais il sera indispensable de consulter un spécialiste, s'oooupant des lombrioiens. Plusieurs personnes de notre laboratoire ont examiné vos planches. M. Agnus, un jeune paléontologiste habile, les a examinées et les a soumises à M. Joubin, nommé récemment professeur au Muséum, et qui connaît très bien les vers. Si vous voulez m'envoyer vos préparations, M. Agnus ou un autre tâchera de vous donner son appréciation; ni M. Renault, ni moi, ni personne, en dehors des spécialistes, ne sera capable d'arriver à la vérité. On me dit qu'une de vos figures est instructive à cause du mode d'enroulement; elle montre une cassure analogue à celle qui se produirait sur des nématodes, parce que ces annélides étant chitiniphores n'ont pas la mollesse des lombrics. On croit que vos échantillons sont des nématodes et non des lombrioiens. MM. Boule et Thévenin trouvent vos photographies curieuses ; mais encore une fois on n'ose avec des photographies déterminer des objets microscopiques. Compliments bien affectueux pour votre nouvelle découverte.
Albert GAUDRY.
Après vous avoir présenté à notre dernière séance les animalcules que renferment Toolithe en général et les portes d'Arroux et Saint-André en particulier, je viens, au risque de vous ennuyer, réclamer votre indulgence pour des êtres bien plus petits encore; ce qui vous fera peut-être penser,
comme le disait un de nos collègues, que je passe ma vie à chercher la petite bête. C'est souvent là où l'on trouve les formes les plus délicates, les plus élégantes, les plus belles. Il y a souvent plus à admirer dans les détails des infiniment petits, comme les Diatomées, par exemple, véritable chef-d'œuvre architectural de la nature, que dans d'autres êtres plus compliqués. Aujourd'hui, je ne peux vous vanter ni la grâce, ni la beauté de ces nouveau-venus ; il s'agit de simples vers aussi laids que ceux de nos jours.
Ces vers proviennent de la silice à laquelle nous devons la conservation de tant de raretés, puis la découverte de restes précieux pour l'histoire naturelle. Cette silice nous réserve assurément de nouvelles surprises pour l'avenir.
Jusqu'à ce jour, ces microorganismes n'avaient pas été signalés; ils sont inédits et m'ont paru, pour cette cause, mériter de vous être présentés.
Invisibles à l'œil nu et à la loupe, on ne peut les soupçonner qu'à un grossissement de 100 diamètres. Il était alors inutile de vous montrer les préparations qui les renferment. Vous pourrez mieux en juger d'après les photomicrographies grossies jusqu'à 1,000 et 1,200, que je mets sous vos yeux. Avec son obligeance habituelle, M. Gaudry a soumis ces préparations à plusieurs spécialistes et professeurs du Muséum; tous les considèrent comme nouveaux et d'un très grand intérêt. Nous ne savons vraiment ce que nous devons le plus admirer, de cette exubérance de vie chez ces vermisseaux, ou de la conservation de ces corps mous si délicats. Cette conservation ne saurait pourtant nous étonner après tout ce que nous a déjà révélé la silice d'Autun. Vous connaissez tous. Messieurs, les beaux travaux de notre président, M. Renault, sur les bois silicifîés; il en a reconstitué l'organisation, la vie. Il vous a raconté les trouvailles dans la silice d'Autun, des bacilles, des microcoques, leur rôle dans la formation de la houille, aussi bien que dans la destruction des organismes; vous
avez vu les moisissures, leurs champignons, germes et Qlaments, les spores émettant les germes, les grains de pollen aussi visibles que s'ils vivaient encore, les dépouilles de larves, les œufs microscopiques d'acariens, dont plusieurs en voie d'éclosion, les infusoires et tout un monde inconnu que la silice seule pouvait conserver de façon à en rendre l'étude possible. Nous pouvons ainsi nous expliquer la conservation dé ces humbles vers surpris en pleine vie, le tube digestif rempli d'aliments.
Si nous ajoutons à toutes ces découvertes et études, les remarquables travaux de notre savant et dévoué président d'honneur, M. Albert Gaudry, sur les sauriens du permien d'Autun, nous verrons quelle grande part Autun a fournie à l'histoire naturelle.
En attendant l'étude de ces êtres microscopiques pour laquelle nous espérons recevoir les éléments qui nous manquent, nous avons cru devoir faire aujourd'hui à notre Société l'hommage de leurs photo micrographies.
Le Lérot commun.
Certains animaux sont devenus très rares en France : le castor*, le daim^, le héron cendré 3, etc.; les loups diminuent rapidement, puisque le nombre des primes pour leur destruction est tombé de 1316 en 1883, à 200 en 1902.
1 . On ne connaît plus leur présence en France que dans la Camargue (Bouchesdu-Rhône), où quelques rares individus creusent des couloirs dans les digues; ils ont modifié leurs mœurs et ne construisent plus leurs buttes d'autrefois. (Voir : Feuilles de$ Jeunes Naturalistes ^ n* 281, p. 75.)
2. N'existe plus guère que dans les jardins zoologiques et quelques parcs, notamment à Ch&teauvillain (Haute-Marne).
3. D'après M. Lécuyer, cité par Ârdouin-Dumazet {Voyage en France^ 20* série, p. 349), il n'y a plus en France que trois localités où le héron cendré se reproduit en liberté : Grand-Ecury (Marne), Guipavas (Finistère) et la Camargue. Le Nouveau Dictionnaire des sciences et leurs applications^ 1902, ne cite que le village de Toury (Haute- Marne). Cependant il niche encore dans plusieurs localités de l'AlUer. (Olivier, Faune de l'Allier; Vertébrés, p. 102.)
