V. — Soudures
1^ Ghnrsanthemum sinense L. M"* Berthier m'a remis, le 10 septembre 1903, une inflorescence anormale de Chrysanthème des jardins, dans laquelle le pédoncule était fasoié par coalescence intime de deux pédoncules appartenant à deux fleurs différentes, de sorte que les deux capitules étaient étroitement accolés et soudés par leurs réceptacles et leurs bases involucrales, et que l'inflorescence ne paraissait plus formée que par un seul capitule, dont la partie supérieure était élégamment parcourue par une double ligne médiane de demi-fleurons blancs^ qui la divisait en deux parties semblables. Les deux capitules^ ainsi soudés, étaient légèrement allongés dans le sens transversal par pression réciproque ; mais tous leurs élé-*
tnents, éoailles involucrales, fleurons et demi-fleurons, n'avaient subi aucune autre altération. C'est un cas de synanthie en sens inverse du suivant.
2'' Carlina vulgaris L. (Planche B.) Recueillie à Roussillon-en-Morvan par M. Cbassignol, instituteur à la Boulaye. Tige de O'^IO de hauteur, entièrement fasciée à partir du collet de la racine ; Taplatissement va s'élargissant de bas en haut où, sous Tinflorescence, il atteint 5 centim. de largeur. La tige est abondamment garnie de feuilles très rapprochées et tout à fait normales. Cette fasciation est évidemment produite par la soudure ou coalescence des rameaux, dont deux se détachent des parties latérales de la tige, à 8 et 9 centim. au-dessous du sommet, avec une longueur de 10 et 12 centim., et se terminent par des fleurs normales. A 4 centim. au-dessous du sommet, la soudure des deux autres rameaux fortne un pédoncule aplati, long de 2 centim. et portant deux fleurs entièrement soudées par les réceptacles, mais à inversion interne, de telle sorte que les deux involucres extérieurs semblent envelopper une seule fleur aplatie et allongée transversalement et à fleurons normaux. Enfin le sommet de la tige se termine par une véritable boule de quinze fleurs agminées et soudées, les unes deux à deux par la face supérieure du réceptacle comme dans les fleurs précédentes, les autres seulement par leurs bases. Il y a donc un état de syncladie et de synanthie à tous les degrés ; et c'est ce qui fait l'intérêt de cette observation, car les cas de fasciation sont fréquents et depuis longtemps connus dans la Carline vulgaire. Moquin- Tandon (Térat. végét.y p. 147), en signalait déjà un cas, chez lequel l'axe dilaté atteignait une largeur de 10 centim., et 0. Penzig {Pflanienteratologie^ II, p. 84), en donne de nombreuses indications bibliographiques. J'ai fait exécuter la reproduction phototypique de ce curieux cas, en mettant en regard un pied normal de même taille et provenant de la même localité.
3"" Haricot cultivé. Fruit cueilli par M. Chassignol^dans un jardin à Anost (Saône-et-Loire), le 15 septembre 1903, et composé de deux jeunes gousses, longues de 8 centim., soudées par leurs faces ventrales sur une longueur de 4 centim., et libres au sommet. La soudure ne porte que sur les sutures ventrales accolées, mais à endocarpes distincts et à trophospermes indépendants dans chaque gousse. C'est un cas de syncarpie de deux ovaires développés dans une seule fleur.
4*" Corylus AveUana L. Noisetiei\ Il s'agit d'une Noisette de moyenne grosseur, trouvée à Bourg-le-Gomte, par M. E. Château, instituteur, le 12 septembre 1903. Elle est formée de deux fruits intimement soudés par leurs péricarpes sur toute leur hauteur, avec hiles et sommets apiculaires distincts, et à deux cavités indépendantes. La syncarpie péricarpienne est complète, et il en est résulté un fruit unique profondément sillonné à Textérieur, dans le sens vertical, mais à deux loges indépendantes, Tune stérile, l'autre à amande bien constituée.