M. Piroutet considère qu'il s'agit d'un Holcostephanue
On a recueilli d'autres fossiles que ceux que je viens de signaler, mais ce sont des fossiles qui ne sont pas caractéristiques, et on peut dire que Tétude paléontologique et géologique de la Nouvelle-Calédonie est seulement ébau<» chée, bien que l'histoire géologique de cette ile paraisse étroitement liée à celle de la Nouvelle-Zélande qui est mieux connue.
Les dépôts récents, plages marines et argiles gypsifères lagunaires, sont développés sur le pourtour de Tile et contiennent quelques mollusques et crabes subfossiles.
Je ne vous dirai rien des autres possessions françaises en Océanie ; ce sont des îles coraliennes ou des îles volcaniques entourées de récifs, et on n'y a pas recueilli de fossiles.
On a signalé peu de fossiles dans les Antilles et particulièrement dans les Antilles françaises. Les terrains mésozoîques sont connus à la Jamaïque, à Cuba, et leur faune, identique à celle qui vivait à la même époque dans les régions méditerranéennes d'Europe, montre qu'il y a eu pendant fort longtemps, une Méditerranée qui s'étendait depuis le golfe du Mexique jusqu'aux Indes orientales. On a signalé également des dépôts du Tertiaire inférieur aux Antilles ; leur faune présenterait beaucoup d'analogie avec celle des assises oligocènes de l'Italie septentrionale. Mais ce sont des fossiles miocènes (Potamides, Turritelles)^ que Ton recueille dans les Antilles françaises, dans le substratum des volcans, et ces fossiles sont méditerranéens. Je citerai seulement Turilla tornata de la Martinique. Les mêmes fossiles se trouvent à Panama ; l'isthme de Panama était donc au Miocène, interrompu par un détroit marin.
Je vous indiquerai en passant l'existence dans les calcaires blancs de la Guadeloupe, de nombreux échantillons qui par leur aspect semblent fossiles mais qui, en réalité, sont peu anciens et subfossiles.
On n'a pas, à ma connaissance, recueilli de fossiles dans la Guyane française, dont le territoire parait être formé de dépôts récents près de la mer, et, en s'éloignant de la côte, de roches cristallines. C'est en dehors de la Guyane colonisée qu'on rencontre des grès.
Je n'ai pas cherché à vous présenter le tableau complet de la paléontologie des colonies françaises ; il aurait fallu pour cela beaucoup plus de deux conférences. Pour ceux d'entre vous qui se rendraient aux colonies, j'ai dû indiquer les gisements de fossiles les plus importants, et attirer leur attention sur les recherches qui seraient les plus intéressantes. J'ai essayé en même temps, trop brièvement, de vous montrer à quels résultats scientifiques conduit l'étude des fossiles, que des explorateurs veulent bien recueillir et envoyer en France. Ils nous permettent de voir comment les continents se sont formés, comment à des conditions de milieu uniformes a succédé la diversité des climats et des courants marins, et comment les animaux et les végétaux se sont diversifiés en tendant toujours vers une plus grande perfection.
Sur quelques Coléoptères recueillis en Tunisie*
J'avais espéré pouvoir publier à la fin de mon mémoire sur la Tunisie, la liste de quelques espèces d'Insectes coléoptères récoltés un peu au hasard de mes courses. Cette publication s'est trouvée retardée, et mes connaissances en entomologie étant plus que modestes, j'ai été obligé de les soumettre à la haute compétence de M. Maurice Pic qui a bien voulu se charger de ce travail, auquel je ne ferai qu'ajouter, autant que ma mémoire me le permettra, les
conditions d'habitat et les localités où ces insectes ont été rencontrés.
J'adresse ici à M. Pic, mes vifs remerciements, pour sa grande obligeance.
Cicindela flexuosa (Fabr.), sables de Toued Miliane.
Carabus (Eurycarabus) Famini (Dej.), race numida (Cœst.),Bir-M'Cherga.