Il en est tout autrement d'un petit mammifère rongeur, le Lérot commun [Elyomis nitela Schr. ou quercinus L.). Répandu dans toute la France et particulièrement dans les pays viticoles et fruitiers, ce déprédateur pullule dans la région de Gouches-les-Mines, où il est désigné sous les noms de ravou^ kisou. D'après notre collègue, M. Varry, sa présence au Greusot n*est remarquée que dans le voisinage des écuries de chevaux, dont les greniers lui offrent le gîte hibernal ; il est très commun dans les fermes de la banlieue. Nos recherches ne se sont pas étendues ailleurs.
Son pelage est d'un gris roussàtre en dessus, blanchâtre en dessous ; une barre noire raie chaque côté de la tête ; la queue est garnie de poils courts, avec une longue touffe terminale distique.
Longueur du corps : 12 à 13 centimètres ; de la queue : 9 à 10 centimètres. Il vit aux dépens des récoltes de l'homme; les années ordinaires, il s'attaque surtout aux fruits : raisins, prunes, poires, pêches. Ces trois dernières ayant totalement fait défaut en 1903, nous l'avons vu sucer les fruits du groseillier épineux {Ribes grossularia L.) et de la vigne vierge (CisstÀS quinquefolia L.) et même ronger des radis.
En octobre, il s'endort, roulé en boule, dans les greniers,
les granges, les trous des murs , où il a accumulé de la
paille, du foin, du papier, des chiffons, pour se constituer un abri. Nous n'avons pas, jusqu'ici, constaté de réveil durant les périodes adoucies de Thiver, comme certains auteurs l'ont écrit, ni de provisions en vue de ce réveil. Son sommeil prolongé est devenu proverbial, ainsi que celui de son parent, le loir commun {Myoxus glis L.), et ne prend fin qu'à la mi-avril, parfois en mai (1903). Il s'accouple aussitôt, et la gestation dure de trente à trente-cinq jours. La croissance des jeunes est rapide car, dès le mois d'août, ils ont à peu près la taille des adultes.
 son réveil, le lérot est affamé et, les fruits faisant défaut à cette époque, il grignote les fourrages secs des
greniers, mais ne touche pas aux haricots en grains ou en gousses ; il semble préférer la paille garnie d'épis et, de ce fait, cause un sérieux préjudice à ceux qui ont fait provision de paille de seigle choisie et triée pour les toitures en chaume, les paillassons, le « liu ^ » dont les vignerons font usage pour accoler la vigne. D'aucuns de ceux-ci essaient de protéger leur liu en plaçant debout les bottes de paille et en les saupoudrant avec de la cendre de bois.
Les lérots sont essentiellement noctambules : ils ne sortent que plus d'une demi-heure après le coucher du soleil; alors, à la queue leu leu, ils descendent ou escaladent les arbres, les murs les plus lisses et les mieux enduits. Gracieux et très agiles, on les aperçoit (par les nuits claires), la queue redressée, courir sur les toits, la crête
des murs, les branches d*arbres faisant entendre sans
cesse leurs petits cris « kiss, kiss » (d'où le nom de kisou).
C'est un vrai fléau pour les raisins des treilles et, dans un village d'une centaine de maisons, leurs dégâts s'élèvent certainement à plusieurs centaines de francs. Trois années consécutives, je leur ai fait (à Saint-Maurice-Iès-Couches), du 15 août au 25 septembre, une chasse active, dans ma maison, au moyen de pièges placés dans les greniers et amorcés de fruits. Voici les captures :
En 1901 27
 la plupart des treilles non abritées par une toile métallique, il ne reste plus une grume à la mi-septembre et parfois bien avant. Les vignerons, très occupés, ne leur
1. Dans la région de Couches «les-M Inès, on dit : c liu, glu »; près de Saint- Gengoux : « gleu » ; dans la Nièvre : a glul, gui, glotte » (Gagnepain : Bull. Soc. hist. nat. d'Autun, X* vol., 2o partie, page 234).
Le Glossaire du Morvan donne, pages 407-408 : « gllbi (11 mouillées), verbe actif : lier, attacher ensemble, réunir en faisceau. »
font pas une guerre sans merci, seul moyen qui, poursuivi pendant plusieurs années, en diminuerait sensiblement le nombre. Naguère encore, on croyait les écarter par des procédés anodins ou superstitieux, tels que : tirer, de temps en temps, des coups de fusil dans les treilles, pendant la nuit ; tailler les treilles le vendredi saint, etc.
Depuis plusieurs années, je mets, dès le 20 août, tous mes raisins de treille dans des sacs en papier ou mieux en toile à grosses mailles ^ ; pas un seul, contenant ou contenu, n'a été touché ; tandis que ceux des voisins, non abrités, sont totalement grignotés. Cependant les lérots doivent ou voir ou sentir les fruits ensachés, et rien ne leur serait plus facile que de percer un trou dans la frêle enveloppe, comme bien des personnes me l'avaient prédit. Il me paraît donc que Tinstinct des petits rongeurs est ici en défaut.