‹ Contributions à l'histoire naturelle de la TunisieChapitre 47 sur 367 · PL VI · texte numérisé non relu

PL VI

1-7. Phoxlnelltis Chalgnonl n. ap. (L,. Vaillant) 3/4 de grandeur naturelle. 8-9. Cyprlnodon calaritanns (Bonelll) 3/4 de grandeur naturelle.

Autun. — Phototypie J. Coqueugniot.

Lenciscns (Phozinellus) Chaignoni nov. sp.

Squamae 9/37/3.

Ex Leuciscus génère Phoxinellusque subgenere. Caput paulo infra 1/3 corporis longitudinem. Oculus 1/4 capitis longitudinem superans. Pinnœ dorsalis ortuspost eum ventralium situe. Squamae proportione magnae. Dentés pharyngeales miseriales, 5-4, leviter uncinatae.

Tête entrant pour 2/7 dans la longueur du corps ; la hauteur équivaut à 2/7, l'épaisseur à 1/7, la longueur de la caudale à 3/11 de cette même dimension. Le museau occupe 1/4, l'œil environ 2/7, de la longueur de la tête ; l'intervalle oculaire équivaut à un peu moins de 1/3 de cette même dimension.

L'aspect général est tout à fait celui des Phoœinus^ avec une tête plutôt épaisse, un museau obtus, quoique, dans certains cas, il devient un peu conique, toujours plus court que l'œil. Les dents pharyngiennes sont unisériées ; formule observée 5-4. Le corps est entièrement couvert d'écailles nettement imbriquées, ligne latérale complète; parfois, cependant, chez quelques sujets, en manque-til une ou deux à la partie postérieure; encore cette anomalie est-elle le plus souvent unilatérale.

La seule remarque importante sur les nageoires est que Torigine de la dorsale se trouve nettement en arrière de l'insertion des ventrales. Caudale visiblement fourchue.

Dans l'état actuel de conservation, la teinte est argentée sur le ventre et la partie inférieure des flancs, devenant plus sombre, verdâtre ou grisâtre, à la partie dorsale, avec une bande sombre latérale étendue de la commissure operculaire supérieure à l'insertion de la caudale. Toutes les nageoires portent des ponctuations noires, lesquelles sont particulièrement nombreuses et distinctes sur Turoptère. :

160 H. DE GHAIGNON.

MILUMÂTRBS 1/100**

Longueur du corps 52 »

Hauteur 16 31

Épaisseur 8 15

! de la tête 16 31

de Turoptère 14 27

du museau 4 25

Diamètre de rœil 4,5 28

Espace interorbitaire 5 31

N* 04-40. Coll. Mus. — Oued-Bezirk.

Habitat. — Tunisie (oued Bezirk, oued Bakbâka, la Laverie, oued Miliane, oued Debbane, Téboursouk).

Le type décrit provient de la récolte faite à la première de ces localités; je Tai choisie de préférence, des exemplaires de grande taille relativement s*y étant trouvés assez nombreux pour permettre une étude plus facile, notamment des dents pharyngiennes, que je n'avais pu voir que très imparfaitement sur les exemplaires du premier envoi venant de Toued Miliane.

Parmi les variations de quelque importance à signaler sur un certain nombre d'individus spécialement étudiés, je ne vois guère à citer que la ligne latérale, pour laquelle j'ai trouvé le nombre des écailles s'élevant à 4t.

Les exemplaires, au nombre de deux, venant de la fontaine romaine de Téboursouk paraissent plus trapus, à museau plus busqué, moins long; il n'a que 1/5 de la longueur de la tête au lieu du 1/3; la couleur est plus foncée, c'est sans doute ce qui rend la ligne latérale plus difficile à reconnaître, si bien qu'au premier abord on pourrait la croire non prolongée jusqu'à la caudale; un examen attentif démontre qu'il n'en est rien. Est-ce une variété méritant d'être distinguée? la chose me paraît douteuse.

Les espèces du sous-genre Phoxinellus^ en prenant pour type, comme Blecker le propose, le Phoxinellus Zegeri^

Heckel, d'AIep, sont peu nombreuses, si même il en existe d'autre en dehors de celle ici décrite. Le caractère différentiel le plus saillant, sans aucun doute, est celui des écailles de la ligne latérale qui, dans Tespèce d'Heckel, varie de 56 à 66 d'après Gtlnther, chiffre incomparablement plus élevé que dans l'espèce tunisienne ; on peut y ajouter la longueur de la tête n'occupant que 1/5 de la longueur du corps, au lieu de presque 1/3.

Le Phoxinellus Libani Lortet, du lac de Tibériade, appartient-il bien à ce sous-genre? on peut le contester, car la dorsale commence nettement en arrière de l'anale dans l'espèce typique le Phoxinellus Zegerij tandis que, dans l'espèce syrienne, ces deux nageoires sont insérées à un même niveau, caractère considéré comme important chez les Leuciscus, Pour distinguer ce Phoxinellus Libani de la nouvelle espèce, on peut, en dehors de ce caractère, noter que les écailles sont plus petites, 48 à la ligne latérale, et que l'œil n'occupe que 1/5 de la longueur de la tête au lieu d'en faire plus du 1/4.

Quant au Phoxinellus croaticus Steindachner, M. Gtlnther le range, avec raison, dans le genre Paraphoxinus, le tégument n'étant pas revêtu d'écaillés imbriquées régulièrement.

Le Leuciscus (Phoxinellus) Chaignoni parait très commun dans les cours d'eau de la partie Nord-Est de la Tunisie, où M. de Chaignon Ta découvert. Ce naturaliste a relevé dans plusieurs endroits la température de l'eau où il péchait ce Poisson; pour les cours d'eau, elle a été trouvée de 12'* à IV j mais, à la Laverie, source thermale, la température s'élève à 24\

Cette nouvelle espèce est intéressante par l'extension qu'elle indique en ce qui concerne la répartition géographique du sous-genre, lequel n'était connu jusqu'ici avec certitude que de l'Asie Mineure. Elle augmente le nombre des Cyprinoîdes de la région barbaresque où Ton n'avait

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