Carabus (Macrothoraz) morbillosus (Fabr.), Bir- M'Cherga, sous les pierres.
Nebria andalusiaca (Rambur), Bir-M*Cherga, dans la brousse sous les pierres.
Scarytes (Harpalite8)l89vigatu8 (Fabr.), bords de Toued Miliane.
Broscus politus (Dejean), Aîn-Draham.
Chlsonius (Trichochlaonius) ceratus (Quensel), Âîn- Draham.
Licinus punctulatus (Fabr.), Bir-M'Gherga, dans la brousse.
Hyphjrdrus variegatus (Aube), Korbeus, relaissés d'eau pluviale.
Agabus (Xanthodytes) nebulosus (Forster), Korbeus, relaissés d'eau pluviale.
Berosus affinis (Brul.), variété.
Anthrenus pimpinellao (Fabr.).
Hister major (Lin.), Bir-M'Cherga, dans la brousse.
Hister amplicoUis (Er.), Bir-M'Cherga, dans la brousse.
Pachydema (Phlexis) hirticoUis (Fabr.), bords de l'oued Miliane, sur les chardons.
Bhizotrogus ? araneipes (Fairm.), Bir-M'Cherga.
Aurigena unicolor (Olivier), Bir-M'Cherga, sur les lentisques.
Tentyria ...sp., Bir-M'Cherga, sous les pierres.
Akis spinosa (Lin.), variété, commune sur les sables.
Scaurus striatus (Fabr.), Bir-M'Cherga, dans la brousse.
Asida dissimilis Al., Hammam-Lif, dans les sables.
Asida quadricostata (Allard), offert à M. M. Pic.
Omophlus scabriusculus (Pairm.).
Omophlus (Heliotaurus) menticomis (Reitter), Bir- M*Cherga, très commune.
Omophlus (Heliotaurus) analis (Desbr.), variété, Bir- M'Cberga; à certaines époques pullule partout et sur tout.
Meloe Majalis (Lin.), Bir-M'Cherga, bords des terres.
Meloe turcicus (Rossi), Bir-M'Cherga.
Polydrosus (Eustolus) chrysocephalus (Chevr.).
Sphenophorus piceus (Pallas), Bir-M'Cherga.
Agapanthia irrorata (Fabr.), Bir-M'Cherga, exclusivement sur les tiges de Thapsia garganica (Lin).
Agapanthia irrorata (Fabr.), variété granulosa (Chevr.), exclusivement sur les tiges de Thapsia garganica^ comme la variété précédente.
Chrysomela Banksi (Fabr.).
Chrysomela bicolor (Fabr.).
Chrysomela americana (Lin.), Bir-M'Cberga, sur les céréales.
J'avais, en outre, envoyé à M. le D*^ Oillot, des feuilles d'Artichaut ou Cardon sauvage, récoltées entre Bir- M'Cherga et les bords de l'oued Miliane, et remarquables par leur déformation crispée et leur villosité qui, à première vue, révélaient une influence parasitaire. En effet, ces feuilles soumises à l'examen d'un spécialiste, M. le D*^ A. Corti, professeur à l'Institut zoologique de Parme (Italie), ont été reconnues comme attaquées par un Âcarien d'une espèce nouvelle, qu'il se propose de décrire sous le nom d'Eriophyes Cynarao.
H. DE CHAIGNON.
Fouilles sur remplacement de l'anciemie égUse d'Arleuf (Nièvre).
L'École d'anthropologie de Paris nous a donné mission, Tannée dernière, de faire des fouilles sur remplacement de l'ancienne église d'Arleuf-en-Morvan, démolie depuis peu et dont le nivellement avait été décidé pour l'aménagement de la place du village. Le but de cette exhumation était de procurer de nouveaux documents ostéologiques à MM. les docteurs Abel Hovelacque et Georges Hervé, professeurs à cette école, pour compléter leur remarquable ouvrage publié en 1894 : Recherches ethnologiques sur le Morvan. *
Parmi les milliers de squelettes que nous avons rencontrés au cours de nos travaux, nous avons recueilli cinquante sujets complets et cent quatorze crânes d'adultes qui ont confirmé les conclusions du premier mémoire de ces savants, en établissant d'une fagon indiscutable la prédominance bien marquée du type brachycéphale chez les vieux Morvandeaux.
Il n'est pas possible de préciser la date des premières inhumations ; nous croyons cependant qu'elles remontent à une époque reculée. Nous avons rencontré un cercueil en grès, analogue à ceux des cimetières antérieurs au dixième siècle, très large à la tête, étroit aux pieds ; brisé en plusieurs morceaux, il avait été violé anciennement et ne contenait pas d'ossements. Un autre, absolument semblable, avait été trouvé précédemment au même endroit.
Nous sommes mieux renseignés sur les dernières sépultures faites sur la 6n du dix-huitième siècle.
L'église trop étroite aurait, suivant la tradition, été
1. Extrait des Mémoireê de l& Société d'anthropologie de Parts, tome V (3* série)» 2« fasc.
agrandie un siècle auparavant, au détriment du cimetière attenant à l'entrée principale.
Nous avons pu établir un fait intéressant à signaler. Le chœur était l'endroit réservé aux sépultures des prêtres et des seigneurs de la Tournelle qui y avaient leur chapelle. Ces inhumations sont peu nombreuses et en mauvais état de conservation.
Immédiatement au-dessous du chœur et sous les cloches, se trouvaient celles des notables, en plus grand nombre, avec dalles, mallieureusement sans inscriptions. Enfin, tout au bas de l'église, les sépultures du peuple se touchant et formant un véritable ossuaire. Il y avait aussi le petit carré réservé aux enfants.
Nous avons été surpris de constater que, dans bien des cas, les corps déposés dans des caisses en bois, se trouvaient presque à la surface du sol, sous le carrelage. La plus grande profondeur ne dépassait pas un mètre, ce qui ne devait pas être sans danger au point de vue hygiénique. Bien des squelettes ont été bouleversés par le creusement de fosses nouvelles et nous avons rencontré quelquefois quatre couches d'ossements superposées; les os déplacés dans ces conditions étaient rejetés dans une même cavité, sorte de petit charnier, sous le dallage. Lorsque les squelettes étaient en place, l'orientation était constante : les pieds à l'Est, la tête tournée vers le chœur, le corps étendu avec les bras croisés sur le bassin. Certains cadavres avaient été entourés de beaucoup de charbon de bois. Le mobilier funéraire n'était ni riche, ni varié ; parfois un chapelet en verroterie de couleur, quelques larges bagues en cuivre et, presque toujours, le liard symbolique destiné à payer le passage de la barque à Caron ; l'usage s'en perpétue d'ailleurs de nos jours encore. Absence complète de vases de terre. Les pièces de monnaie étaient choisies parmi les plus frustes, les plus usées. Celles qui sont déterminables remontent aux époques de Louis XIII, Louis XIV,
Louis XV. Des os ont été verdis à leur contact ou à celui d'épingles de laiton attachant le linceul. Beaucoup d*os longs ressoudés présentaient de fortes exostoses.
L'ancien cimetière près de l'église a été désaffecté en 1844, et on a commencé à enterrer, dès la même année, dans le nouveau en dehors du village.
L'église, récemment détruite et d'origine fort ancienne, était placée sous le vocable de saint Pierre; une partie remontait à l'époque romane. Tout à côté, une fontaine très abondante, dédiée au même saint, était l'objet d'offrandes et de pratiques superstitieuses qui se sont continuées jusqu'au siècle dernier et qui remontent à une époque antérieure au christianisme. Avant le lever du soleil, on y déposait des œufs, des fromages, de menues pièces de monnaie, dans des intentions diverses, certains pour obtenir la guérison des enfants, les nourrices pour avoir du lait, etc.